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d'une poule sur un mur.

Mois

juin 2014

Découverte du Musée d’Art et d’Histoire du Judaïsme à Paris

Merci à vous de promouvoir ainsi le MAHJ dont les programmations audacieuses s’adressent à tous.

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Mardi 24 juin 2014, peu avant 10 heures du matin, le quartier du Marais est déjà bien réveillé. Les commerçants ouvrent peu à peu leur boutique, les touristes parcourent le quartier à une vitesse qui semble frustrer les travailleurs déjà au pas de course. Au loin, l’architecture de Renzo Piano qui surplombe les ruelles médiévales, où se trouve au 71 rue du Temple l’Hôtel de Saint-Aignan devant lequel un petit attroupement est en train de se former. Un mois, jour pour jour après les tristes évènements qui frappèrent le musée Juif de Belgique, une petite partie de la twittosphère culture, musées et institutions culturelles, comptait bien rendre hommage aux victimes de cet attentat, qui laissa de nombreuses personnes bouleversées et encore sous le choc. Bernard Hasquenoph, fondateur de LOUVRE POUR TOUS, fut à l’initiative de ce projet qui fut mené d’une main de maître, grâce à l’aimable autorisation du…

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Le foot m’étouffe et je reste agréable !!

Si j’étais plus sincère et ne craignais pas utiliser un langage un peu plus cru, j’aurais pu écrire : le foot m’emmerde, et au premier sens de l’expression. Je viens d’être nimbée de toute la merde d’un business planétaire. Ce point de vue quelque peu lapidaire mérite au moins une explication. Je ne connais pas le foot (probablement parce que j’affectionne des activités moins ostentatoires) et je ne lui veux pas de mal, il peut vivre sa vie, heureux, changer d’herbage s’il le souhaite, cela m’indiffère cordialement parce que je cultive encore des restes de bonne éducation. J’ai donc appris à m’adapter à un milieu hostile depuis plusieurs jours-semaines (un vrai guide de survie qui s’apparente à une retraite du monde) mais je ne connais pas la date de fin : je compte sur les vociférations, sur les beuglements, sur les klaxons hystériques et avinés pour me signifier le retour à la vie.
Ce soir, je lis et regarde les dernières photos du week end, quand la douce quiétude de mon foyer est brutalisée par des cris d’orfraie. J’ai cru à un accident dans la rue plutôt calme d’habitude et me suis précipitée sur le balcon avant de descendre portable en main pour appeler les services d’urgence, je regarde : RIEN ! Je me suis penchée et ai vu des drapeaux à certaines fenêtres, connement j’ai pensé que les citoyens fêtaient le 14 juillet un peu tôt cette année ! Ben non, ma pov’ Lucette les téléspectateurs y regardent leur foot dans leur poste de télévision.
J’ai ouvert la page du Monde et j’ai vu ceci en première page

Sur la planète foot un 30 juin
Sur la planète foot un 30 juin

J’ai détesté ce que j’y ai vu : un « sport » expression d’une médiocre religiosité telle que les médias le présente, un « sport » qui permet à certains mal intentionnés d’instrumentaliser la laïcité et d’en user comme d’une serpillière pour des pompes pleines de merde, un « sport » où se rejoue des enjeux nationaux qui n’ont rien à y faire. Bref un grand moment de solitude.

Quel sens?
Quel sens?

Quel sens peuvent avoir  les articles sous cette image? De  toute façon, « ils » ont gagné parce qu’ils sont trop nombreux et très motivés!

Emmet GOWIN à la Fondation Henri Cartier-Bresson.

Jusqu’au 27 juillet si vous passez par Paris faites un détour par la Fondation Henri Cartier Bresson, située 2 impasse Lebouis dans le 14 arrondissement et rencontrez le photographe américain Emmet Gowinn
Emmet Gowin

Voici que nous apprend la plaquette distribuée aux visiteurs : Emmet Gowin fils d’un pasteur méthodiste et d’une mère musicienne est né en Virginie à Danville en 1941, c’est la rencontre avec la famille nombreuse et exubérante de sa future épouse, Edith, qui transforme sa vision du monde.

Edith 1967, Virginie (c) Emmet Gowin
C’est l’univers familial qui est sa première source d’inspiration, le quotidien, l’arrivée des enfants, la nature autour de lui où spiritualité et esthétique sont intimement liées : La liberté et l’audace, dont il fait preuve dans les scènes de la vie quotidienne ainsi rapportées, contrastent avec l’éducation sévère et sérieuse qui lui avait été inculquée.

Edith, Danville, Virginie, 1963, (c) Emmet Gowin
Edith, Danville, Virginie, 1963, (c) Emmet Gowin

Il commence sa formation universitaire en étudiant le commerce pendant deux ans dans une école de la région tout en travaillant au département design du grand magasin Sears. En 1961, il change d’orientation et suit pendant quatre ans les cours d’arts graphiques au Richmond Professional Institute. Il se passionne pour toutes les formes d’art et pratique régulièrement la peinture et le dessin. Après quelques mois de cours, il réalise que la photographie est son meilleur moyen d’expression en lui permettant de saisir le hasard et l’inattendu. Edith est son grand sujet. « Photographier Edith reste le fil conducteur et l’expérience rédemptrice de ma vie. C’est, dans une large mesure le poème central de mon œuvre », a-t-il écrit.

Différents portraits d'Edith.
Différents portraits d’Edith.

 

Plus largement, ce sont les photos de sa famille qui ont fait connaître le photographe américain, dans les années 1970. Des photos qui dégagent quelque chose d’étrange. Comme ce sentiment confus et diffus mais nettement perceptible qui peut, chacun de nous, nous envahir quand nous observons cette intimité familière qui, dès lors qu’elle est scrutée acquiert une autre dimension : celle de l’inquiétude que nous pouvons éprouver quand nous devenons un autre à nous même.

Family, Danville, 1970, (c) Emmet Gowin
Family, Danville, 1970, (c) Emmet Gowin
Nancy, Danville, Virginie, 1965, (c) Emmet Gowin
Nancy, Danville, Virginie, 1965, (c) Emmet Gowin
Danville (Virginie), 1969 © Emmet Gowin, Courtesy Pace MacGill Gallery, New York
Danville (Virginie), 1969 © Emmet Gowin, Courtesy Pace MacGill Gallery, New York

La rétrospective est présentée dans deux salles situées au premier et deuxième étages de la Fondation, la première salle est consacrée à la famille, la deuxième retrace le travail que le photographe mène dans les années 1980 : il élargit son champ de vision et photographie le paysage, mais surtout les marques laissées par l’activité humaine.

Emmet Gowin Changing the Earth
Emmet Gowin Changing the Earth

Il porte un intérêt extrême à ce qu’il nomme lui-même « les paysages exploités », ces paysages anthropisés, abandonnés portent les cicatrices du travail des hommes et des femmes occupant ou ayant occupé ces espaces. Ce travail photographique a été publié dans Changing the Earth : Il livre alors des photos quasi abstraites où des lignes, des cercles, de petites formes graphiques témoignent de l’empreinte laissée par l’homme sur la surface terrestre. Pourtant, pour lui, « même lorsqu’un paysage est profondément défiguré ou brutalisé il brûle encore d’une vive animation intérieure ».

Old Hanford City Site and the Columbia River, Hanford Nuclear Reservation, near R0ichland, Washington, 1986. (c) Emmet Gowin
Old Hanford City Site and the Columbia River, Hanford Nuclear Reservation, near R0ichland, Washington, 1986. (c) Emmet Gowin
Parcours de golfe en construction, Arizona, 1993. (c) Emmet Gowin
Parcours de golfe en construction, Arizona, 1993. (c) Emmet Gowin

Bonne visite. Après votre visite, n’hésitez pas à monte au troisième étage de cet atelier maintenant transformé en fondation.

De sanguine, de pierre noire et d’encre, dessins français du XVIIe siècle

Pour lire ce bel article qui vous donnera envie de vous rendre à l’expo (mais très vite) ou si ce n’est pas possible naviguer sur le site qui lui est dédié.

Orion en aéroplane

Il ne vous reste que quelques jours pour voir l’exposition « Dessins français du XVIIe siècle » et y admirer quelques-uns des fleurons du département des Estampes et de la photographie de la Bibliothèque nationale de France, dont certains sont des inédits récemment redécouverts.

Michel corneille, dessin Hercule Michel Corneille le père, Hercule, pierre noire avec rehauts de craie blanche, BnF

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Paris, viaducs et prairies dans une ville globale.

C’est incontrôlable, involontaire donc irresponsable : une promenade dans Paris ? Youpi, quelle chance, quel luxe, mais je ne peux me retenir avant de prendre le sac à dos urbain (donc tout petit), d’aller faire un tour sur airparif ! Et quand je souffre d’un accès de paresse socialement injustifiable je me sers d’airparif pour mettre en garde ceux et celles qui veulent m’y conduire dans leur pérégrination urbaine, usant d’arguments trempés dans la pire des  mauvaises fois :

C’est pollué  et mauvais pour les enfants.

C’est trop pollué, c’est mauvais pour la santé.

C’est très pollué, ne viens pas pleurer quand il faut payer des séances de kiné respiratoires,  et tu penses au diamètre du trou dans la couche d’ozone …. 

et là, souvent je sèche. Je sèche d’autant plus que samedi dernier airparif affichait ça :

samedi 07 juin 2014
samedi 07 juin 2014
qualité de l'air 07 juin 2014
qualité de l’air 07 juin 2014

La promenade plantée c’est quand même extraordinaire, fameuse coulée verte, maintenant rebaptisée : coulée verte René Dumont, tout le monde le connait, pour moi c’était le Monsieur avec un sous-pull rouge, pour d’autres le fondateur de l’écologie politique. Une petite vidéo pour faire connaissance : René Dumont.

La Coulée Verte a été créée à partir de 1988, elle s’étend sur 4.5 km au total, comprend un peu moins de 4 hectares et 4 jardins adjacents : j’entends d’ici les rires sarcastiques de ceux d’entre vous vivant au grand air. Ce n’est pas (trop) humiliant alors je continue. Mais, savoir que Paris qui appartient au club très très fermé des villes globales telles que les a définies Saskia Sassen  et qui met en place une politique innovante d’espaces verts est à saluer.

Pour les Parisiens et surtout pour ceux qui vivent à l’Est de la capitale mais à l’intérieur du périph’ tout de même (et oui, nous sommes peu aventuriers et aventureux), ce n’est pas compliqué de rejoindre la promenade c’est entre Bastille et gare de Lyon : munis du plan ou en flânant vous choisissez l’escalier qui vous plait et vous voilà embarqués sur le viaduc.

Le plan d'accès de la coulée verte
Le plan d’accès de la coulée verte

Ce qui est fascinant pour la promeneuse que je suis c’est la diversité des types de logements que vous pouvez observer à partir du viaduc qui vous place presque à la cime des arbres, voici quelques vues :

Pour finir et rester dans la cohérence du titre annonçant les fameuses prairies urbaines, passez le square Péguy (rue Rottembourg) et allez vous promener vers le secteur de l’ancienne ceinture ferroviaire et découvrez le sentier nature, asseyez-vous sur un banc et là, à ce moment précis vous ne vous sentez plus dans une des villes les plus puissantes du monde mais quelque part paisiblement dans un endroit réservé et préservé :

 

C’est peut-être là, le paradoxe des villes mondiales : en leur sein elles vous offrent la possibilité d’y échapper sur un banc ou une barre qu’elles mettent à votre disposition :

Paris. La coulée verte, le viaduc. Juin 2014.
Paris. La coulée verte, le viaduc. Juin 2014.

1914-1918, un monde en guerre. Tant de morts …

Entre 1914 et 1918, le conflit militaire qui embrase l’Europe atteint une intensité sans précédent. Cette Première Guerre mondiale, qui aura des conséquences dans de nombreux domaines – démographique, politique, économique, social, culturel… – a totalement bouleversé l’ordre du monde.

C’est l’historien Antoine Prost, Président du conseil scientifique du centenaire de la Grande Guerre, qui signe l’éditorial de cette page du journal du CNRS, il y fait le point sur les écoles historiographiques. De plus, vous pouvez visionner cette vidéo sur les deuils de guerre qui s’inscrivent dans les pierres.

Bonne lecture :

14-18, un monde en guerre | CNRS le journal.

Le destin des Tsiganes (Roms et Sinti) pendant la Seconde Guerre mondiale.

Le destin des Tsiganes pendant la seconde guerre mondiale.
Le destin des Tsiganes pendant la seconde guerre mondiale.

Enfin un site sérieux  sur l’histoire des Tsiganes pendant la seconde guerre mondiale : il vous permettra de faire le point sur un génocide qui reste jusqu’ici très méconnu. Le Mémorial de la Shoah y est partenaire, et vous pouvez choisir de naviguer en français, en anglais et en allemand.  Ce site s’adresse à tous et pas seulement aux enseignants et aux élèves comme cela est indiqué dans la dernière phrase de la page d’accueil.  Je vous laisse le découvrir :

Home — Français.

Urbex: les explorateurs urbains

Entre fascination et vertigineuse sensation de n’être que boyaux en soubresauts : très impressionnant. Merci à Urbabillard pour ces découvertes urbaines toujours insolites.

Urbabillard

En hauteur, au sommet des gratte-ciel, on découvre des paysages magnifiques. Cependant, les points d’observation sont rarement accessibles, souvent privés et fermés au public. Les explorateurs urbains vont à l’assaut de ces panoramas  de l’extrême et nous offrent des perspectives stupéfiantes. Partout à travers le monde, des passionnés en font une manière de voyager, une façon de redécouvrir la ville et de se procurer des sensations fortes.

On désigne ces explorateurs de « skywalkers », ceux qui marchent dans le ciel . Un goût du risque autant qu’un esprit militant anime ces intrépides photographes et squatteurs des hauteurs. N’hésitant pas à sauter une clôture, à ouvrir une porte close ou à escalader un mur, ils s’approprient la ville le temps d’une prise de vue et parfois un peu plus.

Rooftopping movment

En Angleterre, le mouvement « urbex » est né de la contraction du mot « urban » et « exploration ». Les « urbexplorateur »  n’hésitent pas à utiliser des termes propres…

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Sur les Traces des disparus. Drancy.

Que peut évoquer le nom de cette ville de Seine-Saint-Denis ? Quelles images de la cité de la Muette notre mémoire collective mobilise-t-elle à l’évocation de ce lieu ? Une cité dortoir, une portion de la banlieue rouge, un camp de transit. Enfin de compte Drancy est un lieu polysémique, un espace fractal mal assis dans notre conscience. Mais pour mieux comprendre il faut effectuer un voyage dans le temps.

La cité de la Muette à Drancy a été édifiée au début des années 1930, à la demande d’Henri Sellier, fondateur et administrateur de l’un des premiers offices publics d’habitation à loyer modéré (HBM), celui de la Seine. Dans un contexte de naissance d’une politique de financement public du logement social en France, le projet avait pour but d’offrir au plus grand nombre des conditions de vies décentes, tout en rompant avec le développement anarchique de la banlieue, et en constituant un nouveau quartier de Drancy comportant tous les commerces et tous les services nécessaires à la vie d’une cité. Conçu comme une cité jardin moderne et innovante, le projet est confié à Eugène Beaudouin et Marcel Lods. La cité de la Muette répond alors à des normes d’hygiène et de confort inhabituelles pour l’époque et est l’occasion pour les deux architectes de mettre en œuvre des méthodes de fabrication industrielles standardisées innovantes, ce qui lui vaut une renommée internationale.

 

La Cité de la Muette. http://www.memoire-viretuelle.fr/. Source non spécifiée.
La Cité de la Muette. http://www.memoire-viretuelle.fr/. Source non spécifiée.

Bien que désignée comme une « cité-jardin » par son maître d’ouvrage, la cité de la Muette est un premier « grand ensemble » français. L’expression est d’ailleurs inventée par la critique architecturale (Maurice Rotival-1935) à l’occasion notamment de la construction de cette opération de logements social considérée comme exemplaire. C’est ce modèle qui sera dupliqué partout en France après la guerre. Le projet est constitué de cinq tours auxquelles sont associés des bâtiments en forme de « peignes », ainsi que d’un vaste bâtiment en U. Toutefois, le chantier de la Muette est contrarié par la crise économique qui survient au milieu des années 1930. Il reste donc inachevé pendant que les logements déjà construits sont mis à la location. Mais malaimés et loués relativement chers dans le contexte de crise, « les premiers gratte-ciel de la région parisienne » trouvent peu de locataires. Ainsi, Henri Sellier décide de louer les tours et les peignes à la 22° légion de gardes mobiles de la gendarmerie, pendant que le bâtiment en U reste vide.  (Source )

En juin 1940, la cité de la Muette est réquisitionnée par les autorités allemandes, elle sert d’abord de camp d’internement à des prisonniers de guerre français et britanniques. Pendant 3 ans (aout 1941 à aout 1944), la cité fait de camp de concentration et de transit : sur les 76 000 Juifs déportés de France, 63 000 sont partis de Drancy, destination : Auschwitz. En 1942, la camp de Drancy est constitué de 5 blocs desservis par 22 escaliers, les blocs 1,2,4, et 5 comprennent 80 chambrées, l’aménagement interne du bloc 3 a subi différentes modification entre 1941 et 1944.

Maquette présentée au Mémorial de la Shoah; site de Drancy.
Maquette présentée au Mémorial de la Shoah; site de Drancy.

En 1949, l’office d’HBM de la Seine va réaffecter le U au logement social, en 2014 environ 500 personnes vivent dans cette cité.

Drancy-La cité de la Muette en 2014.
Drancy-La cité de la Muette en 2014.

Ce qui nous intéresse ici et qui permet d’ouvrir une histoire par empreinte des hommes, des femmes, des enfants qui ont été internés dans ce camp est une découverte fortuite : les travaux de rénovation menés en 2009, notamment la pose de nouvelles huisseries et le démontage des contre-cloisons ont permis de découvrir des carreaux de plâtre portant de nombreux graffiti. 70 blocs de plâtres ont été découverts et sont maintenant conservés aux archives nationales qui en assurent désormais la garde. Inscrits sur des carreaux de plâtre servant de contre-cloison, ces graffiti (dessins, symboles, calendriers, noms et dates, messages, commentaires, poèmes) on été déposés soigneusement et stockés par leur propriétaire, l’Office public de l’habitat Seine-Saint-Denis. Ils ont depuis été restaurés sous la responsabilité scientifique du service du patrimoine culturel du Département de la Seine-Saint-Denis, avec le soutien de la Direction régionale des Affaires Culturelles d’Ile-de-France. Le service Patrimoine et inventaire de la Région Ile-de-France a assumé la campagne photographique et le Mémorial de la Shoah a apporté son soutien scientifique.

Drancy hier et aujourd'hui.
Drancy hier et aujourd’hui.

Quatre de ces carreaux porteurs de graffiti, traces précieuses souvent difficiles à déchiffrer, sont exposés jusqu’au 10 juillet 2014 aux archives nationales sur le site de Pierrefitte : c’est cette exposition que je vous invite à découvrir.

Traces. Les graffiti du camp de Drancy.
Traces. Les graffiti du camp de Drancy.

Selon les témoignages, la pratique du graffiti était devenue un rituel. On inscrivait à son tour nom, prénom, date d’arrivée et date de départ, et messages plus personnels sur les murs des chambrés des étages. Ces derniers témoignages avant le départ pour les camps d’extermination constituent une découverte historique majeure.
Les carreaux présentés sont contextualisés et accompagnés d’autres documents (photo de famille, portraits, listes des convois, documents administratifs) qui nous permettent de partir à la rencontre de ces femmes, ces hommes, ces familles qui ont été internés à Drancy sous la surveillance de gendarmes français. Je vous propose de suivre aujourd’hui le destin tragique de deux familles.

Grafitti. Famille Setion.
Grafitti. Famille Setion.

Sur le graffiti présenté ici, nous pouvons lire la mention suivante : « Famille Setion du 5/11 [19]42 au 9/11/[19]42 » dans un encadré, en dessous « Destination « « [illisibile] ». Ce graffiti se superpose à un précédent sur lequel on distingue  » —pluches/—pain 10 ½ ».
Qui est cette famille ?

Photographie. Famille Setion
Photographie. Famille Setion

La famille Setion est originaire de Constantinople et de Salonique, elle vivait à Paris dans le 11ème arrondissement au 43, rue de la Folie Méricourt. Sur la photo qui date de la fin des années 1930, on distingue devant et à genoux Elie qui et né en 1928 et déporté le 09 novembre 1942 par le convoi 44 vers Auschwitz avec sa mère Ida né en 1904, et ses trois sœurs, Eliane née en 1933, Monique née en 1936 et Jacqueline née en 1938.
A coté du graffiti est exposé la liste originale du convoi parti de Drancy le 09 novembre 1942, mentionnant la famille Setion. Vous pouvez aussi consulter cette fiche sur le site internet du Mémorial de la Shoah (ici : entrer le nom Setion dans la barre de recherche)

La famille Eskénazi.

Famille Eskénazi. Graffiti
Famille Eskénazi. Graffiti

« Famille/ESKENAZI/ PARTi le 30 mai [19]42 / Pour DESTINATION INCONNUE / TRES BON MORAL / VIVE les juifs »

Victoria et Michel Eskénazi, Salonique, 1914.  C.D.J.C.Coll. Claire Pessin et Michèle Meyers
Victoria et Michel Eskénazi, Salonique, 1914. C.D.J.C.Coll. Claire Pessin et Michèle Meyers

Michel Eskénazi est né en 1893 à Salonique, en 1913 il épouse Victoria Funes, le couple émigre en Amérique centrale où naissent Dorothée, Fortunée, Claire et Albert. Ils arrivent à Marseille en 1924 où naît Suzanne. Le père est marchand ambulant à Paris en 1929 année au cours de laquelle il demande pour lui-même, son épouse et leurs enfants la naturalisation. Sa lettre est exposée à coté du graffiti ainsi qu’un questionnaire à l’appui de la demande de naturalisation de la famille.

M. Eskénazi demande de naturalisation
M. Eskénazi demande de naturalisation.

En 1943 comme des milliers d’autres personnes, Michel fait l’objet d’une révision de sa nationalité qu’il parvient à garder. Le rapport du préfet de police de la Seine au ministre de la Justice est également exposé, dont voici un extrait :

M. Eskénazi, extrait du rapport du préfet de police de la Seine.
M. Eskénazi, extrait du rapport du préfet de police de la Seine.

A l’exception d’Albert, toute la famille a été déporté le 30 mai 1944 par le convoi n° 75 à destination d’Auschwitz, seules Suzanne et Fortunée survivent et reviennent en France.

Les graffiti de Drancy témoignent des aspirations de leurs auteurs. Ainsi des dessins, une prière, un poème ont été mis en lumière pendant les restauration, lire en creux ces empreintes, c’est aussi imaginer toutes les personnes connues ou inconnues qui sont passées par Drancy sans avoir le temps de laisser leur marque (in Livret de l’exposition p 26-27)

Graffiti de Drancy. Carreau avec poème.
Graffiti de Drancy. Carreau avec poème.

Depuis 2001, la cité de la Muette est classée au titre des Monuments historiques et c’est la DRAC d’Ile-de-France qui est responsable des travaux, seule une partie de la cité a fait l’objet de travaux de restauration, il est fort probable que d’autres graffiti seront alors mis à jour.

Rendez vous aux Archives nationales sur le site de Pierrefitte jusqu’au 10 juillet 2014.

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