1914-1918. COMBATS et COMBATTANTS (dernière partie : le deuil et les pratiques commémoratives).

LES CERCLES DE DEUIL ET LES PRATIQUES COMMÉMORATIVES.

Une veuve se recueille sur la tombe de son époux au cimetière glorieux près de Verdun. Auteur anonyme(C) Paris - Musée de l'Armée, Dist. RMN / Pascal Segrette. 1919

1. LE DEUIL.

Poser la question du deuil de guerre, dont les sociétés du XXe siècle ont fait une expérience massive dont la trace reste visible, permet de produire un rapprochement entre une « histoire du sensible » et l’historiographie traditionnelle du fait guerrier. Les historiens du deuil collectif se sont peu avisés que la dimension collectivisée du deuil avait masqué la dimension personnelle de la perte : le deuil individuel, familial, celui des amis, des proches, ne se laisse apercevoir qu’au prix d’un changement de focale dont la notion de « cercles de deuil » peut rendre compte.(S. Audouin « Qu’est-ce qu’un deuil de guerre ? » Revue historique des armées, 259 | 2010). Pour lire l’intégralité de l’article : RHA

Ce propos introductif nous invite à suivre trois histoires de soldats morts au combat (Primice Mendès et Maurice Gallé) ou fusillés pour l’exemple (Théophile Maupas) et de comprendre comment les familles ont fait le deuil de leur disparu. Comment faire son deuil sans le corps du mort ? La question est en partie résolue pour les endeuillés français qui auront seuls la possibilité de demander le rapatriement des corps dans les caveaux familiaux (Loi du 31 juillet 1920 et décret gouvernemental du 28 septembre)

Le mouvement ne commence qu’à l’été 1922. Après plusieurs années 240 000 cercueils sont rapatriés, cela correspond à 30% des 700 000 corps identifiés dont les familles avaient le droit de demander le retour. Il faut donc attendre 1920 l’autorisation de rapatriement des corps, à ce moment de centaines de milliers d’épouses, de parents, de sœurs s’infligent souvent l’épouvantable spectacle de l’exhumation du squelette de leur mari, de leur fils, leur frère afin de pouvoir procéder à la reconnaissance officielle du corps et d’obtenir son retour.(S. Audouin Rouzeau). De plus, les conditions particulières des combats (pensons à la puissance de l’artillerie) ont rendu impossible l’identification de près d’un cadavre sur deux (dans le cas français).

Je vous propose de suivre l’histoire de trois  deuils de guerre  (il s’agit du résumé d’un article de S. Audouin-Rouzeau, paru dans les Annales HSS, janvier-février 2000. Si vous voulez lire l’intégralité de l’article il est disponible gratuitement sur le site Persée ).

Primice Mendès est un jeune volontaire de 17 ans. En décembre 1914 il est incorporé au 43ème régiment d’artillerie de campagne.

Il monte en ligne au cours de l’année 1916 dans la Somme. Sa dernière permission date de janvier 1917 et sa dernière lettre du 15 avril. Il meurt 8 jours plus tard lors de l’offensive du Chemin des Dames d’un éclat d’obus en plein cœur. La nouvelle de sa mort est précédée d’une attente de plus de deux semaines, trop longue pour nourrir quelque espoir. Sa mère Jane Catulle-Mendès à 50 ans quand elle perd le plus jeune de ses enfants, malgré certaines souffrances lui ont été « épargnées » : elle n’a attendu « que » 16 jours pour être informée de la mort de son fils ; de plus elle sait les circonstances exacte de la mort de son fils.

Comme la plupart des endeuillés, elle n’a pas pu voir son fils lors de ses derniers instants et elle ne peut pas voir le corps. Quelques jours après l’annonce de la mort de son fils, elle prend une décision qui ne souffre pas d’appel : elle ira chercher son le corps de son fils. Elle a raconté cette quête dans un livre paru en 1921, La prière sur l’enfant mort.

J. Catulle-Mendès. La prière pour l'enfant mort, 1921.

J’irai. Je sais que j’irai … Est-ce que je peux laisser mon enfant mort sous les obus … Est-ce que je peux laisser les obus le déterrer … l’abîmer … quand la mort lui aura épargné cela. Elle m’a réservé ma tâche … J’irai le cherher »

Commence alors un long cheminement vers le corps de Primice, elle  s’assure à l’avance de tout un réseau de complicités : des brancardiers, médecin commandant, capitaine pour le faire transporter à Mourmelon-le-Grand (pour qu’il ait « une petite tombe paisible »).

Le 07 juin 1917, elle est à Châlons et elle apprend que le capitaine dont elle s’était assurer le soutien n’a pas pu faire déterrer le corps de son fils, elle décide dont de traiter directement avec les amis de Primice et part pour Mourmelon-le-Petit puis en carriole jusqu’à Mourmelon-le-Grand, elle rencontre un ami de son fils à qui elle donne le nom d’un groupe de brancardier prêts à exhumer le corps. Parallèlement, elle fait préparer par un artisan local un cercueil de chêne de très grande taille afin de pouvoir y loger le coffre de sapin dans lequel repose son fils. L’opération échoue, il faudra attendre le 27 septembre pour que six brancardiers et un conducteur creusent la terre  et déterrent le cercueil.

Jane a fait creuser une fosse dans le cimetière de Mourmelon dans laquelle est déposé le cercueil.

Maurice Gallé.

Il meurt le 25 septembre 1916 mais c’est seulement le 04 avril 1917 que sa famille apprend « l’affreuse réalité » (Journal tenu par son père Auguste Gallé). C’est le retrait allemand de février-mars 1917 en Picardie et l’entrée des troupes anglaises à Bouchavesnes qui avaient permis à celles-ci de découvrir le corps de Maurice.

Il a reçu une formation d’officiers de réserve, comme sergent il rejoint le 105ème régiment d’infanterie placé près des Eparges dans la Meuse. Il est envoyé sur le front dans la Somme en septembre 1916.

Maurice appartient à une famille de notables fortunés de Creil, profondément catholiques et sans doute assez proche du nationalisme. Le grand père Ernest est le cousin d’Emile Gallé. Les cercles de deuils, ne sont pas très étoffés : ils concernent cinq personnes qui perdent leur enfant, petits-fils, neveu uniques. Le 1er cercle est occupé par son père et sa mère qui perdent leur enfant unique et par la grand-mère (Marie Franchement) qui perd son unique petit-fils. Le 2ème cercle se compose de l’oncle maternel et son épouse. La famille entreprend un double « pèlerinage des tombes » sur sa sépulture, le 03 août 1917 puis en septembre de la même année.

A la fin du conflit, ses parents profitent des dispositions législatives nouvelles pour faire rapatrier le corps. En 1921, le père demande le droit « de faire établir un monument funéraire à l’endroit où son fils est enterré ».

Puis, la famille fait réaliser un monument par l’architecte Frasier en 1922. La construction représente un coût considérable : elle s’élève à un tiers des dépenses de la famille pour les années 1921 et 1922.

Théophile Maupas.

Il est né en 1874, instituteur, formé à l’école normale de Saint-Lô en 1889,  il se remarie avec Blanche en 1907. Quand la guerre éclate il est mobilisé, il a quarante ans.

Théophile n’est pas mort au champ d’honneur : il est fusillé avec ses 3 camarades devant le front des troupes puis enterré au cimetière militaire de Suippes. Le but de Blanche est de laver son époux du déshonneur, elle s’adresse à la Ligue des droits de l’homme en septembre 1919. Dans son combat « réhabilitionniste » elle devient la « Veuve Maupas ».

Carte postale diffusée par le Comité de réhabilitation accompagnée de la mention « Cher Martyr ! Tu seras vengé ! » et représentant Blanche et Suzanne, la fille de Théophile issue d’un premier mariage, photographiées en août 1923 à Sartilly devant la tombe du caporal Maupas.

La « démobilisation culturelle » de l’après guerre est entamée, les prudences de langage des années 1915-1916 ne sont plus de mise, le discours de la Ligue s’est durci. La campagne pour la « grande cause » contre les « crimes des conseils de guerre » et la réhabilitation des « fusillés pour l’exemple » peut commencer.

Toutefois, le verdict de réhabilitation est prononcé en mars 1934, 19 ans après la mort de Théophile, Blanche a alors 51 ans.

Jane Catulle-Mendès et les Gallé franchissent une étape décisive de leur deuil au moment de la réinhumation du corps de leur disparu. Pour Blanche Maupas, le deuil passe aussi par le combat en vue d’obtenir une réparation judiciaire. A travers ces exemples on mesure mieux, la douleur de ceux qui ne retrouvèrent jamais de corps à enterrer, pour eux , il n’y a pas un « avant » et un « après » la visite sur la tombe du champ de bataille, pour eux, il n’y a pas un avant et un après la réinhumation.

En 1920, alors que le gouvernement décide de célébrer le soldat inconnu, le commandant Dellaplane poursuit avec acharnement sa mission d’identification et de recensement des soldats disparus dans le premier conflit mondial. Sur son chemin, il croise Irène, à la recherche de son mari.

2. LE CULTE DES MORTS.

Si tu veux la vie commémore les morts (S. Freud)

Les représentations de la mort entre 1914 et 1920, les pratiques funéraires et le travail de deuil s’inscrivent au cœur de la réflexion sur le legs tragique de la guerre aux sociétés belligérantes.

Je pleure et j’admire plus les soldats que les églises qui ne furent que la fixation d’un geste égoïste, aujourd’hui à chaque instant recommencé (1918). Proust exprime le sentiment d’une immense majorité des Européens et au-delà. Après la guerre on pourrait reconstruire, même des cathédrales ; mais des morts il ne reste qu’une injonction : ne pas oublier.

C’est juste après la guerre que se met en place l’essentiel des formes de commémorations, depuis les monuments aux morts jusqu’aux cérémonies du souvenir, soit sur les champs de bataille, soit dans les nations et régions d’origine des combattants.

Annette Becker explique que  pour la génération perdue, on a créé un ensemble parfaitement tragique : unité de temps : le 11 novembre ; unité de lieu, le monument aux morts ; unité d’action, la cérémonie commémorative (Encyclopédie de la Grande Guerre).

Le 11 novembre devient jour férié en France en 1922.

Jean Leprince, Le boulevard et la porte Saint-Denis, le 11 novembre 1918

Partout, c’est un jour de recueillement (deux minutes de silence sont observées au Royaume Uni par exemple), dans la plupart des pays se cristallise alors l’une des rares expressions abouties de « religion civile ».

Il est frappant de constater que vainqueurs et vaincus manifestent la même frénésie commémorative et que les formes ne diffèrent guère, ni par le style, ni par la taille, ni par les symboles et les allégories : c’est le temps d’une homogénéisation mondiale de l’espace public consacré au souvenir de la guerre (l’archange Gabriel terrasse partout le même dragon). Tous les peuples en guerre ont ainsi représenté une véritable « Imitation de la Patrie »

Horton William-Samuel, Défilé de la Victoire, place de la Concorde, le 11 novembre 1919.Crédit photographique : (C) RMN / Agence Bulloz

Les monuments

Il faut multiplier les chiffres des monuments aux morts visibles sur les places publiques par 4 ou 5 pour donner une idée de la tension commémorative des années 1920 : chacun des morts a droit à son nom gravé publiquement dans sa commune, mais aussi dans son entreprise, dans son école, ; sa paroisse .. Et les pièces principales de millions de foyers se transforment en autels familiaux où l’on expose photos et souvenirs.

Pour les cénotaphes communaux on choisit des stèles, ces monuments sont les moins chers et conviennent parfaitement à l’esprit du temps.

Pour quelles raisons, les monuments aux morts ne sont pas ouvertement pacifistes ? Alors que les sociétés sont largement traversées au lendemain de 1918, par des courants pacifistes, pourquoi la couverture monumentale ne le montre-t-elle pas davantage ?

Les historiens avancent plusieurs raisons :

– Il convient tout d’abord d’écarter l’hypothèse de la volonté des Etats, partout l’érection des monuments a été spontanée. Ensuite, c’est l’ampleur du deuil qui a conditionné les réponses monumentales, il faut y voir la traduction de l’insondable ampleur de la perte et non la volonté de militer pour qu’une telle chose ne se reproduise jamais.

– La liste des morts est toujours exposée dans un ordre alphabétique, cela renforce l’impression d’uniformité proche de celle des cimetières militaires où reposent les corps. Nommer est l’élément majeur.

– Partout les monuments clament la douleur.

La langue française insiste sur la mort, l’anglaise choisit de rappeler la guerre qui est à la fois à l’origine de la mort et à la source d’un bouleversement des vies qui n’eut pas seulement la mort comme conclusion.

En France mais aussi en Italie, Allemagne, Bohême les monuments exaltent des civils de l’arrière notamment.

P. Auban, Picarde maudissant la guerre.

A Pérone, c’est Paul Auban qui sculpte la célèbre « Picarde maudissant la guerre ».

Le monument fit l’ objet d’ un concours organisé par la ville en 1925, et remporté par l’ architecte Louis Faille en collaboration avec les sculpteurs Paul Auban et Paul Theunissen ; le groupe sculpté central, la Picarde maudissant la guerre, fut exécuté par Auban; le 20 mai 1926, celui-ci indiqua que l’ on travaillait sans arrêt à la sculpture dans ses ateliers de Paris, et qu’ elle serait terminée avant une quinzaine de jours ; le monument fut inauguré le 20 juin 1926, et le groupe sculpté d’ Auban devint vite célèbre.

Pour comprendre les monuments aux morts comme œuvre d’art au service du souvenir : Chemins de mémoire.

Cimetières militaires et soldats inconnus.

Les articles du traité de Francfort en 1871 avaient organisé les premiers cimetières militaires européens, en écho l’article 225 du traité de Versailles stipule que « les Gouvernements alliés et associés et le Gouvernement allemand feront respecter et entretenir les sépultures des soldats et marins inhumés sur leurs territoires respectifs. Ils s’engagent à reconnaître toute commission chargée par l’un ou par l’autre des Gouvernements alliés ou associés, d’identifier, enregistrer, entretenir ou élever des monuments convenables sur lesdites sépultures et à faciliter à cette commission l’accomplissement de ses devoirs ».

Les cimetières comme les monuments, les cartes postales les jouets … ou le cinéma  sont aussi au cœur de la banalisation de la mémoire de la mort de masse et participe de la déréalisation du drame de la guerre (G. Mosse), en disant d’abord la glorification du combat de l’homme viril qui fait le sacrifice christique de sa personne pour la vie et la résurrection de sa patrie : toutes ces représentations aseptisent la mort insupportable, la banalisent : les héros deviennent parfois au moins autant des objets de commerce que de pèlerinage.

Contrairement aux Britanniques, les Américains et les Français se sont émus du refus des autorités militaires de leur rendre leurs morts.

Si l’inhumation des corps des citoyens « morts pour la France » pose tant de problèmes c’est qu’ils représentent un enjeu politique et symbolique fondamental pendant les années 1920 : l’Etat tenait à conserver ensemble ceux qui avaient concouru à la victoire.

Toutefois, les morts enterrés sur les champs de bataille sont les plus nombreux.

Les monuments aux morts des communes, comme ceux des paroisses et des corporations, montrent des noms dont ils ignorent le corps ; les ossuaires entassent des corps dont ils ignorent le nom. (A.  Becker)

Tous les belligérants ont consacré des journées nationales pour rappeler les sacrifices des combattants. Dans tous les cas, des défilés, des arcs de triomphe ont été liés à l’expression de la prégnance de la mort. L’érection de monuments-cénotaphes, temporaires ou définitifs (les tombes des soldats inconnus) ont le même objet.

En France, les 1 350 000 morts ont largement envahi tout l’espace symbolique et affectif. 1920 marque l’inhumation du soldat inconnu qui doit donner une place exceptionnelle à ces héros parmi les héros, les morts parmi les combattants  (L’invention du « soldat inconnu » constitue la tentative la plus réussie pour accéder à une nouvelle dimension de la souffrance, Massimo Baioni).

Famille se recueillant sur la tombe du soldat inconnu.

Ces héros transcendent les frontières et les nationalités comme tend à le suggérer ce cliché du 14 juin 1940 montrant des soldats de la Wehrmacht rendant hommage au soldat inconnu.

Grimm Arthur (1908-1948) photographe allemand

Mais revenons aux années 1920, les funérailles nationales d’un combattant non identifié sont célébrées par tous les belligérants. Ce culte du « Soldat inconnu » représente la « brutalisation » de la guerre passée à la postérité mémorielle, il est l’inventaire commémorative par excellence de la Grande Guerre : l’anonymat garantit l’héroïsme de tous et permet le deuil de tous. Le 11 novembre 1920, ont lieu les deux premières cérémonies à Londres et à Paris.

Clavel l’immortalise dans une peinture qu’il intitule Apothéose du 11 novembre 1920, fête de la victoire.

Iwill Marie-Joseph-Léon (1850-1923), Clavel (dit)(C) RMN / Agence Bulloz. Huile sur toile.

Washington et Rome organisent des cérémonies similaires en 1921, 1922 c’est au tour de Prague, Bruxelles, Belgrade : les nouveaux Etats issus des traités ont particulièrement tenu à instituer ce rite fondateur : ils étaient nés de et dans la guerre. Etats vainqueurs, Etats vaincus, tous instituent le même culte, et la mort uniformise la mémoire : après Sofia en 1923, Bucarest et Vienne inhument à leur tour un inconnu.

Il faut pointer une donnée commune évidente dans la nécessité de trouver des formes d’élaboration du deuil qui sont en adéquation avec le besoin de compensation d’un traumatisme psychologique  et social. Offrir un dédommagement symbolique au sacrifice de millions de soldats, la tentative la plus réussie pour accéder à une nouvelle dimension de la souffrance : l’invention du « soldat inconnu » qui consiste en une inhumation d’une dépouille mortelle dépourvue de noms dans certains endroits « sacrés » de la mémoire nationale (Arc de Triomphe, le Vittoriano à Rome, abbaye de Westminister, Neue Wache à Berlin, en 1931).

En Italie, la cérémonie du soldat inconnu se mue en un rite collectif, la dépouille exprime le sens d’une expérience vécue par la nation entière et se métamorphose dans le nouveau noyau symbolique du monument et de l’identité nationale.

En France, la date du 11 novembre concurrence le 14 juillet : cette commémoration réussie à incarner un très haut moment de la liturgique nationale républicaine, comme le montre les tableaux cités dans cet article.

S’achèvent ici les articles consacrés aux combats et aux combattants de la Grande Guerre : ceux-ci sont forcément parcellaires, incomplets, si des erreurs ou des approximations ont parcouru ces billets, veuillez m’en excuser et surtout n’hésitez pas à le faire savoir.
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2 thoughts on “1914-1918. COMBATS et COMBATTANTS (dernière partie : le deuil et les pratiques commémoratives).

  1. Souvenir de la cérémonie d’inauguration du monument aux morts de Mirepoix
    le 21 novembre 1920
    J. Galy

    « Là-haut, dans ces chères régions dévastées et bouleversées par la guerre, sur l’emplacement des villages anéantis, de pauvres baraquements s’élèvent, des habitants dispersés reviennent, des Ecoles se rouvrent. Dans les intervalles des classes, des groupes d’Ecolières qui guident des Institutrices en deuil, se répandent sur les immenses champs de tombes que sont les cimetières de nos Héros. Pieusement, de leurs doigts délicats, elles arrachent les herbes et plantent des fleurs.
    Chers Enfants de nos Ecoles mirapiciennes, Songez à vos petites Camarades. Vous n’avez peut-être pas tous des tombes à fleurir, mais vous devez tous garder un souvenir inaltérable à ceux qui nous ont sauvés. N’oubliez jamais les morts que nous honorons en ce jour. Et si vous voulez exaucer, vous qui avez encore vos parents, si vous voulez exaucer un des voeux les plus chers des Pères qui sont tombés, soyez bons, soyez d’abord tendres pour les orphelins qu’ils ont laissés.Ce sera votre premier pas vers la Reconnaissance qui leur est due. »

    (Texte manuscrit au dos d’une carte postale représentant le Monument aux Morts de Mirepoix à son emplacement initial)

    (En effet, le monument aux morts de Mirepoix a connu le sort étrange d’être déplacé du chevet de l’église cathédrale jusqu’aux abords de la ville, pratiquement dans les champs. L’urbanisation moderne lui a permis de se retrouver en zone humanisée, mais un tableau ancien le montre, perdu dans la nature … Quel choix étrange ! Le comité de souscription en avait été scandalisé, et aucune mention concernant ce déplacement ne figure dans les registres du Conseil municipal du temps. La mémoire locale évoque  » une gêne pour les marchands forains les jours de marché  » … d’où cet éloignement … )
    (Je peux vous envoyer des photos anciennes montrant le monument aux morts aux deux emplacements. Tout ce qui garde ces morts en mémoire est bel et bon. )
    Pardon pour ce long comment !

    1. Bonjour à vous,
      merci pour votre commentaire, et pour cet extrait qui est plus que le bienvenu pour alimenter une série de billets sur les monuments aux morts et les mémoires de la guerre dans l’espace public.

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