Ce soir, la lune rêve avec plus de paresse chez Prud’hon.

En 1808, au temps de la gloire du Premier Empire, Pierre Paul Prud’hon peint l’enlèvement de Psyché, dans Le Musée classique du Bazar Bonne-Nouvelle, voici ce qu’on peut y lire :

Voici venir l’aimable Prud’hon, que quelques-uns osent déjà préférer à Corrège ; Prud’hon, cet étonnant mélange, Prud’hon, ce poète et ce peintre, qui, devant les David, rêvait la couleur ! Ce dessin gras, invisible et sournois, qui serpente sous la couleur, est, surtout si l’on considère l’époque, un légitime sujet d’étonnement.

Baudelaire consacre un poème à Psyché dans Spleen et Idéal, je vous le mets aux grains comme une poule gourmande.

 

 

P.-P. Prud'hon, L'enlèvement de Psyché. Salon des artistes français, Paris, 1808. Louvre.
P.-P. Prud'hon, L'enlèvement de Psyché. Salon des artistes français, Paris, 1808. Louvre.

 

Ce soir, la lune rêve avec plus de paresse ;

Ainsi qu’une beauté, sur de nombreux coussins,

Qui d’une main distraite et légère caresse

Avant de s’endormir le contour de ses seins,

 

Sur le dos satiné cde molles avalanches,

Mourante, elle se livre aux longues pâmoisons,

Et promène ses yeux sur les visions blanches

Qui montent dans l’azur comme des floraisons.

 

Quand parfois sur ce globe, en sa langueur oisive,

Elle laisse filer une larme furtive,

Un poète pieux, ennemi du sommeil,

 

Dans le creux de sa main prend cette larme pâle,

Aux reflets irisés comme un fragment d’opale,

Et la mer dans son cœur loin des yeux du soleil.

 

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