1914 vu par Klaus Mann (II)

Klaus Mann a construit son autobiographie en épousant l’histoire européenne, le chapitre II est consacré à « La Guerre, 1914 -1919 ». Voici quelques propos où l’auteur tente de retranscrire 1914.

Quand j’essaye de retrouver l’atmosphère de 1914, je vois des drapeaux flottant au vent, des casques gris ornés de grotesques petits bouquets de fleurs, des femmes qui tricotent, des affiches criardes, et de nouveau des drapeaux– une mer, une cataracte en noir-blanc-rouge. L’air est plein d’une forfanterie qui se répand partout et des refrains bruyants des chants patriotiques. « Allemagne, Allemagne, au dessus de tous » et « Un appel gronde, comme un roulement de tonnerre » … Ce grondement ne s’arrête plus jamais. Tous les deux jours, on fête une nouvelle victoire. La vilaine petite Belgique est exécutée en un tournemain. Du front de l’Est arrivent également des bulletins exaltants. La France, naturellement, est en train de s’effondrer. La victoire finale semble assurée : nos gaillards pourront fêter Noël à la maison […] On discutait des pays et des colonies que l’empereur annexerait pour la patrie.

Klaus Mann, Le tournant, histoire d’une vie, 2008, Babel page 69.

Groupe d'officiers allemands à Bruxelles, 1914.

Exode de populations devant l'avancée allemande dans le nord de la France, 1914.
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