Henri III et ses mignons. Stratégie de cour.

Henri III règne sur le bon royaume de France de 1574-1589, c’est un règne relativement long. Ce roi est le troisième fils d’Henri II et de Catherine de Médicis. Il monte sur le trône après la mort de ses deux ainés : François II et Charles IX.

 

 

Étienne Dumonstier, "Henri III, roi de France et de Pologne" 1578.
Étienne Dumonstier, « Henri III, roi de France et de Pologne » 1578.

Henri est  roi de France et de Pologne ; de Pologne me direz-vous ? Et oui car en 1573, le roi de Pologne Sigismond-Auguste II meurt. Le trône de Pologne est  électif et Catherine cherche à y caser son fils chéri. La diète polonaise qui ne voulait ni du russe Ivan le Terrible, ni d’un archiduc autrichien accepte le candidat français.

Henri III traverse et symbolise une époque troublée : celles des guerres de religion. Mais ce qui nous intéresse ici c’est le rôle joué par les favoris à la cour. Bien qu’on est beaucoup glosé, gloussé et ricaner des mignons d’Henri, il est important de comprendre que les favoris jouent un rôle social et politique : en réalité, ils représentaient les ornements de la majesté, sinon de véritables signes de puissance.

Henri III élabore un système politique fondé sur la restriction de l’accès à la personne du monarque et aux ressources de l’État ; il faut y lire la  volonté d’instaurer une distance entre sa personne et l’ensemble de ses sujets afin de court-circuiter l’autorité des grands lignages jusque là associés à l’exercice du pouvoir. La cour devient un instrument d’exaltation de la majesté royale qui s’impose face à tous les autres centres de pouvoir et de civilité du royaume, notamment les cours des rois de Navarre ou des princes lorrains.

 

 

Duc d’Epernon.

 

Jacques de Lévis, comte de Caylus.
Jacques de Lévis, comte de Caylus.

Sous Henri III, l’effectif de la maison du roi dépasse un millier de personnes, c’est l’époque où la cour s’installe définitivement à Paris.

En 1585, dans la partie publique des logis du roi, celui-ci ajoute deux antichambres en suivant le modèle anglais: chambre d’Etat et chambre d’audience.

Le développement des fêtes de cour participent à la politique royale de pacification des mœurs et des rivalités dynastiques, les festivités pour le mariage d’Anne de Joyeuse avec la demi-sœur de la reine Louise, Marguerite de Lorraine – Vaudémont (1581 )sont l’occasion d’une véritable mise en scène de la politique royale.

 

 

Anne de Joyeuse.
Anne de Joyeuse.

L’ascension politique et sociale de ces personnages participe d’une stratégie royale d’intégration politique, fondée à la fois sur l’exaltation de la souveraineté à travers l’exercice de la grâce et sur l’association directe de la noblesse au pouvoir central.

Les favoris sont utilisés comme un instrument : la rivalité d’Henri III et de son frère pour le contrôle de la cour explique le processus de factionnalisation de leurs entourages respectifs..

Les favoris sont l’exemple d’une sorte de « noblesse de service » dévouée au souverain; la position des favoris se distingue par le cumul de charges et non par la création de titres spécifiques.

En déplaçant les mécontentements sur les figures des mignons, Henri III parvient à détourner pendant quelques années les accusations de tyrannie qui agitaient le débat politique dans les années 1573 – 1576 et à préserver sa légitimité jusqu’au milieu des années 1580.

Mais accuser le roi de tyrannie, ceci est une autre histoire.

Voir l’exposition « fêtes et crimes … à la cour d’Henri III« .

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