Toi, t’as une mémoire d’éléphant!!

R. Quillian est informaticien et A. Collins psychologue, ces deux Américains sont les auteurs de découvertes majeures sur la mémoire, leurs travaux tordent le cou à l’idée que la mémoire serait passive et qu’elle ne serait sollicitée que dans l’acte d’apprendre par cœur. Ces deux chercheurs ont mis au point la théorie de la mémoire sémantique : la question qu’ils se posent  est de savoir où est stockée quelque chose d’aussi abstrait que  le sens des mots ?

Leur théorie repose sur deux principes :

1. le principe de la hiérarchie catégorielle : les concepts de la mémoire sémantique sont classés de façon hiérarchique, là se met en place une arborescence (les catégories s’emboitent les unes dans les autres) : Par exemple « canari » dans la catégorie « oiseau », « oiseau » dans la catégorie « animal ».

Notre mémoire sémantique pourrait ressembler à ça :


Une sorte de matriochka dont chaque élément serait différent du précédent et du suivant mais relié par un sens ; une signification.

2. « l’économie cognitive » est le second principe : notre mémoire va classer les propriétés spécifiques avec les concepts. Pour mieux comprendre les deux chercheurs retiennent l’exemple suivant : de quelle couleur est un canari ?

Un canari est jaune.

Que fait la mémoire sémantique ? Elle classe, elle classe la propriété « jaune » dans le concept Canari, les propriétés plus générales « ailes » « bec » sont classées dans le concept Oiseau.

Il faut imaginer que la mémoire sémantique est un réseau organisé de concepts.

A ce moment Matriochka vole en éclat et se transforme peut – être en une forme proche de celle – ci :

Le Caravage, "Tête de Méduse", 1598 - 1599, Florence, Galerie des Offices

Pour les deux chercheurs la compréhension s’opère selon deux modèles.

L’accès direct, dans un premier temps l’information demandée est stockée directement en mémoire (Si on nous dit : « un éléphant a –t – il une trompe ? », l’information trompe est déjà stockée en tant que propriété  attachée au concept Eléphant).

Continuons à nous soucier de notre pachyderme,

A la question : « l’éléphant a – t – il un cerveau ? ». Notre mémoire sémantique se met en chauffe et opère une recherche dans l’ensemble du réseau d’informations. L’éléphant est identifié comme étant un animal qui en possède les propriétés.

A la question «est – ce qu’un éléphant a un cerveau », si mon cerveau voit :

C’est que ma mémoire commence à bugger très sérieusement !!!

Le second processus est celui de « l’inférence » ; l’inférence se définit comme une déduction à partir du réseau de connaissances stockéees dans la mémoire.

Cette théorie permet de renouveler le fameux thème de « l’intelligence ». Pour Lieury et de nombreux chercheurs, l’intelligence reposerait en grande partie sur la mémoire, notamment la mémoire de travail et la mémoire des connaissances.

Je me demande maintenant si l’intelligence repose sur la mémoire et ayant une mémoire d’éléphant, je dois me classer dans la catégorie homo sapiens sapiens ou dans celle des Éléphantidés. Tous les deux sont  des mammifères me direz – vous, c’est juste la taille qui change.

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4 thoughts on “Toi, t’as une mémoire d’éléphant!!

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