Paris 19 août 2014.

Je ne vous chanterai pas la sérénade du « j’aime Paris au mois d’août », mais c’est vrai j’aime le climat aoûtien de la capitale, les longues promenades, l’observation des touristes un peu perdus que je n’hésite pas à renseigner, histoire de ne pas alimenter la réputation de « sales cons » que nous avons trop souvent … J’aime moins que la bouchère, le primeur, la boulangère, le poissonnier prennent un repos bien mérité : les vacances pour moi, pas pour les autres bien sûr. Respirer l’air de Paris (pas pollué) par un vent doux (pas de canicule) et sous un ciel changeant (comme en Bretagne) rend la vie légère.

Je voulais voir le Panthéon emballé mais pas par Christo le temps d’une restauration historique.

Le monument est toujours aussi impressionnant :

Panthéon 19 aout 2014
Panthéon 19 aout 2014

Les portraits sur la bâche, les structures apparentes des travaux, les touristes, les culs des deux-roues, l’abri bus, une grosse statue devant laquelle on se photographie en espérant ou redoutant que le généreux monsieur vous pisse dessus (véridique!!), tout cela m’invite vers ce lieu  un peu solennel mais qui vit par le mouvement qu’il organise dans un premier cercle.

Panthéon Paris 19 aout 2014
Panthéon Paris 19 août 2014

Une plaque des victimes du devoir attire mon attention  quand la ville veut commémorer « Sa » libération d’août 1944 :

Plaque victime du devoir Alexandre Massiani
Plaque victime du devoir Alexandre Massiani

Poursuivant une promenade diachronique, je me renseigne sur Alexandre Massiani, gardien de la paix  et je cherche son visage :

Alexandre Massiani, Source : La Libération de Paris
Alexandre Massiani, Source : La Libération de Paris

Il a été abattu le 19 août, vers 13h30, Place du Panthéon, alors qu’il surveillait les mouvements de la garnison allemande du Sénat. Transporté à la Maison de Santé des Gardiens de la paix, il meurt  le 21.

Poursuivant ma promenade, j’entre dans le jardin du Luxembourg, la lumière du jour rend hommage au parc.
Paris, jardin du Luxembourg, 19 août 2014.

Dans ce jardin, une exposition commémore « La » libération de Paris, elle met en scène le courage du peuple de Paris, capitale outragée, capitale libérée par elle-même : le sénat libéré, dans ce lieu la République reprend ses droits.

Paris 19 aout 2014. Le sénat libéré. Exposition
Paris 19 aout 2014. Le sénat libéré. Exposition

L’exposition met en scène une libération glorieuse, une libération sui generis : Paris aux forceps se libère de la « barbarie nazie » :

Paris 19 août 2014. Le sénat libéré.2
Paris 19 août 2014. Le sénat libéré.

En ce mois d’août, je me promène à Paris et trotte dans ma caboche des formules probablement toutes faites : les commémorations sont politiques, les expositions emblématiques. Je ne pense pas que la qualité se cache aux yeux du plus grand nombre dans quelques lieux élus par des initiés autoproclamés, je veux croire que tout le monde peut (doit)avoir accès au meilleur.
Cette promenade du jour qui est l’objet de ce billet, me permet de coucher en lettres numériques ces quelques Pensées pour moi même :

– dire tout le bien de l’intelligente et enthousiasmante exposition au musée Carnavalet sur Paris libéré,  Paris photographié, Paris exposé. ALLEZ-Y!!

– dire tout le rien (l’ennui de carte postale) que j’ai éprouvé pour une exposition à succès dans un musée que j’aime arpenter : Paris 1900.

 

 

 

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Le destin des Tsiganes (Roms et Sinti) pendant la Seconde Guerre mondiale.

Le destin des Tsiganes pendant la seconde guerre mondiale.
Le destin des Tsiganes pendant la seconde guerre mondiale.

Enfin un site sérieux  sur l’histoire des Tsiganes pendant la seconde guerre mondiale : il vous permettra de faire le point sur un génocide qui reste jusqu’ici très méconnu. Le Mémorial de la Shoah y est partenaire, et vous pouvez choisir de naviguer en français, en anglais et en allemand.  Ce site s’adresse à tous et pas seulement aux enseignants et aux élèves comme cela est indiqué dans la dernière phrase de la page d’accueil.  Je vous laisse le découvrir :

Home — Français.

Sur les Traces des disparus. Drancy.

Que peut évoquer le nom de cette ville de Seine-Saint-Denis ? Quelles images de la cité de la Muette notre mémoire collective mobilise-t-elle à l’évocation de ce lieu ? Une cité dortoir, une portion de la banlieue rouge, un camp de transit. Enfin de compte Drancy est un lieu polysémique, un espace fractal mal assis dans notre conscience. Mais pour mieux comprendre il faut effectuer un voyage dans le temps.

La cité de la Muette à Drancy a été édifiée au début des années 1930, à la demande d’Henri Sellier, fondateur et administrateur de l’un des premiers offices publics d’habitation à loyer modéré (HBM), celui de la Seine. Dans un contexte de naissance d’une politique de financement public du logement social en France, le projet avait pour but d’offrir au plus grand nombre des conditions de vies décentes, tout en rompant avec le développement anarchique de la banlieue, et en constituant un nouveau quartier de Drancy comportant tous les commerces et tous les services nécessaires à la vie d’une cité. Conçu comme une cité jardin moderne et innovante, le projet est confié à Eugène Beaudouin et Marcel Lods. La cité de la Muette répond alors à des normes d’hygiène et de confort inhabituelles pour l’époque et est l’occasion pour les deux architectes de mettre en œuvre des méthodes de fabrication industrielles standardisées innovantes, ce qui lui vaut une renommée internationale.

 

La Cité de la Muette. http://www.memoire-viretuelle.fr/. Source non spécifiée.
La Cité de la Muette. http://www.memoire-viretuelle.fr/. Source non spécifiée.

Bien que désignée comme une « cité-jardin » par son maître d’ouvrage, la cité de la Muette est un premier « grand ensemble » français. L’expression est d’ailleurs inventée par la critique architecturale (Maurice Rotival-1935) à l’occasion notamment de la construction de cette opération de logements social considérée comme exemplaire. C’est ce modèle qui sera dupliqué partout en France après la guerre. Le projet est constitué de cinq tours auxquelles sont associés des bâtiments en forme de « peignes », ainsi que d’un vaste bâtiment en U. Toutefois, le chantier de la Muette est contrarié par la crise économique qui survient au milieu des années 1930. Il reste donc inachevé pendant que les logements déjà construits sont mis à la location. Mais malaimés et loués relativement chers dans le contexte de crise, « les premiers gratte-ciel de la région parisienne » trouvent peu de locataires. Ainsi, Henri Sellier décide de louer les tours et les peignes à la 22° légion de gardes mobiles de la gendarmerie, pendant que le bâtiment en U reste vide.  (Source )

En juin 1940, la cité de la Muette est réquisitionnée par les autorités allemandes, elle sert d’abord de camp d’internement à des prisonniers de guerre français et britanniques. Pendant 3 ans (aout 1941 à aout 1944), la cité fait de camp de concentration et de transit : sur les 76 000 Juifs déportés de France, 63 000 sont partis de Drancy, destination : Auschwitz. En 1942, la camp de Drancy est constitué de 5 blocs desservis par 22 escaliers, les blocs 1,2,4, et 5 comprennent 80 chambrées, l’aménagement interne du bloc 3 a subi différentes modification entre 1941 et 1944.

Maquette présentée au Mémorial de la Shoah; site de Drancy.
Maquette présentée au Mémorial de la Shoah; site de Drancy.

En 1949, l’office d’HBM de la Seine va réaffecter le U au logement social, en 2014 environ 500 personnes vivent dans cette cité.

Drancy-La cité de la Muette en 2014.
Drancy-La cité de la Muette en 2014.

Ce qui nous intéresse ici et qui permet d’ouvrir une histoire par empreinte des hommes, des femmes, des enfants qui ont été internés dans ce camp est une découverte fortuite : les travaux de rénovation menés en 2009, notamment la pose de nouvelles huisseries et le démontage des contre-cloisons ont permis de découvrir des carreaux de plâtre portant de nombreux graffiti. 70 blocs de plâtres ont été découverts et sont maintenant conservés aux archives nationales qui en assurent désormais la garde. Inscrits sur des carreaux de plâtre servant de contre-cloison, ces graffiti (dessins, symboles, calendriers, noms et dates, messages, commentaires, poèmes) on été déposés soigneusement et stockés par leur propriétaire, l’Office public de l’habitat Seine-Saint-Denis. Ils ont depuis été restaurés sous la responsabilité scientifique du service du patrimoine culturel du Département de la Seine-Saint-Denis, avec le soutien de la Direction régionale des Affaires Culturelles d’Ile-de-France. Le service Patrimoine et inventaire de la Région Ile-de-France a assumé la campagne photographique et le Mémorial de la Shoah a apporté son soutien scientifique.

Drancy hier et aujourd'hui.
Drancy hier et aujourd’hui.

Quatre de ces carreaux porteurs de graffiti, traces précieuses souvent difficiles à déchiffrer, sont exposés jusqu’au 10 juillet 2014 aux archives nationales sur le site de Pierrefitte : c’est cette exposition que je vous invite à découvrir.

Traces. Les graffiti du camp de Drancy.
Traces. Les graffiti du camp de Drancy.

Selon les témoignages, la pratique du graffiti était devenue un rituel. On inscrivait à son tour nom, prénom, date d’arrivée et date de départ, et messages plus personnels sur les murs des chambrés des étages. Ces derniers témoignages avant le départ pour les camps d’extermination constituent une découverte historique majeure.
Les carreaux présentés sont contextualisés et accompagnés d’autres documents (photo de famille, portraits, listes des convois, documents administratifs) qui nous permettent de partir à la rencontre de ces femmes, ces hommes, ces familles qui ont été internés à Drancy sous la surveillance de gendarmes français. Je vous propose de suivre aujourd’hui le destin tragique de deux familles.

Grafitti. Famille Setion.
Grafitti. Famille Setion.

Sur le graffiti présenté ici, nous pouvons lire la mention suivante : « Famille Setion du 5/11 [19]42 au 9/11/[19]42 » dans un encadré, en dessous « Destination « « [illisibile] ». Ce graffiti se superpose à un précédent sur lequel on distingue  » —pluches/—pain 10 ½ ».
Qui est cette famille ?

Photographie. Famille Setion
Photographie. Famille Setion

La famille Setion est originaire de Constantinople et de Salonique, elle vivait à Paris dans le 11ème arrondissement au 43, rue de la Folie Méricourt. Sur la photo qui date de la fin des années 1930, on distingue devant et à genoux Elie qui et né en 1928 et déporté le 09 novembre 1942 par le convoi 44 vers Auschwitz avec sa mère Ida né en 1904, et ses trois sœurs, Eliane née en 1933, Monique née en 1936 et Jacqueline née en 1938.
A coté du graffiti est exposé la liste originale du convoi parti de Drancy le 09 novembre 1942, mentionnant la famille Setion. Vous pouvez aussi consulter cette fiche sur le site internet du Mémorial de la Shoah (ici : entrer le nom Setion dans la barre de recherche)

La famille Eskénazi.

Famille Eskénazi. Graffiti
Famille Eskénazi. Graffiti

« Famille/ESKENAZI/ PARTi le 30 mai [19]42 / Pour DESTINATION INCONNUE / TRES BON MORAL / VIVE les juifs »

Victoria et Michel Eskénazi, Salonique, 1914.  C.D.J.C.Coll. Claire Pessin et Michèle Meyers
Victoria et Michel Eskénazi, Salonique, 1914. C.D.J.C.Coll. Claire Pessin et Michèle Meyers

Michel Eskénazi est né en 1893 à Salonique, en 1913 il épouse Victoria Funes, le couple émigre en Amérique centrale où naissent Dorothée, Fortunée, Claire et Albert. Ils arrivent à Marseille en 1924 où naît Suzanne. Le père est marchand ambulant à Paris en 1929 année au cours de laquelle il demande pour lui-même, son épouse et leurs enfants la naturalisation. Sa lettre est exposée à coté du graffiti ainsi qu’un questionnaire à l’appui de la demande de naturalisation de la famille.

M. Eskénazi demande de naturalisation
M. Eskénazi demande de naturalisation.

En 1943 comme des milliers d’autres personnes, Michel fait l’objet d’une révision de sa nationalité qu’il parvient à garder. Le rapport du préfet de police de la Seine au ministre de la Justice est également exposé, dont voici un extrait :

M. Eskénazi, extrait du rapport du préfet de police de la Seine.
M. Eskénazi, extrait du rapport du préfet de police de la Seine.

A l’exception d’Albert, toute la famille a été déporté le 30 mai 1944 par le convoi n° 75 à destination d’Auschwitz, seules Suzanne et Fortunée survivent et reviennent en France.

Les graffiti de Drancy témoignent des aspirations de leurs auteurs. Ainsi des dessins, une prière, un poème ont été mis en lumière pendant les restauration, lire en creux ces empreintes, c’est aussi imaginer toutes les personnes connues ou inconnues qui sont passées par Drancy sans avoir le temps de laisser leur marque (in Livret de l’exposition p 26-27)

Graffiti de Drancy. Carreau avec poème.
Graffiti de Drancy. Carreau avec poème.

Depuis 2001, la cité de la Muette est classée au titre des Monuments historiques et c’est la DRAC d’Ile-de-France qui est responsable des travaux, seule une partie de la cité a fait l’objet de travaux de restauration, il est fort probable que d’autres graffiti seront alors mis à jour.

Rendez vous aux Archives nationales sur le site de Pierrefitte jusqu’au 10 juillet 2014.

Le D Day en 3D

Le débarquement reconstitué, au delà de la prouesse technique et numérique, il s’agit d’un reportage à ne pas manquer qui sera diffusé ce soir sur France3 :

D Day, ils ont inventé le débarquement
D Day, ils ont inventé le débarquement

Pour voir la bande annonce

Cet article vous explique les coulisses de cette aventure humaine et numérique, et l’émission Thalassa vous propose d’en savoir un peu plus.

Le port d’Arromanches reconstitué.

Bonne soirée à vous tous.

 

Nés dans la ville devenue Auschwitz.

Les archives de l’USC (Université de Californie du Sud) Shoah Foundation  constituent l’une des plus grandes collections audiovisuelles historiques au monde : elle compte près de 52 000 témoignages filmés dans 56 pays et dans 32 langues. L’Institut a une fonction de conservation mais développe aussi des programmes éducatifs qui intègrent ses archives audiovisuelles : de 1994 à 1999 les témoignages sont collectés et depuis 2000 ils sont rendus accessibles. Les récits sont centrés sur la Shoah. Les survivants rapportent leur expérience de la persécution et de la déportation, leur survie dans les camps ; ils racontent la clandestinité et la résistance, les réseaux de sauvetage…
L’un des intérêts majeurs réside dans le fait que les entretiens ouvrent aussi le temps de l’avant guerre et permettent de placer le témoignage dans le temps long de l’avant et de l’après : ces hommes et ces femmes maintenant âgés ont vécu une vie avant la déportation à laquelle il faut donner toute sa place ; la complexité d’un individu et les arcanes de son parcours ne peuvent se réduire à une seule expérience aussi traumatique et indicible soit telle. Cette évidence s’impose à la l’audition de ces témoignages. Ces témoignages sont les dernières traces des survivants qui se sont de plus en plus rares : Régine Beer vient de mourir il y a quelques jours à Anvers à l’âge de 93 ans.

Régine Beer (1920-2014)
Régine Beer (1920-2014)

L’USC, propose (en français) des vidéos des témoins nés à Auschwitz quand cette ville  s’appelait encore de son nom polonais, Oświęcim dont l’existence remonte au XIIè siècle. A la veille de la seconde guerre mondiale, 8000 juifs vivaient ici et représentaient la moitié de la population.

Nés avant Auschwitz
Nés avant Auschwitz. USC Shoah Foundation Institut

1858 témoignages sont en français et sont consacrés au temps avant la persécution, la clandestinité, les actes de résistance (notamment au sein de l’OSE : l’œuvre de secours aux enfants), l’après-guerre et la transmission de la mémoire.

Témoignages français.
Témoignages français.

 

 

 

La déportation des enfants juifs de France.

http://tetrade.huma-num.fr/

Il s’agit ici de cartes et de mémoires. C’est l’aboutissement d’années de recherche et de compilations de données qui aboutissent à une cartographie interactive, ce projet porté depuis longtemps par Serge Klarsfeld est mis en œuvre par l’historien Jean-Luc Pinol. Cette cartographie permet de suivre l’itinéraire vers des centres de mise à mort des 11 400 enfants juifs qui, entre 1942 et 1944, ont été arrêtés en France dont environ 6 200 à Paris et plus de 700 dans sa banlieue et 4 500 en province.

Territoire et trajectoire de la déportation des enfants juifs.
Territoire et trajectoire de la déportation des enfants juifs.

L’approche spatiale de la Shoah n’a donné lieu en France qu’à une faible production cartographique. Les historiens ont jusqu’alors assez peu travaillé sur les représentations spatiales d’un phénomène où les jeux d’échelle sont pourtant fondamentaux. Si une abondante historiographie rend bien compte aujourd’hui de la dimension exceptionnelle d’un événement qui a mobilisé toutes les approches de la discipline (macro et micro-­histoire, monographie, prosopographie…), il faut noter que la cartographie des phénomènes étudiés n’a pas suivi cette évolution, privant le chercheur et, plus généralement le public, d’une dimension cognitive essentielle. Le passage au numérique n’a pas véritablement bouleversé les habitudes des acteurs de la production historique. Les cartes relatives à la Shoah en France, accessibles en ligne, demeurent rares et sont généralement statiques. Elles ne permettent pas de rendre compte de la finesse et de la complexité des phénomènes étudiés. A l’origine, il existait une carte pour Paris, le projet Tetrade élargit le champ d’investigation à l’échelle de la France métropolitaine.

Comment fonctionne cette carte interactive?

Il suffit de passer le curseur sur chaque cercle : une bulle indique le nombre d’enfants juifs qui furent arrêtés sur place, puis déportés. Un clic, et voici leurs noms, leur âge. Au 56, cours Lafayette, à Lyon : Jacques Sciandra, 17 ans. Un peu plus loin, au numéro 89 : Dario Sarfati, 1 an seulement. Plus loin encore, au numéro 175 : Lipold et Georgette Epsztajn, 12 ans et 15 ans. Tous ont quitté Lyon au printemps ou à l’été 1944 (source : le Monde). Vous pouvez essayer de faire de même à l’échelle de votre ville ou de votre région.

C’est aussi une exposition virtuelle.

Sur la page d’accueil, cliquez sur le 3ème arrondissement de Paris dans la tourmente et vous pouvez accéder à une exposition déclinée en huit principaux thèmes :

Déportation des enfants juifs. 3ème arrondissement
Déportation des enfants juifs. 3ème arrondissement

Serge Klarsfeld met en perspective le projet Tetrade

Du mémorial à la cartographie.
Du mémorial à la cartographie.

 

 

Les photographes du ghetto.

La mise en place des ghettos.

Je me permets de vous infliger quelques propos liminaires avant de passer au vif du sujet, mais la chronologie militaire est ici essentielle pour comprendre les grandes étapes de la politique raciale puis du plan génocidaire menée par l’Allemagne nazie en Europe de l’Est. L’armée allemande envahit la Pologne le 01 septembre 1939, au terme d’une stratégie de guerre-éclair le pays est à genou et dépecé en trois semaines, les autorités du Reich décident la partition du pays en plusieurs entités administratives : le Watherland rattaché au Reich et le gouvernement général de Pologne, dirigé par Hans Frank et administré par les nazis comme un dépotoir ethnique à nettoyer. Le 27 septembre 1939, le chef de l’Office central de la Sécurité du Reich (RSHA) Reinhard Heydrich donne ses instructions pour la création des ghettos, à peine quatre semaines après le déclenchement de la Seconde guerre mondiale, voici quelques extraits des instructions. Les Juifs devront être regroupés en ghettos dans les villes afin de mieux les surveiller et les déplacer plus tard. Le plus urgent est que les petits commerçants juifs disparaissent des campagnes. Cette action devra être terminée d’ici trois ou quatre semaines. […] La directive générale suivante a été émise :

1. Regrouper les Juifs dans les villes dans les plus brefs délais.

2. Expulser les Juifs du Reich et les envoyer en Pologne.

3. Évacuer systématiquement les Juifs du territoire allemand par des trains de marchandises […]

En quelques semaines, les territoires à l’Est du Reich se couvrent de ghettos, les Nazis en créent environ 400.

Ghettos en Europe.

Ghettos en Europe de l'EstGhettos en PolognePendant la Seconde Guerre mondiale, les ghettos étaient des quartiers isolés du reste du tissu urbain par des barbelés ou un mur, dans lesquels les Allemands forcèrent la population juive à vivre dans des conditions misérables. Les ghettos isolaient les Juifs en les séparant de la population non juive et des communautés juives voisines.

Le premier ghetto est mis en place le 8 octobre 1939 à Piotrkow. Il est suivi par celui de Lodz (avril 1940) puis de Cracovie (mars 1941), Varsovie (octobre 1940), et Lublin (avril 1941). Fin 1941, presque tous les Juifs du Gouvernement général de Pologne sont parqués dans des ghettos dont les accès sont contrôlés par les forces allemandes et dont il est presque impossible de sortir. Un conseil juif, le « Judenrat », est institué dans chaque ghetto. Il est tenu pour responsable de la parfaite exécution des ordres donnés par les forces d’occupation. Le plus grand ghetto est celui de Varsovie. Erigé au centre de la ville, le ghetto concentrait dans 73 des 1800 rues de la ville, les quelques 370000 Juifs résidant dans la capitale polonaise en 1939, soit 30 % de la population, auxquels se sont progressivement ajoutés les Juifs des villes et villages alentour. Entouré d’un mur haut de 3 mètres et long de 18 km, ce quartier fermé sera réduit en 1941, atteignant une densité de 146 000 habitants au km².

Civils polonais passant le long du mur et des fils de fer barbelés interdisant l’accès au ghetto de Varsovie au reste de la ville. Pologne, entre octobre 1940 et avril 1943
Civils polonais passant le long du mur et des fils de fer barbelés interdisant l’accès au ghetto de Varsovie au reste de la ville. Pologne, entre octobre 1940 et avril 1943.  Copyright © United States Holocaust Memorial Museum, Washington, DCTranslation Copyright © Mémorial de la Shoah, Paris, France.

Pour tenter d’approcher les conditions de vie auxquelles étaient soumises la population civile (hommes, femmes, enfants, tous Juifs) dans le ghetto de Varsovie ces quelques chiffres nous permettent de comprendre pourquoi l’état sanitaire se détériore très rapidement

Chiffres clés ghetto de VarsovieSource

Le Mémorial de la Shoah et l’exposition « Regards sur les ghettos ».

Depuis le 13 novembre 2013 et jusqu’au 28 septembre 2014, le Mémorial de la Shoah propose une exposition (gratuite et ouverte à tous) rassemblant pour la première fois plus de 500 photographies peu connues, voire totalement inconnues du grand public. Cette exposition s’impose d’elle-même comme la plus troublante, la plus émouvante, la plus rigoureuse et scientifique sur le thème des ghettos. Pour ma part, elle accompagne mon quotidien depuis ma visite : elle n’est pas obsédante, elle est présente, elle n’est pas envoutante (ce serait le pire) mais elle tente en y parvenant à rendre intelligible une réalité anéantie. Quand nous entrons dans la première salle, nous sommes persuadés que nous allons, avec une mise en contexte nécessaire, (re)voir des photos que nous avons déjà vues : il n’en est rien ! Très vite les questions se bousculent : Comment photographier ? Pour quoi et pour qui ? Pourquoi saisir des instants de vie dans les ghettos ? Ici, les visiteurs sont au milieu du gué, il s’agit de confronter plusieurs regards :

–          Celui des propagandistes les plus zélés allant chercher dans les ghettos l’image du Juif correspond aux topos nazis (« le Juif » dégénéré, sale, animalisé, ennemi de ses propres coreligionnaires).

–          Celui des soldats photographiant le ghetto comme on se promène dans un zoo pour y trouver ici aussi la confirmation par l’image du discours antisémite.

–          Celui des hommes et des femmes anonymes emprisonnés dans les ghettos et qui au prix de leur vie en contrevenant aux ordres de l’occupant nazi ont photographié un repas, leur enfant qui dort, leurs père et mère. Ce sont là des signes d’une volonté de continuer de vivre.

–          Celui des photographes juifs emprisonnés dans un ghetto.

Pour comprendre tout l’intérêt de confronter des regards multiples, je vous invite à écouter l’entretien donné par Sophie Nagiscarde dans l’émission Mémoires Vives sur RCJ.Mémoires Vives. Décembre 2013.

Les photographes juifs du ghetto.

Je vous présenterai ici trois photographes dont les prises de vue, ces prises d’instants qui auraient dû disparaitre, ont été cachées, ensevelies, gardées au secret, elles sont par la volonté de leur auteur des actes intimes d’une résistance absolue : Vivre et montrer … ce qui se déroula en Europe il y a plus de soixante dix ans ! Henryk Ross et Mendel Grossman ont vécu dans le ghetto de Lodz et Georges Kadish qui fut enfermé dans le ghetto de Kaunas en Lituanie. A travers l’Europe, les nazis interdisent aux Juifs de prendre des photos, le 23 septembre 1939, les Juifs allemands doivent remettre leurs radios, leurs appareils photos et leurs autres équipements électriques, ces interdictions frappent les Juifs de Prague le 26 décembre 1941 et ceux de Kaunas le 01 aout 1941. Cependant, bravant ces interdictions, les Juifs européens ont continué à documenter leur propre destruction au moyen de la photographie.

Ghetto de Lodz : Henryk Ross et Mendel Grossman.

Ghetto de Lodz. Carte

Les Allemands s’emparent de la ville le 8 septembre 1939 et mettent en place le ghetto de Lodz le 1er mai 1940 où sont enfermés 164 000 Juifs. Dès le 13 octobre 1939, Mordechai Chaïm Rumkovski, une des figures les plus controversées de l’histoire de la Shoah, est nommé chef de l’autorité juive Judenrat. Homme despotique, énergique et doué d’une extraordinaire capacité d’organisation, il s’appuie sur les forces de police juives pour assurer l’ordre public dans le ghetto. Sous sa houlette et celle de Hans Biebow, directeur de la Gettoverwaltung (administration du ghetto), le ghetto devient un camp de travail discipliné, dont la majorité des habitants sont astreints au travail, en échange duquel ils reçoivent des rations de nourriture et un maigre salaire versé en monnaie spécifique appelée « haimkim » ou « rumkim », du nom du « roi du ghetto ». En octobre et novembre 1941, 20 000 Juifs allemands et 5 000 Tsiganes sont transférés dans le ghetto. Le ghetto de Lodz est unique dans la mesure où il vit complètement isolé du reste du monde. Contrairement aux autres ghettos, aucun Kommando de travail ne sort, le marché clandestin est donc difficile à mettre en place. Dépendant entièrement des rations alimentaires allemandes, les Juifs vivent à Lodz dans des conditions très difficiles : à la famine s’ajoutent le travail forcé et la surpopulation. Celles-ci entraînent la mort de 20% de la population du ghetto qui sera définitivement liquidé en été 1944 avec la déportation massive vers Chelmno et Auschwitz des quelque 65 000 Juifs qui s’y trouvent encore.

Henryk Ross dans le laboratoire photographique du ghetto.
Henryk Ross dans le laboratoire photographique du ghetto. Source :  don anonyme, 2006. © Collection Art Gallery of Ontario, Toronto, Canada / Ghetto Fighters’ House Museum

Henryk Ross est né en 1910, il prend clandestinement de nombreuses photos du ghetto, ses images en noir et blanc témoignent au plus près de l’existence quotidienne des Juifs de Lodz, de leurs souffrances mais aussi de leurs moments de joie. Il enterre ses négatifs et ses tirages peu avant la liquidation du ghetto, il survit à la guerre avec son épouse et parvient à récupérer ses clichés après la prise de la ville par les forces soviétiques. Il s’installe en Israël en 1950 et cesse son activité photographique. En 2004, l’album du ghetto de Lodz est publié , vous pouvez le  feuilleter ICI

Portrait de Stefania épouse d'Henryk Ross.
Portrait de Stefania épouse d’Henryk Ross.
Ghetto de Lodz, ca. 1940-1944. Photo: Henryk Ross. Don anonyme, 2006. Image tirée à partir du négatif original, reproduit avec permission, 2013. © Collection Art Gallery of Ontario, Toronto, Canada
Petite fille dans un jardin.Ghetto de Lodz, ca. 1940-1944.
Photo: Henryk Ross. Don anonyme, 2006. Image tirée à partir du négatif original, reproduit avec permission, 2013.
© Collection Art Gallery of Ontario, Toronto, Canada
Ghetto de Lodz. Enfants jouant aux gendarmes et aux voleurs. H. Ross.© Collection Art Gallery of Ontario, Toronto, Canada.
Ghetto de Lodz. Enfants jouant aux gendarmes et aux voleurs. H. Ross.© Collection Art Gallery of Ontario, Toronto, Canada.

Le deuxième photographe est Mendel Grossman, il est né en 1913 à Staszow et grandit à Lodz dans une famille hassidique. Il développe dès son enfance une forte sensibilité artistique, s’intéressant plus particulièrement à la peinture et à la photographie.

Mendel Grossman tenant un portrait photographique encadré de Morechai Chaim Rumkowski, président du conseil juif du ghetto. Lodz.
Mendel Grossman tenant un portrait photographique encadré de Morechai Chaim Rumkowski, président du conseil juif du ghetto. Lodz. Photo: Anonyme.
© The Ghetto Fighters’ House Museum, Israel/ The Photo Archive

L’invasion allemande survient au moment où la valeur de son travail photographique – notamment caractérisé par sa quête du mouvement – commence à être reconnue. Contraint de s’installer avec sa famille dans le ghetto, il s’assigne la mission de documenter clandestinement, appareil à la main, le sort des Juifs, en commençant par celui des siens qu’il photographie intensément. Photographe au département des statistiques du ghetto, son emploi lui fournit le matériel dont il a besoin. En 1944, peu avant la liquidation du ghetto, il parvient à cacher une boîte contenant ses négatifs. Déporté dans un camp de travail en Allemagne, il décède lors d’une « Marche de la mort » en 1945.

Photos de Mendel GrossmanPhotographie de Mendel Grossman

Pour ces deux hommes, photographier est un acte de résistance, un impératif moral répondant au besoin impérieux de témoigner et de créer une preuve historique du sort des Juifs dans les ghettos. Les événements révélés, bien plus variés que ceux photographiés par les soldats allemands, se distinguent, pour certains, par leur caractère ambivalent. Loin de masquer la tragédie, les scènes de vie ordinaire illustrent la dignité, l’humanité, les valeurs, et les vestiges d’un monde disparu. (Source)

 Ghetto de Kaunas (Kovno), Lituanie : George Kadish.

Ghetto de Kaunas

En 1939, 40 000 Juifs vivent à Kaunas et représentent environ 25% de la population de la ville, la capitale de la Lituanie tombe aux mains des Allemands le 24 juin 1941, les violences antisémites commencent avant leur arrivée : 10 000 Juifs sont assassinés aux cours de pogroms menés par des nationalistes lituaniens. Au mois d’aout, les 29 760  Juifs sont confinés dans un ghetto, situé dans le quartier pauvre de Slobodka. Plusieurs opérations sont organisées pendant la guerre, dont la plus importante a lieu le 28 octobre 1941 : plus de 9 000 personnes, dont près d’une moitié d’enfants, sont assassinées au « Neuvième fort », dans l’ancienne forteresse de la ville. Les 17 412 Juifs restés dans le ghetto sont astreints au travail forcé, principalement dans les installations militaires de la région.En juin 1943, Heinrich Himmler, chef de la SS, ordonne la transformation en camps de concentration des derniers ghettos qui subsistent dans les pays baltes. Le 16 octobre 1943, 2 000 Juifs du ghetto de Kaunas sont transférés dans des camps de travail en Estonie et, le 27 mars 1944, près de 1 800 bébés, enfants et vieillards qui s’y trouvent encore sont massacrés. Le 8 juillet 1944, à l’approche de l’Armée rouge, les derniers survivants du ghetto de Kaunas, au nombre de 4 000, sont transférés dans les camps de concentration de Stutthof, Dachau et Kaufering. (Source)

 George Kadish né Zvi (Hirsh) Kadushin, enseigne avant-guerre les sciences, les mathématiques et l’électronique au lycée juif de Kovno en Lituanie. Photographe amateur – la conception et la fabrication d’appareils photographiques font partie de ses passe-temps – il continue à prendre des clichés après la conquête de sa ville par les troupes allemandes en juin 1941 et l’instauration du ghetto. Bravant les interdictions, il photographie tant des scènes de la vie quotidienne des Juifs que les déportations. Recherché par la Gestapo en raison de ses activités photographiques clandestines, il parvient à s’échapper du ghetto en mars 1944. Après-guerre, il retrouve les clichés et les négatifs qu’il avait enterrés sur place dans des bouteilles de lait et émigre aux États-Unis où il vit jusqu’à son décès, survenu en 1997.

Portrait de G. Kadish
Portrait de G. Kadish photographie anonyme, 1942, dans le ghetto. © Beit Hatfutsot Photo Archive,<br>Tel Aviv, Zvi Kadushin Collection

Ce portrait du photographe Zvi Kadushin pourrait constituer le portrait type du reporter. Pris de manière rapprochée, en frontal et en extérieur, ce cliché met en avant la figure du photographe, situé au premier plan ; la faible profondeur de champ rend enfin l’ensemble du second plan flou et anodin. Sujet principal de la scène, George Kadish semble avoir été pris sur le vif, il tient entre ses mains son appareil photo qui, placé au centre du cadrage, devient un élément principal de l’image. Le regard concentré de George Kadish, dirigé en dehors du champ, et la position du corps, aux aguets, constituent les autres détails essentiels du portrait et subliment la fonction de témoin du photographe. Ému par les violentes « Aktions » menées contre les Juifs de Kovno en Juin et Juillet 1941, George Kadish s’est attaché à photographier en secret et au péril de sa vie, l’appareil caché sous son fameux imperméable, la vie du ghetto. Soutenu et encouragé dans sa démarche, par Yehuda Zupovitz, responsable adjoint de la police juive du ghetto de Kovno, il s’échappe à la fin du mois de mars 1944 et photographie la destruction du ghetto de l’extérieur.

Juifs embarqués dans des camions au cours d'une déportation, probablement vers l'Estonie
G. Kadish.26 octobre 1943, ghetto de Kaunas, des Juifs embarqués dans des camions au cours d’une déportation, probablement vers l’Estonie. © United States Holocaust Memorial Museum.
Ghetto de Kaunas, quatre enfants conversent dans le ghetto. 1941-1944.
G. Kadish.Ghetto de Kaunas, quatre enfants conversent dans le ghetto. 1941-1944.© United States Holocaust Memorial Museum.

Le garçon avec le chapeau de fourrure était appelé « Aldona ». Je me souviens de lui parce qu’il avait l’habitude de chanter une chanson d’amour lituanienne appelée « Aldona ». Ses parents étaient morts au début de la guerre et il vivait avec sa tante qui travaillait en ville et faisait passer clandestinement dans le ghetto des graines de tournesol qu’Aldona vendait sur la place du ghetto. J’ai entendu dire qu’il avait été tué alors qu’il tentait de se cacher dans une cave pendant l’évacuation du ghetto en Juillet 1944. (Solly Ganor)

Les graffitis du camp de Drancy

Connaitre Drancy par les traces laissées par les internés, je vous conseille cet excellent billet du blog Mémoires Vives.

Cette semaine, notre invité est Benoît Pouvreau, docteur en histoire de l’architecture, chercheur au service du patrimoine culturel du Département de la Seine-Saint-Denis à l’occasion de la sortie du livre sur les graffitis du camp de Drancy.

Publié par le Département de la Seine-Saint-Denis, cet ouvrage s’inscrit dans le prolongement de l’exposition présentée au Mémorial de la Shoah à Drancy et aux Archives départementales de Seine-Saint-Denis. Outre les 76 carreaux de plâtre avec graffiti découverts en 2009, il présente de manière exhaustive l’ensemble des graffiti connus du camp de Drancy et les informations concernant leurs auteurs quand ceux-ci ont pu être identifiés.

Encore conservés au sein de la cité de la Muette ou seulement connus par des photographies prises après-guerre, ces graffiti sont tous ici réunis et, dans la mesure du possible, documentés.

Grâce aux archives du Mémorial de la Shoah et celles du Service historique de la Défense, l’ensemble des informations collectées sur les auteurs de ces graffiti a été rassemblé dans cet ouvrage. Enfants, femmes et hommes seuls, familles, tous ont voulu laisser une trace personnelle, leur nom, un poème, un dessin « pour mémoire ».

À travers leurs parcours particuliers et souvent exemplaires, c’est la singularité mais aussi la diversité des 63 000 victimes déportées depuis le camp de Drancy qui sont ici restituées, à rebours du projet nazi qui voulait leur extermination et l’oubli même de leur existence.

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Génocides et prévention des crimes contre l’Humanité

Les Itinéraires de Citoyenneté.

Voilà une proposition d’itinéraires bienvenue pour les amateurs d’histoire contemporaine et les curieux en tout genre. A partir de cette fenêtre interactive vous pourrez choisir votre parcours et avoir accès à une documentation précieuse et des résumés sérieux ainsi que des propositions bibliographiques.

Génocides et crimes contre l'humanitéIl s’agit bien évidemment d’une première approche, mais cette étape s’avère essentielle pour, dans l’océan des publications et la masse documentaire à disposition des internautes, ne pas se tromper ni se laisser fourvoyer par des prises de positions « scientifiquement » douteuses par des auteurs se vociférant historiens.

1500 oeuvres spoliées sous l’époque nazie redécouvertes

1500 oeuvres spoliées sous l’époque nazie redécouvertes | Art spolié : un trésor découvert près de Munich | ARTE Journal | Monde | fr – ARTE.

Comment un enfant devenu un homme devenu vieux se trouve à la tête d’une exceptionnelle collection d’œuvres d’art?Je vous laisse à la lecture ou à la vision de ce reportage diffusé ce soir sur Arte.

M. Beckmann, le lion en cage, 1930

Ce post en forme de remerciements  à l’exceptionnelle exposition qui s’est tenue au Mémorial de le Shoah sur la

La spoliation des Juifs : une politique d’État (1940-1944)

Nous aurons l’occasion d’en reparler, si vous avez vu cette exposition, n’hésitez pas à donner votre avis