Le réchauffement planétaire vu par la NASA

Ben voilà … Que dire de plus?

Urbabillard

Les images de la NASA montrent comment la terre se réchauffe, de manière accélérée. La réalité d’aujourd’hui dépasse les projections les plus pessimistes des scientifiques du 20e siècles. Il est grand temps que les efforts tant globaux que locaux se coordonnent afin de réduire la pollution et préserver le climat.

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Maintenant, mais avant ?

Maintenant, mais avant c’était comment ? Cette interrogation quelque peu naïve peut très bien faire office d’introduction pour vous présenter une application développée par le vénérable IGN : Institut national de l’information géographique et forestière.
Cette application « Remonter le temps » en ligne et gratuite permet à tous de se lancer dans une comparaison de paysages à différentes époques et avec différents supports : vous choisissez un lieu ou un espace et vous pouvez dans une double fenêtre demander une comparaison des cartes anciennes et nouvelles ou encore des cartes et des photographies aériennes.
Remonter le temps.Capture.

Prenons par exemple la ville de Brest, vous savez cette sous-préfecture du Finistère, ville française de métropole la plus proche des Etats-Unis. La ville du bout de la France, en comparant deux photo aériennes on distingue très nettement l’extension du port de plaisance et la construction de la digue Jean François de la Pérouse.

Brest. Remonter le temps
Brest. Remonter le temps

Vous pouvez aussi observer les évolutions du site en mettant en miroir une carte IGN et la carte de Cassini qui date du XVIIIè siècle, comme votre souris est active su les deux cartes simultanément vous ne perdez jamais la localisation. Ici, par exemple, on voit que Brest est une ville qui s’est développée depuis l’époque moderne de part et d’autre de La Penfeld. L’outil «loupe » à droite offre la possibilité de surimposer des zones.

Brest. Remonter le temps2
Brest. Remonter le temps2

Bon voyage et belles découvertes ….

Paris comme vous ne l’avez jamais entendu!

Paris comme vous ne l’avez jamais entendu ! C’est l’expérience que propose la musicologue Mylène Pardoen, du laboratoire Passages XX-XXI, à travers le projet Bretez. Un nom qui n’a pas été choisi par hasard : la première reconstitution historique sonore conçue par ce collectif associant historiens, sociologues et spécialistes de la 3D, a en effet pour décor le Paris du XVIIIe siècle cartographié par le célèbre plan Turgot-Bretez de 1739 – Turgot, prévost des marchands de Paris, en étant le commanditaire, et Bretez, l’ingénieur chargé du relevé des rues et immeubles de la capitale.

Le paysage sonore a été reconstitué à partir de documents d’époque, notamment Le Tableau de Paris,publié en 1781 par Louis-Sébastien Mercier, et des travaux d’historiens comme Arlette Farge, spécialiste du XVIIIe, Alain Corbin, connu pour ses recherches sur l’histoire des sens, ou encore Youri Carbonnier, spécialiste des maisons sur les ponts. Au cours de la visite, on entend  les coups de hache d’un boucher de la rue de la Grande-Boucherie, le bruit du grattage des peaux des tanneurs de la rue de la Pelleterie, le cliquetis d’une imprimerie de la rue de Gesvres… S’y entremêlent les cris et bruits des gestes des bateliers et lavandières. S’y ajouteront d’autres acoustiques comme le bruit de sabots des chevaux, les cloches de Notre-Dame ou le chuintement des poulies du guindeau, ce grand filet qui barrait la Seine pour arrêter tout ce qui flottait.

Près de 95 % des sons sont naturels, ceux des machines comme le métier à tisser ont été enregistrés sur d’authentiques engins anciens. Seul le ronronnement de la pompe Notre-Dame, qui remontait l’eau de la Seine pour la consommation des Parisiens, a été reconstitué à partir du bruit d’un moulin à eau. « J’essaie de pousser loin le détail », avoue-t-elle.

Au total, 70 tableaux sonores ont été façonnés. Un travail collectif, insiste la chercheuse, associant des graphistes et des historiens, et parrainé par Daniel Roche, professeur honoraire d’histoire moderne au Collège de France.

« Il s’agit de la première reconstitution en 3D où l’image et le son sont conçus au même moment : le son est au centre de la création, ce n’est pas un habillage comme on le fait aujourd’hui dans de nombreuses fictions » (Source

Lien vers la vidéo.

 

Le Lac de Guerlédan (2015-2016)

Si vous n’êtes pas du Centre Bretagne, si vous n’avez pas fait un peu de tourisme dans le Kreiz Breizh, si vous ne regardez le 13 heures de Pernaut sur TF1 ; à ce propos avez-vous remarqué la surreprésentation des sujets traitant de la Bretagne dans cette édition ? Si vous ne connaissez pas le premier, n’avez pas arpenté le deuxième, ne regardez pas le troisième, il est fort probable que le nom de Guerlédan n’évoque rien pour vous.

Laissez vous prendre par la main, je vous y emmène.

Lac de Gerlédan. Localisation0

Le Lac de Guerlédan c’est là ! Entre la N164 qui parcourt la Bretagne de Brest à Rennes et la D767 qui rejoint Guingamp à Vannes en passant par Mûr de Bretagne, si cela ne vous évoque aucun lieu connu de vous, c’est normal ! Voici quelques cartes à différentes échelles pour mieux vous repérer.

Lac de Gerlédan. Localisation

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Le lac est à la frontière entre deux départements : Le Morbihan (petite mer en breton) et les Côtes d’Armor. Les Côtes d’Armor s’appelaient jusqu’en 1990 les Côtes-du-Nord, moi j’aimais bien cette désignation quand j’étais enfant, cela nous plaçait (même en imagination) sous des cieux septentrionaux et me rapprochait de la Cornouaille de l’autre côté de la Manche. Mais, les penseurs du marketing territorial et les édiles locaux ont décidé de rebaptiser ce coin de Bretagne « Côtes d’Armor ». Je vous invite à ce propos à lire l’article de Christian Le Bart et Thomas Procureur: Quand les Côtes du Nord sont devenues les Côtes d’Armor. Le département entre identité et attractivité .

Je m’éloigne du sujet, comme souvent ! Le lac de Guerlédan, cela me rappelle les « croisières » en vedette très très ennuyeuses pour l’enfant que j’étais, les courses en pédalo mais ça n’allait pas assez vite, les jeux dans le bois de Caurel et les baignades dans le lac beaucoup plus amusantes.

Le Lac de Guerlédan d’une superficie de 400 hectares, il s’étend sur 12 km et atteint 40 mètres de profondeur, est entièrement artificiel. Le lac sis dans la vallée du Blavet répond à trois finalités : L’alimentation en eau potable (c’est la plus grande réserve d’eau potable de la région), le développement d’activités nautiques et la production d’électricité. La construction du barrage hydro-électrique sur le cours du Blavet canalisé débute en 1923, les travaux s’achèvent en 1930. La vallée entière s’est retrouvée sous les eaux, ce que l’on peut observer sur ces trois cartes. Les cartes historiques de Cassini et d’Etat major permettent de localiser clairement le bois de Caurel et les méandres du Blavet, alors que sur la photographie aérienne rend visible la vallée ennoyée. La superposition de l’ancienne carte d’Etat major et la photographie aérienne donne la localisation précise du barrage.

Caurel Saint Aignan. Carte Cassini

Bois de Caurel. Carte d'Etat major

Guerlédan. Photo aérienne

Barrage

La mise en eau de la vallée a noyé 17 écluses et les maisons éclusières ainsi que les mines d’ardoises, cette roche métamorphique a longtemps été exploitée dans le pays du Centre Bretagne.

 

Le lac a déjà été mis à sec, la dernière fois c’était en 1985, entre mai et octobre 2015, EDF a procédé à l’examen technique du barrage en vidangeant complètement la retenue d’eau. Pendant les 6 mois d’assec, des nombreux travaux ont été réalisés, ça a surtout permis aux nombreux promeneurs de découvrir le fond du lac, d’arpenter les anciens chemins de l’halage, de marcher sur des mottes de vase asséchée et craquelée, de toucher les murs des maisons depuis longtemps englouties, d’observer les restes d’anciennes activités humaines qui gisent au fond du lac. C’est à la fois émouvant et inquiétant de penser effleurer les pignons de ces maisons plongées au fond de ce lac. Voici quelques clichés pris cet été au cours d’une promenade aérienne et aquatique

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Le début du remplissage, novembre 2015 :

Une carte interactive pour voir les photos des internautes-promeneurs :

Ar Bobl … Bonne année à tous les Bretons

Bonne année à tous les Bretons

A nos parents et à nos amis

A nos lecteurs de Bretagne et de France

A tous nos vendeurs

Au barde, au prêtre, au bourgeois

A ceux d’entre nous qui aiment nos coutumes

Bonne année à Françoise la servante

A Jeannot le paysan, mangeur de patates

Et à chacun, rouge ou noble

S’il soutient ar Bobl

Ça en jette, n’est-ce pas? Ces vœux de bonne année ont été rédigés  …. en 1913 dans le journal Ar Bobl (« le Peuple » en breton) un périodique paru entre 1904 et 1914 à Carhaix (et oui, cette ville du Centre Bretagne où se déroule le festival des Vieilles Charrues). Je vous invite à visiter le site consacré à ce journal :

Ar Bobl

Si vous êtes amateur ou amatrice de micro histoire, vous serez admiratif(ve) du remarquable travail réalisé par J.Y. Michel  qui a analysé les 502 numéros du journal. Les rubriques vous permettront de découvrir au creux du quotidien les chroniques d’une vie bretonne passée. Politique, religion, démographie, société vous saurez tout « des travaux et des jours » . C’est une plongée dans le passé avec une grosse pincée d’émotion(s). Les auteurs du site ont élaboré des nombreuses illustrations cartographiques.

Je vous laisse sur cette page de la défense de la langue bretonne : Bloavez mad … à tous

Et savourer un cliché de Charles-Augustin Lhermitte

Carhaix Plouguer en 1912. La rue Brizeux. Charles Augustin Lhermitte
Carhaix Plouguer en 1912. La rue Brizeux. Charles Augustin Lhermitte

Opicinus, un fou à la curie d’Avignon?

Je vous invite à lire ou à feuilleter comme une étape gourmande le magnifique ouvrage écrit par Laurent Baridon  Un atlas imaginaire. Cartes allégoriques et satiriques paru chez Citadelles et Mazenod.
La « carte » qui ouvre le premier chapitre intitulé  « l’imaginaire des cartes » est celle réalisée par Opicinus de Canistris composée vers 1335 et qui est aujourd’hui conservée à Rome dans la Bibliothèque Vaticane (Ms. Vaticanus Latinus 6435). Un choc en forme d’hallucinations cartographiques : que vois-je ? Où dois-je me trouver ? Que m’indique cette carte, moi qui suis plus au fait de la lecture d’une carte IGN ?

Opicinus de Canistris. Voll 77, bibliothèque vaticane
Opicinus de Canistris. Voll 77, bibliothèque vaticane

Je ne distingue qu’un face à face, un tête à tête entre un homme et une femme, mais à y regarder de plus près c’est une toute autre réalité qui se dévoile. L’homme encapuchonné, est-il tonsuré, est assis et ses pieds reposent sur un socle, il regarde droit devant lui, dans une attitude extatique. Sa main droite serrée est reliée à son corps par un étrange cordon ombilical dont la terminaison figure un petit animal. Tous les doigts sont repliés, sauf le majeur pointant vers un petit élément blanc, Sicilia. En face, une femme, coiffée d’une mitre dont les contours dessinés hors du cadre sont le support de cette formule « eccl[es]ia lib[er]a a seductore » (« l’Eglise libérée du séducteur »). A priori voilà formulée une étrange pensée : une femme coiffée d’une mirte, une femme évêque ; cela frise l’hérésie, c’est la présence de l’homme qui pourrait faire « songer » qu’il s’agit d’une femme, il n’en est rien. La femme, figure allégorique de l’Ecclesia, l’Eglise, c’est-à-dire la communauté des croyants, est bottée, italienne et grecque, se courbe vêtue d’une simple cape. Elle semble même vouloir s’en dévêtir : observez le sens de son pas et ses épaules dénudée. L’Eglise- Femme se penche et porte avec/en elle le Sauveur : comment ne pas attirer son regard vers  le Christ en majesté inscrit en astre?

Maintenant pivotez la carte. Que voyez-vous ? N’est-ce pas l’Afrique du Nord regardant vers l’Europe méditerranéenne ?

 

opicinus de canistris vol 77.
opicinus de canistris vol 77.

Qui est donc Opicinius ?

Opicinius ou Opicino est né à Pavie au XIIè siècle finissant, il devient prêtre quand la ville est l’un des théâtres de la lutte entre les Gibelins et les Guelfes. Le jeune prêtre formé à Gênes au dessin et à la cartographie, tombe sous le coup d’une accusation de simonie, excommunié pat l’évêque il trouve refuge à Avignon après avoir longtemps errer avec de nombreux mystiques mendiants. C’est une époque de privation qui le marque beaucoup. En 1329 il travaille à la Pénitencierie pontificale. Nous sommes dans les années 1330 et Opicinuo peint un tableau pour remercier le pape Jean XXII qui l’a nommé comme scribe.

Les plaignants qui le poursuivaient à Pavie retrouve sa trace en 1331, la procédure pour simonie reprend cette fois ci en Avignon. Son état de santé psychique se détériore jusqu’à la crise de 1334 : il sombre dans un état stuporeux, d’angoisses, accompagné d’hallucinations, il reçoit l’extrême onction. Quand il reprend conscience, il est muet et privé de sa main droite et est persuadé de devoir accomplir une mission après avoir vu dans le ciel des vases et la Vierge. Il commence à dessiner ses cartes en 1335, il continue ce travail de cartographe jusqu’à sa mort vers 1353, les nombreux commentaires dont il surcharge ses cartes permettent de retracer son parcours.

Son travail de cartographe est indépendant de sa charge, Opicino commence à produire des dessins à caractère religieux, souvent sous forme de roues et de cercles, ainsi que des cartes anthropomorphiques représentant l’Europe et l’Afrique du Nord comme deux personnages tournés l’un vers l’autre et parfois entourés de monstres marins.

Deux manuscrits issus de cette activité graphique ont été conservés par l’administration pontificale dont relevait l’auteur et à sa suite par la Bibliothèque vaticane. Un volume en parchemin, Pal. lat. 1993, contient 52 planches qui ont été publiées par Richard G. Salomon en 1936. Le codex en papier Vat. lat. 6435, retrouvé plus tardivement, contient des textes plus abondants entre lesquels apparaissent une trentaine de cartes et dessins. Ces documents étranges conservés dans le secret des collections de la Bibliothèque vaticane sont tous consacrés à la Méditerranée ; la carte du folio 77 est l’une des plus complètes et aussi des plus annotées.
Les territoires sont anatomisés. Si l’on prend l’exemple de l’Afrique, le continent apparait sous la forme d’un Maure que l’on pourrait prendre pour un moine, ses genoux correspondent aux cotes libyennes, vers Benghazi et sa main droite correspond à Carthage. Le plus troublant est la carte dans les cartes : la carte dessinée en blanc cerné de noir se superpose à deux autres, teintées de brun et de gris foncé. Les personnifications de l’Europe et de l’Afrique sont redessinées mais inversées selon un axe de report qui passe par le sexe de deux personnages, selon une ligne qui va de Venise à Benghazi. On retrouve à l’encre brune une partie de la tête de l’Eglise Europe et du Maure Afrique dans l’est de la mer Noire, leurs corps sont représentés mais ils disparaissent sous les corps-continents figurés en blanc. Les formes teintées d’encre grise correspondent aux parties maritimes de la carte inversée dessinée à l’encre brune. On peut aussi distinguer le négatif des côtes : la tête d’un diable de profil apparaît dans le dessin de la côte orientale de la Méditerranée, son nez correspond au golfe d’Antalya et Chypre prend la forme d’une oreille pointue. La barbe du diable orne la mer Egée, ses cheveux flottent de part et d’autre de la Bretagne.

opicinus de canistris vol 77. Carte inversée
opicinus de canistris vol 77. Carte inversée?

Pour Muriel Laharie, ce prêtre est en proie à des hallucinations cartographiques qui sont liés aux événements qui marquent sa vie. Ce qui demeure passionnant c’est la manière d’anatomiser les territoires et d’en donner une image sexuée.

Plus nous aiguisons notre regard, plus cette carte parle et devient même très bavarde.

 

En savoir plus :

– Barion L :Un atlas imaginaire. Cartes allégoriques et satiriques, Citadelles et Mazenod.2011
– Gandelman Claude. « Le texte littéraire comme carte anthropomorphe : d’Opicinus de Canistris à Finnegans Wake ». In: Littérature, N°53, 1984. Le lieu / La scène. pp. 3-17. [En ligne] http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/litt_0047-4800_1984_num_53_1_2213
– Laharie M., Roux G : Art Et Folie Au Moyen Age – Aventures Et Énigmes D’opicinus De Canistris (1296-Vers 1351)
– Piron S, « Muriel Laharie, Le Journal singulier d’Opicinus de Canistris (1337-vers 1341). Vaticanus latinus 6435 », Revue de l’histoire des religions [En ligne], 3 | 2010, mis en ligne le 01 octobre 2013,URL : http://rhr.revues.org/7633