Princesse Leia Organa et Osiris

Quels peuvent bien être les points communs entre un dieu égyptien et l’un des personnages centraux de la saga Star Wars? Quelles sont les parentés entre le panthéon égyptien et Stargate?

Osiris dieu du panthéon égyptien, inventeur de l'agriculture et de la religion.
Osiris dieu du panthéon égyptien, inventeur de l’agriculture et de la religion.
La princesse Leia Organa d'Alderaan, femme politique sensible née en 19 av. BY (la Bataille de Yavin) au Centre Médical de la République sur Polis Massa.
La princesse Leia Organa d’Alderaan, femme politique sensible née en 19 av. BY (la Bataille de Yavin) au Centre Médical de la République sur Polis Massa.

 

Stargate
Stargate

La réponse de l’énigme se trouve en Belgique au musée royal de Mariemont qui vous invite jusqu’au mois de novembre 2016 à  l’exposition :

DE STARGATE ™ AUX COMICS. LES DIEUX ÉGYPTIENS DANS LA CULTURE GEEK (1975-2015)
DE STARGATE ™ AUX COMICS. LES DIEUX ÉGYPTIENS DANS LA CULTURE GEEK (1975-2015)
DE STARGATE ™ AUX COMICS. LES DIEUX ÉGYPTIENS DANS LA CULTURE GEEK (1975-2015)

Cette exposition a été cofinancée grâce à une campagne de corwdfunding qui a permis la location de costumes et des objets originaux provenant du film Stargate et de la série Stargate SG-1, leur transport et leur assurance.

Les dieux égyptiens dans la culture geek.
Les dieux égyptiens dans la culture geek.

L’Egyptomanie concept forgée au XIXème siècle caractérise la fascination pour la culture et l’histoire de l’Egypte antique, née après la campagne de Bonaparte et l’expédition scientifique du Baron Denon s’est perpétuée au XX e siècle dans des décors de salles de cinéma et de jardins zoologiques. Le succès du film Cléopâtre réalisé par Mankiewicz en 1963 témoigne de la persistance de cette fascination pour l’histoire et la culture de l’Egypte. Dans les années 70, l’égyptomanie s’exprime différemment ; le film et la série Stargate avancent l’hypothèse de dieux astronautes.

de stargate aux comics.@P Goffaux
de stargate aux comics.@P Goffaux

L’exposition propose de vrais décors et de vrais costumes du film et de la série empruntés à des collectionneurs privés. On y retrouve par exemple les masques d’Apophis, de Râ ou encore d’Anubis. Des dieux de l’Égypte Antique transformés en personnages de fiction, et dont le rôle fictif correspond souvent au rôle mythique. À côté de Stargate, l’Égypte ancienne a aussi inspiré les auteurs de comics, de bande dessinée et même de jeux vidéos chers à la communauté geek. À côté de superhéros égyptiens comme Isis, les mythiques Batman ou Lara Croft évoluent entre les pyramides aux côté d’Osiris . La culture populaire continue de puiser dans la mythologie égyptienne comme le tout dernier X-Men Apocalypse. Une œuvre fictionnelle qui permet tout de même, comme d’autres, de susciter l’intérêt de millions de téléspectateurs pour l’Égypte ancienne. (Source)

Lara Croft et le temple d'Osiris
Lara Croft et le temple d’Osiris

Sous les crampons, un temple antique.

© Denis Gliksman/Inrap
© Denis Gliksman/Inrap

Comme quoi un terrain de foot peut receler quelques trésors inattendus. Comme le veut la procédure lorsqu’un terrain fait l’objet d’un projet commercial, le ministère de la Culture et de la Communication – en l’occurrence, la Direction régionale des affaires culturelles de Picardie – déclenche une procédure de diagnostic archéologique préalable. Le but est de s’assurer que le sol ne recèle pas de traces ou de vestiges archéologiques. Ici, l’emprise totale (c’est-à-dire la quantité de sol occupé par la fouille) est de vingt-deux hectares. Elle correspond à la surface occupée jusque là par deux terrains de football (un terrain adultes, un terrain enfants) et un parking. C’est en sondant le terrain, à cinquante centimètres à peine de la terre végétale, au ras du sol foulé par les footballeurs, que les archéologues chargés du diagnostic tombent sur un vestige protohistorique inattendu : un imposant griffon assis, les ailes déployées.

Véronique Brunet-Gaston, archéologue responsable d’opération Inrap est sollicitée pour expertiser le griffon, en tant que chercheur spécialisé en architecture antique et blocs architecturaux à l’Inrap. On est bien en Gaule romaine, mais le style de la statuaire s’inspire du grand art romain ou grec.

Le sanctuaire
Ce sanctuaire, compris dans une enceinte de 70 m x 105 m, possède deux petits pavillons à l’arrière, dont seules les fondations sont conservées. Au centre, la Cella, puissante plateforme maçonnée, est accessible par un escalier en façade. Elle constitue le cœur du sanctuaire où était érigée la statue d’une divinité. Les archéologues y ont découvert de nombreux éléments de balustrade à décor de « S » affrontés et de lances, ainsi que des éléments de placage en marbre.
Pour lire la suite

1914-1918, Retrouver ses morts pour la France. Sur les traces du soldat Jean Durand.

Entre le 01 et le 11 novembre, c’est un peu la saison des morts, personnels, familiaux, intimes mais aussi des morts pour la France, un défunt pouvant recouvrir ses différentes réalités, je me suis demandée si on pouvait recomposer le physique ou le parcours militaire des soldats morts pour la France dont il reste aujourd’hui les noms gravés sur les monuments qui leur rendent hommage ?

C’est quoi un monument aux morts ?

L’expression  » monuments aux morts  » s’applique aux édifices érigés par les collectivités territoriales – le plus souvent les communes – pour honorer la mémoire de leurs concitoyens  » morts pour la France « , sauf dans les départements d’Alsace et de Moselle où, pour des motifs historiques, cette notion est remplacée pour la guerre de 1914-1918 par celle de « morts à la guerre « .

38 000 monuments aux morts été érigés en France au lendemain de la Guerre Grande sur lesquels sont inscrits 1.3 million de noms de soldats « pour la France ». Les monuments aux morts sont juridiquement des biens communaux, les premiers ont été construits après la guerre de 1870-1871, l’usage s’impose après la première guerre mondiale. Avec 38 000 monuments commémoratifs c’est la guerre et le sacrifice des « enfants de la France » qui se donnent  à voir dans toutes les communes. Aucune place publique, sur laquelle on trouve aussi bien souvent deux marqueurs essentiels, un religieux l’église et l’autre politique la mairie, n’échappe à la commémoration et au souvenir de cette guerre.

Monument aux morts d'Egletons. Corrèze. Une plaque de nom.
Monument aux morts d’Egletons. Corrèze. Une plaque de noms.
Monument aux morts d'Egletons.
Monument aux morts d’Egletons.

Pour comprendre la signification de l’expression « morts pour la France » il faut aller faire un petit tour du coté du droit et des lois. Cette expression est directement liée à la loi du 2 juillet 1915 (donc en plein conflit) et modifiée par la loi du 22 février 1922 au lendemain de la Première Guerre mondiale. Voila ce que dit la loi qui institue la mention « morts pour la France » dans son article 1 : l’acte de décès d’un militaire des armées de terre ou de mer tué à l’ennemi, ou mort des suites de ses blessures ou d’une maladie contractée sur le champ de bataille […] devra sur avis de l’autorité militaire, contenir la mention : Mort pour la France. Cette loi est traduite dans le marbre, comme le montre ici la plaque du monument aux morts de Duault (Côtes d’Armor).

Monument aux morts de Duault. Côtes d'Armor.
Monument aux morts de Duault. Côtes d’Armor.

Cette mention donne le droit à une sépulture perpétuelle aux frais de l’Etat.

Il y a une procédure à respecter pour qu’un nom puisse figurer sur un monument aux morts, que vous pouvez lire ici. Cette procédure est riche d’enseignement, « mort pour la France » peut traduire l’hommage à la mémoire d’un individu mais aussi conduire à des mesures de soutien pour les descendants et donne enfin le droit à une sépulture perpétuelle.

Comment faire pour trouver le nom d’un soldat mort pour la France et connaitre ses états de services ? A la recherche de Jean Durand.

Le travail de numérisation lancé par le ministère de la Défense depuis plusieurs années nous permet de pouvoir suivre les parcours individuels des soldats engagés dans le premier conflit mondial. Voici la marche à suivre pour retrouver les traces d’un ancêtre en utilisant le site « mémoires des hommes »

Mémoires des hommes.
Mémoires des hommes. Source

Vous cliquez sur Première guerre mondiale puis sur Morts pour la France et Formulaire de recherche : à vous d’entrer un nom, un prénom et un département ; si vous ne disposez que d’un nom, le formulaire vous proposera plusieurs identités, à vous de choisir alors celle qui parait la plus proche de votre requête. J’ai essayé avec un nom au hasard, j’ai retenu le nom Durand (un des plus communs en France) et le prénom Jean (même remarque) et j’ai choisi la Corrèze (département 19) afin de suivre le parcours d’un homme qui avait vécu à la campagne, comme 75% des soldats envoyés au front. Voilà ce que ça à donner.

Jean Durand, soldat corrézien.
Jean Durand, soldat corrézien.

Jean Durand était un simple soldat incorporé dans l’infanterie, il est né en 1885 et est mort à 29 ans au début de la guerre, le 30 aout 1914, sa fiche indique qu’il est mort « tombé à l’ennemi », il est donc mort sur le champ de bataille pendant la guerre de mouvement. Comme le document transmis nous livre son numéro de matricule (1454), son bureau de recrutement (Brive-la-Gaillarde) sa classe (1905), il est possible d’en savoir un peu plus grâce aux archives départementales de la Corrèze

Archives de Corrèze, fiches matricules.
Archives de Corrèze, fiches matricules. Source

Je remplis le formulaire et ouvre le registre R1224 qui contient les fiches matricules numérotées de 1001 à 1500.

Registres matricules.
Registres matricules

Je trouve la fiche matricule de Jean Durand soldat tué à l’ennemi, voilà ce que j’ai pu apprendre sur cet homme : Jean est né le 21 septembre 1885 à Ussac dans le canton de Brive, il est le fils de Pierre et de Marguerite, quand il est incorporé en 1905 il est orphelin (mais depuis combien de temps ? Il faudrait chercher les dates de mort de ses deux parents), sa fiche indique qu’il est cultivateur. C’est assez vague, mais il fort probable qu’il soit garçon de ferme, ce qui permet de le supposer est son niveau d’instruction (noté 0 sur sa fiche) : cet homme ne sait ni lire, ni écrire, ni compter, ni signer, ce qui est très rare à l’époque dans le mesure où les lois J. Ferry de 1883 et 1884 sont à l’origine d’une alphabétisation massive de la population. Il n’est pas tout à fait incongru de penser qu’il a perdu ses parents très jeune.

Jean Durand, sa filation.
Jean Durand, sa filation.

Qu’elle était l’apparence physique de Jean ? Il est brun, son visage est ovale et ses yeux sont gris, son nez est long et fort et mesure 1.67 mètres, il est de taille moyenne et bon pour le service. Il est sous les drapeaux entre 1906 et 1908, en 1909 il est domicilié à Allassac.

Jean Durand, un portrait.
Jean Durand, un portrait.

Le premier aout 1914 il est mobilisé et rejoint son régiment deux jours plus tard, il lui reste quelques jours à vivre quand il arrive au 149ème régiment d’infanterie.

Grâce au site mémoire des hommes qui a mis en ligne les journaux des unités je vais pouvoir en savoir un peu plus.

Mémoire des hommes. Journaux des unités.
Mémoire des hommes. Journaux des unités.

Le journal du 149ème régiment d’infanterie n’est pas complet mais fournit tout de même de précieux renseignements sur le régiment  du corrézien Jean Durand.

Journal du 149ème régiment d'infanterie.
Journal du 149ème régiment d’infanterie.

L’incroyable site CHTIMISTE.COM  qui est une mine (sans jeu de mot) nous permet de replacer l’histoire de ce régiment dans l’histoire des combats qui se sont déroulés au début de cette  guerre que les contemporains ne tarderont pas à qualifier de « Grande Guerre » : qu’apprend-ton ? Que le 149ème régiment d’infanterie participe aux batailles de Lorraine qui se soldent par deux victoires françaises

Journal du 149è régiment d'infanterie, le 22 aout 1914.
Journal du 149è régiment d’infanterie, le 22 aout 1914.

Les derniers jours de sa vie sont difficiles à retracer avec précision, dans le journal de son unité est il déclaré blessé le 22 aout 1914 (c’est le dernier nom figurant sur la capture), la dernière page du journal évoque la violence des combats et la reprise de Saint-Rémy.

Jean Durand porté blessé le 22 aout 1914.
Jean Durand porté blessé le 22 aout 1914.

Il reste des questions autour de la date à laquelle Jean meurt, sa fiche matricule fixe son décès au 15 septembre alors que le tribunal de Brive dans sa décision du 21 janvier 1921 fixe sa mort au 30 aout 1914. Si l’un(e) d’entre vous a une suggestion pouvant expliquer cet écart, la poule est preneuse !

La mort de Jean Durand reportée sur la fiche matricule.
La mort de Jean Durand reportée sur la fiche matricule.

Que reste t-il de Jean Durand, ce jeune cultivateur analphabète, sans parents et sans enfants, tombé à l’ennemi au cours du premier mois de la guerre 1914-1918 ?

Le site Memorial gneweb  qui a fait un excellent travail de recension des monuments aux morts nous livre plusieurs renseignements et quelques photos qui nous intéressent sur le parcours de Jean Durand et sur les traces que son itinéraire de soldat laisse dans l’espace public.

Allassac. Memorial genweb
Allassac. Memorial genweb
Monument aux morts d'Allassac sur lequel se trouvent les nom et prénom de Jean Durand.
Monument aux morts d’Allassac sur lequel se trouvent les nom et prénom de Jean Durand.

En relisant la fiche matricule, Jean Durand est domicilié à Allassac et non plus à Ussac commune dont il est natif. C’est sur le monument aux morts de la commune dans laquelle il était domicilié que son nom a été gravé, conformément à la loi du 25 octobre 1919.

Personne n’a réclamé le corps de Jean, en revanche si vous voulez par la fiction vous imprégner de l’atmosphère de la période qui s’ouvre après les combats de 1918, je ne saurais trop vous recommander de (re)voir, le film magistral de B. Tavernier, La vie et rien d’autre qui traite de la recherche des corps, des traumatismes liés à la perte d’êtres chers et à la façon dont une société tentent d’apporter une réponse à un deuil de masse.

La vie et rien d'autre. Bande annonce.
La vie et rien d’autre. Bande annonce.

Petite Webographie toujours utile

  • Mémoire des hommes pour retrouver un nom et consulter le journal des unités :

http://www.memoiredeshommes.sga.defense.gouv.fr/spip.php?rubrique16

  •  Les archives départementales de Corrèze, les fiches matricules :

http://www.archinoe.fr/cg19/recrutement.php

  • Pour connaitre l’histoire  des régiments :

http://chtimiste.com/

  • Pour chercher un monument aux morts :

http://www.memorial-genweb.org/~memorial2/html/fr/index.php

  • Pour avoir accès à des fiches matricules en dehors de la Corrèze, par exemple, je vous conseille de lancer cette requête par mot clef dans la barre de recherche goggle : registres matricules archives départementales. La plupart des centres d’archives sont en train de numériser leurs fonds.

Bonnes recherches  et n’hésitez à partager vos trouvailles…

Au coeur d’un village gaulois : Acy-Romance

Le doux chant d’un oiseau, la musique du vent dans des feuillages généreux, un champ de blé à maturité composent le décor de l’écran d’ouverture de ce magnifique site : A la rencontre des Rèmes.

Le ministère de la culture et de la communication patronne cette collection de site internet d’une grande qualité consacrée aux grands sites archéologiques..

Il s’agit ici d’entrer dans un des villages des Rèmes : Acy-Romance. Pour mieux les situer, les Rèmes avaient pour capitale Reims, ils étaient voisins des Bellovaques, des Suessions et des Viromanduens.

Vingt ans de recherches archéologiques ont été nécessaires pour faire connaissance avec les Rèmes. L’archéologie expérimentale a permis de comprendre par exemple comment ces Gaulois maitrisaient le nivellement puisque les fonds des trous de poteaux étaient horizontaux (les fameux trous de poteaux qui sont quelques fois les seules traces laissées par ces peuples lointains) alors que le terrain était pentu. Les archéologues se sont également livrés à la reconstitution de bûchers funéraires.

Acy Romance, reconstitution et fouille d'un bûcher funéraire.
Acy Romance, reconstitution et fouille d’un bûcher funéraire.

L’étude de 220 000 de restes osseux ont donné de précieux renseignements sur l’alimentation carnée, la boucherie ou encore l’élevage.

Nous apprenons que les Gaulois ne vivaient pas dans les forêts mais dans des villages qui pouvaient atteindre plusieurs centaines d’habitants. Au cours du IIIème siècle avant JC, les terroirs sont de plus en plus occupés, l’amélioration de l’outillage aurait contribué à une explosion démographique.

Acy-Romance vue aérienne reconstituée.
Acy-Romance vue aérienne reconstituée.

Acy-Romance nait vers 180 JC quand un groupe s’installe sur le plateau calcaire qui domine d’une quarantaine de mètres un des méandres de l’Aisne.

Dans la rubrique « la vie au village » vous découvrirez l’intérieur des maisons, les plans et les conditions de construction ainsi que les parcelles et les lotissements.

Vous saurez tout sur les lieux de culte gaulois.

Sanctuaire de Nanteuil sur Aisne.
Sanctuaire de Nanteuil sur Aisne.

Enfin, mais vous pouvez aussi commencer par là : le village comme si vous y étiez … ou presque

La frise chronologique interactive de l’INRAP

 

Cette chronologie couvre environ 800 000 ans du Paléolithique ancien jusqu’à nos jours.

Les principales périodes de l’histoire sont analysées par desarchéologues et chercheurs de l’Inrap :
– Paléolithique inférieur et moyen : par Vincent Lhomme, Inrap
– Paléolithique supérieur : par Nelly Connet, Inrap
– Épipaléolithique – Mésolithique : par Frédéric Seara, Inrap
– Néolithique : par Françoise Bostyn, Inrap
– Âge du Bronze et âge du Fer : par Pierre Jacquet, Inrap
– Antiquité gallo-romaine : par Olivier Blin, Inrap
– Moyen Âge : par Isabelle Catteddu, Inrap
– Périodes moderne et contemporaine : par Gilles Bellan, Didier Dubant, Inrap
– Conseil scientifique : Jean-Paul Demoule

Cette chronologie concerne l’extrémité de la péninsule eurasienne correspondant à la France actuelle.
Partagé entre deux zones climatiques, ce territoire est tempéré dans la moitié nord et méditerranéen dans la moitié sud.  Il est bordé à l’est par la barrière des Alpes et traversé par deux voies nord-sud : la plaine du Rhône et les rivages de l’Atlantique. Ces particularités peuvent expliquer l’organisation culturelle des différentes périodes, de la Préhistoire et de l’Histoire.

(Source)

Chaque période est abordée à travers huit thèmes, nourris par les apports de l’archéologie, c’est bien là l’intérêt majeur de ce travail:
– Structures politiques et société
– Spiritualité et religions
– Subsistance, économie, commerce
– Occupations, habitats, logements
– Culture matérielle
– Art et biens de prestige
– Traitement des morts
– Ailleurs dans le monde

Il existe aussi une version texte : ICI.

Bon voyage dans le temps

Au cœur d’une villa gallo-romaine : la villa de Loupian.

Mon coup de cœur de la semaine : un retour en Gaule romaine.

Vous connaissez le site consacré aux « Grands sites archéologiques », édité par le ministère de la Culture et de la Communication au sein du Département de l’enseignement supérieur, de la recherche et de la technologie (Secrétariat général / Service de la coordination des politiques culturelles et de l’innovation / DREST), en collaboration avec la Direction générale des patrimoines, j’ai déjà eu l’occasion de vous en parler à propos des épaves corsaires de la Natière ; voici la dernière venue : la villa de Loupian

villa loupian
villa loupian

 À l’occasion des journées nationales de l’archéologie les 21 et 22 mai, le ministère de la Culture et de la Communication lance le site Internet villa.culture.fr qui offre des restitutions 3D inédites de la villa de Loupian située dans l’Hérault. Cette production multimédia a donné lieu à une reconstitution virtuelle de grande qualité évoquant les principaux moments de l’évolution de ce grand domaine.


En cliquant sur la loupe, vous aurez accès à une vue intérieure du bâtiment sélectionné.

Qu’est-ce qu’une villa romaine ?

L’époque romaine voit l’émergence et la diffusion d’un modèle d’exploitation agricole fondé sur de grands domaines : les villas. La fouille de l’une de ces grandes exploitations, à Loupian sur le littoral languedocien, dévoile une facette du monde rural de la Gaule romaine, avec ses grands propriétaires qui partageaient leur temps entre otium (temps du repos et de l’étude) et negotium (le temps des affaires), ses domaines agricoles exploités par une main-d’œuvre d’esclaves.

Parmi les trésors de Villa-Loupian, des mosaïques polychromes exceptionnelles. Grâce à une scénographie originale ainsi qu’une très riche iconographie, le site Internet invite à la découverte d’une résidence rurale qui a été minutieusement fouillée depuis les années 60 et étudiée avec son espace domanial. La visite virtuelle de la villa reconstituée au fil des siècles, ainsi qu’un panoramique 360° des superbes mosaïques polychromes de l’Antiquité tardive dévoilent des vues exceptionnelles de cette villa. Le site présente une mine de données vivantes accessibles à tout public, témoignant du renouveau permanent de la recherche sur les villas en Gaule romaine, de l’état le plus récent des connaissances, et de la diversité des expressions architecturales à travers les provinces gauloises.


La navigation est très simple, pour visiter virtuellement la villa et explorer ses mosaïques. Sur le plan vous cliquez sur la mosaïque de votre choix (ici la mosaïque M), vous aurez une vue panoramique de l’intérieur de la villa et des fouilles qui s’y déroulent, de plus vous pourrez admirer la reconstitution de la mosaïque sur laquelle vous pouvez zoomer et lire un texte de présentation :

Texte sur la mosaïque aux chardons.
Texte sur la mosaïque aux chardons.

Le site Internet présente une mine de données vivantes et accessibles à tout public sur le renouveau permanent de la recherche sur les villas en Gaule romaine, sur l’état le plus récent des connaissances, et sur la genèse des grands domaines. Au delà de Loupian, la diversité des expressions architecturales dans les provinces gauloises est présentée à travers 14 villas réparties dans tout le territoire, sélectionnées parmi les milliers de villas localisées sur la carte archéologique nationale.

Par exemple, vous pouvez visiter une villa arverne située au sud de Clermont-Ferrand. Il s’agit d’une villa édifiée à la fin du Ier siècle sur deux hectares, cette villa occupée jusqu’au début Vème siècle fait une large part aux activités agricoles.

villa gallo romaine.  Forge à tondre
villa gallo romaine. Forge à tondre

Les fouilles ont mis à jour de nombreux indices indiquant le luxe qui caractérise cette villa, on y trouve aussi un balnéaire de 300 m² c’est-à-dire un ensemble destinée aux bains, à la toilette et abritant aussi des thermes.

villa gallo romaine beaumont, vue partielle du secteur balnéaire.
villa gallo romaine beaumont, vue partielle du secteur balnéaire.

Bonne visite ….

VILLA LOUPIAN EN LANGUEDOC.


Le maître des Cassoni Campana. Ariane à Naxos. Ariane et Bacchus.

Nous voici parvenus au dernier acte de cette histoire. Grâce à Ariane, Thésée réussit à sortir du labyrinthe construit par Dédale, un parcours plus redoutable encore que l’affrontement direct avec le monstre qui y vivait, le Minotaure.

Le maître des Cassoni Campana. Ariane à Naxos.
Le maître des Cassoni Campana. Ariane à Naxos.

Thésée quitte l’île de Minos accompagnée d’Ariane et de Phèdre. Je ne sais pas ce qui se passe sur le bateau mais l’équipage débarque à Naxos : Ariane est abandonnée et à gauche on voit le nouveau couple Phèdre et Thésée rejoindre leur bateau qui a gardé sa voile noire.

Que se passe t-il maintenant pour Ariane ? Ariane seule, abandonnée, trahie rencontre Bacchus (ou Dionysos). Voici comment celui qui nous intéresse, le maître des Cassoni Campana, met en scène cette rencontre. Nous avons déjà eu l’occasion d’évoquer Dionysos (« né deux fois ») conçu par Zeus et Sémélé et né de la cuisse de Jupiter, il devra échapper à l’ire d’Héra. Adulte, il découvre l’usage de la vigne, il est le dieu du vin de l’inspiration : dans l’Antiquité il était fêté au cours de grandes processions où défilaient les génies de la terre et de la fécondité : les processions bacchiques ou bacchanales.

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Ariane abandonnée par Thésée est consolée par Dionysos qui  arrive sur un char suivi d’un cortège composé de buveurs, de faunes, de faunillons, de bacchantes et de musiciens. Le char sur lequel trône un Dionysos nu et gras est décoré de pampres, le dieu est couronné de feuilles de vigne et tient un thyrse recouvert de lierre. Il est tiré par un fantastique attelage de chevaux à tête de serpent. La joyeuse troupe se déplace au rythme d’une musique entrainante : les instruments à vent et à percussion sont là pour accroître l’effet de l’ivresse. On reconnait un tambour de basque à sonnailles et une salpinx recourbée.

On trouve ici tous les attributs végétaux de Dionysos : le pampre, la pomme de pin qui exprime la pérennité de la vie végétale.

C’est Ovide qui nous raconte les amours d’Ariane et du dieu :

Cependant le dieu, sur son char, couronné de raisins, lâchait les rênes dorées aux tigres qui le traînaient. La jeune fille perdit tout à la fois les couleurs, le souvenir de Thésée, et la voix. Trois fois elle voulut fuir, trois fois la frayeur la retint. Elle frissonna, comme tremble l’épi stérile agité par le vent, comme tremble le roseau léger dans l’humide marais. Le dieu lui dit : « Je viens pour te vouer un amour plus fidèle ; cesse de craindre ; c’est Bacchus qui sera ton époux, fille de Gnosse. Comme présent je te donne le ciel ; au ciel tu seras un astre que l’on contemple ; souvent le vaisseau indécis se dirigera sur la Couronne de la Crétoise ». Il dit et, de peur que les tigres n’effraient Ariane, saute de son char (la trace de ses pas s’imprime sur le sol) ; il la serre contre sa poitrine et l’enlève (en effet elle n’aurait pu résister) ; est-il rien de difficile à la puissance d’un dieu ? Les uns chantent « Hyménée », d’autres crient « Evius, Evohé ». C’est ainsi que sur la couche sacrée s’unissent la jeune épouse et le dieu.

Ovide, Art d’aimer, I, 547-562.

Pendant qu’Ariane s’en donne à cœur joie à Naxos, Thésée et Phèdre partent vers Athènes. Vous connaissez la suite : Egée, le père de Thésée voyant la voile noire hissée croit son fils mort, il se jette du haut des murs de la ville et se noie dans la mer qui porte depuis son nom.

La rencontre d’Ariane et de Bacchus – Dionysos a souvent été mise en scène, voici quelques exemples parmi les plus célèbres.

Sebastino Ricci, Bacchus et Ariane, 1700-1710.
Sebastino Ricci, Bacchus et Ariane, 1700-1710. Source
Titien, Bacchus et Ariane, 1520-1523, National Gallery, Londres.
Titien, Bacchus et Ariane, 1520-1523, National Gallery, Londres.

Titien a une quarantaine d’année quand il peint cette huile destiné au studiolo d’Alphonse d’Este qui voulait créer dans son château de Ferrare une galerie habillée de tableaux antiques. En lisant le guide de la National Gallery, on apprend que le commanditaire aurait probablement fourni les poèmes de Catulle et d’Ovide, pour en savoir plus, vous pouvez lire cet exposé : Ariane et Bacchus.

Chez Titien, le char de Bacchus est tiré par des guépards, il ouvre la voie à un cortège se déplaçant au rythme des cymbales et des tambours où l’on rencontre des ménades et des satyres.

Le magnifique Bacchus sort de son char comme s’il volait et regarde Ariane, Ariane et Bacchus animés d’un même mouvement se détachent sur un fond bleu outremer.

Tiziano Vecellio, La Bacchanale à Andros, 1523-1525. Huile sur toile. 175 x 193 cm. Musée du Prado, Madrid.
Tiziano Vecellio, La Bacchanale à Andros, 1523-1525. Huile sur toile. 175 x 193 cm. Musée du Prado, Madrid.
Rubens Peter Paul (1592-1640)  Bacchanale et Ariane endormie (d'après Titien) Huile sur toile,  200 x 215 cm. 1628 Stockholm, Musée National.
Rubens Peter Paul (1592-1640) Bacchanale et Ariane endormie (d’après Titien) Huile sur toile, 200 x 215 cm. 1628 Stockholm, Musée National.
Natoire Charles Joseph (1700-1777), Bacchus et Ariane, 1743. Château de Versailles.
Natoire Charles Joseph (1700-1777), Bacchus et Ariane, 1743. Château de Versailles.
Van Mieris Willem, le Jeune (1662-1747). Bacchus et Ariane. 1730, Musée des Beaux Arts de Valenciennes.
Van Mieris Willem, le Jeune (1662-1747). Bacchus et Ariane. 1730, Musée des Beaux Arts de Valenciennes.
Van Everdingen Allaert (1621-1675). Bacchus et Ariane à Naxos, 1660. Allemagne, Dresde.
Van Everdingen Allaert (1621-1675). Bacchus et Ariane à Naxos, 1660. Allemagne, Dresde.

Je ne peux m’empêcher de clore ce cycle par cette formule lapidaire qui servira de morale à l’histoire : quand on se fait larguer sur une île par un merdeux qui se la joue en armure, se dire que le bon coup est à venir

Verre à pied à décor gravé. Le char de Bacchus et Ariane.
Verre à pied à décor gravé. Le char de Bacchus et Ariane.

 

Retourne ton champs pov’ Martin, t’auras les poches pleines.

Si le Sicilien met son nez dans la poubelle, le Normand retourne son champ et comme dans une fable de la Fontaine, le paysan tourne, retourne, laboure car « c’est le fonds qui manque le moins ».. bref, chez La Fontaine le pov’ Martin y retourne, y retourne et y voit pas grand chose avant la moisson prochaine. Ici, l’histoire change :

Dimanche, près de Sainte-Mère-Eglise dans la Manche, en nettoyant son champ, un homme découvre un bout de fer qui dépasse du sol. Cela lui a permis de découvrir un pot en terre cuite contenant pas moins de 40 kg de pièces romaines datant du IVe siècle après J.C

Après avoir contacté la DRAC (Direction régionale des affaires culturelles) et l’université de Caen, l’inventeur du trésor l’a remis à des experts. Les pièces ont ainsi été confiées au laboratoire du Centre de recherche archéologique et d’histoire des monnaies et antiquités de l’université de Caen. Là, les pièces seront nettoyées puis authentifiées par le Centre de recherche.

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Bien avant toi, l’Etat. Découverte du plus vieux texte en Europe

Une plaquette d’argile cuit vieille de plus de 3.000 ans, considérée comme le plus vieux texte écrit et déchiffrable en Europe, a été découverte dans une ancienne « décharge » du Péloponnèse, a indiqué mardi à l’AFP un archéologue, enseignant à l’Université de Missouri (USA).

Mise au jour lors de fouilles sur une colline d’Ikléna, un petit village du département de Messène, à 300 km au sud-ouest d’Athènes, cette plaquette est apparemment « un document financier » en provenance d’une ancienne ville mycénienne, a expliqué l’archéologue, Michael Cosmopoulos, joint via mail par l’AFP.

La tablette d’argile cuit a un siècle de plus que les précédentes découvertes similaires mises au jour jusqu’ici.

« Il s’agit de la plus ancienne plaquette découverte en Grèce, donc la plus ancienne en Europe », a déclaré M. Cosmopoulos dans un mail.

« Sur l’une des faces de la plaquette figurent des noms et des chiffres et sur l’autre un verbe qui renvoie au verbe confectionner », a-t-il précisé.

L’inscription sur la plaquette est en Linéaire B, une écriture utilisée par les Mycéniens de l’âge de bronze (1.600 avant notre ère), l’époque de la guerre de Troie décrite dans l’Iliade de Homère.

Les fouilles, supervisées par l’Ecole d’archéologie d’Athènes et financées en partie par la National Georgraphic Society, avaient commencé en 2006 et avaient mis au jour les ruines d’une grande structure avec des murailles immenses, des fresques et un système de drainage avancé, datant de 1550-1440 avant notre ère.

Selon M. Cosmopoulos qui dirige les fouilles, le site avait probablement été détruit aux alentours de 1400 avant notre ère avant d’être envahi par le royaume proche de Pylos, dont le roi Nestor est mentionné dans l’Iliade.

« La mise au jour de la plaquette suggère que l’écriture était beaucoup plus ancienne que ce que l’on croyait jusqu’ici », estime cet universitaire.

L’Ecole d’archéologie d’Athènes doit prochainement consacrer une publication à la découverte, déjà publiée par National Geographic, tandis que la plaquette sera présentée au public par Cynthia Shelmerdine, une spécialiste de l’écriture mycénienne de l’Université d’Austin (Texas), qui est la première à l’avoir déchiffrée, selon M. Cosmopoulos.

Copyright © 2011 AFP

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