Boules et grosses roues.

Tous les jours en parisienne de l’Est, une engeance qui fraye rarement avec ses congénères de l’Ouest, au même titre que la rive gauche regarde sans la franchir la rive droite, je traverse la place de la Nation et admire le soleil qui se lève dans le dos de la Marianne sculptée par Jules Dalou ; regardant rapidement au rythme du chaland pressé les colonnes du Trône à la cime desquelles les statues de Philippe Auguste et Saint Louis nous surplombent. Quand la promeneuse remonte le boulevard Diderot ou le boulevard Saint-Antoine et arrive place de la Nation, elle ne peut s’empêcher d’admirer l’imposante Marianne juchée sur un globe reposant sur un attelage conduit par des lions en apparat.

Nation après une giboulée
La place de la Nation après une giboulée

Sans se baigner dans les flots de l’histoire, la promeneuse a vite fait de comprendre qu’elle est face au triomphe de la République. J’avoue lui jeter un coup d’œil tous les matins depuis des années, y admirer son ombre dans les lumières de la place. J’ai vu de nombreuses personnes la photographier au mois de décembre … allez savoir pourquoi.

Je m’éloigne du titre tout en traction de ce billet et revient à un propos plus bucolique pour les citadins, plus dramatique pour les hôtes d’un jour : les paysans venus en tracteur depuis la Bretagne.

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Les tracteurs entre les deux colonnes de la place de la Nation.

Tous les engins agricoles pavoisaient aux couleurs du gwen a du, entre les roues arrières étaient inscrits les noms des villages et des petites villes du Kreiz Breizh, je les ai reconnus parce que j’en viens de ce centre Bretagne : Glomel, Berrien, Carnoet …

 

Il régnait une atmosphère étrange entre les fumées des roues incendiées, rien de festif mais de l’épuisement et de la colère, s’il n’est pas suicidaire ce cocktail risque de s’avérer explosif. Les indigènes ont regardé tous ces tracteurs avec étonnement, certains avec la même curiosité qu’un spectacle de la foire du Trône peut offrir. Mais à Paris tout continue … les boulistes qui occupent quelques dizaines de mètres carrés dans les arbres et deux boulevards circulaires ont joué et compté leurs points, comme hier et comme demain.

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Les boulistes et les paysans : une place, deux mondes.

 

 

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