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d'une poule sur un mur.

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L’île des esclaves oubliés.

Dessin d'une classe de CM2 de Semoy envoyés à l'occasion de la quatrième mission sur l'île de Tromelin. 2013
Dessin d’une classe de CM2 de Semoy à l’occasion de la quatrième mission sur l’île de Tromelin. 2013

Un caillou de 1 km² dont le point culminant est à 7 mètres, un minuscule récif corallien dans l’océan Indien situé à 450 km à l’Est de Madagascar et 535 km au Nord de La Réunion, nommé l’Ile de Sable puis Tromelin. L’île est aujourd’hui rattachée aux T.A.A.F. (la collectivité des Terres Australes et Antarctiques Françaises).

Trimbre du chevalier de Tromelin
Trimbre du chevalier de Tromelin

Une île corallienne : voila le décor paradisiaque de la tragédie qui s’y joue dans la nuit du 31 juillet 1761, l’Utile se brise sur le récif de corail, le gouvernail est arraché, les ponts s’effondrent. L’Utile est prisonnier au milieu des déferlantes.

Détail de la carte sur laquelle l’île de Sable, ici nommée « Islot de Sable », © BNF
Détail de la carte sur laquelle l’île de Sable, ici nommée « Islot de Sable », © BNF

 

 

Tromelin.
Tromelin.

1/ Esclaves et contrebande.

Construit et armé à Bayonne, l’Utile appareille pour l’île de France, aujourd’hui Maurice, en novembre 1760. Le navire appartient à la Compagnie française des Indes orientales : créée en 1664 par Colbert, elle dispose du monopole du commerce vers l’Afrique, l’océan Indien et les Indes. Les Mascareignes, ce groupe d’îles du sud-ouest de l’océan Indien comprenant notamment Maurice et La Réunion, ont été colonisées par la France entre la fin du XVIIe et le XVIIIe siècles. Elles représentent une étape indispensable sur la route des Indes et de la Chine.

Prise de la frégate anglaise de 44 canons
Prise de la frégate anglaise de 44 canons « the Ceylon » par la frégate française « La Vénus » au large de l’île de France (île Maurice) fin 18e siècle.

 

L’Utile une flûte de 800 tonneaux est construit pour la Marine Royale à Bayonne, il lève l’ancre pour l’île de France, qu’il atteint le 12 avril 1761 après 147 jours de navigation.

Dans l’océan Indien, le commerce des esclaves en provenance du Mozambique et de Madagascar alimente en main d’œuvre les plantations coloniales des Mascareignes. Quand, le 27 juin 1761, l’Utile est envoyé à Madagascar pour en ramener des vivres, son capitaine Jean de La Fargue a néanmoins interdiction d’y acheter des esclaves comme c’est l’usage. L’Utile n’est pas un navire négrier, mais un bâtiment de transport classique destiné à apporter aux colonies produits et matériaux de la métropole, avant d’y retourner avec une cargaison de produits coloniaux, tels que du café ou du sucre. Bénéficiant de complicités multiples, La Fargue embarque pourtant près de 160 esclaves malgaches, qu’il compte débarquer sur l’île Rodrigues. Quand il quitte Madagascar, le bateau ne suit donc pas la route habituelle vers l’île de France, mais navigue au nord, passant à proximité de l’île de Sable…

Des erreurs d’observation et l’imprudence du capitaine, qui décide de naviguer de nuit malgré les mises en garde de son premier pilote, expliquent pour partie le naufrage. (Source )

2/ Les survivants, les abandonnés.

Parmi les survivants, sur les 143 hommes qui formaient l’équipage, 21 sont morts noyés et 122 ont réussi à rejoindre l’île. Concernant les 160 esclaves, seuls 88 survivront au naufrage. 72 ont péri car, au moment du naufrage, ils sont parqués dans la cale fermée par des panneaux cloués. Ils ne peuvent s’échapper qu’une fois la coque de l’Utile disloquée.

La première urgence est de trouver de l’eau potable en creusant un puits. Après une tentative infructueuse, une « liqueur épaisse et blanche comme du lait », mélange d’eau douce et d’eau salée, est découverte par 5 mètres de profondeur dans la soirée du 3 août. En trois jours de privations, une trentaine de Malgaches sont morts. Aucun Français.

La mer rejette sur la plage des ustensiles et des aliments issus de l’épave que les rescapés récupèrent pour organiser leur survie. Ils exploitent également les maigres ressources de l’île, particulièrement les œufs des oiseaux qui y nichent en grand nombre et les tortues. Les marins cherchent, en outre, à extraire de l’épave les matériaux nécessaires à la construction d’une embarcation de fortune pour rallier Madagascar. C’est le premier lieutenant de l’Utile, Castellan du Vernet, qui en dessine le plan.

Dans une lettre qu’il adresse au ministre de la marine, M. de Sartine, Barthélémy Castellan du Vernet revient sur son inlassable énergie pour sauver les marins français (Source )

Castellan du Vernet à Sartine1. 1763
Castellan du Vernet à Sartine1. 1763
Castellan du Vernet à Sartine2. 1763
Castellan du Vernet à Sartine2. 1763

Castellan du Vernet constate vite qu’aucune pièce de charpente suffisamment longue n’a pu être récupérée pour fabriquer un bateau à même de transporter tous les survivants. En deux mois, ils construisent une embarcation de fortune baptisés La Providence. L’embarcation est mise à l’eau le 27 septembre 1761, avec à son bord cent vingt-et-un marins. Entre 60 et 80 esclaves malgaches survivants sont abandonnés sur l’île avec trois mois de vivres et la promesse de Castellan de venir les chercher. La Providence atteint Madagascar après quatre jours de mer. Dans les semaines qui suivent, l’équipage rejoint Port-Louis (Maurice). Le gouverneur de l’île de 1759 à 1766, Antoine Marie Desforges-Boucher recueille les rescapés mais refuse en revanche d’envoyer un navire pour porter secours aux esclaves.

3/ L’oubli et les traces.

Ce n’est que quinze ans plus tard, le 29 novembre 1776, que le chevalier de Tromelin commandant de la corvette La Dauphine accoste sur l’Ile et recueille les survivants : sept femmes et un bébé de 8 mois.

Deux siècles et demi plus tard, au terme d’une longue enquête historique mené par Max Guérout, une mission archéologique débarque sur l’ile Tromelin pour retrouver les traces des esclaves oubliés.

Fouille à Tromelin Scène de fouille à Tromelin. © Jean-François Rebeyrotte, GRAN
Fouille à Tromelin
Scène de fouille à Tromelin.
© Jean-François Rebeyrotte, GRAN

Entre 2006 et 2013, les fouilles archéologiques conduites sur l’île de Tromelin ont permis de redonner la parole aux esclaves malgaches qui, à partir de 1761 et pendant quinze ans, ont vécu, abandonnés, sur ce minuscule écueil cerné par les déferlantes. Les campagnes de fouilles permettent de répondre aux questions suivantes : Comment les esclaves abandonnés se sont-ils nourris ? Comment s’est organisée leur vie quotidienne ? Comment conserver ce que l’épave de l’Utile a rejeté ? Qu’ont-ils faits des morts ?

Plan des fouilles
Plan des fouilles

Ces recherches sont emblématiques des travaux qui se déroulent depuis les années 2000 dans l’océan Indien sur les traces de l’esclavage colonial.

Le documentaire complet : les esclaves oubliés de l’île Tromelin sur TV5Monde

4/ L’exposition itinérante : Tromelin, l’île des esclaves oubliés.

Tromelin, l’île des esclaves oubliés  est présentée à la fois sur le territoire métropolitain et dans l’océan Indien avec une scénographie commune mais adaptée aux lieux d’accueil, ainsi que sous une forme plus légère dans l’arc antillais. Dans l’océan Indien, le musée Stella Matutina  (île de La Réunion) accueille l’exposition du 28 janvier au 30 septembre 2016. Une itinérance est prévue à Maurice et Madagascar.

Savoia Sylvain. Les esclaves oubliés de Tromelin
Savoia Sylvain. Les esclaves oubliés de Tromelin

En métropole, l’exposition reste à l’affiche au Château des ducs de Bretagne – Musée d’histoire de Nantes jusqu’au 30 avril 2016.   Elle sera ensuite accueillie à le Maison de la communauté d’Agglomération de Lorient du 28 mai au 30 octobre 2016, puis au Musée d’Aquitaine à Bordeaux.

Forte de sa thématique universelle autour de l’esclavage, l’exposition est également présentée dans l’arc antillais dans une itinérance de panneaux déroulants dans des lieux clés de transmission du patrimoine, dont le Musée d’Archéologie et de Préhistoire de la Martinique  jusqu’au 31 mars 2016. (Source )

 

Pour aller plus loin

– Dominique Le Brun (Direction) : Les naufragés, 2014 Omnibus.

– Max Guérout et Thomas Romon, « Tromelin (océan Indien) », Les nouvelles de l’archéologie, 108/109 | 2007, mis en ligne le 27 avril 2011,: http://nda.revues.org/158

– Thomas Romon et Max Guerout, « La culture matérielle comme support de la mémoire historique : l’exemple des naufragés de Tromelin », In Situ,  20 | 2013, mis en ligne le 15 février 2013, URL : http://insitu.revues.org/10182 .

– Sylvain Savoia, Les esclaves oubliés de Tromelin ,  éditions Dupuis/Aire libre, 2015.

– Le dossier complet sur le site de l’INRAP : http://www.inrap.fr/magazine/Tromelin/Accueil#Tromelin

 

Tu préfères être … un bonbon ou une crevette?

La question peut paraître incongrue, déplacée voire carrément sotte … et pourtant. C’est l’interrogation que vous soumet Product qui vous invite à suivre l’ odyssée de 10 produits de consommation.

Pour répondre à ces questions : D’où viennent les objets? Qui les transforme? Qui les touche? Quels chemins empruntent-ils pour parvenir à nos assiettes?

Capture d'écran. ProductArte.tv
Capture d’écran. ProductArte.tv

La série documentaire Product vous propose d’incarner certains produits phares afin d’en sonder les secrets les plus intimes. En vision subjective, chaque film remonte le temps à toute allure pour en suivre les pérégrinations, de transformations en rationalisations, de la Chine au Brésil, en passant par le Kazakhstan. (Source)

Il y a quelques années, j’ai déjà regardé un documentaire sur le marché des cheveux et la vente des extensions de cheveux, en éprouvant un réel malaise. Ce malaise ne s’est aucunement dissipé au visionnage de ce nouveau périple capillaire.

Dans de gigantesques halls, les personnes sont alignées côte à côte, dans l’attente d’être tondues. Les cheveux sont donnés en offrande aux dieux pour bénir et protéger sa famille. Toute l’année, des dizaines de milliers d’hommes et de femmes se rendent en pèlerinage dans des temples, à Tirumala [en Inde] , à cet effet. Mais ce que les pèlerins ignorent, c’est que les temples ont construit tout un business autour de cette pratique religieuse : la chevelure est vendue dans des ventes aux enchères : selon sa longueur, un kilo de cheveux peut apporter entre 100 et 700 €. L’argent que les temples récoltent grâce à ce commerce est utilisé pour des projets humanitaires comme construire des écoles, des hôpitaux ou encore des orphelinats. Après traitements, ces cheveux finissent sous forme d’extensions qui viennent orner les coiffures des occidentales, à la recherche d’un ajout esthétique. (Source)

ProductTM. ArteTV.cheveux
Capture d’écran. Les extensions de cheveux.

Vous pouvez visionner les reportages jusqu’à la fin de l’année … 2018.

Opicinus, un fou à la curie d’Avignon?

Je vous invite à lire ou à feuilleter comme une étape gourmande le magnifique ouvrage écrit par Laurent Baridon  Un atlas imaginaire. Cartes allégoriques et satiriques paru chez Citadelles et Mazenod.
La « carte » qui ouvre le premier chapitre intitulé  « l’imaginaire des cartes » est celle réalisée par Opicinus de Canistris composée vers 1335 et qui est aujourd’hui conservée à Rome dans la Bibliothèque Vaticane (Ms. Vaticanus Latinus 6435). Un choc en forme d’hallucinations cartographiques : que vois-je ? Où dois-je me trouver ? Que m’indique cette carte, moi qui suis plus au fait de la lecture d’une carte IGN ?

Opicinus de Canistris. Voll 77, bibliothèque vaticane
Opicinus de Canistris. Voll 77, bibliothèque vaticane

Je ne distingue qu’un face à face, un tête à tête entre un homme et une femme, mais à y regarder de plus près c’est une toute autre réalité qui se dévoile. L’homme encapuchonné, est-il tonsuré, est assis et ses pieds reposent sur un socle, il regarde droit devant lui, dans une attitude extatique. Sa main droite serrée est reliée à son corps par un étrange cordon ombilical dont la terminaison figure un petit animal. Tous les doigts sont repliés, sauf le majeur pointant vers un petit élément blanc, Sicilia. En face, une femme, coiffée d’une mitre dont les contours dessinés hors du cadre sont le support de cette formule « eccl[es]ia lib[er]a a seductore » (« l’Eglise libérée du séducteur »). A priori voilà formulée une étrange pensée : une femme coiffée d’une mirte, une femme évêque ; cela frise l’hérésie, c’est la présence de l’homme qui pourrait faire « songer » qu’il s’agit d’une femme, il n’en est rien. La femme, figure allégorique de l’Ecclesia, l’Eglise, c’est-à-dire la communauté des croyants, est bottée, italienne et grecque, se courbe vêtue d’une simple cape. Elle semble même vouloir s’en dévêtir : observez le sens de son pas et ses épaules dénudée. L’Eglise- Femme se penche et porte avec/en elle le Sauveur : comment ne pas attirer son regard vers  le Christ en majesté inscrit en astre?

Maintenant pivotez la carte. Que voyez-vous ? N’est-ce pas l’Afrique du Nord regardant vers l’Europe méditerranéenne ?

 

opicinus de canistris vol 77.
opicinus de canistris vol 77.

Qui est donc Opicinius ?

Opicinius ou Opicino est né à Pavie au XIIè siècle finissant, il devient prêtre quand la ville est l’un des théâtres de la lutte entre les Gibelins et les Guelfes. Le jeune prêtre formé à Gênes au dessin et à la cartographie, tombe sous le coup d’une accusation de simonie, excommunié pat l’évêque il trouve refuge à Avignon après avoir longtemps errer avec de nombreux mystiques mendiants. C’est une époque de privation qui le marque beaucoup. En 1329 il travaille à la Pénitencierie pontificale. Nous sommes dans les années 1330 et Opicinuo peint un tableau pour remercier le pape Jean XXII qui l’a nommé comme scribe.

Les plaignants qui le poursuivaient à Pavie retrouve sa trace en 1331, la procédure pour simonie reprend cette fois ci en Avignon. Son état de santé psychique se détériore jusqu’à la crise de 1334 : il sombre dans un état stuporeux, d’angoisses, accompagné d’hallucinations, il reçoit l’extrême onction. Quand il reprend conscience, il est muet et privé de sa main droite et est persuadé de devoir accomplir une mission après avoir vu dans le ciel des vases et la Vierge. Il commence à dessiner ses cartes en 1335, il continue ce travail de cartographe jusqu’à sa mort vers 1353, les nombreux commentaires dont il surcharge ses cartes permettent de retracer son parcours.

Son travail de cartographe est indépendant de sa charge, Opicino commence à produire des dessins à caractère religieux, souvent sous forme de roues et de cercles, ainsi que des cartes anthropomorphiques représentant l’Europe et l’Afrique du Nord comme deux personnages tournés l’un vers l’autre et parfois entourés de monstres marins.

Deux manuscrits issus de cette activité graphique ont été conservés par l’administration pontificale dont relevait l’auteur et à sa suite par la Bibliothèque vaticane. Un volume en parchemin, Pal. lat. 1993, contient 52 planches qui ont été publiées par Richard G. Salomon en 1936. Le codex en papier Vat. lat. 6435, retrouvé plus tardivement, contient des textes plus abondants entre lesquels apparaissent une trentaine de cartes et dessins. Ces documents étranges conservés dans le secret des collections de la Bibliothèque vaticane sont tous consacrés à la Méditerranée ; la carte du folio 77 est l’une des plus complètes et aussi des plus annotées.
Les territoires sont anatomisés. Si l’on prend l’exemple de l’Afrique, le continent apparait sous la forme d’un Maure que l’on pourrait prendre pour un moine, ses genoux correspondent aux cotes libyennes, vers Benghazi et sa main droite correspond à Carthage. Le plus troublant est la carte dans les cartes : la carte dessinée en blanc cerné de noir se superpose à deux autres, teintées de brun et de gris foncé. Les personnifications de l’Europe et de l’Afrique sont redessinées mais inversées selon un axe de report qui passe par le sexe de deux personnages, selon une ligne qui va de Venise à Benghazi. On retrouve à l’encre brune une partie de la tête de l’Eglise Europe et du Maure Afrique dans l’est de la mer Noire, leurs corps sont représentés mais ils disparaissent sous les corps-continents figurés en blanc. Les formes teintées d’encre grise correspondent aux parties maritimes de la carte inversée dessinée à l’encre brune. On peut aussi distinguer le négatif des côtes : la tête d’un diable de profil apparaît dans le dessin de la côte orientale de la Méditerranée, son nez correspond au golfe d’Antalya et Chypre prend la forme d’une oreille pointue. La barbe du diable orne la mer Egée, ses cheveux flottent de part et d’autre de la Bretagne.

opicinus de canistris vol 77. Carte inversée
opicinus de canistris vol 77. Carte inversée?

Pour Muriel Laharie, ce prêtre est en proie à des hallucinations cartographiques qui sont liés aux événements qui marquent sa vie. Ce qui demeure passionnant c’est la manière d’anatomiser les territoires et d’en donner une image sexuée.

Plus nous aiguisons notre regard, plus cette carte parle et devient même très bavarde.

 

En savoir plus :

– Barion L :Un atlas imaginaire. Cartes allégoriques et satiriques, Citadelles et Mazenod.2011
– Gandelman Claude. « Le texte littéraire comme carte anthropomorphe : d’Opicinus de Canistris à Finnegans Wake ». In: Littérature, N°53, 1984. Le lieu / La scène. pp. 3-17. [En ligne] http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/litt_0047-4800_1984_num_53_1_2213
– Laharie M., Roux G : Art Et Folie Au Moyen Age – Aventures Et Énigmes D’opicinus De Canistris (1296-Vers 1351)
– Piron S, « Muriel Laharie, Le Journal singulier d’Opicinus de Canistris (1337-vers 1341). Vaticanus latinus 6435 », Revue de l’histoire des religions [En ligne], 3 | 2010, mis en ligne le 01 octobre 2013,URL : http://rhr.revues.org/7633

 

La Petite Ceinture en boite.

Pierre Folk; By the Silent line.
Pierre Folk; By the Silent line.

La Petite Ceinture désigne l’ancienne voie de chemin de fer construite à Paris sous le Second Empire. Cette ligne ferroviaire de 32 km a été en service pour le transport des voyageurs jusqu’en 1934 et jusqu’aux années 1970 pour les marchandises.

Depuis 1988, on pouvait déjà se promener le long de la Coulée Verte, cet espace avait été créé par P. Mathieux et J. Vergely à l’emplacement de l’ancienne ligne de chemin qui reliait la place de la Bastille à la Varenne-Saint Maur.

Le projet de la Petite ceinture mené parla Mairie de Paris permet de se promener sur trois tronçons : dans les 16ème, 15ème et 12ème arrondissements (pour en savoir plus : le projet Petite Ceinture )

Paris. La petite ceinture. Juin 2014
Paris. La petite ceinture. Juin 2014
Paris. La petite ceinture.  Jardin potager
Paris. La petite ceinture. Jardin potager

La Petite Ceinture devient le refuge de ceux et celles qui voulant fuir le bruit urbain cherchent dans l’espace même de la ville des lieux préservés : quoi de mieux que les territoires délaissés ou abandonnés avant un prochain réaménagement ? Le photographe Pierre Folk est de ces urbains là.

Pierre Folk; By the Silent line.3Pierre Folk; By the Silent line.2Pierre Folk; By the Silent line.4Pierre Folk; By the Silent line.1

A travers ces images il y nourrit une réflexion sur le rapport de l’homme avec son environnement et dégage une mélancolie de la vie urbaine, ce besoin de quiétude cherché dans des recoins paumés où l’on a envie de se perdre : « Un de mes objectifs principaux était de rendre autant que possible cette impression d’avancer sur la voie, dans ce lieu entre deux mondes où se rencontrent la civilisation et la nature, le passé et le présent, le calme et l’agitation ». (Source). Pierre Folk a répondu aux questions de Konbini  , vous pouvez y lire l’interview.

Pierre Folk.

Bonne balade

Révisions et quelques réflexions.

Comme vous le savez ce blog devient un boulevard des liens brisés (j’ai même hésité à en capturer un, seulement un …), je me suis donc mise à l’ouvrage et me suis laissée aller à penser en butinant sur RMN photos qu’il s’agissait d’une tache bien ingrate. Il y a quelques années maintenant au lieu de mettre en ligne des images que je possédais alors, il m’était apparu plus poli de dénicher des reproductions de meilleure qualité en jetant en insouciance mes clichés d’amatrice. Quel mal m’en a pris!!! J’aurais du rester picorer dans ma cour :

Rester dans sa cour.
Rester dans sa cour.

Alors que je voulais publier mes dernières rencontres, découvertes et quelques souvenirs:

– des requins et des baleines du Pacifique et de l’Atlantique, pour changer du gallinacé et passer à un sujet plus aquatique.

– de la Vallée de la mort et du Québec.

– des terres des morts.

– des villes en miroir.

– des fresques urbaines d’ici et d’ailleurs.

– des dernières expo.

et encore de bien d’autres choses, en attendant je vous laisse en compagnie de l’ours de Québec, je vous l’accorde ce n’est pas du meilleur goût :

L'ours de Québec. Rue Champlain.
L’ours de Québec. Rue Champlain.

En revanche l’empreinte de ce loup croisé à côté de la plage du San au bord du lac Edouard, je vous la certifie et passe sous silence mon pas très pressant :

Empreinte de loup. Lac Edouard. Québec
Empreinte de loup. Lac Edouard. Québec

A bientôt …

PARIS, ENTRE PALAIS ET GARE. JUILLET 2014.

Paris La Fête foraine des Tuileries
Paris La Fête foraine des Tuileries

Vais-je oser le comique de répétition ? A chaque promenade je vous inflige la lecture du bulletin météo-pollution d’Air Parif, je ne vais pas couper la tradition inventée et nourrie par mes seuls soins : Oui, vous aurez le bulletin d’Air Parif agrémenté de quelques variantes. Aujourd’hui à Paris, notre capitale de notre belle France, le ciel était bleu, ce matin un vent léger comme un zéphir vous invitait à vous mettre à son diapason : la journée sera douce pour tous ceux qui ne prennent ni le RER, ni la ligne 13 (saturée, un véritable enfer urbain !), ni ne connaissent la solitude de l’homo urbanus en heure de pointe.

Paris RER

Bon! Je sens que je m’éloigne et qu’il est temps de revenir à la surface et d’aller voguer entre le 1er et le 7ème arrondissements, au jardin des Tuileries entre un ancien palais royal déserté depuis la Fronde, le Louvre, et un gare abandonné et devenue musée, Orsay.
Une dernière digression, histoire de tenir la cohérence du propos, invite à se pencher sur l’état de la pollution dans les deux arrondissements susnommés : pas de quoi fouetter son chat, mais quand même!

Air  Parif 1er arrondissement. 02 juillet 2014
Air Parif 1er arrondissement. 02 juillet 2014
Air  Parif 7ème arrondissement. 02 juillet 2014
Air Parif 7ème arrondissement. 02 juillet 2014

Le jardin des Tuileries accueille la fête foraine du même nom, la grande roue est de loin visible et en un lieu (presque minuscule) se bousculent tous les touristes qui viennent voir, se faire voir, photographier un espace qui concentre une part de l’histoire royale, industrielle et ferroviaire de Paris, qui offre des perspectives vers le quartier des affaires de La Défense et nous convie à marcher vers le XXIème siècle commençant. Paris est une aventure et le point de départ de la narration c’est vous qui le fixez, aujourd’hui on part des Tuileries.

Traversons la Seine, quelques centaines de mètres et la perspective change.

 Depuis le Pont royal. La seine et son peitit bateau
Depuis le Pont royal. La seine et son petit bateau

 

Et en se retournant, sur les berges de la Seine les piétons commencent à pérégriner, à flâner .

Paris Les Berges de La Seine.
Paris Les Berges de La Seine.
Paris Les Berges de La Seine.
Paris Les Berges de La Seine.

Avant de partir, une dernière vue prise de la passerelle L.S. Senghor : entre Louvre et Orsay.

Paris . La Seine, Le Louvre et Orsay
Paris . La Seine, Le Louvre et Orsay

 

Urbex: les explorateurs urbains

Entre fascination et vertigineuse sensation de n’être que boyaux en soubresauts : très impressionnant. Merci à Urbabillard pour ces découvertes urbaines toujours insolites.

Urbabillard

En hauteur, au sommet des gratte-ciel, on découvre des paysages magnifiques. Cependant, les points d’observation sont rarement accessibles, souvent privés et fermés au public. Les explorateurs urbains vont à l’assaut de ces panoramas  de l’extrême et nous offrent des perspectives stupéfiantes. Partout à travers le monde, des passionnés en font une manière de voyager, une façon de redécouvrir la ville et de se procurer des sensations fortes.

On désigne ces explorateurs de « skywalkers », ceux qui marchent dans le ciel . Un goût du risque autant qu’un esprit militant anime ces intrépides photographes et squatteurs des hauteurs. N’hésitant pas à sauter une clôture, à ouvrir une porte close ou à escalader un mur, ils s’approprient la ville le temps d’une prise de vue et parfois un peu plus.

Rooftopping movment

En Angleterre, le mouvement « urbex » est né de la contraction du mot « urban » et « exploration ». Les « urbexplorateur »  n’hésitent pas à utiliser des termes propres…

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Le trafic aérien d’une journée en un coup d’oeil

Pour un coup d’œil vu du ciel et comprendre aussi une géographie des mobilités et de la mondialisation.

Le mouvement du monde

LE KIOSQUE MÉDIAS

Sur Wired

Dans une journée d’été typique, environ 30 000 avions traversent le ciel européen. Ce vidéo vous montre leurs trajets en seulement 2 minutes.

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La ville vue par Yann Arthus-Bertrand

Vu du ciel là où nous habitons.

Urbabillard

Dans l’ouvrage « La Terre vue du ciel » (1999),  Yann Arthus-Bertrand présente des photographies aériennes d’une grande beauté, avec un propos écologiste affirmé. Un documentaire du même nom a été produit en 2004, permettant de survoler des paysages en révélant des enjeux tant locaux que globaux, à travers différents pays du monde. Réputé pour ses photographies de paysages et de phénomènes naturels, Yann Arthus-Bertrand nous permet ici de prendre de la hateur sur différents environnements urbains.

Lotissements à Brøndby, banlieue de Copenhague, Seeland, Danemark (55°34’ N - 12°23’ E).Lotissements à Brøndby, banlieue de Copenhague, Seeland, Danemark

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