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d'une poule sur un mur.

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Micheal James Murray : les drones de villes.

Michael James Murray est un jeune artiste artiste américain qui a grandi à Rochester dans l’Etat de New York, rattaché au collectif Out of town basé à Philadelphie, il est un spécialiste de la photographie panoptique, il nous propose de survoler plusieurs villes nord-américaines ou européennes.

Montréal :

Budapest :

Philadelphie :

Ou encore les vues impressionnantes de l’ancien quartier ouvrier de Philadelphie, Fishtown, modelé par l’architecture John T Widrin

Nous allons changer d’espace et quitter la grande métropole de l’Ouest et les territoires urbains pour nous rendre en Arizona, à Sedona au cœur  du « Red Rock Country »

Je vous souhaite un bon voyage.

« Jusqu’au dernier », la destruction des juifs d’Europe.

A partir de ce soir, France 2 diffuse une série documentaire exceptionnelle consacrée à la destruction des Juifs d’Europe, reprenant  ici le titre  de l’ouvrage de R. Hilberg. W Karel et C. Finger réalise ici un documentaire qui fera date car pour la première fois la Shoah est présentée dans son intégralité c’est-à-dire de l’arrivée d’Hitler au pouvoir en 1933 jusqu’à nos jours et permet de comprendre « les temps » d’un génocide. Les réalisateurs ont enquêté sur les victimes, les bourreaux et les sociétés dans lesquelles ce « crime sans nom » (W. Churchill) a pu être commis.

Jusqu'au dernier. La destruction des Juifs d'Europe
Jusqu’au dernier. La destruction des Juifs d’Europe. Capture

Les diffusions :

Lundi 26 janvier 2015 à partir de 22h20 – Épisodes 1 et 2
Mardi 27 janvier à partir de 20h50 – Épisodes 3, 4, 5 et 6
Mardi 3 février 2015 à partir de 23h55 – Épisodes 7 et 8

C’est l’occasion pour le grand public de faire connaissance avec les plus grands spécialistes de ce génocide et de réfléchir à l’évolution de l’historiographie sur ce sujet, et l’évolution des concepts dans la recherche scientifique.

France 2  dédie un site à la série particulièrement bien fait et qui permet d’entendre quelques très grands historiens : A. Wieviorka, Y. Chapoutot ou encore C. Ingrao.

jusqu'au dernier. Vidéos
jusqu’au dernier. Vidéos

Le site dédié sur France 2 .

Le dossier de presse.

Tondre, torturer et vomir.

Comment tuons-nous les animaux que nous mangeons? Y a-t-il un traitement différent dans la mise à mort entre les herbivores, les caprins et  les gallinacés, entre les animaux de boucherie et ceux qui nous chassons? Quelle place occupons-nous dans la chaine alimentaire, à priori la première mais de ça je n’en suis pas si sûre?
Je suis carnivore, j’aime la viande blanche, rouge, crue, grillée, bouillie, je ne cultive aucun interdit alimentaire imposé par un pouvoir tutélaire, ce que je ne mange pas à avoir avec des tabous. Même si je suis un être omnivore je n’avale pas mes semblables humains, je ne peux consciemment me nourrir de charognards, d’animaux de compagnie (chien, chat ou cheval), de rongeurs … Quand je mange une  « bonne viande », je remercie l’animal et j’avoue me passionner sur les mécanismes et les rites à l’œuvre dans toutes les cuisines du monde. J’aime aussi le lait et le beurre et aussi la laine des moutons. Je ne sais pas pourquoi je me sens dans l’obligation d’énoncer toutes ces précautions oratoires, probablement parce que je ne partage pas les emballements des tenants de la cause animale, parce que je me méfie d’une certaine écologie mais surtout parce que je n’ai pas pu regarder les deux vidéo qui suivent au-delà de la première minute.
Des employés qui assènent des coups de poing à la face de moutons terrifiés, les frappent avec des tondeuses électriques et un marteau, leur entaillent la chair, les piétinent ou leur plient le cou au point de le briser. Des animaux en sang, d’autres qui meurent. Voilà ce que révèlent des vidéos à la fois très violentes et choquantes, publiées mercredi 9 juillet par l’association de défense des droits des animaux PETA (People for ethical traitment of animals), à l’issue d’une vaste enquête sur la production de laine en Australie et aux États-Unis.

Pendant plus d’un an, de fin 2012 à mars 2014, trois militants de l’ONG américaine, qui milite pour une éthique dans le traitement des animaux, se sont faits passer pour des ouvriers dans 19 ateliers de tonte dans les Etats australiens de Victoria, Nouvelle Galles du Sud – les deux plus gros producteurs de laine du pays – et d’Australie-Méridionale. Ils ont filmé en caméra cachée les maltraitances perpétrées par 70 employés sur les animaux. Dans ces immenses établissements, près de 4 millions de moutons sont tondus chaque année.

Entre mi-mars et mi-mai 2014, un autre enquêteur a documenté de la même façon la maltraitance de moutons par des employés dans 14 ranchs américains, à travers Wyoming – le deuxième producteur de laine du pays – le Colorado et le Nebraska.
(Source)

Voici quelques extraits du texte que vous pouvez lire sur le site de l’association Pour une Éthique dans le Traitement des Animaux.

Comme vous pouvez le voir dans ces séquences vidéo exclusives, des tondeurs de moutons ont donné de violents coups de poings au visage de ces animaux inoffensifs, les ont battus et frappés à la tête avec des cisailles en métal bien aiguisées et même avec un marteau. Ces agressions ont souvent laissé ces moutons pétrifiés saigner des yeux, du nez et de la bouche.
Un tondeur a tordu et plié le cou d’une brebis à plusieurs reprises, le lui brisant. Après que le tondeur l’ait projetée la tête la première avec un coup de pied, l’enquêteur de PETA États-Unis l’a retrouvée morte. Le tondeur s’est replié, entortillé, et balancé de tout son poids sur le cou et les pattes avant de dizaines de moutons et leur a enfoncé ses doigts dans les yeux. Les séquences vidéo de PETA US ne mettent en lumière qu’une partie de la cruauté observée dans les 19 lieux de tonte visités par les enquêteurs. Ceux-ci ont observé 70 travailleurs employés par neuf entreprises sous-traitées de tonte qui ont maltraité des moutons à Victoria et à New South Wales – les plus gros États producteurs de laine d’Australie – et dans le sud de l’Australie. Chaque année, les employés de ces sous-traitants peuvent tondre un total de plus de 4 millions de moutons.
Aux États-Unis, l’enquêteur de PETA US a documenté la maltraitance et la négligence de moutons par des employés dans 14 ranchs à travers Wyoming – le deuxième producteur de laine du pays – ainsi que dans le Colorado et le Nebraska. En 2013, 3,7 millions de moutons ont été tondus aux États-Unis.
Les moutons sont privés de nourriture et d’eau avant d’être tondus, notamment pour qu’ils se sentent faibles et ne présentent qu’une résistance minimale. Comme l’a expliqué un tondeur, « Imaginez que l’on vous agresse après… vous avoir affamé pendant 24 heures, vous ne seriez pas vraiment en mesure de lutter. »
Les tondeurs sont souvent rémunérés au volume, et non à l’heure, ce qui encourage un travail violent et à la va-vite et qui peut causer de sévères coupures sur les corps des moutons.

L’association de défense des animaux appellent les internautes a boycotter les articles contenant de la laine, la guerre du porte-monnaie menée par chaque consommateur est-elle la plus efficace? Probablement oui dans un premier temps. Peut-être serait-il plus  moderne de contraindre les ateliers de tonte à travailler dans le respect de l’intégrité animale, nous avons besoin de nous pencher collectivement sur l’éthique que nous voulons construire pour le monde animal?

Les combats de Bois-le-Prêtre : le témoignage d’un soldat amateur.

Film Bois le Prêtre

La Mission du centenaire 14-18 vient de publier sur son site Internet un film inédit tourné en 1915, intitulé Après les combats de Bois le Prêtre. Il montre la mort de masse, sujet qui n’était jamais filmé à l’époque. Laurent Véray, historien du cinéma, qui a mené une enquête de deux ans sur ce film, conservé à la Bibiliothèque de documentation internationale contemporaine (BDIC), explique comment ce document d’archives a été découvert et en commente les différentes séquences.

Pour mieux connaitre cette source exceptionnelle, je vous invite à lire cette présentation sur le site de la mission du centenaire.

Ce document avait été déposé aux Archives du film français par la BDIC en 1996. Personne ne s’était soucié de le regarder. Ce n’est qu’à la fin des années 2000, lorsque les Archives du film français se sont lancées dans une politique de numérisation tous azimuts que le document a été sorti de sa boîte. En consultant les registres de dépôt de la BDIC, nous avons trouvé des traces de ce document au début des années 1960. Nous sommes tout d’abord partis sur une fausse piste. Un nom figurait sur les boîtes de film, mais l’écriture n’était pas très lisible, « Gal Ladévèze », et nous pensions alors qu’il s’agissait d’un général. On s’est rendu compte que c’était le nom du donateur. Nous avons retrouvé aux Archives du film français une photocopie d’une lettre de la sœur d’Albert Gal-Ladévèze, l’auteur du film. Celle-ci aurait fait don de ces bobineaux au Musée des deux guerres mondiales, aujourd’hui Musée d’histoire contemporaine de la BDIC. Dans cette lettre, à prendre avec précaution, car sans doute rédigée au moment du dépôt — donc longtemps après le tournage —, elle explique que son frère était sergent au 268e régiment d’infanterie, qui faisait partie de la 73e division d’infanterie. J’ai cherché la trace de ce régiment. Il a effectivement combattu dans le secteur de Pont-à-Mousson (Meurthe-et-Moselle), où se trouve le Bois le Prêtre. Il y a donc tourné ces images. Sa sœur dit qu’il y a été blessé à plusieurs reprises, avant d’être relevé. Entré dans l’aviation, il est ensuite devenu instructeur de vol, avant de mourir dans un accident d’avion. La suite de l’entretien : sur le site du Monde.

 

 

Mon Cerveau à l’école.

Comment l’enfant que j’ai (jadis) été a emmagasiné, engrangé, stocké, assez de compétences pour lire, pour écrire, pour compter, pour entrer en communication avec les autres? Et avant cela quel cheminement mental a-t-il  fallu emprunter pour marcher, parler, se repérer? Sans interaction, sans vie avec les autres, je serais  peut-être devenu cet enfant sauvage,sublimement mis en scène dans le film éponyme de François Truffaut :

Des chercheurs issus de plusieurs laboratoires viennent de créer le site « Mon cerveau à l’école » pour combler le fossé qui sépare la recherche et les citoyens : voici une exploration des plus stimulantes

Je parle français à trois ans
Je parle français à trois ans

 

Pour se promener,  se perdre dans les arcanes de votre cerveau et retrouver votre chemin cliquez sur les tuiles :

Mon cerveau à l'école.
Mon cerveau à l’école c’est l’histoire du petit Poucet.

 

Nés dans la ville devenue Auschwitz.

Les archives de l’USC (Université de Californie du Sud) Shoah Foundation  constituent l’une des plus grandes collections audiovisuelles historiques au monde : elle compte près de 52 000 témoignages filmés dans 56 pays et dans 32 langues. L’Institut a une fonction de conservation mais développe aussi des programmes éducatifs qui intègrent ses archives audiovisuelles : de 1994 à 1999 les témoignages sont collectés et depuis 2000 ils sont rendus accessibles. Les récits sont centrés sur la Shoah. Les survivants rapportent leur expérience de la persécution et de la déportation, leur survie dans les camps ; ils racontent la clandestinité et la résistance, les réseaux de sauvetage…
L’un des intérêts majeurs réside dans le fait que les entretiens ouvrent aussi le temps de l’avant guerre et permettent de placer le témoignage dans le temps long de l’avant et de l’après : ces hommes et ces femmes maintenant âgés ont vécu une vie avant la déportation à laquelle il faut donner toute sa place ; la complexité d’un individu et les arcanes de son parcours ne peuvent se réduire à une seule expérience aussi traumatique et indicible soit telle. Cette évidence s’impose à la l’audition de ces témoignages. Ces témoignages sont les dernières traces des survivants qui se sont de plus en plus rares : Régine Beer vient de mourir il y a quelques jours à Anvers à l’âge de 93 ans.

Régine Beer (1920-2014)
Régine Beer (1920-2014)

L’USC, propose (en français) des vidéos des témoins nés à Auschwitz quand cette ville  s’appelait encore de son nom polonais, Oświęcim dont l’existence remonte au XIIè siècle. A la veille de la seconde guerre mondiale, 8000 juifs vivaient ici et représentaient la moitié de la population.

Nés avant Auschwitz
Nés avant Auschwitz. USC Shoah Foundation Institut

1858 témoignages sont en français et sont consacrés au temps avant la persécution, la clandestinité, les actes de résistance (notamment au sein de l’OSE : l’œuvre de secours aux enfants), l’après-guerre et la transmission de la mémoire.

Témoignages français.
Témoignages français.

 

 

 

1914-1918 : La première guerre mondiale au cinéma.

Hier soir j’ai revu avec un grand intérêt le film de Stanley Kubrick Les Sentiers de la Gloire.

Le résumé du film :
1916. Les fantassins français croupissent dans les tranchées face à une position allemande réputée imprenable. Tout assaut serait suicidaire. Pourtant, espérant obtenir une étoile de plus à son uniforme, le général Mireau ordonne une attaque. Décidé à protéger ses hommes, le colonel Dax s’y oppose avant de plier sous le chantage. Comme prévu, c’est l’échec total. Avant même d’avoir atteint les barbelés adverses, les fantassins sont repoussés. Niant l’absurdité de sa stratégie, le général Mireau réclame, à titre d’exemple, l’exécution publique de trois de ses soldats, accusés de lâcheté. Le colonel Dax les soutient devant le tribunal de guerre, mais les trois hommes sont condamnés à mort…
Accueil et critiques du film en France :
Le film  sera projeté en Belgique en 1958 avant d’être retiré de l’affiche jusqu’en 1975, en France il sera dans les salles 18 ans après sa réalisation.
La cinémathèque française propose un résumé  éclairant des critiques qui ont accueillies ce film en France : Revue de presse.

Quels autres films à (re)voir?

Un long dimanche de fiançailles.
Un long dimanche de fiançailles.

Dans une production florissante, Télérama propose le résumé des 10 films qu’il faut avoir vu. L’article a le défaut de son propos dans la mesure où l’invitation à la vision peut être injonctive, mais peu importe, les résumés, les vidéos  et les nombreux liens vers d’autres articles sont des plus utiles pour le club des profanes en septième Art, association à laquelle je suis affiliée. C’est par exemple le cas pour le film de Dalton Trumbo : Johnny s’en va-t-en en guerre.

Synopsis

En 1918. Après une seule et unique nuit avec sa fiancée Karen, Johnny, un jeune Américain, part pour le front européen. Mis en pièces par un obus, il conserve miraculeusement la vie. Mais sans bras ni jambes, aveugle, sourd et muet, il n’est plus qu’un tronc qui végète sur un lit d’hôpital. Le corps médical, avide d’expérimentations, maintient ce corps en vie, en oubliant qu’il a affaire à un être humain. Lorsqu’enfin Johnny parvient à entrer en communication avec l’infirmière, c’est pour exprimer son désir d’être mis à mort ou exhibé comme une illustration de l’absurdité des guerres. Hélas, les médecins ne se soucient guère de ses vœux. Condamné à vivre, Johnny se réfugie dans le rêve… Source

14-18 : les 10 films qu’il faut avoir vu – Cinéma – Télérama.fr.

1914-1918, Retrouver ses morts pour la France. Sur les traces du soldat Jean Durand.

Entre le 01 et le 11 novembre, c’est un peu la saison des morts, personnels, familiaux, intimes mais aussi des morts pour la France, un défunt pouvant recouvrir ses différentes réalités, je me suis demandée si on pouvait recomposer le physique ou le parcours militaire des soldats morts pour la France dont il reste aujourd’hui les noms gravés sur les monuments qui leur rendent hommage ?

C’est quoi un monument aux morts ?

L’expression  » monuments aux morts  » s’applique aux édifices érigés par les collectivités territoriales – le plus souvent les communes – pour honorer la mémoire de leurs concitoyens  » morts pour la France « , sauf dans les départements d’Alsace et de Moselle où, pour des motifs historiques, cette notion est remplacée pour la guerre de 1914-1918 par celle de « morts à la guerre « .

38 000 monuments aux morts été érigés en France au lendemain de la Guerre Grande sur lesquels sont inscrits 1.3 million de noms de soldats « pour la France ». Les monuments aux morts sont juridiquement des biens communaux, les premiers ont été construits après la guerre de 1870-1871, l’usage s’impose après la première guerre mondiale. Avec 38 000 monuments commémoratifs c’est la guerre et le sacrifice des « enfants de la France » qui se donnent  à voir dans toutes les communes. Aucune place publique, sur laquelle on trouve aussi bien souvent deux marqueurs essentiels, un religieux l’église et l’autre politique la mairie, n’échappe à la commémoration et au souvenir de cette guerre.

Monument aux morts d'Egletons. Corrèze. Une plaque de nom.
Monument aux morts d’Egletons. Corrèze. Une plaque de noms.
Monument aux morts d'Egletons.
Monument aux morts d’Egletons.

Pour comprendre la signification de l’expression « morts pour la France » il faut aller faire un petit tour du coté du droit et des lois. Cette expression est directement liée à la loi du 2 juillet 1915 (donc en plein conflit) et modifiée par la loi du 22 février 1922 au lendemain de la Première Guerre mondiale. Voila ce que dit la loi qui institue la mention « morts pour la France » dans son article 1 : l’acte de décès d’un militaire des armées de terre ou de mer tué à l’ennemi, ou mort des suites de ses blessures ou d’une maladie contractée sur le champ de bataille […] devra sur avis de l’autorité militaire, contenir la mention : Mort pour la France. Cette loi est traduite dans le marbre, comme le montre ici la plaque du monument aux morts de Duault (Côtes d’Armor).

Monument aux morts de Duault. Côtes d'Armor.
Monument aux morts de Duault. Côtes d’Armor.

Cette mention donne le droit à une sépulture perpétuelle aux frais de l’Etat.

Il y a une procédure à respecter pour qu’un nom puisse figurer sur un monument aux morts, que vous pouvez lire ici. Cette procédure est riche d’enseignement, « mort pour la France » peut traduire l’hommage à la mémoire d’un individu mais aussi conduire à des mesures de soutien pour les descendants et donne enfin le droit à une sépulture perpétuelle.

Comment faire pour trouver le nom d’un soldat mort pour la France et connaitre ses états de services ? A la recherche de Jean Durand.

Le travail de numérisation lancé par le ministère de la Défense depuis plusieurs années nous permet de pouvoir suivre les parcours individuels des soldats engagés dans le premier conflit mondial. Voici la marche à suivre pour retrouver les traces d’un ancêtre en utilisant le site « mémoires des hommes »

Mémoires des hommes.
Mémoires des hommes. Source

Vous cliquez sur Première guerre mondiale puis sur Morts pour la France et Formulaire de recherche : à vous d’entrer un nom, un prénom et un département ; si vous ne disposez que d’un nom, le formulaire vous proposera plusieurs identités, à vous de choisir alors celle qui parait la plus proche de votre requête. J’ai essayé avec un nom au hasard, j’ai retenu le nom Durand (un des plus communs en France) et le prénom Jean (même remarque) et j’ai choisi la Corrèze (département 19) afin de suivre le parcours d’un homme qui avait vécu à la campagne, comme 75% des soldats envoyés au front. Voilà ce que ça à donner.

Jean Durand, soldat corrézien.
Jean Durand, soldat corrézien.

Jean Durand était un simple soldat incorporé dans l’infanterie, il est né en 1885 et est mort à 29 ans au début de la guerre, le 30 aout 1914, sa fiche indique qu’il est mort « tombé à l’ennemi », il est donc mort sur le champ de bataille pendant la guerre de mouvement. Comme le document transmis nous livre son numéro de matricule (1454), son bureau de recrutement (Brive-la-Gaillarde) sa classe (1905), il est possible d’en savoir un peu plus grâce aux archives départementales de la Corrèze

Archives de Corrèze, fiches matricules.
Archives de Corrèze, fiches matricules. Source

Je remplis le formulaire et ouvre le registre R1224 qui contient les fiches matricules numérotées de 1001 à 1500.

Registres matricules.
Registres matricules

Je trouve la fiche matricule de Jean Durand soldat tué à l’ennemi, voilà ce que j’ai pu apprendre sur cet homme : Jean est né le 21 septembre 1885 à Ussac dans le canton de Brive, il est le fils de Pierre et de Marguerite, quand il est incorporé en 1905 il est orphelin (mais depuis combien de temps ? Il faudrait chercher les dates de mort de ses deux parents), sa fiche indique qu’il est cultivateur. C’est assez vague, mais il fort probable qu’il soit garçon de ferme, ce qui permet de le supposer est son niveau d’instruction (noté 0 sur sa fiche) : cet homme ne sait ni lire, ni écrire, ni compter, ni signer, ce qui est très rare à l’époque dans le mesure où les lois J. Ferry de 1883 et 1884 sont à l’origine d’une alphabétisation massive de la population. Il n’est pas tout à fait incongru de penser qu’il a perdu ses parents très jeune.

Jean Durand, sa filation.
Jean Durand, sa filation.

Qu’elle était l’apparence physique de Jean ? Il est brun, son visage est ovale et ses yeux sont gris, son nez est long et fort et mesure 1.67 mètres, il est de taille moyenne et bon pour le service. Il est sous les drapeaux entre 1906 et 1908, en 1909 il est domicilié à Allassac.

Jean Durand, un portrait.
Jean Durand, un portrait.

Le premier aout 1914 il est mobilisé et rejoint son régiment deux jours plus tard, il lui reste quelques jours à vivre quand il arrive au 149ème régiment d’infanterie.

Grâce au site mémoire des hommes qui a mis en ligne les journaux des unités je vais pouvoir en savoir un peu plus.

Mémoire des hommes. Journaux des unités.
Mémoire des hommes. Journaux des unités.

Le journal du 149ème régiment d’infanterie n’est pas complet mais fournit tout de même de précieux renseignements sur le régiment  du corrézien Jean Durand.

Journal du 149ème régiment d'infanterie.
Journal du 149ème régiment d’infanterie.

L’incroyable site CHTIMISTE.COM  qui est une mine (sans jeu de mot) nous permet de replacer l’histoire de ce régiment dans l’histoire des combats qui se sont déroulés au début de cette  guerre que les contemporains ne tarderont pas à qualifier de « Grande Guerre » : qu’apprend-ton ? Que le 149ème régiment d’infanterie participe aux batailles de Lorraine qui se soldent par deux victoires françaises

Journal du 149è régiment d'infanterie, le 22 aout 1914.
Journal du 149è régiment d’infanterie, le 22 aout 1914.

Les derniers jours de sa vie sont difficiles à retracer avec précision, dans le journal de son unité est il déclaré blessé le 22 aout 1914 (c’est le dernier nom figurant sur la capture), la dernière page du journal évoque la violence des combats et la reprise de Saint-Rémy.

Jean Durand porté blessé le 22 aout 1914.
Jean Durand porté blessé le 22 aout 1914.

Il reste des questions autour de la date à laquelle Jean meurt, sa fiche matricule fixe son décès au 15 septembre alors que le tribunal de Brive dans sa décision du 21 janvier 1921 fixe sa mort au 30 aout 1914. Si l’un(e) d’entre vous a une suggestion pouvant expliquer cet écart, la poule est preneuse !

La mort de Jean Durand reportée sur la fiche matricule.
La mort de Jean Durand reportée sur la fiche matricule.

Que reste t-il de Jean Durand, ce jeune cultivateur analphabète, sans parents et sans enfants, tombé à l’ennemi au cours du premier mois de la guerre 1914-1918 ?

Le site Memorial gneweb  qui a fait un excellent travail de recension des monuments aux morts nous livre plusieurs renseignements et quelques photos qui nous intéressent sur le parcours de Jean Durand et sur les traces que son itinéraire de soldat laisse dans l’espace public.

Allassac. Memorial genweb
Allassac. Memorial genweb
Monument aux morts d'Allassac sur lequel se trouvent les nom et prénom de Jean Durand.
Monument aux morts d’Allassac sur lequel se trouvent les nom et prénom de Jean Durand.

En relisant la fiche matricule, Jean Durand est domicilié à Allassac et non plus à Ussac commune dont il est natif. C’est sur le monument aux morts de la commune dans laquelle il était domicilié que son nom a été gravé, conformément à la loi du 25 octobre 1919.

Personne n’a réclamé le corps de Jean, en revanche si vous voulez par la fiction vous imprégner de l’atmosphère de la période qui s’ouvre après les combats de 1918, je ne saurais trop vous recommander de (re)voir, le film magistral de B. Tavernier, La vie et rien d’autre qui traite de la recherche des corps, des traumatismes liés à la perte d’êtres chers et à la façon dont une société tentent d’apporter une réponse à un deuil de masse.

La vie et rien d'autre. Bande annonce.
La vie et rien d’autre. Bande annonce.

Petite Webographie toujours utile

  • Mémoire des hommes pour retrouver un nom et consulter le journal des unités :

http://www.memoiredeshommes.sga.defense.gouv.fr/spip.php?rubrique16

  •  Les archives départementales de Corrèze, les fiches matricules :

http://www.archinoe.fr/cg19/recrutement.php

  • Pour connaitre l’histoire  des régiments :

http://chtimiste.com/

  • Pour chercher un monument aux morts :

http://www.memorial-genweb.org/~memorial2/html/fr/index.php

  • Pour avoir accès à des fiches matricules en dehors de la Corrèze, par exemple, je vous conseille de lancer cette requête par mot clef dans la barre de recherche goggle : registres matricules archives départementales. La plupart des centres d’archives sont en train de numériser leurs fonds.

Bonnes recherches  et n’hésitez à partager vos trouvailles…

Les expositions virtuelles – La Cinémathèque française

 

 

 

Les expositions virtuelles 

La Cinémathèque française.

Vous voulez tout savoir sur Lola Montes ou Stanley Kubrick? Vous aimeriez savoir lire une affiche de cinéma comme celle ci :

Si tout cela vous intéresse et bien d’autres sujets ayant trait au cinéma, alors les expositions virtuelles de la cinémathèque française vous combleront … bons visionnages.

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