L’ENFANT ET LE NÉANT. III. DÉFLAGRATIONS.

L’excellente et jeune maison d’éditions Anamosa  vient de faire paraître  Déflagrations, dessins d’enfants, guerre d’adultes . Des nuées d’avions envahissent le ciel sous un soleil éclatant, des yeux sidérés et un bras d’où une tulipe a poussé, des balles, ou des machettes, qui touchent là le ventre, là le cou, des mains qui s’agrippent dans la fuite… Déflagrations, c’est la guerre des adultes vue à hauteur d’enfants à travers plus de 150 dessins. De la Première Guerre mondiale à la Syrie contemporaine, les scènes et les motifs se répètent inlassablement dans un trait tantôt clinique, onirique, flamboyant, drôle ou macabre. (Source ). C’est Zérane S Girardeau  qui porte le projet et s’est entourée d’une équipe d’historien-nes, notamment Manon Pignot spécialiste de l’enfance en guerre. Enfin, c’est la très regrettée François Héritier  qui a préfacé l’ouvrage et était la marraine de l’exposition qui se déroule à la médiathèque de Strasbourg jusqu’au 16 décembre prochain.
Ce projet permet de faire un pas de côté, de concevoir le passé « autrement » : laisser l’histoire surplombante, celle faite par « le haut », celle des discours et des productions à destination des enfants (scolaires, familiales, institutionnelles, idéologiques) plutôt que celle de leur réception. La prise en compte du dessin comme source va de pair avec la prise en compte de la parole enfantine comme témoignage, c’est-à-dire de l’enfant comme acteur social de l’histoire. Si sur la période, les guerres prise en compte (de la « Grande guerre » à la guerre en Syrie) sont différentes, en revanche le phénomène guerrier reste immuable.

L’UNICEF estime à près de 250 millions le nombre d’enfants dans le monde grandissant dans des zones et pays touchés par des conflits. Près de 125 millions d’entre eux sont directement impactés par la violence.
Le ciblage des populations civiles, la circulation accrue des armes de petits calibres et le déplacement des affrontements vers les lieux de vie et de refuge des populations ont un impact dévastateur sur les enfants. Sont également apparues de nouvelles tendances inquiétantes, notamment les enlèvements de masse et la montée d’une extrême violence visant les enfants. Le Droit International Humanitaire est régulièrement piétiné, du Yémen à la Syrie en passant par le Nigéria.
Les enfants peuvent être exposés à des situations différentes lors des conflits : déplacés ou réfugiés avec leurs familles et perdre leur maison et tous leurs bien ; séparés de leurs parents ; enrôlés par des groupes armés ; souffrir de violences sexuelles ou de torture ; ces enfants peuvent également être témoins d’homicide, de décès, de blessures infligées à eux-mêmes ou à leur famille. Ils sont extrêmement vulnérables, en raison de leur âge et de leur dépendance aux adultes. Par ailleurs la majorité des conflits ont actuellement lieu dans des pays où les enfants étaient déjà en situation de précarité, comme c’est le cas en République Centrafricaine, au Soudan du Sud ou encore au Nigéria, aggravant les risques auxquels ils sont déjà confrontés.
Les bombardements, ainsi que les risques liés aux engins non explosés, sont également le quotidien de ces enfants. La destruction de leur environnement devient courant. En Syrie, des enfants de 5 ans sont capables de citer le modèle des armes avec lesquelles ils sont attaqués.

Les 150 dessins d’enfants sont organisés par thème dans le recueil : les combats, la captivité, le feu. Le regard et l’importance que l’on porte aux ce type de dessin a évolué au cours de la dernière décennie : la Cour pénale internationale a, pour la première fois, accepté 500 dessins d’enfants illustrant le conflit au Darfour comme pièces à conviction.
L’ouvrage accompagne aussi une exposition  comme je l’écrivais plus haut.

Cette exposition est une traversée des temps et des territoires au milieu de dessins réalisés par des enfants témoins, victimes, parfois acteurs des guerres, conflits et crimes de masse de 1914 à aujourd’hui. Ce langage à la fois universel et infiniment personnel qu’est l’expression graphique laisse voir les expériences traumatiques, les cultures de guerre et de résistance, la mort et la vie, l’effroi et le rêve, les armes et le soleil, le feu, les corps, l’arbre. Voir et recevoir les traces graphiques laissées par les enfants projetés dans les violences de masse est d’abord un chemin de connaissance et reconnaissance de leur expérience totale, de leurs mémoires et expressions. Les exposer est un devoir et un hommage à l’acte de dessiner de ces enfants. L’exposition présente plus de 200 dessins d’enfants. La diversité du corpus permet de traverser plus de trente guerres, et d’esquisser des thématiques isolées ou partagées au milieu de cette communauté d’expériences individuelles. Musées, bibliothèques nationales, institutions internationales, ONG, associations petites et grandes, éditeurs, médecins, psychologues, correspondants de guerre, artistes chacun d’eux a contribué à ce que ces dessins, même à l’état de traces, nous accompagnent encore. (Source)

Quelques articles à lire
Article de Télérama
Slate : Les enfants syriens, la guerre et le dessin
Unicef : Enfants et conflits

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Répondre par l’Histoire

Mathilde Larrere est maîtresse de conférences en histoire contemporaine, dans la chronique suivante elle propose de « répondre par l’Histoire à des instrumentalisations du passé dans la scène médiatique et politique » en partant des propos tenus par B. Delanoë qui affirme que l’extrême gauche  ne voulant pas choisir entre les sociaux-démocrates et les nazis est responsable de l’arrivée de ces derniers au pouvoir. Dans une mise au point claire, efficace et scientifique, l’historienne remet les choses en place et à leur place. Je vous invite à l’écouter.

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Toi tu votes! Toi tu votes pas!

Avant d’exercer demain mon droit de vote dans une démocratie où l’abstention ne s’abstient pas je me suis rappelée que ma grand-mère était née à une époque où elle et ses semblables n’avaient pas le droit de vote. La première fois que je suis entrée dans un isoloir c’était avec elle et j’avais 6 ans, ma grand-mère m’a dit : « un jour tu feras pareil ». Il fallait attendre 12 ans, deux fois ma vie, une éternité. Depuis je n’ai jamais manqué à mon droit.
Mais effectuons un petit retour en arrière pour nous rappeler qu’il n’existe aucun droit naturel, que l’obtention des droits est longue et souvent douloureuse : rien n’est jamais acquis aux femmes …. et aux hommes.
La question est donc de comprendre comment l’exclusion des femmes de la vie citoyenne a-t-elle été justifiée entre 1848, date de l’obtention du suffrage universel masculin et le décret du 21 avril 1944 instituant véritablement le droit de vote universel.
Voici quelques extraits qui expliquent les raisons pour lesquelles le législateur ne peut ou ne doit accorder le droit de vote à toutes les heureuses propriétaires d’un utérus.
« On a […] parfaitement raison d’exclure de la vie politique les femmes et les personnes qui, par leur peu de maturité d’esprit, ne peuvent prendre une part intelligente à la conduite des affaires publiques. »
Extrait de la thèse d’Émile Morlot (1884) : « De la capacité électorale ».
« Nous sommes disposés à accorder aux femmes tout ce que leur sexe a le droit de demander, mais en dehors de la politique (…). Donner le droit de vote aux femmes, c’est l’aventure, le saut dans l’inconnu, et nous avons le devoir de ne pas nous précipiter dans cette aventure […] Ayons le courage de rester nous-mêmes.
Armand Calmel. Sénat, séance du 5 juillet 1932, p. 1104-1105.
« II est établi qu’en temps normal les femmes sont déjà plus nombreuses que les hommes. Que sera-ce à un moment où les prisonniers et les déportés ne seront pas encore rentrés. Quels que soient les mérites des femmes, est-il bien indiqué de remplacer le suffrage masculin par le suffrage féminin ? ».
Paul Giacobbi. Assemblée consultative d’Alger, mars 1944.

Le refus du suffrage féminin repose sur un double argumentaire très ancien et qui se contredit :
Le premier argument consiste à affirmer que les femmes sont au – dessus des luttes politiques, si elles y plongeaient elles compromettraient leur dignité fondamentale d’épouses et de gardiennes du foyer familial.
Un argument de nature qui se place ici dans la droite ligne des arguments défendus par Jean-Pierre-André Amar, député de l’Isère à la Convention nationale qui se demande en 1793
Quel est le caractère propre à la femme ? Les mœurs et la nature même lui ont assigné ses fonctions : commencer l’éducation des hommes, préparer l’esprit et le cœur des enfants aux vertus publiques, les diriger de bonne heure vers le bien, élever leur âme et les instruire dans le culte politique de la liberté. Telles sont leurs fonctions, après les soins du ménage ; la femme est naturellement destinée à faire aimer la vertu. Quand elles auront rempli tous ces devoirs, elles auront bien mérité de la patrie.  (pour en savoir plus )
Les femmes sont ainsi cantonnées à un rôle « d’institutrice républicaine »

Institutrice républicaine
Institutrice républicaine

Le deuxième argument pose de fait que les femmes, différentes, immatures, influençables, inférieures, ne peuvent prendre une part intelligente et autonome à la vie publique. C’est un argument de culture qui vise par l’exclusion des femmes à protéger la bonne santé de la vie politique d’une cité. Ainsi, les femmes qui s’engagent dans la vie publique ou assistent à des débats politiques deviennent soient des enragées soient des femmes dénaturées : comprenez qu’elles se masculinisent et mettent gravement en danger les fondations de l’organisation politique et sociale.
Deux exemples datant de la période révolutionnaire permettent d’éclairer le propos. Commençons par celui des Tricoteuses :

Tricoteuses Jacobines
Tricoteuses Jacobines

On désigne sous ce surnom les femmes du peuple qui, sous la Terreur, assistaient aux exécutions capitales, mais aussi aux délibérations de l’Assemblée ou aux réunions patriotiques, sans lâcher leur tricot, destiné souvent aux soldats des armées révolutionnaires. Ces « lécheuses de guillotine » sont un des poncifs de la Terreur et une des images les plus négatives des femmes révolutionnaires. Ici, elles sont présentées comme la « claque » des révolutionnaires les plus acharnés, sous des traits durs et peu amènes. (Analyse de l’image l’histoire par l’image ).

Puis ces femmes dans un club patriotique :

Club des femmes patriotes dans une église
Club des femmes patriotes dans une église

Elles hurlent les seins à l’air, ont des physiques d’hommes mais sans l’intelligence de ces derniers : elles sont soumises aux passions et dénuées de raison parce qu’elles sont immatures et influençables.

Le fils de Paul Giaccobi évoqué plus haut se prénomme François, il est commissaire au ravitaillement et à la production et l’un des signataires du décret du 21 avril 1944. Aucune signature féminine en bas de ce décret qui stipule dans son article premier que le peuple français décidera souverainement de ses futures institutions. À cet effet, une Assemblée nationale constituante sera convoquée dès que les circonstances permettront de procéder à des élections régulières, au plus tard dans le délai d’un an après la libération complète du territoire. Elle sera élue au scrutin secret à un seul degré par tous les Français et Françaises majeurs, sous la réserve des incapacités prévues par les lois en vigueur.

La veille d’un jour de vote, j’aime à me rappeler le préambule et l’article 1er de la Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne écrite par Olympe de Gouges :

Les mères, les filles, les sœurs, représentantes de la Nation, demandent à être constituées en Assemblée nationale. Considérant que l’ignorance, l’oubli ou le mépris des droits de la femme sont les seules causes des malheurs publics et de la corruption des gouvernements, ont résolu d’exposer, dans une déclaration solennelle, les droits naturels, inaltérables et sacrés de la femme, afin que cette déclaration constamment présente à tous les membres du corps social leur rappelle sans cesse leurs droits et leurs devoirs, afin que les actes du pouvoir des femmes et ceux du pouvoir des hommes, pouvant être à chaque instant comparés avec le but de toute institution politique en soient plus respectés, afin que les réclamations des citoyennes, fondées désormais sur des principes simples et incontestables, tournent toujours au maintien de la Constitution, des bonnes mœurs et au bonheur de tous. En conséquence, le sexe supérieur en beauté comme en courage dans les souffrances maternelles reconnaît et déclare, en présence et sous les auspices de l’Être suprême, les droits suivants de la femme et de la citoyenne :

Article 1 La femme naît libre et demeure égale à l’homme en droits. Les distinctions sociales ne peuvent être fondées que sur l’utilité commune.

Olympe de Gouges
Olympe de Gouges

AUX URNES , CITOYENNES !!

Changez de front. Israël Joshua Singer

– Aidez-moi, mon ami, tenez-lui les genoux, oui, comme ça.
Et plus bas encore, d’une voix à peine audible, il murmura à l’oreille de Lerner :
-Demain, il va sûrement falloir amputer …
Les plaintes, dans l’obscurité de la nuit, s’amplifiaient. Les malades couchés sur la paille se réveillaient. Certains soupiraient, d’autres juraient. Ca puait l’acide, la sanie et la souffrance.
On était écrasé par l’angoisse, cette angoisse qui rôde dans une salle d’hôpital quand, brusquement, vers minuit, les malades se réveillaient tous en même temps que leurs douleurs qui sont aussi noires, interminables et désespérantes que la nuit.

Voici un extrait du saisissant roman, De fer et d’acier, écrit par Israël Joshua Singer et publié en 1927. Il nous permet de suivre Benyomen Lerner, jeune soldat juif de l’armée russe qui a déserté le front en 1915. Les lectrices le suivront à Varsovie quand la ville tombe sous l’occupation allemande : un changement de front, quitter Verdun pour Varsovie.

A (re)lire.

Résumé 

Mémoire, histoire et Traverso

Dans un moment où histoire et mémoire sont instrumentalisées en hochet politique, il est nécessaire de revenir à quelques fondamentaux. L’historien Enzo Traverso nous servira de passeur.
Dans l’introduction de son livre, 1914-1945, La guerre civile européenne , il explique ce que signifie écrire des livres d’histoire, cela consiste à offrir la matière première nécessaire à un usage public du passé. Cela ne fait pas de l’historien le gardien d’un patrimoine national – laissons cette ambition à d’autres – car sa tâche consiste à interpréter le passé, non à favoriser des processus de construction identitaire ou de réconciliation nationale.
Il met en garde sur les dangers d’une posture qui conduirait les intellectuels à formuler une condamnation morale de la violence sans procéder à son analyse : les pages qui vont suivre refusent de la [la violence] réduire à une catastrophe humanitaire ou à un exemple effrayant de la malfaisance des idéologies. elles partent de l’idée que, si toutes les guerres civile sont des tragédies, certaines méritent que l’on s’y engage. Que nous, citoyens d’une Europe démocratique, avons contracté une dette à l’égard de ceux qui sont battus pour la construire. Qu’une démocratie amnésique est forcément fragile, surtout dans un continent qui a connu les fascismes. Et qu’il ne faudrait pas confondre une attitude de rejet apolitique de l’engagement, de condamnation de la violence et des stigmatisations des idéologies, avec une forme de sagesse intemporelle. Il ne s’agit pas de contester les vertus civiques de l’humanitarisme, mais simplement de refuser que notre sensibilité post-totalitaire nous conduise à transformer une catégorie éthico-politique en une catégorie historique, en pensant que la condamnation morale de la violence massive puisse remplacer son analyse son interprétation.

Mémoire en eaux troubles

Une certaine dit : la France n’était pas responsable du Vél’ d’Hiv.

source

Sommes-nous collectivement condamné-e-s à être les otages de ces « assassins de la mémoire » ??

Dans le discours de 16 juillet 1995 que j’ai écouté en direct dans mes jeunes années, le président de la République Jacques Chirac (pour qui je n’avais pas voté) appelait à la vigilance et reconnaissait la responsabilité de la France dans cette rafle.

http://www.ina.fr/video/CAB95040420
http://www.ina.fr/video/CAB95040420

Ce jour-là, je l’ai remercié : l’Etat en reconnaissant une part de notre histoire, nous a fait grandir car reconnaitre signifiait s’émanciper de cette France « du chagrin et de la pitié ». Je suis de ce pays, de cette histoire, moi qui suis née bien longtemps après cette guerre : cette histoire n’est pas un fardeau, c’est un héritage, raison pour laquelle le mot « repentance » ne revêt aucune signification.

Alors quand certain-e-s jouent les apprentis sorciers de la discorde nationale, je me permets de penser que les seul-e-s que nous n’entendons pas suffisamment dans l’espace médiatique sont les historien-ne-s, les vrais, pas les autoproclamés des émissions de talk show !

La France n’était pas responsable du Vél’ d’Hiv : cette énième saillie pose encore une fois la nature des relations troubles que le « personnel » politique entretient avec le passé instrumentalisé par certains au gré des basses opportunités.

Voici le texte du discours prononcé le 16 juillet 1995 et l’analyse de l’historienne Annette Wieviorka.

Monsieur le Maire, Monsieur le Président, Monsieur l’Ambassadeur, Monsieur le Grand Rabbin, Mesdames, Messieurs,
Il est, dans la vie d’une nation, des moments qui blessent la mémoire, et l’idée que l’on se fait de son pays.
Ces moments, il est difficile de les évoquer, parce que l’on ne sait pas toujours trouver les mots justes pour rappeler l’horreur, pour dire le chagrin de celles et ceux qui ont vécu la tragédie. Celles et ceux qui sont marqués à jamais dans leur âme et dans leur chair par le souvenir de ces journées de larmes et de honte.
Il est difficile de les évoquer, aussi, parce que ces heures noires souillent à jamais notre histoire, et sont une injure à notre passé et à nos traditions. Oui, la folie criminelle de l’occupant a été secondée par des Français, par l’État français.
Il y a cinquante-trois ans, le 16 juillet 1942, 450 policiers et gendarmes français, sous l’autorité de leurs chefs, répondaient aux exigences des nazis.
Ce jour-là, dans la capitale et en région parisienne, près de dix mille hommes, femmes et enfants juifs furent arrêtés à leur domicile, au petit matin, et rassemblés dans les commissariats de police.
On verra des scènes atroces : les familles déchirées, les mères séparées de leurs enfants, les vieillards — dont certains, anciens combattants de la Grande Guerre, avaient versé leur sang pour la France — jetés sans ménagement dans les bus parisiens et les fourgons de la Préfecture de Police.
On verra, aussi, des policiers fermer les yeux, permettant ainsi quelques évasions.
Pour toutes ces personnes arrêtées, commence alors le long et douloureux voyage vers l’enfer. Combien d’entre-elles ne reverront jamais leur foyer ? Et combien, à cet instant, se sont senties trahies ? Quelle a été leur détresse ?
La France, patrie des Lumières et des Droits de l’Homme, terre d’accueil et d’asile, la France, ce jour-là, accomplissait l’irréparable. Manquant à sa parole, elle livrait ses protégés à leurs bourreaux.
Conduites au Vélodrome d’hiver, les victimes devaient attendre plusieurs jours, dans les conditions terribles que l’on sait, d’être dirigées sur l’un des camps de transit — Pithiviers ou Beaune-la-Rolande — ouverts par les autorités de Vichy.
L’horreur, pourtant, ne faisait que commencer.
Suivront d’autres rafles, d’autres arrestations. À Paris et en province. Soixante-quatorze trains partiront vers Auschwitz. Soixante-seize mille déportés juifs de France n’en reviendront pas.
Nous conservons à leur égard une dette imprescriptible.
La Torah fait à chaque juif devoir de se souvenir. Une phrase revient toujours qui dit : « N’oublie jamais que tu as été un étranger et un esclave en terre de Pharaon ».
Cinquante ans après, fidèle à sa loi, mais sans esprit de haine ou de vengeance, la Communauté juive se souvient, et toute la France avec elle. Pour que vivent les six millions de martyrs de la Shoah. Pour que de telles atrocités ne se reproduisent jamais plus. Pour que le sang de l’holocauste devienne, selon le mot de Samuel Pisar, le « sang de l’espoir ».
Quand souffle l’esprit de haine, avivé ici par les intégrismes, alimenté là par la peur et l’exclusion. Quand à nos portes, ici même, certains groupuscules, certaines publications, certains enseignements, certains partis politiques se révèlent porteurs, de manière plus ou moins ouverte, d’une idéologie raciste et antisémite, alors cet esprit de vigilance qui vous anime, qui nous anime, doit se manifester avec plus de force que jamais.
En la matière, rien n’est insignifiant, rien n’est banal, rien n’est dissociable. Les crimes racistes, la défense de thèses révisionnistes, les provocations en tout genre — les petites phrases, les bons mots — puisent aux mêmes sources.
Transmettre la mémoire du peuple juif, des souffrances et des camps. Témoigner encore et encore. Reconnaître les fautes du passé, et les fautes commises par l’Etat. Ne rien occulter des heures sombres de notre Histoire, c’est tout simplement défendre une idée de l’Homme, de sa liberté et de sa dignité. C’est lutter contre les forces obscures, sans cesse à l’œuvre.
Cet incessant combat est le mien autant qu’il est le vôtre.
Les plus jeunes d’entre nous, j’en suis heureux, sont sensibles à tout ce qui se rapporte à la Shoah. Ils veulent savoir. Et avec eux, désormais, de plus en plus de Français décidés à regarder bien en face leur passé.
La France, nous le savons tous, n’est nullement un pays antisémite.
En cet instant de recueillement et de souvenir, je veux faire le choix de l’espoir.
Je veux me souvenir que cet été 1942, qui révèle le vrai visage de la « collaboration », dont le caractère raciste, après les lois anti-juives de 1940, ne fait plus de doute, sera, pour beaucoup de nos compatriotes, celui du sursaut, le point de départ d’un vaste mouvement de résistance.
Je veux me souvenir de toutes les familles juives traquées, soustraites aux recherches impitoyables de l’occupant et de la milice, par l’action héroïque et fraternelle de nombreuses familles françaises.
J’aime à penser qu’un mois plus tôt, à Bir Hakeim, les Français libres de Koenig avaient héroïquement tenu, deux semaines durant, face aux divisions allemandes et italiennes.
Certes, il y a les erreurs commises, il y a les fautes, il y a une faute collective. Mais il y a aussi la France, une certaine idée de la France, droite, généreuse, fidèle à ses traditions, à son génie. Cette France n’a jamais été à Vichy. Elle n’est plus, et depuis longtemps, à Paris. Elle est dans les sables libyens et partout où se battent des Français libres. Elle est à Londres, incarnée par le Général de Gaulle. Elle est présente, une et indivisible, dans le cœur de ces Français, ces « Justes parmi les nations » qui, au plus noir de la tourmente, en sauvant au péril de leur vie, comme l’écrit Serge Klarsfeld, les trois-quarts de la communauté juive résidant en France, ont donné vie à ce qu’elle a de meilleur. Les valeurs humanistes, les valeurs de liberté, de justice, de tolérance qui fondent l’identité française et nous obligent pour l’avenir.
Ces valeurs, celles qui fondent nos démocraties, sont aujourd’hui bafouées en Europe même, sous nos yeux, par les adeptes de la « purification ethnique ». Sachons tirer les leçons de l’Histoire. N’acceptons pas d’être les témoins passifs, ou les complices, de l’inacceptable.
C’est le sens de l’appel que j’ai lancé à nos principaux partenaires, à Londres, à Washington, à Bonn. Si nous le voulons, ensemble nous pouvons donner un coup d’arrêt à une entreprise qui détruit nos valeurs et qui, de proche en proche risque de menacer l’Europe tout entière.

Victor, la petite fille et les primates.

Une enfant de 10 ans a été (re)trouvée vivant au milieu de ses congénères, des primates. Cela se  déroule maintenant dans une réserve naturelle à Bahraich, dans le nord de l’Inde.
Jeté sur ce globe sans forces physiques et sans idées innées, hors d’état d’obéir par lui-même aux lois constitutionnelles de son organisation, qui l’appellent au premier rang du système des êtres, l’homme ne peut trouver qu’au sein de la société la place éminente qui lui fut marquée dans la nature, et serait, sans la civilisation, un des plus faibles et des moins intelligents des animaux : vérité, sans doute, bien rebattue, mais qu’on n’a point encore rigoureusement démontrée… Les philosophes qui l’ont émise les premiers, ceux qui l’ont ensuite soutenue et propagée, en ont donné pour preuve l’état physique et moral de quelques peuplades errantes, qu’ils ont regardées comme non civilisées parce qu’elles ne l’étaient point à notre manière, et chez lesquelles ils ont été puiser les traits de l’homme dans le pur état de nature. Non, quoi qu’on en dise, ce n’est point là encore qu’il faut le chercher et l’étudier. Dans la horde sauvage la plus vagabonde comme dans la nation d’Europe la plus civilisée, l’homme n’est que ce qu’on le fait être ; nécessairement élevé par ses semblables, il en a contracté les habitudes et les besoins ; ses idées ne sont plus à lui ; il a joui de la plus belle prérogative de son espèce, la susceptibilité de développer son entendement par la force de l’imitation et l’influence de la société.” C’est ainsi que Jean Itard, médecin et spécialiste de la surdité pose les enjeux d’une question qui n’est pas encore tranchée : la question de l’inné et de l’acquis.
C’est à lui que l’abbé Sicard qui dirigeait l’Institution des sourds-muets de la rue Saint-Jacques à Paris confie Victor, le (devenu) « célèbre » enfant sauvage de l’Aveyron.

Voici ce qu’il écrit dans l’avant-propos de son Mémoire consacré au “Sauvage de l’Aveyron” : Un enfant de onze ou douze ans, que l’on avait entrevu quelques années auparavant dans les bois de la Caune, entièrement nu, cherchant des glands et des racines dont il faisait sa nourriture, fut dans les mêmes lieux, et vers la fin de l’an VII, rencontré par trois chasseurs qui s’en saisirent au moment où il grimpait sur un arbre pour se soustraire à leurs poursuites. Conduit dans un hameau du voisinage, et confié à la garde d’une veuve, il s’évada au bout d’une semaine et gagna les montagnes où il erra pendant les froids les plus rigoureux de l’hiver, revêtu plutôt que couvert d’une chemise en lambeaux, se retirant pendant la nuit dans les lieux solitaires, se rapprochant, le jour, des villages voisins, menant ainsi une vie vagabonde, jus­qu’au jour où il entra de son propre mouvement dans une maison habitée du canton de Saint-Sernin.
II y fut repris, surveillé et soigné pendant deux ou trois jours ; transféré de là à l’hospice de Saint-Affrique, puis à Rodez, où il fut gardé plusieurs mois. Pendant le séjour qu’il a fait dans ces différents endroits, on l’a vu toujours également farouche, impatient et mobile, chercher continuellement à s’échapper
[…]. Des ordres furent donnés pour que cet enfant fût amené à Paris. Il y arriva vers la fin de l’an VIII, sous la conduite d’un pauvre et respectable vieillard qui, obligé de s’en séparer peu de temps après, promit de revenir le prendre, et de lui servir de père, si jamais la Société venait à l’abandonner.
(Lire le rapport de Jean Itard sur Gallica )

Le parcours de cet enfant est rendu célèbre par l’adaptation que François Truffaut fit de son histoire dans le film L’enfant sauvage, réalisé en 1970.

François Truffaut. L'enfant Sauvage, affiche du film, 1970.
François Truffaut. L’enfant Sauvage, affiche du film, 1970.

Le film est accessible en streaming sur le site Archive.org.

1/Voir le film : l’enfant sauvage

2/ Le site à visiter :   Archive.org
Une exposition virtuelle  est consacrée à « Victor » et plus largement aux enfants sauvages qui deviennent des sujets d’observation privilégiés à la fin du XVIIIè siècle : les médecins et les philosophes se demandant de quelle manière nous acquérons nos connaissances? Quel est le rôle de la « société » (concept flou) dans notre développement cognitif et affectif?

http://www.neccessaire.com/exposition/menue1.htm
Source . Victor, l’enfant sauvage , mythe et réalité.

L’histoire de l’enfant sauvage continue de fasciner car elle interroge sans cesse la frontière entre sauvagerie et civilisation, le dernier ouvrage de l’historien Jean-Luc Chappey en témoigne : Sauvagerie et civilisation, une histoire politique de Victor de l’Aveyron. Fayard, 2017.
Toutefois, l’enfant sauvage le restera-t-il? La société savante et éclairée du début du XIXème siècle après avoir voulu l’inclure dans un projet commun le rejette : cet enfant symbolise peut-être une indépassable altérité.

Sauvagerie & civilisation. JLChappey
Sauvagerie & civilisation. JLChappey

C’est bien la question que je me suis posée en lisant ce bref article paru dans Le Figaro, qui relate les faits suivants :
Âgée d’une dizaine d’années, la jeune fille surnommée «Mowgli girl» a été retrouvée en janvier dans le nord de l’Inde. Elle semble avoir été élevée par des singes, et ne sait ni parler ni marcher correctement. Les autorités tentent de déterminer ce qui a pu lui arriver.
En Inde, un cas similaire à celui de Victor de l’Aveyron, le plus célèbre cas d’enfant sauvage découvert à la fin du XVIIIe siècle dans une forêt française, suscite fascination et stupéfaction. Une petite fille, âgée d’une dizaine d’années, a été découverte en janvier à l’état quasi sauvage dans une réserve naturelle à Bahraich, dans le nord de l’Inde. Lire la suite

Une enfant "sauvage". Mers 2017. Inde.
Une enfant « sauvage ». Mers 2017. Inde. Source

Après avoir lu quelques articles et visionné quelques vidéos, c’est la gêne, l’embarras et le malaise qui l’ont emporté.

Pourquoi affubler cette enfant d’un surnom ridicule porté par un garçon, personnage de fiction sorti de l’imagination de Rudyard Kipling? Ce chantre de l’Inde britannique et de l’impérialisme qui dans son poème Le Fardeau de l’homme blanc, parlait de « peuples sauvages et agités (…) Moitié démon, moitié enfant ». Donc, Mowgli girl au mieux c’est vulgaire!!
Ensuite les vidéos nous montrent des médecins-vétérinaires regardant et s’approchant de l’enfant avec défiance et supériorité ! Comment ne pas songer au film de D. Lynch Elephant Man?
Enfin, la fascination pour cette indépassable altérité, me met malaise : je me surprend à penser qu’il fallait peut-être mieux l’a laisser avec ses semblables (?), ses congénères (?).
Pourquoi à toute force arrimer l’enfant sauvage aux rives de notre humanité??

L’exposition de cette enfant sauvage pourrait très bien se dérouler derrière les rideaux soulevés du cirque des monstres de Barnum : une exposition pornographique qui consiste à mettre à nu une “créature” différente et semblable sans aucune considération pour la part d’humanité dont elle est porteuse.

L'enfant singe. Cirque Barnum
L’enfant singe. Cirque Barnum

Thiepval. Les disparus de la Somme.

Thiepval est un petit village situé dans la Somme en Picardie et qui fut l’un des théâtres de la bataille de la Somme au cours de la Grande Guerre. C’est à Pozières que les Australiens ont lancé leur force au cours de l’année 1916.

Le village de Pozières  évoque le premier engagement d’envergure des troupes australiennes sur le front occidental. Arrivés le 23 juillet 1916 et après s’être emparés de Pozières, les Australiens, épuisés par d’incessantes contre attaques d’artillerie, furent relevés le 5 septembre par les Canadiens à la Ferme du Mouquet. Trois de leurs divisions étaient passées par le secteur de Pozières et avaient subi des pertes supérieures au tiers des effectifs engagés. Quant au village, il avait totalement disparu.

Ferme du Mouquet avant et après le bombardement@musée de Thiepval.
Ferme du Mouquet avant et après le bombardement@musée de Thiepval.

En novembre 1918, les champs de bataille de la Somme ne sont plus que mares de boues traversées par des barbelés, semés de tronc d’arbres calcinés. Des milliers de soldats venus de tout l’Empire britannique sont tombés dans la Somme, leurs corps n’avaient pas été retrouvés, leurs tombes n’avaient pas été enregistrées ou avaient été perdues ou détruites pendant les combats. Certains soldats n’ont pas pu être identifiés et ont été enterrés sous une pierre tombale avec la mention « Connu de Dieu seul », ce sont les soldats portés disparus. Le Mémorial de Thiepval rend hommage aux « Disparus de la Somme »

Les disparus de la Somme. Mémorial de Thiepval
Les disparus de la Somme. Mémorial de Thiepval

C’est un monumental édifice haut de 45 m qui se tient sur une crête au sud du village de Thiepval, il domine l’horizon et se voit de très loin, il est l’œuvre de Sir E. Lutyens.

Mémorial de Thiepval
Mémorial de Thiepval

La construction débute en 1928 avec le creusement de fondations à 9 mètres de profondeur, cette partie des travaux permet de mettre à jour des tunnels et des pièces d’artillerie qui n’avaient pas explosées.

Mémorial de Thiepval. 1931, en construction
Mémorial de Thiepval. 1931, en construction.

Le centre du mémorial est surplombé par une arche de 24 mètres de hauts et repose sur des piliers dans lesquels les noms des disparus sont gravés sur de la pierre blanche de Portland.

Mémorial de Thiepval. Pierre blanche de Portland
Mémorial de Thiepval. Pierre blanche de Portland.

Ils sont nombreux les Australiens entre Pozières et Péronne en ce mois de juillet, des jeunes, des vieux en voyages organisés, des familles sur la trace de ces soldats morts si loin de chez eux, des soldats ; tous venus honorés la mémoire des morts. Ce fut un moment très émouvant.

Mémorial de Thiepval. Avant la cérémonie du 20 juillet 2016
Mémorial de Thiepval. Avant la cérémonie du 20 juillet 2016
Mémorial de Thiepval.Avant la cérémonie du 20 juillet 2016. La mise en place
Mémorial de Thiepval.Avant la cérémonie du 20 juillet 2016. La mise en place

Si vous passez par la Somme, je vous invite à visiter le tout nouveau musée de Thiepval inauguré le 02 juin 2016.

Musée de Thiepval
Musée de Thiepval

Allons Enfants de l’Acadie

Souvent je pense que la réalité des femmes et des hommes ne peut se lire avec satisfaction par l’emprunt exclusif des concepts géopolitiques. Si ces derniers sont nécessaires à un entendement du monde, ils restent inopérants à la compréhension des expériences individuelles, vous auriez beau jeu et raison de rétorquer que l’expérience d’un seul ne peut dire le tout et dès lors rejeter toute métonymie : le vécu de quelques uns ne pouvant donner sens à un destin qui englobe toute une société. Toutefois, tentons le pari de suivre pas à pas l’irruption d’une guerre d’un nouveau genre, une guerre totale,  dans le quotidien d’individus qui, par la géographie, sont éloignés des théâtres des opérations mais qui s’engageront dans un conflit très loin de chez eux. C’est l’aventure à laquelle nous convient Ici Radio Canada dans une série radio exceptionnelle.

1914-1918. Grande Guerre des Canadiens
1914-1918. Grande Guerre des Canadiens

Pour une fois, commençons en musique, en suivant la thématique « la musique au cœur des conflits au cœur patriotiques et idéologiques »  . Cliquez sur le pavé « Nous les Canadas » pour comprendre pourquoi et comment la chanson populaire est l’écho des grandes décisions nationales, se mettant ainsi au service d’une nation en guerre. Au-delà la participation à une guerre ravive avec vigueur le souvenir d’une autre. A ce titre, écouter « Allons Enfants de l’Acadie » chanté sur les airs de la Marseillaise est particulièrement saisissant.

Nous les Canadas
Nous les Canadas

Radio Canada propose ainsi une série radio et un site web sur la guerre de 1914-1918 vécue par les Canadiens français. Vous pourrez regardez les photos et écoutez des récits (ceux des familles des soldats, des collectionneurs). C’est ici tout l’intérêt car l’histoire officielle (en gros celle des manuels scolaires) interagit avec l’histoire des individus, ces hommes et ces femmes qui se sont engagé(e)s et ont sacrifié une part d’eux-mêmes.

Lisez les témoignages : Témoignages

Ecoutez les cinq épisodes

Le baptême du feu

Le 4 août 1914, le Canada entre en guerre aux côtés des Britanniques contre l’Allemagne et l’Autriche-Hongrie. Partout au pays, des hommes et des femmes s’enrôlent, pour défendre leur patrie d’origine, par esprit d’aventure, par sens du devoir ou encore pour l’expérience, comme le révèlent les histoires de Richard Steacie, de Blanche Lavallée, d’Arthur Giguère ou d’Erol Lizotte. Le 20 octobre 1914, le 22e Bataillon, premier corps canadien-français, est créé. En avril 1915, les troupes canadiennes participent à leur première grande bataille à Ypres en Belgique : c’est leur baptême du feu.

Dans les tranchées

Les soldats canadiens campés dans les tranchées vivent avec les poux, les rats, la boue et le froid. Le 15 septembre 1916, le 22e Bataillon s’empare du village de Courcelette, et les Canadiens français sont enfin reconnus. Pendant ce temps, Blanche Lavallée, une infirmière de Montréal, travaille dans un des deux hôpitaux canadiens-français en banlieue de Paris. En 1916, elle y rencontre Henri Trudeau, un futur aviateur. Cette histoire d’amour durera toute une vie.

La vie au Canada

À Montréal, environ 35 000 femmes sont employées dans des usines de guerre. D’autres sont caissières ou conduisent des tramways ou encore, comme Blanche Bessette, sont marraines de guerre. En 1918, les Canadiennes obtiennent le droit de vote au fédéral. Dès 1914, les Canadiens d’origine allemande et austro-hongroise sont envoyés dans des camps d’internement, comme celui de Spirit Lake, en Abitibi. En décembre 1917, le port d’Halifax est détruit par une explosion. En Europe, le Canada gagne la bataille de Vimy, mais au prix de 3600 pertes humaines.

La crise de la conscription

À l’été 1917, le premier ministre canadien, Robert Borden, dépose une loi sur la conscription. À l’automne, le Canada remporte la victoire à Passchendaele, en Belgique, mais perd près de 3000 soldats. Borden donne le droit de vote aux soldats et se fait réélire en décembre 1917. En avril 1918, des émeutes contre l’enrôlement obligatoire éclatent à Québec. Le gouvernement impose ensuite la conscription aux fils de fermiers et aux hommes mariés sans enfants. Partout au Canada, les jeunes travailleurs refusent de partir pour la guerre.

La fin de la guerre

À partir de 1918, la grippe espagnole fait 50 millions de victimes dans le monde, dont 14 000 au Québec. Des témoins racontent comment ils ont perdu des membres de leur famille en raison de cette épidémie. La 11e heure du 11e jour du 11e mois de 1918 marque la fin de la Grande Guerre. Cent ans après le début des hostilités, la cicatrice est toujours profonde, mais les descendants de soldats canadiens-français se souviennent néanmoins fièrement de leur aïeul.

Le réchauffement planétaire vu par la NASA

Ben voilà … Que dire de plus?

Urbabillard

Les images de la NASA montrent comment la terre se réchauffe, de manière accélérée. La réalité d’aujourd’hui dépasse les projections les plus pessimistes des scientifiques du 20e siècles. Il est grand temps que les efforts tant globaux que locaux se coordonnent afin de réduire la pollution et préserver le climat.

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