Jérome Bosch est mort il y a 500 ans.

Jardins des délices. Détail2 Jardins des délices. Détail1

A l’occasion du cinq centième anniversaire de la mort du peintre Jérome Bosch deux expositions majeures vont être présentées.

Jérome Bosch.

La première a lieu dans la ville du peintre, Bois-le-Duc; la seconde s’ouvrira à Madrid au musée du Prado le 31 mai.

A cette occasion, replongez dans le Jardin des délices grâce à cette visite en très haute définition :

Le Jardin des délices.
Le Jardin des délices.

Ouvrez les panneaux, ce n’est pas un retable. Le Jardin des délices, est-ce vraiment si délicieux? (Source). C’est en tous les cas fascinant, comme l’ensemble de l’oeuvre de ce peintre « énigmatique ».

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Paris comme vous ne l’avez jamais entendu!

Paris comme vous ne l’avez jamais entendu ! C’est l’expérience que propose la musicologue Mylène Pardoen, du laboratoire Passages XX-XXI, à travers le projet Bretez. Un nom qui n’a pas été choisi par hasard : la première reconstitution historique sonore conçue par ce collectif associant historiens, sociologues et spécialistes de la 3D, a en effet pour décor le Paris du XVIIIe siècle cartographié par le célèbre plan Turgot-Bretez de 1739 – Turgot, prévost des marchands de Paris, en étant le commanditaire, et Bretez, l’ingénieur chargé du relevé des rues et immeubles de la capitale.

Le paysage sonore a été reconstitué à partir de documents d’époque, notamment Le Tableau de Paris,publié en 1781 par Louis-Sébastien Mercier, et des travaux d’historiens comme Arlette Farge, spécialiste du XVIIIe, Alain Corbin, connu pour ses recherches sur l’histoire des sens, ou encore Youri Carbonnier, spécialiste des maisons sur les ponts. Au cours de la visite, on entend  les coups de hache d’un boucher de la rue de la Grande-Boucherie, le bruit du grattage des peaux des tanneurs de la rue de la Pelleterie, le cliquetis d’une imprimerie de la rue de Gesvres… S’y entremêlent les cris et bruits des gestes des bateliers et lavandières. S’y ajouteront d’autres acoustiques comme le bruit de sabots des chevaux, les cloches de Notre-Dame ou le chuintement des poulies du guindeau, ce grand filet qui barrait la Seine pour arrêter tout ce qui flottait.

Près de 95 % des sons sont naturels, ceux des machines comme le métier à tisser ont été enregistrés sur d’authentiques engins anciens. Seul le ronronnement de la pompe Notre-Dame, qui remontait l’eau de la Seine pour la consommation des Parisiens, a été reconstitué à partir du bruit d’un moulin à eau. « J’essaie de pousser loin le détail », avoue-t-elle.

Au total, 70 tableaux sonores ont été façonnés. Un travail collectif, insiste la chercheuse, associant des graphistes et des historiens, et parrainé par Daniel Roche, professeur honoraire d’histoire moderne au Collège de France.

« Il s’agit de la première reconstitution en 3D où l’image et le son sont conçus au même moment : le son est au centre de la création, ce n’est pas un habillage comme on le fait aujourd’hui dans de nombreuses fictions » (Source

Lien vers la vidéo.

 

Combat de coqs en Flandre, 1889. Rémy Cogghe.

R. Cogghe. Combat de coqs. Détail

Voici un post oublié au fond d’un tiroir, initialement intitulé « Une poule dans un jeu de coqs », écrit il y a quelques années et qui se fait l’écho d’une double découverte : celle du musée La Piscine de Roubaix et à l’intérieur de celle d’une huile sur toile dont le titre et la composition ont attiré une certaine curiosité typique d’un petit gallinacé à la crête en alerte, il s’agit de l’huile sur toile de Rémy Cogghe : Combat de coqs en Flandre, daté de 1889.

R. Cogghe, Combat de coqs en Flandres, 1889
R. Cogghe, Combat de coqs en Flandres, 1889
Rémy Cogghe. Etude pour combat de coqs
Rémy Cogghe. Etude pour combat de coqs.

Rémy Cogghe est un roubaisien belge né à Mouscron en 1854, il arrive avec sa famille à Roubaix en 1857. C’est donc un jeune immigré remarqué par un bourgeois qui le présente à un riche industriel Pierre Catteau, qui devient son mécène à Roubaix puis à Paris quand le jeune artiste fréquente l’atelier de Cabanel. En 1880, il reçoit le Grand Prix de Rome de peinture décerné par l’Académie royale des Beaux-Arts d’Anvers. Dès l’aube de sa carrière …. Il est attaché à l’appui financier du patronat textile et toute sa vie, dans toute son œuvre, il restera ce fils de tisserand pensionné par les manufacturiers d’une ville qu’il ne quittera pratiquement pas : une fidélité à Roubaix, pourtant l’artiste se détache de sa source roubaisienne ses inspirations sont rurales, campagnardes, brugeoises.

R. Cogghe, autoportrait. 1899
R. Cogghe, autoportrait. 1899

Le combat de coqs est une tradition ancienne dans le Nord de la France, il se déroule dans un gallodrome. Le combat auquel nous assistons dans ce tableau a lieu dans le gallodrome situé rue du Vieil-Abreuvoir. Les protagonistes, entendons ici les spectateurs sont tous des figures roubaisiennes. Rémy Cogghe s’inspire d’un autre artiste et sa toile n’est pas sans évoquer un naturalisme qui rappelle celui d’Emile Claus, un peintre belge.

Emile Claus, Combat de coqs, 1882 (collection particulière)
Emile Claus, Combat de coqs, 1882 (collection particulière)

On peut tenter un exercice de comparaison entre le combat de coqs d’Emile Claus qui date de 1882 et celui de Rémy Cogghe réalisé en1889. Nous sommes placés à chaque fois dans la position d’un parieur (imaginer une poule dans cette position?) qui regarderait ses congénères placés de l’autre côté du gallodrome. La mise en scène  deux artistes nous fait participer au combat, mais avec quelques différences. Dans le tableau de Rémy Cogghe l’exactitude des portraits tranche avec le flou du combat, alors que dans l’œuvre du luministe belge ce qui l’emporte c’est la netteté du combat de coqs. Cette nuance s’explique dans le projet mené par R. Cogghe, son combat de coqs est l’occasion de dresser une galerie de portraits tous roubaisiens.

R. Cogghe, Combat de coqs en Flandres, 1889. Détail
R. Cogghe, Combat de coqs en Flandres, 1889. Détail

R. Cogghe, Combat de coqs en Flandres, 1889. Détail.4

R. Cogghe, Combat de coqs en Flandres, 1889. Détail.3

R. Cogghe, Combat de coqs en Flandres, 1889. Détail.2
Le travail mené par Dominique Vallin a permis d’identifier la plupart des hommes présents dans cette scène, l’historienne de l’art s’appuie sur les sources anciennes comme le Journal de Roubaix et se réfère aux articles signés pas Jean Duthil et Pierre Kleim. Ce dernier écrit au moment de l’exposition de la Société Artistique de Roubaix-Tourcoing : Toutes les figures du tableau de Mr Cogghe sont connues et nos concitoyens vont s’intéresser grandement à cette œuvre locale. Les expressions sont d’une justesse, d’une observation, d’un fini, qui indiquent que le peintre croit être un psychologue.
Cette assemblée constituée uniquement d’hommes réunit toutes les couches de la population : ouvriers, employés, patrons. Dans cette communion de circonstance le conflit n’existe pas, il s’agit du spectacle de la concorde.
Qui sont ces modèles de proximité ?

La Bibliothèque du Vatican sur mon divan.

Ne cherchez pas un crypto-sens à ce titre, rien de psychanalytique ici, juste une accroche un peu boiteuse pour vous présenter un trésor à portée de clavier.
La visite du Vatican avait ébloui la voyageuse sceptique que je suis, j’avais été impressionnée par la démonstration de puissance de l’Eglise (c’est bien la finalité de la mise en scène me direz vous), l’attrait que l’Ecclesia a exercée sur les génies de la Renaissance.  Peintures, fresques, stucs, marbre sculpté, pierres précieuses, voûtes, voussures, piliers, plafonds, murs richement et magnifiquement décorés, on  parvient même à s’extraire de la foule pour contempler tant de beauté(s). C’est vrai, le pas se fait lent, le torticolis guette les promeneurs insouciants, mais comment ne pas s’émouvoir devant cette merveille d’architecture et d’art décoratif qu’est la Bibliothèque apostolique Vaticane?

Bibliothèque apostolique vaticane. plafond
Bibliothèque apostolique vaticane. Plafond.

L’histoire de la Bibliothèque vaticane débute lorsque le pape Sylvestre Ier (314-335) investit la basilique Saint-Jean de Latran à Rome. Construite sous l’empereur Constantin Ier, la basilique accueille dès le milieu du IVe siècle un scrinium sanctum, collection réunissant à la fois des livres et des documents d’archives.
Sous Sixte V, la Bibliothèque apostolique vaticane est déjà la plus vaste de son époque, bientôt riche d’une extraordinaire collection d’ouvrages antiques et médiévaux en latin et en grec. Elle accueillera par la suite d’innombrables chefs-d’œuvre fondateurs de l’histoire culturelle et religieuse de l’humanité, venus d’Europe et d’ailleurs, comme en témoigne l’acquisition de l’un des quatorze codex précolombiens.
Depuis 2006, elle abrite les papyrus Bodmer XIV-XV, écrits en Égypte vers 180-200, qui contiennent la quasi-intégralité des évangiles de Jean et de Luc.
Grâce à son fonds unique, la Bibliothèque du Vatican s’impose comme l’un des plus riches conservatoires de l’art littéraire et de l’illustration de l’Antiquité tardive à la Renaissance.

D’après la définition qui en est donnée par le Saint Siège, la Bibliothèque apostolique du Vatican, « illustre instrument de l’Eglise pour le développement, la conservation et la diffusion de la culture […] offre, en ses différentes services, de riches trésors de science et d’art aux savants qui recherchent la vérité ». Cet établissement, dont l’administration est régie par des actes propres, est, en même temps et indissolublement, une institution de conservation et de recherche. Ses missions principales sont au nombre de quatre :
1/ Conserver et préserver les trésors culturels qui lui sont confiés.
2/ Accroître ses collections de manuscrits, d’imprimés et d’objets en effectuant acquisitions et échanges, et en recueillant des dons, toujours en fonction du matériel déjà conservé et conformément aux finalité de l’établissement.
3/ Développer la connaissance de ces matériaux en favorisant les travaux du personnel scientifique ordinaire ou extraordinaire et leur publication.
4/ Mettre à la disposition des chercheurs qualifiés du monde entier les documents originaux ou leur reproduction, en fournissant une assistance technique et scientifique nécessaire et en mettant à jour les instruments de recherche adéquats (Source).

Voici une très longue digression pour en venir au cœur du sujet : la diffusion numérique du/des savoirs. Depuis quelques mois maintenant cette bibliothèque, l’une des plus importantes du monde a commencé un travail de numérisation de ses manuscrits les plus précieux, 4 500 manuscrits ont été numérisés, la bibliothèque en compte 82 000. Un site internet est dédié à la diffusion des manuscrits : DIGITALVATLIB (http://digital.vatlib.it/)

Bibliothèque vaticane. Recherche numérique
Bibliothèque vaticane. Recherche numérique. Capture.

Vous pouvez feuilleter au gré de vos envies ou consulter un manuscrit plus précisément classée dans une des cinq collections. La recherche se fait en italien, en anglais, en mandarin (moins pratique pour une poule gauloise).

Mishneh Torah. Ross.498
Mishneh Torah. Ross.498

La résolution est en très haute définition, cela permet de zoomer  (sans les effets de pixellisation) sur les illustrations, d’observer de près les détails, les couleurs, la composition. Vous pourrez ainsi découvrir des manuscrits sur le monde précolombien, d’autres illustrés par Botticelli.

Vous pourrez ainsi mettre en regard les manuscrits et les articles qui vous aurez lus, comme par exemple l’article de Pierre de Nolhac sur les “Peintures des manuscrits de Vigile” et le manuscrit Vatica Latini 3225 (vat.lat.3225)

vat lat.3225.XXVIIr
vat lat.3225.XXVIIr

Bonnes découvertes

 

 

Opicinus, un fou à la curie d’Avignon?

Je vous invite à lire ou à feuilleter comme une étape gourmande le magnifique ouvrage écrit par Laurent Baridon  Un atlas imaginaire. Cartes allégoriques et satiriques paru chez Citadelles et Mazenod.
La « carte » qui ouvre le premier chapitre intitulé  « l’imaginaire des cartes » est celle réalisée par Opicinus de Canistris composée vers 1335 et qui est aujourd’hui conservée à Rome dans la Bibliothèque Vaticane (Ms. Vaticanus Latinus 6435). Un choc en forme d’hallucinations cartographiques : que vois-je ? Où dois-je me trouver ? Que m’indique cette carte, moi qui suis plus au fait de la lecture d’une carte IGN ?

Opicinus de Canistris. Voll 77, bibliothèque vaticane
Opicinus de Canistris. Voll 77, bibliothèque vaticane

Je ne distingue qu’un face à face, un tête à tête entre un homme et une femme, mais à y regarder de plus près c’est une toute autre réalité qui se dévoile. L’homme encapuchonné, est-il tonsuré, est assis et ses pieds reposent sur un socle, il regarde droit devant lui, dans une attitude extatique. Sa main droite serrée est reliée à son corps par un étrange cordon ombilical dont la terminaison figure un petit animal. Tous les doigts sont repliés, sauf le majeur pointant vers un petit élément blanc, Sicilia. En face, une femme, coiffée d’une mitre dont les contours dessinés hors du cadre sont le support de cette formule « eccl[es]ia lib[er]a a seductore » (« l’Eglise libérée du séducteur »). A priori voilà formulée une étrange pensée : une femme coiffée d’une mirte, une femme évêque ; cela frise l’hérésie, c’est la présence de l’homme qui pourrait faire « songer » qu’il s’agit d’une femme, il n’en est rien. La femme, figure allégorique de l’Ecclesia, l’Eglise, c’est-à-dire la communauté des croyants, est bottée, italienne et grecque, se courbe vêtue d’une simple cape. Elle semble même vouloir s’en dévêtir : observez le sens de son pas et ses épaules dénudée. L’Eglise- Femme se penche et porte avec/en elle le Sauveur : comment ne pas attirer son regard vers  le Christ en majesté inscrit en astre?

Maintenant pivotez la carte. Que voyez-vous ? N’est-ce pas l’Afrique du Nord regardant vers l’Europe méditerranéenne ?

 

opicinus de canistris vol 77.
opicinus de canistris vol 77.

Qui est donc Opicinius ?

Opicinius ou Opicino est né à Pavie au XIIè siècle finissant, il devient prêtre quand la ville est l’un des théâtres de la lutte entre les Gibelins et les Guelfes. Le jeune prêtre formé à Gênes au dessin et à la cartographie, tombe sous le coup d’une accusation de simonie, excommunié pat l’évêque il trouve refuge à Avignon après avoir longtemps errer avec de nombreux mystiques mendiants. C’est une époque de privation qui le marque beaucoup. En 1329 il travaille à la Pénitencierie pontificale. Nous sommes dans les années 1330 et Opicinuo peint un tableau pour remercier le pape Jean XXII qui l’a nommé comme scribe.

Les plaignants qui le poursuivaient à Pavie retrouve sa trace en 1331, la procédure pour simonie reprend cette fois ci en Avignon. Son état de santé psychique se détériore jusqu’à la crise de 1334 : il sombre dans un état stuporeux, d’angoisses, accompagné d’hallucinations, il reçoit l’extrême onction. Quand il reprend conscience, il est muet et privé de sa main droite et est persuadé de devoir accomplir une mission après avoir vu dans le ciel des vases et la Vierge. Il commence à dessiner ses cartes en 1335, il continue ce travail de cartographe jusqu’à sa mort vers 1353, les nombreux commentaires dont il surcharge ses cartes permettent de retracer son parcours.

Son travail de cartographe est indépendant de sa charge, Opicino commence à produire des dessins à caractère religieux, souvent sous forme de roues et de cercles, ainsi que des cartes anthropomorphiques représentant l’Europe et l’Afrique du Nord comme deux personnages tournés l’un vers l’autre et parfois entourés de monstres marins.

Deux manuscrits issus de cette activité graphique ont été conservés par l’administration pontificale dont relevait l’auteur et à sa suite par la Bibliothèque vaticane. Un volume en parchemin, Pal. lat. 1993, contient 52 planches qui ont été publiées par Richard G. Salomon en 1936. Le codex en papier Vat. lat. 6435, retrouvé plus tardivement, contient des textes plus abondants entre lesquels apparaissent une trentaine de cartes et dessins. Ces documents étranges conservés dans le secret des collections de la Bibliothèque vaticane sont tous consacrés à la Méditerranée ; la carte du folio 77 est l’une des plus complètes et aussi des plus annotées.
Les territoires sont anatomisés. Si l’on prend l’exemple de l’Afrique, le continent apparait sous la forme d’un Maure que l’on pourrait prendre pour un moine, ses genoux correspondent aux cotes libyennes, vers Benghazi et sa main droite correspond à Carthage. Le plus troublant est la carte dans les cartes : la carte dessinée en blanc cerné de noir se superpose à deux autres, teintées de brun et de gris foncé. Les personnifications de l’Europe et de l’Afrique sont redessinées mais inversées selon un axe de report qui passe par le sexe de deux personnages, selon une ligne qui va de Venise à Benghazi. On retrouve à l’encre brune une partie de la tête de l’Eglise Europe et du Maure Afrique dans l’est de la mer Noire, leurs corps sont représentés mais ils disparaissent sous les corps-continents figurés en blanc. Les formes teintées d’encre grise correspondent aux parties maritimes de la carte inversée dessinée à l’encre brune. On peut aussi distinguer le négatif des côtes : la tête d’un diable de profil apparaît dans le dessin de la côte orientale de la Méditerranée, son nez correspond au golfe d’Antalya et Chypre prend la forme d’une oreille pointue. La barbe du diable orne la mer Egée, ses cheveux flottent de part et d’autre de la Bretagne.

opicinus de canistris vol 77. Carte inversée
opicinus de canistris vol 77. Carte inversée?

Pour Muriel Laharie, ce prêtre est en proie à des hallucinations cartographiques qui sont liés aux événements qui marquent sa vie. Ce qui demeure passionnant c’est la manière d’anatomiser les territoires et d’en donner une image sexuée.

Plus nous aiguisons notre regard, plus cette carte parle et devient même très bavarde.

 

En savoir plus :

– Barion L :Un atlas imaginaire. Cartes allégoriques et satiriques, Citadelles et Mazenod.2011
– Gandelman Claude. « Le texte littéraire comme carte anthropomorphe : d’Opicinus de Canistris à Finnegans Wake ». In: Littérature, N°53, 1984. Le lieu / La scène. pp. 3-17. [En ligne] http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/litt_0047-4800_1984_num_53_1_2213
– Laharie M., Roux G : Art Et Folie Au Moyen Age – Aventures Et Énigmes D’opicinus De Canistris (1296-Vers 1351)
– Piron S, « Muriel Laharie, Le Journal singulier d’Opicinus de Canistris (1337-vers 1341). Vaticanus latinus 6435 », Revue de l’histoire des religions [En ligne], 3 | 2010, mis en ligne le 01 octobre 2013,URL : http://rhr.revues.org/7633

 

Dans La Brousse d’Antoine BRUY.

 

Antoine Bruy. Les Maquis. Capture.
Antoine Bruy. Les Maquis. Capture.

C’est en lisant dans les Chroniques de la BNF un article intitulé Photographes en action que j’ai découvert le travail du jeune photographe Antoine Bruy, un des lauréats de la Bourse du Talent.Il appartient à cette génération qui explore toutes les possibilités du numérique en revisitant des sujets négligés, voire tombés en déshérence comme la pratique du portrait. Ces photographes « constatent la vertigineuse transformation du monde et ramènent la représentation du paysage au premier plan » (Anne Biroleau). Antoine Bruy a mené un projet fascinant mêlant à la fois portraits et carnet de route qu’il a baptisé Scrublands (Les brousses) : le photographe est parti à la rencontre de ceux et celles qui vivent en marge des villes françaises et européenne, dans un espace où la population est devenue très majoritairement urbaine. J’ai beaucoup aimé ce travail généreux et humaniste.

Antoine Bruy. Scrublands. Capture.
Antoine Bruy. Scrublands. Capture.

Pour en savoir plus sur ce projet, je vous invite à lire l’article que Konbini a consacré à ce jeune artiste et pour faire plus ample connaissance, faites un détour par son site internet : Antoine Bruy.

S’artmusée: c’est l’enfance de l’art!!

Un petit billet très rapide pour vous présenter le site S’artmusée spécialement conçu pour les enfants, le « jeune public » comme on dit aujourd’hui! En ces moments obscurs nous avons encore plus besoin de culture(s), et ce site propose un voyage-découverte d’une très grande qualité.

Capture. S'artmusée
Capture. S’artmusée

Le site propose des visites virtuelles, les enfants peuvent mener des enquêtes et entrer à pas  de poucet dans différents univers artistiques. Les jeux sont tous de bonne qualité et surtout un plus pour la rubrique les enfants artistes.

Bonne découverte à toutes et à tous.

S’artmusée: musée ludique.

Graines de portraits.

Voici une manière de vous souhaiter à toutes et à tous une excellente année 2015, de vous remercier de votre fidélité et de vos remarques en savourant quelques portraits glanés cette année entre Tours, Lille, Roubaix, Quimper. Ils m’ont émue ou amusée, ils contiennent tous une parcelle de l’inextinguible beauté des sujets qui nous regardent depuis longtemps et que nous regardons maintenant.

Albert Küchler. Buste de femme de dos avec une perle dans les cheveux, 1845
Albert Küchler. Buste de femme de dos avec une perle dans les cheveux, 1845
Albert Küchler. Vieille femme italienne à la robe rouge et à la coiffure à rayures.
Albert Küchler. Vieille femme italienne à la robe rouge et à la coiffure à rayures.
Emile Vernon. Sous la lampe, 1902
Emile Vernon. Sous la lampe, 1902
Frans Depooter. Femme à la robe verte, 1934
Frans Depooter. Femme à la robe verte, 1934
John Hamilton Mortimer. Portrait présumé de lady Pigott tenant une estampe, 1775
John Hamilton Mortimer. Portrait présumé de lady Pigott tenant une estampe, 1775
Jules Boquet. La tasse bleue
Jules Boquet. La tasse bleue
Kennington. La cuisine ambulante, 1914
Kennington. La cuisine ambulante, 1914
Louis Adolphe Stritt. Le choix des broderies, vers 1930.
Louis Adolphe Stritt. Le choix des broderies, vers 1930.
Remy Cogghe. Madame reçoit, 1908
Remy Cogghe. Madame reçoit, 1908
Thomas Lawrence. Portrait de sir Georges Howland Beaumont. 1808
Thomas Lawrence. Portrait de sir Georges Howland Beaumont. 1808
Thomas Lawrence. Portrait de Charles William Bell
Thomas Lawrence. Portrait de Charles William Bell
Thomas Lawrence. Portrait des enfants d'Ascoyghe Boucherett. 1800
Thomas Lawrence. Portrait des enfants d’Ascoyghe Boucherett. 1800

 

VIMY : entre histoire et mémoire

Il y a quelques mois, au cours d’une escapade dans le Nord, nous avons fait un arrêt sur la départementale 55 entre Arras et Lens et avons visité le monument de Vimy érigé en hommage aux soldats canadiens tués en France.

Vimy. Le mémorial.
Vimy. Le mémorial.

L’assaut canadien.

Nous sommes ici sur la Crête-de-Vimy, à la fin de l’année la guerre de position qui se définit comme une guerre d’usure succède à la guerre de mouvement : les combats se stabilisent alors le long d’une ligne de front, les armées se font face à face et les soldats s’enterrent dans les tranchées. La crête-de-Vimy, au nord d’Arras, qui culmine à 145 mètres, a constitué un point fort du dispositif défensif mis en place par les Allemands : elle leur permet de contrôler l’ensemble du champ de bataille, à la fois vers Arras, demeuré aux mains des Alliés, et vers la partie occidentale du bassin minier qui a échappé à leur occupation ; des batteries de canons, installées à contre-pente mais commandées depuis le sommet du plateau, tirent sur les lignes alliées du secteur d’Arras avec une quasi impunité.

Vimy. vue sur la plaine.
Vimy. vue sur la plaine.

En raison de son importance stratégique, la crête a été massivement fortifiée, avec des lignes de tranchées ponctuées d’abris bétonnés et, surtout, des installations souterraines de grande ampleur, permises par la nature crayeuse du terrain.

De la fin de l’année 1914 à la fin de 1916, toutes les tentatives alliées pour s’emparer de ce verrou ont échoué, qu’il s’agisse des attaques françaises de mai 1915 ou des tentatives britanniques à partir de la plaine de Gohelle, dans le secteur de Loos, autour de la « colline 70 ». (source )

Lors de violents et meurtriers assaut les troupes françaises font reculer la ligne allemande vers l’Est sans toutefois parvenir à s’emparer de la crête. Le 09 avril 1917, les quatre divisions du Corps d’armée canadien prennent la crête d’assaut. Un terrible barrage d’artillerie, avec des techniques améliorées de tir de contrebatterie contre des canons ennemis, allait détruire les positions allemandes et isoler les troupes ennemies dans leurs abris. A 5h30, près de 1 000 fusils ouvrent le feu sur les positions allemandes, les Canadiens s’avancent et réussissent à s’emparer de leur objectif en début d’après midi à l’exception de la côte 145 qu’ils prennent le lendemain. Le 12 avril, la 4ème Division canadienne, avec l’aide de la 24ème Division britannique, s’empare du Bourgeon, situé à l’extrémité nord de la crête.

Carte de la progression des Canadiens à Vimy. Collection d'archives George-Metcalf MCG 19750215-030
Carte de la progression des Canadiens à Vimy. Collection d’archives George-Metcalf MCG 19750215-030

On voit ici l’offensive canadienne sur la crête de Vimy, ainsi que la progression à travers la plaine de Douai, et les batailles d’Arleux et de Fresnoy à la fin d’avril et au début de mai. Les lignes bleues indiquent l’avancée et les dates où les forces alliées atteignirent ces endroits. Les lignes roses indiquent les frontières entre divisions. Les lignes vertes montrent les vieilles avancées.

Vue sur la  plaine de Douai. Collection d'archives George-Metcalf MCG 19920085-244
Vue sur la plaine de Douai. Collection d’archives George-Metcalf MCG 19920085-244

Cette photo prise après la prise de la crête de Vimy, est une vue, vers l’est, de la plaine de Douai. Le point d’observation occupé par les soldats du premier plan témoigne de l’importance stratégique de la crête de Vimy – sa hauteur.

Cette bataille très coûteuse en hommes est caractéristique de la létalité des assauts : la victoire se fait au prix 10 602 victimes du côté canadien dont 3 598 morts.

 

Vimy. Appui d'artillerie.Collection d'archives George-Metcalf MCG 19920085-215
Vimy. Appui d’artillerie.Collection d’archives George-Metcalf MCG 19920085-215

 

La naissance du Canada moderne

La victoire de Vimy a contribué à unir le pays en insufflant à la jeune nation un sentiment d’honneur et de fierté. Le succès de Vimy a immédiatement un écho considérable au Canada, alors que la participation à la guerre se trouvait remise en cause par une bonne partie de l’opinion publique, notamment au Québec, en rupture avec l’enthousiasme des débuts du conflit lorsque de nombreux volontaires s’étaient engagés. Vimy est bien un lieu et un moment fondateurs de la jeune nation canadienne. Essayons de comprendre pourquoi ?

Cimetière canadien de Vimy. Collection d'archives George-Metcalf MCG 19801226-298
Cimetière canadien de Vimy. Collection d’archives George-Metcalf MCG 19801226-298

La première guerre mondiale fut déterminante dans l’histoire du Canada. Durant ces  quatre années de conflit, la population du Canada va, du fait de sa participation déterminante à l’effort de guerre de l’Empire britannique, affirmer sa stature de nation à part entière. Cette guerre plonge le Canada dans d’importantes difficultés économiques et politiques mais amène l’homogénéisation de ses forces armées, notamment par l’apparition de la conscription, en mai 1917. Dénombrant seulement soixante-trois mille hommes en 1914, l’armée canadienne ne cesse de se développer pendant la guerre et compte en 1918 plus de six cent mille soldats, constituant le plus gros effectif militaire au sein de l’Empire britannique. Les hommes combattent dans leur majorité sur le front occidental, en France et en Belgique. Les batailles  d’Ypres, en avril 1915, de la Somme, en septembre 1916, et surtout de la crête de Vimy. En avril 1917, font de l’armée canadienne une force estimée par les autres combattants alliés. En automne 1917, les divisions canadiennes sont engagées dans la bataille de Passchendaele où, commandées non plus par un général britannique mais par un général canadien, sir Arthur Currie (Source  )

Arthur Currie et son fils. Collection d'archives George-Metcalf MCG 19680113-001
Arthur Currie et son fils. Collection d’archives George-Metcalf MCG 19680113-001

Dès l’année 1917, un premier monument est érigé 1917 sur la crête de Vimy qui rend hommage à la 2e division canadienne et à la 13e brigade d’infanterie britannique qui combattirent ensemble au cours de la bataille. Des monuments commémoratifs étaient souvent érigés par des unités et des formations après les batailles importantes.

Premier monument commémoratif. Vimy. Collection d'archives George-Metcalf MCG 19930013-362
Premier monument commémoratif. Vimy. Collection d’archives George-Metcalf MCG 19930013-362

Le mémorial de Vimy

.Le monument national du Canada de Vimy sur le site de la mission du centenaire http://centenaire.org/fr/en-france/nord-pas-de-calais/pas-de-calais/reportage/le-memorial-national-du-canada-de-vimy
Le monument national du Canada de Vimy sur le site de la mission du centenaire : Source 

Situé sur un terrain offert par la France au peuple canadien, le monument, une imposante structure, est l’œuvre de Walter Allward, un des plus célèbres sculpteurs canadiens, à qui fut notamment commandé le monument commémoratif national rappelant la participation du Canada à la guerre d’Afrique du Sud (1899-1902).

Walter Allward
Walter Allward

Allward commença à travailler au Mémorial de Vimy en 1925 et le termina 11 ans plus tard, au coût de 1,5 million de dollars. Il est orné de 20 figures allégoriques représentant la foi, la justice, la paix, l’honneur, la charité, la vérité, la connaissance et l’espérance. La figure centrale « Le Canada pleurant ses fils disparus » rappelle les pertes subies par le pays pendant la guerre. Le Mémorial de Vimy porte les noms des 11 285 Canadiens qui ont été tués sur le sol français et dont le lieu de sépulture est inconnu.

Nom des soldats canadiens.

Le monument se dresse sur un socle de 11 000 tonnes de béton.

Vimy le socle du mémorial
Vimy le socle du mémorial

Les deux tours quadrangulaires pèsent près de 6 000 tonnes de pierre calcaire qui provient d’une carrière de la Rome antique, située sur le littoral adriatique.

Vimy. les deux tours.
Vimy. les deux tours.

Les deux tours blanches ornées de feuilles d’érable et de fleurs de lys symbolisent les sacrifices « consentis » par les deux pays. Tout en haut des tous, les statues de la Paix et de la Justice , au dessous, sur la face arrière des tours, celles de la Vérité et de la Connaissance qui sont entourées par les blasons du Canada, de la Grande-Bretagne et de la France. A la base des tours, se trouvent la figure d’un jeune soldat mourant, l’Esprit du sacrifice et celle du Porteur de flambeau.

A la base du monument, les statues d’un homme et d’une femme endeuillés ouvrent l’escalier menant aux deux tours.

Vimy. Statue  du mémorial. Homme endeuillé.
Vimy. Statue du mémorial. Homme endeuillé.
Vimy. Statue face à la plain de Douai
Vimy. Statue face à la plain de Douai
Vimy. statue femme endeuillée.
Vimy. statue femme endeuillée.

 

Les statues ont été sculptées à l’endroit même où elles se trouvent aujourd’hui.

Maquette en plâtre réalisée par Walter Allward entre 1925 et 1930 et utilisée par les tailleurs de pierre pour la construction du Mémorial de Vimy, en France.
Maquette en plâtre réalisée par Walter Allward entre 1925 et 1930 et utilisée par les tailleurs de pierre pour la construction du Mémorial de Vimy, en France.

Le Mémorial de Vimy fut inauguré en juillet 1936 devant une foule de plus de 100 000 personnes au nombre desquelles figuraient 6000 anciens combattants canadiens qui avaient fait le voyage outre-mer pour assister à la cérémonie.

Le monument commémoratif du Canada que l’on visite aujourd’hui a été restauré, pour cette restauration il a fallu démanteler et refaire les structures en pierre du socle et des parois verticales du monument, remplacer et graver les pierres endommagées, rejointoyer les tours et nettoyer les 20 statues qui ornent le monument.

 Vimy : lieu de mémoire et tourisme mémoriel.

Vimy est lieu de mémoire par excellence, je vous livre ici quelques exemples : le jour de notre visite, un groupe de scolaires canadiens posaient pour une photo de groupe.

Vimy. Groupe scolaire
Vimy. Groupe scolaire

Le site, ainsi que le souterrain et les tranchées restaurées, le centre d’accueil sont pris en charge par de jeunes volontaires canadiens. Ce 11 novembre la cérémonie commémorant l’armistice a rassemblé des Canadiens, des Français et des Britanniques.

Vimy. 11 novembre 2014.
Vimy. 11 novembre 2014. Source : la Voix du Nord

Le site des anciens combattants du Canada met à disposition du public une courte vidéo dans laquelle les images sont commentées par des extraits de lettres ou de journaux.

Vivez Vimy
Vivez Vimy. Capture. Source

Enfin, Vimy est une étape dans les chemins de mémoire de la Grande Guerre en Nord-Pas de Calais : voir la vidéo de présentation (http://www.cheminsdememoire-nordpasdecalais.fr/ ). Le site internet propose des randonnées sur les grands lieux de bataille.

Les chemins de mémoire en randonnée
Les chemins de mémoire en randonnée

Ces randonnées peuvent se faire à pied ou en vélo

Vimy sur les chemins de mémoire
Vimy sur les chemins de mémoire

Pour finir, cette estampe du capitaine australien William Longstaff qui illustre à mon sens la croisée entre histoire et mémoire

La crête de Vimy (Vimy Ridge) Estampe par capitaine William Longstaff Collection d'art militaire Beaverbrook MCG 19890275-051
La crête de Vimy (Vimy Ridge) Estampe par capitaine William Longstaff Collection d’art militaire Beaverbrook MCG 19890275-051

Vimy Ridge connut une grande popularité et des reproductions en furent faites et vendues partout dans l’Empire. Longstaff représente les fantômes de soldats gravissant la crête de Vimy en provenance de la plaine de Douai, et qui retournent au monument. Le créateur du Mémorial, Walter Allward, expliqua en 1921 qu’il avait été inspiré par un rêve fait pendant la guerre où des soldats morts « se levaient en masse, s’alignaient en silence et s’élançaient au combat pour aider les vivants. L’impression que j’en ai retirée fut si forte qu’elle dura pendant des mois. Sans les morts, nous sommes impuissants. Alors j’ai voulu montrer dans ce monument aux morts du Canada que nous avions une dette envers eux et qu’elle ne s’éteindra jamais. »

Vimy. Statue du mémorial
Vimy. Statue du mémorial.

Les vitraux du Père Lachaise.

Cimetière du Père Lachaise. Septembre 2014.
Cimetière du Père Lachaise. Septembre 2014.

Le cimetière du Père Lachaise est un des lieux les plus fréquentés par les touristes, notamment par les touristes étrangers. Si vous vous asseyez sur un banc ou sur une marche vous entendrez, sans forcément les comprendre, des Espagnols, des Italiens, des Allemands, des Anglais, des Américains, des Russes : c’était le menu d’hier. Ce lieu est inclassable, un parc, un cimetière, un musée, un voyage dans le temps, vous pouvez l’arpenter un jour, y revenir le lendemain, entrer par une des portes latérales, ne pas suivre les allées, marcher entre les sépultures, emprunter des tours et des détours et penser s’égarer.

Plan du Père Lachaise.
Plan du Père Lachaise.

Hier, c’est la partie nord-ouest qui m’intéressait : un espace délimité parles avenues Latérale du Nord, Feuillant, Transversale n°1 et les murs d’enceinte surplombant l’avenue Gambetta et le boulevard de Ménilmontant. Une petite portion du cimetière en fin de compte. Cette fois- ci, ce n’est pas les portes des sépultures qui retenaient mon attention comme ce fut le cas lors de la précédente pérégrination (je vous en reparlerai). Ces portes souvent ouvertes, endommagées, fracturées par endroit, abandonnées laissent la possibilité d’apercevoir des vitraux, ou ce qu’il en reste. Je n’ai pas la prétention de proposer la recension exhaustive de ce patrimoine, certains le font très bien  et avec des compétences que je ne prétends pas maîtriser.

Le vitrail cassé, fendu, ébréché, en mauvais état dont les pièces absentes (volées ou égarées) provoquebien souvent une émotion plus vive au pérégrin qu’un vitrail en parfait état de conservation. Pourquoi me direz-vous ? Peut-être parce qu’il s’agit de vitraux de sépulture familiale et non d’un vitrail plus monumental d’un lieu de culte à destination d’une communauté religieuse : ces petits vitraux occupent toujours le même emplacement, au dessus de l’autel. Cette balade en cimetière a été guidée par un principe auquel je le jure (si je mens je vais en …) de ne pas avoir dérogé : ne toucher aucune porte et éviter ainsi un effet de mise en scène. Je laisse de côté ces propos quelque peu sentencieux, j’ai voulu capter et capturer le rai de lumière, voir comment la lumière fait jour dans des lieux obscurs, sans forcément y parvenir, le fiat lux se prononce sans se saisir. Mais, j’ai admiré des jeux de lumière et surtout ai été fascinée par l’inlassable et minutieuse œuvre arachnéenne, très loin du projet initial des familles qui ont bâti ces concessions, le temps passe et fait son œuvre. Voici quelques clichés des vitraux du Père Lachaise :

Les vitraux du Père Lachaise21 Les vitraux du Père Lachaise20 Les vitraux du Père Lachaise19 Les vitraux du Père Lachaise18 Les vitraux du Père Lachaise17 Les vitraux du Père Lachaise16 Les vitraux du Père Lachaise15 Les vitraux du Père Lachaise14 Les vitraux du Père Lachaise13 Les vitraux du Père Lachaise12 Les vitraux du Père Lachaise11 Les vitraux du Père Lachaise10 Les vitraux du Père Lachaise9 Les vitraux du Père Lachaise8 Les vitraux du Père Lachaise7 Les vitraux du Père Lachaise6 Les vitraux du Père Lachaise5 Les vitraux du Père Lachaise4 Les vitraux du Père Lachaise3 Les vitraux du Père Lachaise2 Les vitraux du Père Lachaise