Thiepval. Les disparus de la Somme.

Thiepval est un petit village situé dans la Somme en Picardie et qui fut l’un des théâtres de la bataille de la Somme au cours de la Grande Guerre. C’est à Pozières que les Australiens ont lancé leur force au cours de l’année 1916.

Le village de Pozières  évoque le premier engagement d’envergure des troupes australiennes sur le front occidental. Arrivés le 23 juillet 1916 et après s’être emparés de Pozières, les Australiens, épuisés par d’incessantes contre attaques d’artillerie, furent relevés le 5 septembre par les Canadiens à la Ferme du Mouquet. Trois de leurs divisions étaient passées par le secteur de Pozières et avaient subi des pertes supérieures au tiers des effectifs engagés. Quant au village, il avait totalement disparu.

Ferme du Mouquet avant et après le bombardement@musée de Thiepval.
Ferme du Mouquet avant et après le bombardement@musée de Thiepval.

En novembre 1918, les champs de bataille de la Somme ne sont plus que mares de boues traversées par des barbelés, semés de tronc d’arbres calcinés. Des milliers de soldats venus de tout l’Empire britannique sont tombés dans la Somme, leurs corps n’avaient pas été retrouvés, leurs tombes n’avaient pas été enregistrées ou avaient été perdues ou détruites pendant les combats. Certains soldats n’ont pas pu être identifiés et ont été enterrés sous une pierre tombale avec la mention « Connu de Dieu seul », ce sont les soldats portés disparus. Le Mémorial de Thiepval rend hommage aux « Disparus de la Somme »

Les disparus de la Somme. Mémorial de Thiepval
Les disparus de la Somme. Mémorial de Thiepval

C’est un monumental édifice haut de 45 m qui se tient sur une crête au sud du village de Thiepval, il domine l’horizon et se voit de très loin, il est l’œuvre de Sir E. Lutyens.

Mémorial de Thiepval
Mémorial de Thiepval

La construction débute en 1928 avec le creusement de fondations à 9 mètres de profondeur, cette partie des travaux permet de mettre à jour des tunnels et des pièces d’artillerie qui n’avaient pas explosées.

Mémorial de Thiepval. 1931, en construction
Mémorial de Thiepval. 1931, en construction.

Le centre du mémorial est surplombé par une arche de 24 mètres de hauts et repose sur des piliers dans lesquels les noms des disparus sont gravés sur de la pierre blanche de Portland.

Mémorial de Thiepval. Pierre blanche de Portland
Mémorial de Thiepval. Pierre blanche de Portland.

Ils sont nombreux les Australiens entre Pozières et Péronne en ce mois de juillet, des jeunes, des vieux en voyages organisés, des familles sur la trace de ces soldats morts si loin de chez eux, des soldats ; tous venus honorés la mémoire des morts. Ce fut un moment très émouvant.

Mémorial de Thiepval. Avant la cérémonie du 20 juillet 2016
Mémorial de Thiepval. Avant la cérémonie du 20 juillet 2016
Mémorial de Thiepval.Avant la cérémonie du 20 juillet 2016. La mise en place
Mémorial de Thiepval.Avant la cérémonie du 20 juillet 2016. La mise en place

Si vous passez par la Somme, je vous invite à visiter le tout nouveau musée de Thiepval inauguré le 02 juin 2016.

Musée de Thiepval
Musée de Thiepval

LES DISPARUS DE LA GRANDE GUERRE. Un webdoc exceptionnel.

700 000.
C’est avec quelques semaines de retard que je publie ce court billet pour vous présenter un webdocumentaire exceptionnel dont certains d’entre vous ont déjà entendu parler. Il s’agit d’un webdoc en ligne sur le site de l’INRAP (l’Institut National de Recherches Archéologiques Préventives) et consacré aux 700 000 corps de soldats disparus sur la ligne de front en France au cours des batailles totales menées entre 1914 et 1918 par les armées des pays belligérants.
Pourquoi 700 000 ? L’archéologue Yves Desfossés, conservateur de l’archéologie en Champagne-Ardenne, explique que sur les 10 millions de soldats morts sur les champs de bataille, de nombreux corps n’ont jamais été récupérés. Les archéologues se fondent sur les statistiques les plus sûres, celle du Commonwealth dans la mesure où celui érige une sépulture individuelle aux soldats; il est, de ce fait, aisé de calculer la différence entre le nombre de soldats engagés et le nombre de sépultures. Le chiffre ainsi obtenu est extrapolé aux autres nations engagées dans le conflit.

700 000. Un des sites de fouille.
700 000. Un des sites de fouille.

Le webdocumentaire de 70 minutes revient sur le déroulement d’un immense chantier archéologique qui cherche les restes de ces soldats. Après une introduction, l’internaute est invité à se rendre sur 5 chantiers de fouille s’ouvre alors une expérience immersive passionnante et très émouvante. Le chantier se décline en 5 moments : Où et comment le ou les corps ont été retrouvés ? Pourquoi ont-ils été inhumés à cet endroit?Qui sont les soldats ? D’où venaient-ils ? Quelle vie ont-ils laissé derrière eux ? Les objets trouvés permettent d’identifier le soldat et de brosser le portrait de ces hommes venant tous les pays et des empires coloniaux. L’archéologie permet de nommer ces disparus, on comprend ainsi que l’angoisse profonde de tous les soldats était de mourir dans l’oubli. Le travail des archéologues, des anthropologues et des médecins légistes est essentiel et ce webdoc nous invite à les suivre et à les accompagner dans leurs questionnements et leurs hypothèses.

Cimetière de Boult sur Suippe
Cimetière de Boult sur Suippe

A Roclinourt, pris sous les bombardements ennemis, Pierre Grenier a été enseveli avec ses effets personnels et son équipement : son portefeuille avec la photo de sa famille, son porte-monnaie dans lequel il avait placé son alliance en or, un petit livre de prières… Il porte aussi sur lui une lettre, adressée à sa femme et à ses jumeaux, nés au début du conflit et qu’il ne verra jamais. L’enquête révèle en effet que trois jours après avoir écrit cette lettre, le 25 septembre 1915, Pierre Grenier disparut lors de la troisième bataille d’Artois avec 234 autres camarades de son régiment (source :
http://www.inrap.fr/700000-un-webdocumentaire-sur-les-disparus-de-la-grande-guerre-10840
Dans la Marne à Boult-sur-Suippe l’archéologue Bruno Duchêne dirige la fouille d’un cimetière de fortune où les soldats allemands étaient enterrés pendant les combats et dont une partie a été exhumée après la fin de la guerre. Les défunts proviennent soit directement du champ de bataille, soit de l’hôpital militaire allemand qui était installé dans le village. Plus de 600 tombes sont mises au jour et un millier d’objets personnels et militaires sont retrouvés par les archéologues. Les plaques d’identification des soldats, d’abord illisibles, sont envoyées au laboratoire des métaux ferreux. L’identité de l’un d’entre eux est révélée : il s’agit d’August Seelmeyer, appartenant au régiment d’artillerie allemand FAR26. Tout juste arrivé sur le front de Champagne, après seulement six jours de combat, August est frappé par un obus. Il a 19 ans.
Vous pouvez aussi vous rendre à Saint-Laurent-Blangy, dans une carrière de l’Aisne où une sépulture d’urgence a été vandalisée ou encore à Massiges.

700 000. Carte des fouilles. capture.
700 000. Carte des fouilles. capture.

A vous de partir sur les traces des soldats disparus : 

– Le webdocumentaire 700 000 
– Une présentation sur France Inter, à partir de la 33ème minute de l’émission, le Club des têtes au carré.
– La page FACEBOOK vous permettant de suivre l’actualité de ce webdoc.

Rendez-vous au monument aux morts

Rendez-vous au monument aux morts. Documentaire du CNRS
Rendez-vous au monument aux morts. Documentaire du CNRS

La Première Guerre Mondiale marque l’entrée du 20e siècle dans la mort de masse. Afin de garantir la permanence du souvenir de tous ces soldats morts pour la patrie, on érige dès le début des années 1920 des monuments aux morts dans toute la France. Pluriels dans leur forme comme dans leur sens, ils constituent un précieux témoignage des mentalités de l’après-guerre.
Plusieurs historiens mettent en lumière les diverses significations que revêtent ces monuments répondant à la fois à la nécessité du deuil pour les familles et à celle de la commémoration de la victoire de la République pour l’état. Loin d’être les témoins muets de notre passé, ils nous interrogent sur la manière dont nous transmettons et maintenons notre mémoire collective.
Les intervenants : BECKER Annette ; DALISSON Rémi ; OFFENSTADT Nicolas ; DAVID Franck ; JULIEN Elise ; PROST Antoine

Rendez-vous au monument aux morts.

Rendez-vous au monument aux morts. Documentaire du CNRS. Capture d'écran
Rendez-vous au monument aux morts. Documentaire du CNRS. Capture d’écran

Les vitraux du Père Lachaise.

Cimetière du Père Lachaise. Septembre 2014.
Cimetière du Père Lachaise. Septembre 2014.

Le cimetière du Père Lachaise est un des lieux les plus fréquentés par les touristes, notamment par les touristes étrangers. Si vous vous asseyez sur un banc ou sur une marche vous entendrez, sans forcément les comprendre, des Espagnols, des Italiens, des Allemands, des Anglais, des Américains, des Russes : c’était le menu d’hier. Ce lieu est inclassable, un parc, un cimetière, un musée, un voyage dans le temps, vous pouvez l’arpenter un jour, y revenir le lendemain, entrer par une des portes latérales, ne pas suivre les allées, marcher entre les sépultures, emprunter des tours et des détours et penser s’égarer.

Plan du Père Lachaise.
Plan du Père Lachaise.

Hier, c’est la partie nord-ouest qui m’intéressait : un espace délimité parles avenues Latérale du Nord, Feuillant, Transversale n°1 et les murs d’enceinte surplombant l’avenue Gambetta et le boulevard de Ménilmontant. Une petite portion du cimetière en fin de compte. Cette fois- ci, ce n’est pas les portes des sépultures qui retenaient mon attention comme ce fut le cas lors de la précédente pérégrination (je vous en reparlerai). Ces portes souvent ouvertes, endommagées, fracturées par endroit, abandonnées laissent la possibilité d’apercevoir des vitraux, ou ce qu’il en reste. Je n’ai pas la prétention de proposer la recension exhaustive de ce patrimoine, certains le font très bien  et avec des compétences que je ne prétends pas maîtriser.

Le vitrail cassé, fendu, ébréché, en mauvais état dont les pièces absentes (volées ou égarées) provoquebien souvent une émotion plus vive au pérégrin qu’un vitrail en parfait état de conservation. Pourquoi me direz-vous ? Peut-être parce qu’il s’agit de vitraux de sépulture familiale et non d’un vitrail plus monumental d’un lieu de culte à destination d’une communauté religieuse : ces petits vitraux occupent toujours le même emplacement, au dessus de l’autel. Cette balade en cimetière a été guidée par un principe auquel je le jure (si je mens je vais en …) de ne pas avoir dérogé : ne toucher aucune porte et éviter ainsi un effet de mise en scène. Je laisse de côté ces propos quelque peu sentencieux, j’ai voulu capter et capturer le rai de lumière, voir comment la lumière fait jour dans des lieux obscurs, sans forcément y parvenir, le fiat lux se prononce sans se saisir. Mais, j’ai admiré des jeux de lumière et surtout ai été fascinée par l’inlassable et minutieuse œuvre arachnéenne, très loin du projet initial des familles qui ont bâti ces concessions, le temps passe et fait son œuvre. Voici quelques clichés des vitraux du Père Lachaise :

Les vitraux du Père Lachaise21 Les vitraux du Père Lachaise20 Les vitraux du Père Lachaise19 Les vitraux du Père Lachaise18 Les vitraux du Père Lachaise17 Les vitraux du Père Lachaise16 Les vitraux du Père Lachaise15 Les vitraux du Père Lachaise14 Les vitraux du Père Lachaise13 Les vitraux du Père Lachaise12 Les vitraux du Père Lachaise11 Les vitraux du Père Lachaise10 Les vitraux du Père Lachaise9 Les vitraux du Père Lachaise8 Les vitraux du Père Lachaise7 Les vitraux du Père Lachaise6 Les vitraux du Père Lachaise5 Les vitraux du Père Lachaise4 Les vitraux du Père Lachaise3 Les vitraux du Père Lachaise2 Les vitraux du Père Lachaise

 

1914 – 1918 , la trace des morts. John Foley

Florilège John Foley
Florilège John Foley. Source

Le photographe John Foley et l’écrivain Anne Roze ont pendant une quinzaine d’année parcouru le front Ouest de la Grande Guerre. Leur travail dont ils rendent compte dans plusieurs ouvrages notamment Les Lieux de la Grande Guerre, a consisté à nous rendre visible les cimetières, les mémoriaux et surtout les traces que la guerre laisse encore dans le paysage. Pour en savoir plus : ICI

John Foley.  Grilles. Tirage argentique
John Foley. Grilles. Tirage argentique. Source

En 2007, John Foley expose une partie de  son travail consacré aux lieux et mémoires de la Grande Guerre :

Quand la terre se souvient. Cette exposition est constituée de photographies en noir et blanc et couleur représentant les vestiges qu’a laissés la guerre de 14-18 dans les paysages de l’ancien front, de la Mer du Nord à l’Alsace. Le cataclysme de la Grande Guerre fut l’événement tragiquement fondateur de l’ensemble du XXème siècle. Près de dix millions d’hommes venus de tous les horizons trouvèrent la mort dans cette guerre immobile qui bouleversa les équilibres mondiaux et les mentalités. Cette exposition évoque ce gigantesque sacrifice collectif en faisant affleurer l’Histoire à partir des images des cicatrices qu’en a gardé la terre de nos régions, des traces insolites, souvent méconnues, mais qui font partie du patrimoine européen commun, et d’une mémoire qui concerne l’ensemble des peuples. Les vestiges célébrés ici par les photographies sont les restes de forteresses, mémoriaux et cimetières, mais aussi les traces laissées dans la terre – dessin des tranchées dans les sous-bois, cratères dans les champs -, en partie réappropriées par la nature, mais lisibles encore et fortement suggestives de ce qu’ont pu vivre et souffrir tous les hommes qui se sont battus là. Les photographies en noir et blanc de 40x50cm et 30x40cm sont légendées de manière à ce que les images puissent être décryptées et que les paysages présentés puissent prendre tout leur sens. John Foley est actuellement directeur de l’agence-photos « Opale » spécialisée dans les portraits d’écrivains, John Foley a participé à la publication du livre « Les Lieux de la Grande Guerre » (1996. Ed. de la RMN), Il est photographe co-auteur avec Anne Roze de « Les Champs de la Mémoire » (1998. Ed. du Chêne), avec Alain-Gilles Minella de « Sur les pas de Jeanne d’Arc » (1999. Ed. Tallandier), avec Jean Guerreschi de « Je n’en reviens pas » (2003. Ed. Opales-Bordeaux). Les photographies de John Foley ont fait l’objet de plusieurs expositions: « Les Champs de la Mémoire » en 1998, « Paysages du Chemin des Dames en 2001, « Je n’en reviens pas ; paysages du Maroc » en 2002-2003, Marrakech et Bordeaux. En collaboration avec l’association  » Les champs de la mémoire » Commissaire d’exposition : Anne Roze. Source

Vimy. Le tracé des tranchés se distingue encore @ John Foley
Vimy. Le tracé des tranchés se distingue encore @ John Foley

1914- 1918. Frantz Adam : Médecin, soldat et photographe

Cela comment par une étrange photographie de soldats creusant des tombes en prévisions des combats à venir.

Ete 1916, dans la Somme, des soldats allemands creusent des tombes en prévision de la bataille à venir (AFP Frantz Adam)
Ete 1916, dans la Somme, des soldats allemands creusent des tombes en prévision de la bataille à venir (AFP Frantz Adam)

L’auteur de ce cliché est  Frantz Adam, médecin militaire et photographe amateur.

Durant toute la première guerre mondiale, ce psychiatre affecté au 23ème régiment d’infanterie photographie la vie quotidienne dans les tranchées. Mobilisé à 28 ans, il se retrouve sur tous les grands théâtres d’opérations: Vosges et Hartmannswillerkopf en 1915, Somme et Verdun en 1916, Chemin des Dames en 1917, libération de la Belgique, entrée en Alsace et occupation de la Rhénanie en 1918.

Quelque 500 images ont été retrouvées en 2005 par un petit-neveu par alliance de Frantz Adam, Arnaud Bouteloup, numérisées et confiées à l’AFP qui en assure désormais l’exploitation via sa banque de données ImageForum. Un total de 147 d’entre elles ont été rassemblées dans le livre « Ce que j’ai vu de la Grande Guerre » (La Découverte – AFP). Elles témoignent des souffrances endurées par les soldats mais aussi de la camaraderie qui les aidait à y faire face.

POUR LIRE LA SUITE :

Médecin, soldat et photographe – Making-of.

Un lundi au Père-Lachaise.

Promenade dans LE cimetière parisien.

Chemin Mehul. Père Lachaise
Chemin Mehul. Père Lachaise

Ne partez pas ! Ce n’est pas un billet érudit sur le plus célèbre cimetière de Paris, seulement le retour sur une déambulation du jour,  déambulation  servie toute fraiche. Ce matin, le jour offrait cette couleur azure hivernale si rare jouant de ses  contrastes sur les façades des immeubles, les traces de condensation des avions striaient le ciel. Je me suis dit que la journée allait être ensoleillée et que c’était le moment de sortir ses guêtres. En bonne urbaine, soucieuse de la qualité de l’air je visite Air Parif, c’est comme un tic, je ne peux m’y soustraire avant une balade francilienne. Remarquez, je ne me pose même pas l’ombre de la question quand je suis partout ailleurs ! Bref, le site et les médias locaux annonçaient un pic de pollution à pas mettre un vieux, un jeune, un pulmonaire, un asthmatique dehors.

Air Parif le 09 décembre 2013
Air Parif le 09 décembre 2013

Comme demain c’est pire, mieux vaut sortir aujourd’hui et entrer au Père-Lachaise.

Ce cimetière a toujours exercé sur mon petit esprit une réelle fascination, je l’ai découvert en arrivant dans la capitale, je l’ai arpenté, emprunté par les petits chemins pierrés ou pas qui séparent les concessions, je l’ai respiré à toutes les saisons, je l’ai observé par tous les temps, à chaque fois il était le miroir de mon état d’esprit : joyeux, mélancolique, impertinent, romantique (version XIXème siècle avec mousse et gisant), voire hilare et irrévérencieux car marcher sur les morts ça a quand même de la gueule, curieux (que se cache t-il sous les pierres qui se descellent des caveaux abandonnés?). A bien y réfléchir une partie de ce cimetière est un véritable terrain de jeux : on y va, on s’y perd, on y croise des chats, des touristes avec des plans, des vieux aux pas nonchalants et des chalands qui s’assoupissent sur les bancs, d’en haut on regarde la ville ! A aucun moment, ce lieu ne se ferme.

Père-Lachaise. Invitation à pérégriner.
Père-Lachaise. Invitation à pérégriner.

Ce cimetière n’est pas qu’un lieu de sépulture individuelle, il condense des mémoires : celle des guerres du XXème siècle, celles des déportations, celles des résistances, celles des anonymes et des grands noms qui se côtoient dans les mêmes allées.

Il faut maintenant entrer dans les allées

Pérégriner au cimetière du Père-Lachaise.
Pérégriner au cimetière du Père-Lachaise.

Aujourd’hui ce cimetière est un lieu baigné de lumière, le soleil d’hiver chauffe les mousses, éclaire les pierres pendant quelques petites heures,  l’astre brillant en hiver me rappelant à l’urgence d’une vie unique et essentiellement éphémère. Le spectacle est assez rare pour vouloir l’emprisonner en quelques clics présomptueux.

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Dans certaines allées des anonymes, des capitaines d’industries, des comédiens dont l’épitaphe gravait le souvenir éternel et que nous ne connaissons pas ou plus, quelques pavés foulés et les promeneurs sont entourés de la statuaire de grands hommes et de quelques femmes.

Les grands hommes. Balzac. Père-Lachaise.
Les grands hommes. Balzac. Père-Lachaise.
Les grandes femmes. Hubertine Auclert. Père-Lachaise.
Les grandes femmes. Hubertine Auclert. Père-Lachaise.
Les grands hommes. Géricault. Père-Lachaise.
Les grands hommes. Géricault. Père-Lachaise.

Le cimetière change de physionomie et le sens que l’on peut cultiver dans son rapport à la mort, à sa mort, se transforme en haut du cimetière : après avoir visité le columbarium (dont le nom dérivé de l’expression « niche de pigeon » laisse perplexe), on longe le mur des fédérés, les pelouses funéraires, les jardins du souvenir

Père-Lachaise. Columbarium
Père-Lachaise. Columbarium
Père-Lachaise. Crematorium.
Père-Lachaise. Crematorium.

La promenade vous enveloppe d’une impression que l’on voudrait voir s’éloigner, cette impression qui vous enveloppe et vous laisse un peu seul au monde, celle de votre inéluctable finitude, dans ces cas là, vous vous dites que seul le clown sauve.

Père-Lachaise. Plaque A. Zavatta.
Père-Lachaise. Plaque A. Zavatta.

Si je tente de concevoir un rapport apaisé à la mort, en sachant qu’il s’agit d’une vaine futilité, je crois que de cette promenade urbaine de début d’hiver je retiendrai ces deux images :

Père Lachaise. Concession Raspail.
Père Lachaise. Concession Raspail.
Père-Lachaise. Concession Constant Graux.
Père-Lachaise. Concession Constant Graux.

Ne soufflez pas trop, vous avez échappé au chat se dorant la pilule sur le marbre (non! c’est trop froid, même pour un petit félidé des villes), sur la pelouse funéraire ou le freu avec un son bec un gros bout de pain. Vous ne me croyez pas? Vous avez tort …. :

Le freu du Père-Lachaise
Le freu du Père-Lachaise.

Il faudra, un jour, que je vous parle de ce cimetière à l’agencement hors de compréhension pour ceux qui pensent que les morts doivent être ensevelis : le cimetière de l’île de San Michele à Venise.