Maintenant, mais avant ?

Maintenant, mais avant c’était comment ? Cette interrogation quelque peu naïve peut très bien faire office d’introduction pour vous présenter une application développée par le vénérable IGN : Institut national de l’information géographique et forestière.
Cette application « Remonter le temps » en ligne et gratuite permet à tous de se lancer dans une comparaison de paysages à différentes époques et avec différents supports : vous choisissez un lieu ou un espace et vous pouvez dans une double fenêtre demander une comparaison des cartes anciennes et nouvelles ou encore des cartes et des photographies aériennes.
Remonter le temps.Capture.

Prenons par exemple la ville de Brest, vous savez cette sous-préfecture du Finistère, ville française de métropole la plus proche des Etats-Unis. La ville du bout de la France, en comparant deux photo aériennes on distingue très nettement l’extension du port de plaisance et la construction de la digue Jean François de la Pérouse.

Brest. Remonter le temps
Brest. Remonter le temps

Vous pouvez aussi observer les évolutions du site en mettant en miroir une carte IGN et la carte de Cassini qui date du XVIIIè siècle, comme votre souris est active su les deux cartes simultanément vous ne perdez jamais la localisation. Ici, par exemple, on voit que Brest est une ville qui s’est développée depuis l’époque moderne de part et d’autre de La Penfeld. L’outil «loupe » à droite offre la possibilité de surimposer des zones.

Brest. Remonter le temps2
Brest. Remonter le temps2

Bon voyage et belles découvertes ….

L’enfant et le néant. I…

Pas de guerre sans images, cela relève du truisme. Les sociétés en guerre produisent des images, de toute nature, des conflits dans lesquels elles s’embourbent. Ces images expliquent, justifient, réfléchissent, excusent. En un mot, elles donnent à voir la manière dont nous nous mettons en scène et la manière dont nous nous représentons l’ennemi . Ces images opposent souvent la brutalité de l’ennemi à l’innocence des outragés. Nous avons tous en tête des images devenues iconiques, des symboles de « l’horreur ». La plupart du temps ce sont les femmes et les enfants qui occupent le devant de la scène. Rappelez vous cette photographie d’une femme algérienne qui symbolise l’horreur du massacre des civils en 1992 quand le Front Islamique du Salut puis le G.I.A. (Groupes Islamiques Armés) entrent en guerre contre l’Etat incarné par l’unique F.L.N.

Massacres de civils en Algérie

Maintenant, si nous évoquons le drame humain qui se joue à nos portes, à nos frontières, à nos murs de barbelés nous le qualifions de « crise des migrants ». Je ne sais pas vraiment qui en crise : certainement les hommes, les femmes, les enfants qui fuient les horreurs de la guerre, probablement notre (mon) Europe démunie, apeurée, dépassée. S’il faut trouver une image de cette déréliction qui nous enveloppe, un cliché surgit et nous envahit : celui d’un enfant échoué sur une plage dont nous connaissons l’identité légale, Aylan Kurdi.

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Cette dernière photo invite inévitablement à se poser plusieurs questions :
– Pourquoi et en quoi un enfant symboliserait-il un conflit, une crise, une guerre ?
– Est-ce une nouvelle manière de représenter ce que nous jugeons insupportable ?
– Y a-t-il ici une concurrence des victimes ? En d’autres termes, maladroits j’en ai conscience, Le Dormeur du val a-t-il du céder sa place à l’Enfant échoué ?

Nous avons tous en tête des images d’enfants et de guerre, ce billet est ouvert à vos questions ou suggestions, n’hésitez pas à en faire part car il est à suivre.

L’île des esclaves oubliés.

Dessin d'une classe de CM2 de Semoy envoyés à l'occasion de la quatrième mission sur l'île de Tromelin. 2013
Dessin d’une classe de CM2 de Semoy à l’occasion de la quatrième mission sur l’île de Tromelin. 2013

Un caillou de 1 km² dont le point culminant est à 7 mètres, un minuscule récif corallien dans l’océan Indien situé à 450 km à l’Est de Madagascar et 535 km au Nord de La Réunion, nommé l’Ile de Sable puis Tromelin. L’île est aujourd’hui rattachée aux T.A.A.F. (la collectivité des Terres Australes et Antarctiques Françaises).

Trimbre du chevalier de Tromelin
Trimbre du chevalier de Tromelin

Une île corallienne : voila le décor paradisiaque de la tragédie qui s’y joue dans la nuit du 31 juillet 1761, l’Utile se brise sur le récif de corail, le gouvernail est arraché, les ponts s’effondrent. L’Utile est prisonnier au milieu des déferlantes.

Détail de la carte sur laquelle l’île de Sable, ici nommée « Islot de Sable », © BNF
Détail de la carte sur laquelle l’île de Sable, ici nommée « Islot de Sable », © BNF

 

 

Tromelin.
Tromelin.

1/ Esclaves et contrebande.

Construit et armé à Bayonne, l’Utile appareille pour l’île de France, aujourd’hui Maurice, en novembre 1760. Le navire appartient à la Compagnie française des Indes orientales : créée en 1664 par Colbert, elle dispose du monopole du commerce vers l’Afrique, l’océan Indien et les Indes. Les Mascareignes, ce groupe d’îles du sud-ouest de l’océan Indien comprenant notamment Maurice et La Réunion, ont été colonisées par la France entre la fin du XVIIe et le XVIIIe siècles. Elles représentent une étape indispensable sur la route des Indes et de la Chine.

Prise de la frégate anglaise de 44 canons
Prise de la frégate anglaise de 44 canons « the Ceylon » par la frégate française « La Vénus » au large de l’île de France (île Maurice) fin 18e siècle.

 

L’Utile une flûte de 800 tonneaux est construit pour la Marine Royale à Bayonne, il lève l’ancre pour l’île de France, qu’il atteint le 12 avril 1761 après 147 jours de navigation.

Dans l’océan Indien, le commerce des esclaves en provenance du Mozambique et de Madagascar alimente en main d’œuvre les plantations coloniales des Mascareignes. Quand, le 27 juin 1761, l’Utile est envoyé à Madagascar pour en ramener des vivres, son capitaine Jean de La Fargue a néanmoins interdiction d’y acheter des esclaves comme c’est l’usage. L’Utile n’est pas un navire négrier, mais un bâtiment de transport classique destiné à apporter aux colonies produits et matériaux de la métropole, avant d’y retourner avec une cargaison de produits coloniaux, tels que du café ou du sucre. Bénéficiant de complicités multiples, La Fargue embarque pourtant près de 160 esclaves malgaches, qu’il compte débarquer sur l’île Rodrigues. Quand il quitte Madagascar, le bateau ne suit donc pas la route habituelle vers l’île de France, mais navigue au nord, passant à proximité de l’île de Sable…

Des erreurs d’observation et l’imprudence du capitaine, qui décide de naviguer de nuit malgré les mises en garde de son premier pilote, expliquent pour partie le naufrage. (Source )

2/ Les survivants, les abandonnés.

Parmi les survivants, sur les 143 hommes qui formaient l’équipage, 21 sont morts noyés et 122 ont réussi à rejoindre l’île. Concernant les 160 esclaves, seuls 88 survivront au naufrage. 72 ont péri car, au moment du naufrage, ils sont parqués dans la cale fermée par des panneaux cloués. Ils ne peuvent s’échapper qu’une fois la coque de l’Utile disloquée.

La première urgence est de trouver de l’eau potable en creusant un puits. Après une tentative infructueuse, une « liqueur épaisse et blanche comme du lait », mélange d’eau douce et d’eau salée, est découverte par 5 mètres de profondeur dans la soirée du 3 août. En trois jours de privations, une trentaine de Malgaches sont morts. Aucun Français.

La mer rejette sur la plage des ustensiles et des aliments issus de l’épave que les rescapés récupèrent pour organiser leur survie. Ils exploitent également les maigres ressources de l’île, particulièrement les œufs des oiseaux qui y nichent en grand nombre et les tortues. Les marins cherchent, en outre, à extraire de l’épave les matériaux nécessaires à la construction d’une embarcation de fortune pour rallier Madagascar. C’est le premier lieutenant de l’Utile, Castellan du Vernet, qui en dessine le plan.

Dans une lettre qu’il adresse au ministre de la marine, M. de Sartine, Barthélémy Castellan du Vernet revient sur son inlassable énergie pour sauver les marins français (Source )

Castellan du Vernet à Sartine1. 1763
Castellan du Vernet à Sartine1. 1763
Castellan du Vernet à Sartine2. 1763
Castellan du Vernet à Sartine2. 1763

Castellan du Vernet constate vite qu’aucune pièce de charpente suffisamment longue n’a pu être récupérée pour fabriquer un bateau à même de transporter tous les survivants. En deux mois, ils construisent une embarcation de fortune baptisés La Providence. L’embarcation est mise à l’eau le 27 septembre 1761, avec à son bord cent vingt-et-un marins. Entre 60 et 80 esclaves malgaches survivants sont abandonnés sur l’île avec trois mois de vivres et la promesse de Castellan de venir les chercher. La Providence atteint Madagascar après quatre jours de mer. Dans les semaines qui suivent, l’équipage rejoint Port-Louis (Maurice). Le gouverneur de l’île de 1759 à 1766, Antoine Marie Desforges-Boucher recueille les rescapés mais refuse en revanche d’envoyer un navire pour porter secours aux esclaves.

3/ L’oubli et les traces.

Ce n’est que quinze ans plus tard, le 29 novembre 1776, que le chevalier de Tromelin commandant de la corvette La Dauphine accoste sur l’Ile et recueille les survivants : sept femmes et un bébé de 8 mois.

Deux siècles et demi plus tard, au terme d’une longue enquête historique mené par Max Guérout, une mission archéologique débarque sur l’ile Tromelin pour retrouver les traces des esclaves oubliés.

Fouille à Tromelin Scène de fouille à Tromelin. © Jean-François Rebeyrotte, GRAN
Fouille à Tromelin
Scène de fouille à Tromelin.
© Jean-François Rebeyrotte, GRAN

Entre 2006 et 2013, les fouilles archéologiques conduites sur l’île de Tromelin ont permis de redonner la parole aux esclaves malgaches qui, à partir de 1761 et pendant quinze ans, ont vécu, abandonnés, sur ce minuscule écueil cerné par les déferlantes. Les campagnes de fouilles permettent de répondre aux questions suivantes : Comment les esclaves abandonnés se sont-ils nourris ? Comment s’est organisée leur vie quotidienne ? Comment conserver ce que l’épave de l’Utile a rejeté ? Qu’ont-ils faits des morts ?

Plan des fouilles
Plan des fouilles

Ces recherches sont emblématiques des travaux qui se déroulent depuis les années 2000 dans l’océan Indien sur les traces de l’esclavage colonial.

Le documentaire complet : les esclaves oubliés de l’île Tromelin sur TV5Monde

4/ L’exposition itinérante : Tromelin, l’île des esclaves oubliés.

Tromelin, l’île des esclaves oubliés  est présentée à la fois sur le territoire métropolitain et dans l’océan Indien avec une scénographie commune mais adaptée aux lieux d’accueil, ainsi que sous une forme plus légère dans l’arc antillais. Dans l’océan Indien, le musée Stella Matutina  (île de La Réunion) accueille l’exposition du 28 janvier au 30 septembre 2016. Une itinérance est prévue à Maurice et Madagascar.

Savoia Sylvain. Les esclaves oubliés de Tromelin
Savoia Sylvain. Les esclaves oubliés de Tromelin

En métropole, l’exposition reste à l’affiche au Château des ducs de Bretagne – Musée d’histoire de Nantes jusqu’au 30 avril 2016.   Elle sera ensuite accueillie à le Maison de la communauté d’Agglomération de Lorient du 28 mai au 30 octobre 2016, puis au Musée d’Aquitaine à Bordeaux.

Forte de sa thématique universelle autour de l’esclavage, l’exposition est également présentée dans l’arc antillais dans une itinérance de panneaux déroulants dans des lieux clés de transmission du patrimoine, dont le Musée d’Archéologie et de Préhistoire de la Martinique  jusqu’au 31 mars 2016. (Source )

 

Pour aller plus loin

– Dominique Le Brun (Direction) : Les naufragés, 2014 Omnibus.

– Max Guérout et Thomas Romon, « Tromelin (océan Indien) », Les nouvelles de l’archéologie, 108/109 | 2007, mis en ligne le 27 avril 2011,: http://nda.revues.org/158

– Thomas Romon et Max Guerout, « La culture matérielle comme support de la mémoire historique : l’exemple des naufragés de Tromelin », In Situ,  20 | 2013, mis en ligne le 15 février 2013, URL : http://insitu.revues.org/10182 .

– Sylvain Savoia, Les esclaves oubliés de Tromelin ,  éditions Dupuis/Aire libre, 2015.

– Le dossier complet sur le site de l’INRAP : http://www.inrap.fr/magazine/Tromelin/Accueil#Tromelin

 

Après la Shoah 1944-1947.

Capture

Après la Shoah, 1944-1947 c’est le thème de l’exposition que vous pouvez voir au Mémorial de la Shoah à Paris cette année. Il ne s’agit pas ici de faire réfléchir à une sortie du génocide, sort-on d’un génocide même 70 ans les faits? Il s’agit ici de comprendre comment les rescapés, les réfugiés et les survivants ont voulu reprendre le cours de leur vie, retourner chez eux ou trouver un refuge, imaginer un avenir ailleurs quand l’incertitude et le chaos règnent dans une Europe dévastée, archipel de camps de différentes natures.

Après la catastrophe. La libération de l’Europe et la fin de la Seconde Guerre mondiale soulèvent un immense sentiment de soulagement, de joie, d’espoir. Pourtant, le retour à une vie normale semble à peine possible pour les Juifs d’Europe qui ont pu échapper à la destruction générale organisée par les nazis et leurs complices locaux.

En Pologne, la moitié des réfugiés revenus d’URSS et les rares survivants fuient à nouveau. En Allemagne occupée, plus de 250 000 Juifs sont parqués, comme d’autres dans des camps de personnes déplacées en attendant un lieu d’accueil ou une place pour un nouveau départ en dehors de l’Allemagne. En France, les autorités mettent sur place des dispositifs de rapatriement et de réinsertion des déportés « raciaux » qui représente une minorité des rapatriés. Bien que les Juifs aient été victimes d’une politique génocidaire, leur sort ne constitue qu’un problème parmi d’autres à l’échelle européenne.

Michel Rousso est commissaire de l’exposition, dans cette vidéo il nous explique le contexte de cette exposition : la question des réfugiés. Qu’est-ce qu’un réfugié?

Cette exposition dense, très dense, est constituée de plus de 250 photographies issues essentiellement du fonds du Mémorial de Shoah, ainsi que des documents d’archives, des films qui illustrent l’extrême diversité des situations.

Pour celles et ceux qui ne peuvent pas se rendre à l’exposition ou qui voudraient prolonger celle-ci, allez faire un tour sur le site dédié, là aussi très riche :

Après la Shoah, 1944-1947.

Une section de l’exposition est consacrée aux enfants, un dessin et une rédaction d’enfant m’ont particulièrement émue, il s’agit d’un fac similé  d’une rédaction d’une jeune adolescente inscrite dans un patronage juif de la place des Vosges en 1945.

Rédaction de Léa 11 ans, 1945.
Rédaction de Léa 11 ans, 1945.

Le Lac de Guerlédan (2015-2016)

Si vous n’êtes pas du Centre Bretagne, si vous n’avez pas fait un peu de tourisme dans le Kreiz Breizh, si vous ne regardez le 13 heures de Pernaut sur TF1 ; à ce propos avez-vous remarqué la surreprésentation des sujets traitant de la Bretagne dans cette édition ? Si vous ne connaissez pas le premier, n’avez pas arpenté le deuxième, ne regardez pas le troisième, il est fort probable que le nom de Guerlédan n’évoque rien pour vous.

Laissez vous prendre par la main, je vous y emmène.

Lac de Gerlédan. Localisation0

Le Lac de Guerlédan c’est là ! Entre la N164 qui parcourt la Bretagne de Brest à Rennes et la D767 qui rejoint Guingamp à Vannes en passant par Mûr de Bretagne, si cela ne vous évoque aucun lieu connu de vous, c’est normal ! Voici quelques cartes à différentes échelles pour mieux vous repérer.

Lac de Gerlédan. Localisation

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Lac de Gerlédan. Localisation2JPG

Le lac est à la frontière entre deux départements : Le Morbihan (petite mer en breton) et les Côtes d’Armor. Les Côtes d’Armor s’appelaient jusqu’en 1990 les Côtes-du-Nord, moi j’aimais bien cette désignation quand j’étais enfant, cela nous plaçait (même en imagination) sous des cieux septentrionaux et me rapprochait de la Cornouaille de l’autre côté de la Manche. Mais, les penseurs du marketing territorial et les édiles locaux ont décidé de rebaptiser ce coin de Bretagne « Côtes d’Armor ». Je vous invite à ce propos à lire l’article de Christian Le Bart et Thomas Procureur: Quand les Côtes du Nord sont devenues les Côtes d’Armor. Le département entre identité et attractivité .

Je m’éloigne du sujet, comme souvent ! Le lac de Guerlédan, cela me rappelle les « croisières » en vedette très très ennuyeuses pour l’enfant que j’étais, les courses en pédalo mais ça n’allait pas assez vite, les jeux dans le bois de Caurel et les baignades dans le lac beaucoup plus amusantes.

Le Lac de Guerlédan d’une superficie de 400 hectares, il s’étend sur 12 km et atteint 40 mètres de profondeur, est entièrement artificiel. Le lac sis dans la vallée du Blavet répond à trois finalités : L’alimentation en eau potable (c’est la plus grande réserve d’eau potable de la région), le développement d’activités nautiques et la production d’électricité. La construction du barrage hydro-électrique sur le cours du Blavet canalisé débute en 1923, les travaux s’achèvent en 1930. La vallée entière s’est retrouvée sous les eaux, ce que l’on peut observer sur ces trois cartes. Les cartes historiques de Cassini et d’Etat major permettent de localiser clairement le bois de Caurel et les méandres du Blavet, alors que sur la photographie aérienne rend visible la vallée ennoyée. La superposition de l’ancienne carte d’Etat major et la photographie aérienne donne la localisation précise du barrage.

Caurel Saint Aignan. Carte Cassini

Bois de Caurel. Carte d'Etat major

Guerlédan. Photo aérienne

Barrage

La mise en eau de la vallée a noyé 17 écluses et les maisons éclusières ainsi que les mines d’ardoises, cette roche métamorphique a longtemps été exploitée dans le pays du Centre Bretagne.

 

Le lac a déjà été mis à sec, la dernière fois c’était en 1985, entre mai et octobre 2015, EDF a procédé à l’examen technique du barrage en vidangeant complètement la retenue d’eau. Pendant les 6 mois d’assec, des nombreux travaux ont été réalisés, ça a surtout permis aux nombreux promeneurs de découvrir le fond du lac, d’arpenter les anciens chemins de l’halage, de marcher sur des mottes de vase asséchée et craquelée, de toucher les murs des maisons depuis longtemps englouties, d’observer les restes d’anciennes activités humaines qui gisent au fond du lac. C’est à la fois émouvant et inquiétant de penser effleurer les pignons de ces maisons plongées au fond de ce lac. Voici quelques clichés pris cet été au cours d’une promenade aérienne et aquatique

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Le début du remplissage, novembre 2015 :

Une carte interactive pour voir les photos des internautes-promeneurs :

Tu préfères être … un bonbon ou une crevette?

La question peut paraître incongrue, déplacée voire carrément sotte … et pourtant. C’est l’interrogation que vous soumet Product qui vous invite à suivre l’ odyssée de 10 produits de consommation.

Pour répondre à ces questions : D’où viennent les objets? Qui les transforme? Qui les touche? Quels chemins empruntent-ils pour parvenir à nos assiettes?

Capture d'écran. ProductArte.tv
Capture d’écran. ProductArte.tv

La série documentaire Product vous propose d’incarner certains produits phares afin d’en sonder les secrets les plus intimes. En vision subjective, chaque film remonte le temps à toute allure pour en suivre les pérégrinations, de transformations en rationalisations, de la Chine au Brésil, en passant par le Kazakhstan. (Source)

Il y a quelques années, j’ai déjà regardé un documentaire sur le marché des cheveux et la vente des extensions de cheveux, en éprouvant un réel malaise. Ce malaise ne s’est aucunement dissipé au visionnage de ce nouveau périple capillaire.

Dans de gigantesques halls, les personnes sont alignées côte à côte, dans l’attente d’être tondues. Les cheveux sont donnés en offrande aux dieux pour bénir et protéger sa famille. Toute l’année, des dizaines de milliers d’hommes et de femmes se rendent en pèlerinage dans des temples, à Tirumala [en Inde] , à cet effet. Mais ce que les pèlerins ignorent, c’est que les temples ont construit tout un business autour de cette pratique religieuse : la chevelure est vendue dans des ventes aux enchères : selon sa longueur, un kilo de cheveux peut apporter entre 100 et 700 €. L’argent que les temples récoltent grâce à ce commerce est utilisé pour des projets humanitaires comme construire des écoles, des hôpitaux ou encore des orphelinats. Après traitements, ces cheveux finissent sous forme d’extensions qui viennent orner les coiffures des occidentales, à la recherche d’un ajout esthétique. (Source)

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Capture d’écran. Les extensions de cheveux.

Vous pouvez visionner les reportages jusqu’à la fin de l’année … 2018.

La géographie des « morts pour la France ».

La géographie des « morts pour la France »

Voilà un article intéressant à plus d’un titre, il explique par exemple qu’on n’a pas voulu punir ou tuer plus de Corses, de Bretons, que d’autres. Et nous apporte des réponses aux questions suivantes :

  • Certaines régions ont-elles été plus touchées que d’autres?
  • Certaines catégories sociales ont-elles payé un plus lourd tribut que d’autres à la mort de masse?

A lire sur le site du Monde :  La géographie des « morts pour la France ».

 

Micheal James Murray : les drones de villes.

Michael James Murray est un jeune artiste artiste américain qui a grandi à Rochester dans l’Etat de New York, rattaché au collectif Out of town basé à Philadelphie, il est un spécialiste de la photographie panoptique, il nous propose de survoler plusieurs villes nord-américaines ou européennes.

Montréal :

Budapest :

Philadelphie :

Ou encore les vues impressionnantes de l’ancien quartier ouvrier de Philadelphie, Fishtown, modelé par l’architecture John T Widrin

Nous allons changer d’espace et quitter la grande métropole de l’Ouest et les territoires urbains pour nous rendre en Arizona, à Sedona au cœur  du « Red Rock Country »

Je vous souhaite un bon voyage.

La Petite Ceinture en boite.

Pierre Folk; By the Silent line.
Pierre Folk; By the Silent line.

La Petite Ceinture désigne l’ancienne voie de chemin de fer construite à Paris sous le Second Empire. Cette ligne ferroviaire de 32 km a été en service pour le transport des voyageurs jusqu’en 1934 et jusqu’aux années 1970 pour les marchandises.

Depuis 1988, on pouvait déjà se promener le long de la Coulée Verte, cet espace avait été créé par P. Mathieux et J. Vergely à l’emplacement de l’ancienne ligne de chemin qui reliait la place de la Bastille à la Varenne-Saint Maur.

Le projet de la Petite ceinture mené parla Mairie de Paris permet de se promener sur trois tronçons : dans les 16ème, 15ème et 12ème arrondissements (pour en savoir plus : le projet Petite Ceinture )

Paris. La petite ceinture. Juin 2014
Paris. La petite ceinture. Juin 2014
Paris. La petite ceinture.  Jardin potager
Paris. La petite ceinture. Jardin potager

La Petite Ceinture devient le refuge de ceux et celles qui voulant fuir le bruit urbain cherchent dans l’espace même de la ville des lieux préservés : quoi de mieux que les territoires délaissés ou abandonnés avant un prochain réaménagement ? Le photographe Pierre Folk est de ces urbains là.

Pierre Folk; By the Silent line.3Pierre Folk; By the Silent line.2Pierre Folk; By the Silent line.4Pierre Folk; By the Silent line.1

A travers ces images il y nourrit une réflexion sur le rapport de l’homme avec son environnement et dégage une mélancolie de la vie urbaine, ce besoin de quiétude cherché dans des recoins paumés où l’on a envie de se perdre : « Un de mes objectifs principaux était de rendre autant que possible cette impression d’avancer sur la voie, dans ce lieu entre deux mondes où se rencontrent la civilisation et la nature, le passé et le présent, le calme et l’agitation ». (Source). Pierre Folk a répondu aux questions de Konbini  , vous pouvez y lire l’interview.

Pierre Folk.

Bonne balade

PARIS, ENTRE PALAIS ET GARE. JUILLET 2014.

Paris La Fête foraine des Tuileries
Paris La Fête foraine des Tuileries

Vais-je oser le comique de répétition ? A chaque promenade je vous inflige la lecture du bulletin météo-pollution d’Air Parif, je ne vais pas couper la tradition inventée et nourrie par mes seuls soins : Oui, vous aurez le bulletin d’Air Parif agrémenté de quelques variantes. Aujourd’hui à Paris, notre capitale de notre belle France, le ciel était bleu, ce matin un vent léger comme un zéphir vous invitait à vous mettre à son diapason : la journée sera douce pour tous ceux qui ne prennent ni le RER, ni la ligne 13 (saturée, un véritable enfer urbain !), ni ne connaissent la solitude de l’homo urbanus en heure de pointe.

Paris RER

Bon! Je sens que je m’éloigne et qu’il est temps de revenir à la surface et d’aller voguer entre le 1er et le 7ème arrondissements, au jardin des Tuileries entre un ancien palais royal déserté depuis la Fronde, le Louvre, et un gare abandonné et devenue musée, Orsay.
Une dernière digression, histoire de tenir la cohérence du propos, invite à se pencher sur l’état de la pollution dans les deux arrondissements susnommés : pas de quoi fouetter son chat, mais quand même!

Air  Parif 1er arrondissement. 02 juillet 2014
Air Parif 1er arrondissement. 02 juillet 2014
Air  Parif 7ème arrondissement. 02 juillet 2014
Air Parif 7ème arrondissement. 02 juillet 2014

Le jardin des Tuileries accueille la fête foraine du même nom, la grande roue est de loin visible et en un lieu (presque minuscule) se bousculent tous les touristes qui viennent voir, se faire voir, photographier un espace qui concentre une part de l’histoire royale, industrielle et ferroviaire de Paris, qui offre des perspectives vers le quartier des affaires de La Défense et nous convie à marcher vers le XXIème siècle commençant. Paris est une aventure et le point de départ de la narration c’est vous qui le fixez, aujourd’hui on part des Tuileries.

Traversons la Seine, quelques centaines de mètres et la perspective change.

 Depuis le Pont royal. La seine et son peitit bateau
Depuis le Pont royal. La seine et son petit bateau

 

Et en se retournant, sur les berges de la Seine les piétons commencent à pérégriner, à flâner .

Paris Les Berges de La Seine.
Paris Les Berges de La Seine.
Paris Les Berges de La Seine.
Paris Les Berges de La Seine.

Avant de partir, une dernière vue prise de la passerelle L.S. Senghor : entre Louvre et Orsay.

Paris . La Seine, Le Louvre et Orsay
Paris . La Seine, Le Louvre et Orsay