Allons Enfants de l’Acadie

Souvent je pense que la réalité des femmes et des hommes ne peut se lire avec satisfaction par l’emprunt exclusif des concepts géopolitiques. Si ces derniers sont nécessaires à un entendement du monde, ils restent inopérants à la compréhension des expériences individuelles, vous auriez beau jeu et raison de rétorquer que l’expérience d’un seul ne peut dire le tout et dès lors rejeter toute métonymie : le vécu de quelques uns ne pouvant donner sens à un destin qui englobe toute une société. Toutefois, tentons le pari de suivre pas à pas l’irruption d’une guerre d’un nouveau genre, une guerre totale,  dans le quotidien d’individus qui, par la géographie, sont éloignés des théâtres des opérations mais qui s’engageront dans un conflit très loin de chez eux. C’est l’aventure à laquelle nous convient Ici Radio Canada dans une série radio exceptionnelle.

1914-1918. Grande Guerre des Canadiens
1914-1918. Grande Guerre des Canadiens

Pour une fois, commençons en musique, en suivant la thématique « la musique au cœur des conflits au cœur patriotiques et idéologiques »  . Cliquez sur le pavé « Nous les Canadas » pour comprendre pourquoi et comment la chanson populaire est l’écho des grandes décisions nationales, se mettant ainsi au service d’une nation en guerre. Au-delà la participation à une guerre ravive avec vigueur le souvenir d’une autre. A ce titre, écouter « Allons Enfants de l’Acadie » chanté sur les airs de la Marseillaise est particulièrement saisissant.

Nous les Canadas
Nous les Canadas

Radio Canada propose ainsi une série radio et un site web sur la guerre de 1914-1918 vécue par les Canadiens français. Vous pourrez regardez les photos et écoutez des récits (ceux des familles des soldats, des collectionneurs). C’est ici tout l’intérêt car l’histoire officielle (en gros celle des manuels scolaires) interagit avec l’histoire des individus, ces hommes et ces femmes qui se sont engagé(e)s et ont sacrifié une part d’eux-mêmes.

Lisez les témoignages : Témoignages

Ecoutez les cinq épisodes

Le baptême du feu

Le 4 août 1914, le Canada entre en guerre aux côtés des Britanniques contre l’Allemagne et l’Autriche-Hongrie. Partout au pays, des hommes et des femmes s’enrôlent, pour défendre leur patrie d’origine, par esprit d’aventure, par sens du devoir ou encore pour l’expérience, comme le révèlent les histoires de Richard Steacie, de Blanche Lavallée, d’Arthur Giguère ou d’Erol Lizotte. Le 20 octobre 1914, le 22e Bataillon, premier corps canadien-français, est créé. En avril 1915, les troupes canadiennes participent à leur première grande bataille à Ypres en Belgique : c’est leur baptême du feu.

Dans les tranchées

Les soldats canadiens campés dans les tranchées vivent avec les poux, les rats, la boue et le froid. Le 15 septembre 1916, le 22e Bataillon s’empare du village de Courcelette, et les Canadiens français sont enfin reconnus. Pendant ce temps, Blanche Lavallée, une infirmière de Montréal, travaille dans un des deux hôpitaux canadiens-français en banlieue de Paris. En 1916, elle y rencontre Henri Trudeau, un futur aviateur. Cette histoire d’amour durera toute une vie.

La vie au Canada

À Montréal, environ 35 000 femmes sont employées dans des usines de guerre. D’autres sont caissières ou conduisent des tramways ou encore, comme Blanche Bessette, sont marraines de guerre. En 1918, les Canadiennes obtiennent le droit de vote au fédéral. Dès 1914, les Canadiens d’origine allemande et austro-hongroise sont envoyés dans des camps d’internement, comme celui de Spirit Lake, en Abitibi. En décembre 1917, le port d’Halifax est détruit par une explosion. En Europe, le Canada gagne la bataille de Vimy, mais au prix de 3600 pertes humaines.

La crise de la conscription

À l’été 1917, le premier ministre canadien, Robert Borden, dépose une loi sur la conscription. À l’automne, le Canada remporte la victoire à Passchendaele, en Belgique, mais perd près de 3000 soldats. Borden donne le droit de vote aux soldats et se fait réélire en décembre 1917. En avril 1918, des émeutes contre l’enrôlement obligatoire éclatent à Québec. Le gouvernement impose ensuite la conscription aux fils de fermiers et aux hommes mariés sans enfants. Partout au Canada, les jeunes travailleurs refusent de partir pour la guerre.

La fin de la guerre

À partir de 1918, la grippe espagnole fait 50 millions de victimes dans le monde, dont 14 000 au Québec. Des témoins racontent comment ils ont perdu des membres de leur famille en raison de cette épidémie. La 11e heure du 11e jour du 11e mois de 1918 marque la fin de la Grande Guerre. Cent ans après le début des hostilités, la cicatrice est toujours profonde, mais les descendants de soldats canadiens-français se souviennent néanmoins fièrement de leur aïeul.

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