L’ENFANT ET LE NÉANT. III. DÉFLAGRATIONS.

L’excellente et jeune maison d’édition Anamosa  vient de faire paraître  Déflagrations, dessins d’enfants, guerre d’adultes . Des nuées d’avions envahissent le ciel sous un soleil éclatant, des yeux sidérés et un bras d’où une tulipe a poussé, des balles, ou des machettes, qui touchent là le ventre, là le cou, des mains qui s’agrippent dans la fuite… Déflagrations, c’est la guerre des adultes vue à hauteur d’enfants à travers plus de 150 dessins. De la Première Guerre mondiale à la Syrie contemporaine, les scènes et les motifs se répètent inlassablement dans un trait tantôt clinique, onirique, flamboyant, drôle ou macabre. (Source ). C’est Zérane S Girardeau  qui porte le projet et s’est entourée d’une équipe d’historien-nes, notamment Manon Pignot spécialiste de l’enfance en guerre. Enfin, c’est la très regrettée François Héritier  qui a préfacé l’ouvrage et était la marraine de l’exposition qui se déroule à la médiathèque de Strasbourg jusqu’au 16 décembre prochain.
Ce projet permet de faire un pas de côté, de concevoir le passé « autrement » : laisser l’histoire surplombante, celle faite par « le haut », celle des discours et des productions à destination des enfants (scolaires, familiales, institutionnelles, idéologiques) plutôt que celle de leur réception. La prise en compte du dessin comme source va de pair avec la prise en compte de la parole enfantine comme témoignage, c’est-à-dire de l’enfant comme acteur social de l’histoire. Si sur la période, les guerres prise en compte (de la « Grande guerre » à la guerre en Syrie) sont différentes, en revanche le phénomène guerrier reste immuable.

L’UNICEF estime à près de 250 millions le nombre d’enfants dans le monde grandissant dans des zones et pays touchés par des conflits. Près de 125 millions d’entre eux sont directement impactés par la violence.
Le ciblage des populations civiles, la circulation accrue des armes de petits calibres et le déplacement des affrontements vers les lieux de vie et de refuge des populations ont un impact dévastateur sur les enfants. Sont également apparues de nouvelles tendances inquiétantes, notamment les enlèvements de masse et la montée d’une extrême violence visant les enfants. Le Droit International Humanitaire est régulièrement piétiné, du Yémen à la Syrie en passant par le Nigéria.
Les enfants peuvent être exposés à des situations différentes lors des conflits : déplacés ou réfugiés avec leurs familles et perdre leur maison et tous leurs bien ; séparés de leurs parents ; enrôlés par des groupes armés ; souffrir de violences sexuelles ou de torture ; ces enfants peuvent également être témoins d’homicide, de décès, de blessures infligées à eux-mêmes ou à leur famille. Ils sont extrêmement vulnérables, en raison de leur âge et de leur dépendance aux adultes. Par ailleurs la majorité des conflits ont actuellement lieu dans des pays où les enfants étaient déjà en situation de précarité, comme c’est le cas en République Centrafricaine, au Soudan du Sud ou encore au Nigéria, aggravant les risques auxquels ils sont déjà confrontés.
Les bombardements, ainsi que les risques liés aux engins non explosés, sont également le quotidien de ces enfants. La destruction de leur environnement devient courant. En Syrie, des enfants de 5 ans sont capables de citer le modèle des armes avec lesquelles ils sont attaqués.

Les 150 dessins d’enfants sont organisés par thème dans le recueil : les combats, la captivité, le feu. Le regard et l’importance que l’on porte aux ce type de dessin a évolué au cours de la dernière décennie : la Cour pénale internationale a, pour la première fois, accepté 500 dessins d’enfants illustrant le conflit au Darfour comme pièces à conviction.
L’ouvrage accompagne aussi une exposition  comme je l’écrivais plus haut.

Cette exposition est une traversée des temps et des territoires au milieu de dessins réalisés par des enfants témoins, victimes, parfois acteurs des guerres, conflits et crimes de masse de 1914 à aujourd’hui. Ce langage à la fois universel et infiniment personnel qu’est l’expression graphique laisse voir les expériences traumatiques, les cultures de guerre et de résistance, la mort et la vie, l’effroi et le rêve, les armes et le soleil, le feu, les corps, l’arbre. Voir et recevoir les traces graphiques laissées par les enfants projetés dans les violences de masse est d’abord un chemin de connaissance et reconnaissance de leur expérience totale, de leurs mémoires et expressions. Les exposer est un devoir et un hommage à l’acte de dessiner de ces enfants. L’exposition présente plus de 200 dessins d’enfants. La diversité du corpus permet de traverser plus de trente guerres, et d’esquisser des thématiques isolées ou partagées au milieu de cette communauté d’expériences individuelles. Musées, bibliothèques nationales, institutions internationales, ONG, associations petites et grandes, éditeurs, médecins, psychologues, correspondants de guerre, artistes chacun d’eux a contribué à ce que ces dessins, même à l’état de traces, nous accompagnent encore. (Source)

Quelques articles à lire
Article de Télérama
Slate : Les enfants syriens, la guerre et le dessin
Unicef : Enfants et conflits

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Changez de front. Israël Joshua Singer

– Aidez-moi, mon ami, tenez-lui les genoux, oui, comme ça.
Et plus bas encore, d’une voix à peine audible, il murmura à l’oreille de Lerner :
-Demain, il va sûrement falloir amputer …
Les plaintes, dans l’obscurité de la nuit, s’amplifiaient. Les malades couchés sur la paille se réveillaient. Certains soupiraient, d’autres juraient. Ca puait l’acide, la sanie et la souffrance.
On était écrasé par l’angoisse, cette angoisse qui rôde dans une salle d’hôpital quand, brusquement, vers minuit, les malades se réveillaient tous en même temps que leurs douleurs qui sont aussi noires, interminables et désespérantes que la nuit.

Voici un extrait du saisissant roman, De fer et d’acier, écrit par Israël Joshua Singer et publié en 1927. Il nous permet de suivre Benyomen Lerner, jeune soldat juif de l’armée russe qui a déserté le front en 1915. Les lectrices le suivront à Varsovie quand la ville tombe sous l’occupation allemande : un changement de front, quitter Verdun pour Varsovie.

A (re)lire.

Résumé 

Mémoire, histoire et Traverso

Dans un moment où histoire et mémoire sont instrumentalisées en hochet politique, il est nécessaire de revenir à quelques fondamentaux. L’historien Enzo Traverso nous servira de passeur.
Dans l’introduction de son livre, 1914-1945, La guerre civile européenne , il explique ce que signifie écrire des livres d’histoire, cela consiste à offrir la matière première nécessaire à un usage public du passé. Cela ne fait pas de l’historien le gardien d’un patrimoine national – laissons cette ambition à d’autres – car sa tâche consiste à interpréter le passé, non à favoriser des processus de construction identitaire ou de réconciliation nationale.
Il met en garde sur les dangers d’une posture qui conduirait les intellectuels à formuler une condamnation morale de la violence sans procéder à son analyse : les pages qui vont suivre refusent de la [la violence] réduire à une catastrophe humanitaire ou à un exemple effrayant de la malfaisance des idéologies. elles partent de l’idée que, si toutes les guerres civile sont des tragédies, certaines méritent que l’on s’y engage. Que nous, citoyens d’une Europe démocratique, avons contracté une dette à l’égard de ceux qui sont battus pour la construire. Qu’une démocratie amnésique est forcément fragile, surtout dans un continent qui a connu les fascismes. Et qu’il ne faudrait pas confondre une attitude de rejet apolitique de l’engagement, de condamnation de la violence et des stigmatisations des idéologies, avec une forme de sagesse intemporelle. Il ne s’agit pas de contester les vertus civiques de l’humanitarisme, mais simplement de refuser que notre sensibilité post-totalitaire nous conduise à transformer une catégorie éthico-politique en une catégorie historique, en pensant que la condamnation morale de la violence massive puisse remplacer son analyse son interprétation.

09 avril 1917 : la Bataille d’Arras.

La bataille d’Arras
Source : http://fr.academic.ru/dic.nsf/frwiki/190026

Le 9 avril 2017, le monde commémore le Centenaire de la Bataille d’Arras, considérée comme la plus grande attaque surprise de la Première Guerre mondiale.
La bataille, qui s’est déroulée en 38 jours, a majoritairement concerné des soldats du Commonweath venus des cinq continents (Anglais, Gallois, Irlandais, Ecossais, Indiens, Américains, Canadiens, Néo-zélandais…). Au total, plus de 160 000 soldats alliés et au moins autant du côté allemand y ont perdu la vie, et 80% de la surface de la ville d’Arras a été rasée. Revivez ce célèbre épisode de de la Grande Guerre grâce à cette vidéo réalisée par la Ville d’Arras.

Thiepval. Les disparus de la Somme.

Thiepval est un petit village situé dans la Somme en Picardie et qui fut l’un des théâtres de la bataille de la Somme au cours de la Grande Guerre. C’est à Pozières que les Australiens ont lancé leur force au cours de l’année 1916.

Le village de Pozières  évoque le premier engagement d’envergure des troupes australiennes sur le front occidental. Arrivés le 23 juillet 1916 et après s’être emparés de Pozières, les Australiens, épuisés par d’incessantes contre attaques d’artillerie, furent relevés le 5 septembre par les Canadiens à la Ferme du Mouquet. Trois de leurs divisions étaient passées par le secteur de Pozières et avaient subi des pertes supérieures au tiers des effectifs engagés. Quant au village, il avait totalement disparu.

Ferme du Mouquet avant et après le bombardement@musée de Thiepval.
Ferme du Mouquet avant et après le bombardement@musée de Thiepval.

En novembre 1918, les champs de bataille de la Somme ne sont plus que mares de boues traversées par des barbelés, semés de tronc d’arbres calcinés. Des milliers de soldats venus de tout l’Empire britannique sont tombés dans la Somme, leurs corps n’avaient pas été retrouvés, leurs tombes n’avaient pas été enregistrées ou avaient été perdues ou détruites pendant les combats. Certains soldats n’ont pas pu être identifiés et ont été enterrés sous une pierre tombale avec la mention « Connu de Dieu seul », ce sont les soldats portés disparus. Le Mémorial de Thiepval rend hommage aux « Disparus de la Somme »

Les disparus de la Somme. Mémorial de Thiepval
Les disparus de la Somme. Mémorial de Thiepval

C’est un monumental édifice haut de 45 m qui se tient sur une crête au sud du village de Thiepval, il domine l’horizon et se voit de très loin, il est l’œuvre de Sir E. Lutyens.

Mémorial de Thiepval
Mémorial de Thiepval

La construction débute en 1928 avec le creusement de fondations à 9 mètres de profondeur, cette partie des travaux permet de mettre à jour des tunnels et des pièces d’artillerie qui n’avaient pas explosées.

Mémorial de Thiepval. 1931, en construction
Mémorial de Thiepval. 1931, en construction.

Le centre du mémorial est surplombé par une arche de 24 mètres de hauts et repose sur des piliers dans lesquels les noms des disparus sont gravés sur de la pierre blanche de Portland.

Mémorial de Thiepval. Pierre blanche de Portland
Mémorial de Thiepval. Pierre blanche de Portland.

Ils sont nombreux les Australiens entre Pozières et Péronne en ce mois de juillet, des jeunes, des vieux en voyages organisés, des familles sur la trace de ces soldats morts si loin de chez eux, des soldats ; tous venus honorés la mémoire des morts. Ce fut un moment très émouvant.

Mémorial de Thiepval. Avant la cérémonie du 20 juillet 2016
Mémorial de Thiepval. Avant la cérémonie du 20 juillet 2016
Mémorial de Thiepval.Avant la cérémonie du 20 juillet 2016. La mise en place
Mémorial de Thiepval.Avant la cérémonie du 20 juillet 2016. La mise en place

Si vous passez par la Somme, je vous invite à visiter le tout nouveau musée de Thiepval inauguré le 02 juin 2016.

Musée de Thiepval
Musée de Thiepval

Allons Enfants de l’Acadie

Souvent je pense que la réalité des femmes et des hommes ne peut se lire avec satisfaction par l’emprunt exclusif des concepts géopolitiques. Si ces derniers sont nécessaires à un entendement du monde, ils restent inopérants à la compréhension des expériences individuelles, vous auriez beau jeu et raison de rétorquer que l’expérience d’un seul ne peut dire le tout et dès lors rejeter toute métonymie : le vécu de quelques uns ne pouvant donner sens à un destin qui englobe toute une société. Toutefois, tentons le pari de suivre pas à pas l’irruption d’une guerre d’un nouveau genre, une guerre totale,  dans le quotidien d’individus qui, par la géographie, sont éloignés des théâtres des opérations mais qui s’engageront dans un conflit très loin de chez eux. C’est l’aventure à laquelle nous convient Ici Radio Canada dans une série radio exceptionnelle.

1914-1918. Grande Guerre des Canadiens
1914-1918. Grande Guerre des Canadiens

Pour une fois, commençons en musique, en suivant la thématique « la musique au cœur des conflits au cœur patriotiques et idéologiques »  . Cliquez sur le pavé « Nous les Canadas » pour comprendre pourquoi et comment la chanson populaire est l’écho des grandes décisions nationales, se mettant ainsi au service d’une nation en guerre. Au-delà la participation à une guerre ravive avec vigueur le souvenir d’une autre. A ce titre, écouter « Allons Enfants de l’Acadie » chanté sur les airs de la Marseillaise est particulièrement saisissant.

Nous les Canadas
Nous les Canadas

Radio Canada propose ainsi une série radio et un site web sur la guerre de 1914-1918 vécue par les Canadiens français. Vous pourrez regardez les photos et écoutez des récits (ceux des familles des soldats, des collectionneurs). C’est ici tout l’intérêt car l’histoire officielle (en gros celle des manuels scolaires) interagit avec l’histoire des individus, ces hommes et ces femmes qui se sont engagé(e)s et ont sacrifié une part d’eux-mêmes.

Lisez les témoignages : Témoignages

Ecoutez les cinq épisodes

Le baptême du feu

Le 4 août 1914, le Canada entre en guerre aux côtés des Britanniques contre l’Allemagne et l’Autriche-Hongrie. Partout au pays, des hommes et des femmes s’enrôlent, pour défendre leur patrie d’origine, par esprit d’aventure, par sens du devoir ou encore pour l’expérience, comme le révèlent les histoires de Richard Steacie, de Blanche Lavallée, d’Arthur Giguère ou d’Erol Lizotte. Le 20 octobre 1914, le 22e Bataillon, premier corps canadien-français, est créé. En avril 1915, les troupes canadiennes participent à leur première grande bataille à Ypres en Belgique : c’est leur baptême du feu.

Dans les tranchées

Les soldats canadiens campés dans les tranchées vivent avec les poux, les rats, la boue et le froid. Le 15 septembre 1916, le 22e Bataillon s’empare du village de Courcelette, et les Canadiens français sont enfin reconnus. Pendant ce temps, Blanche Lavallée, une infirmière de Montréal, travaille dans un des deux hôpitaux canadiens-français en banlieue de Paris. En 1916, elle y rencontre Henri Trudeau, un futur aviateur. Cette histoire d’amour durera toute une vie.

La vie au Canada

À Montréal, environ 35 000 femmes sont employées dans des usines de guerre. D’autres sont caissières ou conduisent des tramways ou encore, comme Blanche Bessette, sont marraines de guerre. En 1918, les Canadiennes obtiennent le droit de vote au fédéral. Dès 1914, les Canadiens d’origine allemande et austro-hongroise sont envoyés dans des camps d’internement, comme celui de Spirit Lake, en Abitibi. En décembre 1917, le port d’Halifax est détruit par une explosion. En Europe, le Canada gagne la bataille de Vimy, mais au prix de 3600 pertes humaines.

La crise de la conscription

À l’été 1917, le premier ministre canadien, Robert Borden, dépose une loi sur la conscription. À l’automne, le Canada remporte la victoire à Passchendaele, en Belgique, mais perd près de 3000 soldats. Borden donne le droit de vote aux soldats et se fait réélire en décembre 1917. En avril 1918, des émeutes contre l’enrôlement obligatoire éclatent à Québec. Le gouvernement impose ensuite la conscription aux fils de fermiers et aux hommes mariés sans enfants. Partout au Canada, les jeunes travailleurs refusent de partir pour la guerre.

La fin de la guerre

À partir de 1918, la grippe espagnole fait 50 millions de victimes dans le monde, dont 14 000 au Québec. Des témoins racontent comment ils ont perdu des membres de leur famille en raison de cette épidémie. La 11e heure du 11e jour du 11e mois de 1918 marque la fin de la Grande Guerre. Cent ans après le début des hostilités, la cicatrice est toujours profonde, mais les descendants de soldats canadiens-français se souviennent néanmoins fièrement de leur aïeul.

LES DISPARUS DE LA GRANDE GUERRE. Un webdoc exceptionnel.

700 000.
C’est avec quelques semaines de retard que je publie ce court billet pour vous présenter un webdocumentaire exceptionnel dont certains d’entre vous ont déjà entendu parler. Il s’agit d’un webdoc en ligne sur le site de l’INRAP (l’Institut National de Recherches Archéologiques Préventives) et consacré aux 700 000 corps de soldats disparus sur la ligne de front en France au cours des batailles totales menées entre 1914 et 1918 par les armées des pays belligérants.
Pourquoi 700 000 ? L’archéologue Yves Desfossés, conservateur de l’archéologie en Champagne-Ardenne, explique que sur les 10 millions de soldats morts sur les champs de bataille, de nombreux corps n’ont jamais été récupérés. Les archéologues se fondent sur les statistiques les plus sûres, celle du Commonwealth dans la mesure où celui érige une sépulture individuelle aux soldats; il est, de ce fait, aisé de calculer la différence entre le nombre de soldats engagés et le nombre de sépultures. Le chiffre ainsi obtenu est extrapolé aux autres nations engagées dans le conflit.

700 000. Un des sites de fouille.
700 000. Un des sites de fouille.

Le webdocumentaire de 70 minutes revient sur le déroulement d’un immense chantier archéologique qui cherche les restes de ces soldats. Après une introduction, l’internaute est invité à se rendre sur 5 chantiers de fouille s’ouvre alors une expérience immersive passionnante et très émouvante. Le chantier se décline en 5 moments : Où et comment le ou les corps ont été retrouvés ? Pourquoi ont-ils été inhumés à cet endroit?Qui sont les soldats ? D’où venaient-ils ? Quelle vie ont-ils laissé derrière eux ? Les objets trouvés permettent d’identifier le soldat et de brosser le portrait de ces hommes venant tous les pays et des empires coloniaux. L’archéologie permet de nommer ces disparus, on comprend ainsi que l’angoisse profonde de tous les soldats était de mourir dans l’oubli. Le travail des archéologues, des anthropologues et des médecins légistes est essentiel et ce webdoc nous invite à les suivre et à les accompagner dans leurs questionnements et leurs hypothèses.

Cimetière de Boult sur Suippe
Cimetière de Boult sur Suippe

A Roclinourt, pris sous les bombardements ennemis, Pierre Grenier a été enseveli avec ses effets personnels et son équipement : son portefeuille avec la photo de sa famille, son porte-monnaie dans lequel il avait placé son alliance en or, un petit livre de prières… Il porte aussi sur lui une lettre, adressée à sa femme et à ses jumeaux, nés au début du conflit et qu’il ne verra jamais. L’enquête révèle en effet que trois jours après avoir écrit cette lettre, le 25 septembre 1915, Pierre Grenier disparut lors de la troisième bataille d’Artois avec 234 autres camarades de son régiment (source :
http://www.inrap.fr/700000-un-webdocumentaire-sur-les-disparus-de-la-grande-guerre-10840
Dans la Marne à Boult-sur-Suippe l’archéologue Bruno Duchêne dirige la fouille d’un cimetière de fortune où les soldats allemands étaient enterrés pendant les combats et dont une partie a été exhumée après la fin de la guerre. Les défunts proviennent soit directement du champ de bataille, soit de l’hôpital militaire allemand qui était installé dans le village. Plus de 600 tombes sont mises au jour et un millier d’objets personnels et militaires sont retrouvés par les archéologues. Les plaques d’identification des soldats, d’abord illisibles, sont envoyées au laboratoire des métaux ferreux. L’identité de l’un d’entre eux est révélée : il s’agit d’August Seelmeyer, appartenant au régiment d’artillerie allemand FAR26. Tout juste arrivé sur le front de Champagne, après seulement six jours de combat, August est frappé par un obus. Il a 19 ans.
Vous pouvez aussi vous rendre à Saint-Laurent-Blangy, dans une carrière de l’Aisne où une sépulture d’urgence a été vandalisée ou encore à Massiges.

700 000. Carte des fouilles. capture.
700 000. Carte des fouilles. capture.

A vous de partir sur les traces des soldats disparus : 

– Le webdocumentaire 700 000 
– Une présentation sur France Inter, à partir de la 33ème minute de l’émission, le Club des têtes au carré.
– La page FACEBOOK vous permettant de suivre l’actualité de ce webdoc.

La géographie des « morts pour la France ».

La géographie des « morts pour la France »

Voilà un article intéressant à plus d’un titre, il explique par exemple qu’on n’a pas voulu punir ou tuer plus de Corses, de Bretons, que d’autres. Et nous apporte des réponses aux questions suivantes :

  • Certaines régions ont-elles été plus touchées que d’autres?
  • Certaines catégories sociales ont-elles payé un plus lourd tribut que d’autres à la mort de masse?

A lire sur le site du Monde :  La géographie des « morts pour la France ».

 

Lucien Barou, les Mémoires de la Grande Guerre.

Mémoires de la Grande Guerre à télécharger. Capture.
Mémoires de la Grande Guerre à télécharger. Capture.

Il y a quelques semaines je vous faisais part du travail de Lucien Barou consacré au poilus du Forez, sa petite fille a pris contact avec moi, voici quelques extraits de son mail

 

[…] Trente ans d’effort, d’acharnement, de déplacements à l’autre bout de la France pour voir et pouvoir interviewer des personnes qu’il ne connait maintenant que par leurs histoires toutes plus extraordinaires les unes que les autres. En faisant une recherche sur internet je suis même étonnée de l’ampleur de la chose : ces livres qui ne sont sortis sur papier qu’en 20 exemplaires son maintenant cités sur des sites de Bretagne, de la Polynésie française…
[…]  Si une personne veut correspondre avec moi pour savoir des détails sur le livre je serai enchantée de l’aider à cette adresse e-mail : aurbarou@gmail.com

Si voulez comprendre la genèse de cet exceptionnel travail de collecte, beau témoignage d’histoire orale, n’hésitez pas à entrer en contact  avec cette personne.

 

Mémoire de la Grande Guerre (à télécharger)

Merci au Cercle généalogique de Maisons-Alfort pour cette découverte, cela me permet au passage de saluer leur remarquable travail

CGMA - Maisons-Alfort

Mémoires de la Grande GuerreCliquer pour accéder à l’article

Lucien Barou fait revivre la mémoire des Poilus

1914. La Première Guerre mondiale signait tragiquement l’entrée dans le 20e siècle. Cent ans plus tard, Lucien Barou publie Mémoires de la Grande Guerre, 187 Poilus du Forez et de sa périphérie témoignent. Un ouvrage de 5 tomes qui donne directement la parole aux héros des tranchées, à consulter aux Archives départementales de la Loire ou à télécharger.

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