Un soldat de l’Armée Rouge viole une Polonaise

Voici l’objet de la colère de Moscou :

Un soldat soviétique violant une femme enceinte.
Un soldat soviétique violant une femme enceinte.

Je vous laisse lire l’article du blog big brower duquel ce billet est inspiré. Je me permets ce copié-collé :

Moscou a vivement réagi par l’intermédiaire de son ambassadeur à Varsovie, Alexandre Alekseev. Sur Facebook, il a expliqué être « profondément choqué par cette incartade de l’étudiant des Beaux-Arts de Gdansk, qui a insulté avec son pseudo-art la mémoire de plus de 600 000 soldats soviétiques, morts pour la liberté et l’indépendance de la Pologne ». Il a également jugé la sculpture « vulgaire » et « ouvertement blasphématoire » et a fait savoir qu’il espérait « une réaction appropriée » des autorités polonaises.

Le parquet de Gdansk doit désormais statuer sur d’éventuelles poursuites pour incitation à la haine raciale ou nationale contre l’étudiant. Lequel a défendu son œuvre, expliquant qu’il s’agissait d’un « message de paix », qui avait pour seul but de « montrer la tragédie des femmes et les horreurs de la guerre ».

Voilà qui est intéressant et suscite forcément plusieurs questions- réflexions (pas forcément de bon aloi)  :  C’est quoi le problème? Violer une femme? Ou violer une femme enceinte? Préciser que La Femme porte l’enfant de l’homme appartenant au groupe ennemi laisse perplexe. En même temps aucune guerre ne se joue sans l’image de La Femme en arrière plan, première réflexion. Pourquoi le Kremlin est si prompt à réagir? Laver l’honneur des héros libérateurs à l’Est entre 1944 et 1945? Construire inlassablement une virginité d’une Russie qui veut (re)devenir la grande Russie quand vont se tenir les J.O. à Sotchi, station balnéaire fréquentée par une kleptocratie en mal (mâle) de reconnaissance? Dans cette histoire, un petit étudiant des Beaux Arts de Gdansk n’a pas voix au chapitre, deuxième réflexion. le viol est-il inhérent à la guerre? Cette dernière question invite forcément à prendre un peu de recul, troisième réflexion qui m’invite à vous livrer deux lectures récentes. Dans son dernier ouvrage, La Fin, Ian Kershaw consacre un chapitre, à ce qu’il nomme une calamité à l’est, voilà ce qu’il écrit  en substance : la soif de vengeance était inextinguible …  phénomène de masse et acte de vengeance qui passait par la volonté d’infliger une humiliation maximale à la population masculine vaincue  (intéressant comme réflexion) le viol des femmes, jeunes et vieilles, souvent à plusieurs reprises, fut l’un des premières rencontres (gloups!!!) avec les conquérants avec les conquérants soviétiques … suivant certaines estimations (le mot dit le vide de la recherche en ce domaine pour cette époque et pour cet espace) 1.4 millions de femmes – soit un cinquième de la population féminine – furent violées au cours de ces semaines dans les provinces orientales conquises par l’Armée Rouge. Celles qui réussirent à se cacher ou à échapper à cette bestialité eurent en vérité beaucoup de chance (naïvement j’attends que l’historien s’empare du sujet, mais non, l’allusion au viol massif s’arrête là). Si l’on veut prendre un peu de recul, il faut lire l’historien Christian Ingrao, spécialiste des violences de guerre et à qui l’on doit un magistral essai sur les intellectuels de la SS (Croire et Détruire). dans un court article paru dans le monde hors série, 1914-2014, un siècle de guerre.

un siècle de guerrel’historien explique que la guerre traditionnelle édictait sans forcément la respecter  la norme de l’exclusion des femmes de la violence de la guerre. Au cours du XXème siècle les violences dirigées contre elles ont eu tendance à se généraliser, là je cite un extrait de son article « la violence à son paroxysme » : le viol de guerre, s’il n’est pas inexistant durant les deux conflits mondiaux, loin de là, n’a pas la systématicité qu’il acquiert en Yougoslavie dans les années 1990 ou dans la région des Grands Lacs africains des années 2000.

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