Au Moyen Age, les images entrent dans les maisons.

Le Moyen Age comme vous ne l’avez jamais vu

Depuis quelques années, dans le Languedoc-Roussillon, on redécouvre régulièrement dans de vieilles demeures médiévales, des plafonds peints. Ces peintures, datant de la fin du Moyen Âge, se trouvent principalement dans des bâtiments ayants appartenu à l’élite ecclésiastique, aristocratique ou encore à de riches marchands. Les historiens Monique Bourin et Pierre-Olivier Dittmar, nous font découvrir le sens et la fonction sociale de ces images dans l’univers domestique médiéval. En effet, ces images, proches des valeurs et des intérêts du quotidien, représentent pour le commanditaire une mise en scène de soi dans son cadre de vie habituel, mais sont aussi données à voir à tous ceux qui pénètrent dans ces salles décorées, ancêtres des murs de Facebook. Pendant longtemps, et malgré le talent de nombreux peintres qui s ’ y sont exercés, ce type d ’ art a été peu étudié car considéré comme mineur en comparaison de la grande peinture. Dans les années 1990-2000, l’anthropologie, en s’intéressant aux images dites populaires, le remet au goût du jour. (Source)

Jérome Bosch est mort il y a 500 ans.

Jardins des délices. Détail2 Jardins des délices. Détail1

A l’occasion du cinq centième anniversaire de la mort du peintre Jérome Bosch deux expositions majeures vont être présentées.

Jérome Bosch.

La première a lieu dans la ville du peintre, Bois-le-Duc; la seconde s’ouvrira à Madrid au musée du Prado le 31 mai.

A cette occasion, replongez dans le Jardin des délices grâce à cette visite en très haute définition :

Le Jardin des délices.
Le Jardin des délices.

Ouvrez les panneaux, ce n’est pas un retable. Le Jardin des délices, est-ce vraiment si délicieux? (Source). C’est en tous les cas fascinant, comme l’ensemble de l’oeuvre de ce peintre « énigmatique ».

Combat de coqs en Flandre, 1889. Rémy Cogghe.

R. Cogghe. Combat de coqs. Détail

Voici un post oublié au fond d’un tiroir, initialement intitulé « Une poule dans un jeu de coqs », écrit il y a quelques années et qui se fait l’écho d’une double découverte : celle du musée La Piscine de Roubaix et à l’intérieur de celle d’une huile sur toile dont le titre et la composition ont attiré une certaine curiosité typique d’un petit gallinacé à la crête en alerte, il s’agit de l’huile sur toile de Rémy Cogghe : Combat de coqs en Flandre, daté de 1889.

R. Cogghe, Combat de coqs en Flandres, 1889
R. Cogghe, Combat de coqs en Flandres, 1889
Rémy Cogghe. Etude pour combat de coqs
Rémy Cogghe. Etude pour combat de coqs.

Rémy Cogghe est un roubaisien belge né à Mouscron en 1854, il arrive avec sa famille à Roubaix en 1857. C’est donc un jeune immigré remarqué par un bourgeois qui le présente à un riche industriel Pierre Catteau, qui devient son mécène à Roubaix puis à Paris quand le jeune artiste fréquente l’atelier de Cabanel. En 1880, il reçoit le Grand Prix de Rome de peinture décerné par l’Académie royale des Beaux-Arts d’Anvers. Dès l’aube de sa carrière …. Il est attaché à l’appui financier du patronat textile et toute sa vie, dans toute son œuvre, il restera ce fils de tisserand pensionné par les manufacturiers d’une ville qu’il ne quittera pratiquement pas : une fidélité à Roubaix, pourtant l’artiste se détache de sa source roubaisienne ses inspirations sont rurales, campagnardes, brugeoises.

R. Cogghe, autoportrait. 1899
R. Cogghe, autoportrait. 1899

Le combat de coqs est une tradition ancienne dans le Nord de la France, il se déroule dans un gallodrome. Le combat auquel nous assistons dans ce tableau a lieu dans le gallodrome situé rue du Vieil-Abreuvoir. Les protagonistes, entendons ici les spectateurs sont tous des figures roubaisiennes. Rémy Cogghe s’inspire d’un autre artiste et sa toile n’est pas sans évoquer un naturalisme qui rappelle celui d’Emile Claus, un peintre belge.

Emile Claus, Combat de coqs, 1882 (collection particulière)
Emile Claus, Combat de coqs, 1882 (collection particulière)

On peut tenter un exercice de comparaison entre le combat de coqs d’Emile Claus qui date de 1882 et celui de Rémy Cogghe réalisé en1889. Nous sommes placés à chaque fois dans la position d’un parieur (imaginer une poule dans cette position?) qui regarderait ses congénères placés de l’autre côté du gallodrome. La mise en scène  deux artistes nous fait participer au combat, mais avec quelques différences. Dans le tableau de Rémy Cogghe l’exactitude des portraits tranche avec le flou du combat, alors que dans l’œuvre du luministe belge ce qui l’emporte c’est la netteté du combat de coqs. Cette nuance s’explique dans le projet mené par R. Cogghe, son combat de coqs est l’occasion de dresser une galerie de portraits tous roubaisiens.

R. Cogghe, Combat de coqs en Flandres, 1889. Détail
R. Cogghe, Combat de coqs en Flandres, 1889. Détail

R. Cogghe, Combat de coqs en Flandres, 1889. Détail.4

R. Cogghe, Combat de coqs en Flandres, 1889. Détail.3

R. Cogghe, Combat de coqs en Flandres, 1889. Détail.2
Le travail mené par Dominique Vallin a permis d’identifier la plupart des hommes présents dans cette scène, l’historienne de l’art s’appuie sur les sources anciennes comme le Journal de Roubaix et se réfère aux articles signés pas Jean Duthil et Pierre Kleim. Ce dernier écrit au moment de l’exposition de la Société Artistique de Roubaix-Tourcoing : Toutes les figures du tableau de Mr Cogghe sont connues et nos concitoyens vont s’intéresser grandement à cette œuvre locale. Les expressions sont d’une justesse, d’une observation, d’un fini, qui indiquent que le peintre croit être un psychologue.
Cette assemblée constituée uniquement d’hommes réunit toutes les couches de la population : ouvriers, employés, patrons. Dans cette communion de circonstance le conflit n’existe pas, il s’agit du spectacle de la concorde.
Qui sont ces modèles de proximité ?

Dans La Brousse d’Antoine BRUY.

 

Antoine Bruy. Les Maquis. Capture.
Antoine Bruy. Les Maquis. Capture.

C’est en lisant dans les Chroniques de la BNF un article intitulé Photographes en action que j’ai découvert le travail du jeune photographe Antoine Bruy, un des lauréats de la Bourse du Talent.Il appartient à cette génération qui explore toutes les possibilités du numérique en revisitant des sujets négligés, voire tombés en déshérence comme la pratique du portrait. Ces photographes « constatent la vertigineuse transformation du monde et ramènent la représentation du paysage au premier plan » (Anne Biroleau). Antoine Bruy a mené un projet fascinant mêlant à la fois portraits et carnet de route qu’il a baptisé Scrublands (Les brousses) : le photographe est parti à la rencontre de ceux et celles qui vivent en marge des villes françaises et européenne, dans un espace où la population est devenue très majoritairement urbaine. J’ai beaucoup aimé ce travail généreux et humaniste.

Antoine Bruy. Scrublands. Capture.
Antoine Bruy. Scrublands. Capture.

Pour en savoir plus sur ce projet, je vous invite à lire l’article que Konbini a consacré à ce jeune artiste et pour faire plus ample connaissance, faites un détour par son site internet : Antoine Bruy.

S’artmusée: c’est l’enfance de l’art!!

Un petit billet très rapide pour vous présenter le site S’artmusée spécialement conçu pour les enfants, le « jeune public » comme on dit aujourd’hui! En ces moments obscurs nous avons encore plus besoin de culture(s), et ce site propose un voyage-découverte d’une très grande qualité.

Capture. S'artmusée
Capture. S’artmusée

Le site propose des visites virtuelles, les enfants peuvent mener des enquêtes et entrer à pas  de poucet dans différents univers artistiques. Les jeux sont tous de bonne qualité et surtout un plus pour la rubrique les enfants artistes.

Bonne découverte à toutes et à tous.

S’artmusée: musée ludique.

Graines de portraits.

Voici une manière de vous souhaiter à toutes et à tous une excellente année 2015, de vous remercier de votre fidélité et de vos remarques en savourant quelques portraits glanés cette année entre Tours, Lille, Roubaix, Quimper. Ils m’ont émue ou amusée, ils contiennent tous une parcelle de l’inextinguible beauté des sujets qui nous regardent depuis longtemps et que nous regardons maintenant.

Albert Küchler. Buste de femme de dos avec une perle dans les cheveux, 1845
Albert Küchler. Buste de femme de dos avec une perle dans les cheveux, 1845
Albert Küchler. Vieille femme italienne à la robe rouge et à la coiffure à rayures.
Albert Küchler. Vieille femme italienne à la robe rouge et à la coiffure à rayures.
Emile Vernon. Sous la lampe, 1902
Emile Vernon. Sous la lampe, 1902
Frans Depooter. Femme à la robe verte, 1934
Frans Depooter. Femme à la robe verte, 1934
John Hamilton Mortimer. Portrait présumé de lady Pigott tenant une estampe, 1775
John Hamilton Mortimer. Portrait présumé de lady Pigott tenant une estampe, 1775
Jules Boquet. La tasse bleue
Jules Boquet. La tasse bleue
Kennington. La cuisine ambulante, 1914
Kennington. La cuisine ambulante, 1914
Louis Adolphe Stritt. Le choix des broderies, vers 1930.
Louis Adolphe Stritt. Le choix des broderies, vers 1930.
Remy Cogghe. Madame reçoit, 1908
Remy Cogghe. Madame reçoit, 1908
Thomas Lawrence. Portrait de sir Georges Howland Beaumont. 1808
Thomas Lawrence. Portrait de sir Georges Howland Beaumont. 1808
Thomas Lawrence. Portrait de Charles William Bell
Thomas Lawrence. Portrait de Charles William Bell
Thomas Lawrence. Portrait des enfants d'Ascoyghe Boucherett. 1800
Thomas Lawrence. Portrait des enfants d’Ascoyghe Boucherett. 1800

 

VIMY : entre histoire et mémoire

Il y a quelques mois, au cours d’une escapade dans le Nord, nous avons fait un arrêt sur la départementale 55 entre Arras et Lens et avons visité le monument de Vimy érigé en hommage aux soldats canadiens tués en France.

Vimy. Le mémorial.
Vimy. Le mémorial.

L’assaut canadien.

Nous sommes ici sur la Crête-de-Vimy, à la fin de l’année la guerre de position qui se définit comme une guerre d’usure succède à la guerre de mouvement : les combats se stabilisent alors le long d’une ligne de front, les armées se font face à face et les soldats s’enterrent dans les tranchées. La crête-de-Vimy, au nord d’Arras, qui culmine à 145 mètres, a constitué un point fort du dispositif défensif mis en place par les Allemands : elle leur permet de contrôler l’ensemble du champ de bataille, à la fois vers Arras, demeuré aux mains des Alliés, et vers la partie occidentale du bassin minier qui a échappé à leur occupation ; des batteries de canons, installées à contre-pente mais commandées depuis le sommet du plateau, tirent sur les lignes alliées du secteur d’Arras avec une quasi impunité.

Vimy. vue sur la plaine.
Vimy. vue sur la plaine.

En raison de son importance stratégique, la crête a été massivement fortifiée, avec des lignes de tranchées ponctuées d’abris bétonnés et, surtout, des installations souterraines de grande ampleur, permises par la nature crayeuse du terrain.

De la fin de l’année 1914 à la fin de 1916, toutes les tentatives alliées pour s’emparer de ce verrou ont échoué, qu’il s’agisse des attaques françaises de mai 1915 ou des tentatives britanniques à partir de la plaine de Gohelle, dans le secteur de Loos, autour de la « colline 70 ». (source )

Lors de violents et meurtriers assaut les troupes françaises font reculer la ligne allemande vers l’Est sans toutefois parvenir à s’emparer de la crête. Le 09 avril 1917, les quatre divisions du Corps d’armée canadien prennent la crête d’assaut. Un terrible barrage d’artillerie, avec des techniques améliorées de tir de contrebatterie contre des canons ennemis, allait détruire les positions allemandes et isoler les troupes ennemies dans leurs abris. A 5h30, près de 1 000 fusils ouvrent le feu sur les positions allemandes, les Canadiens s’avancent et réussissent à s’emparer de leur objectif en début d’après midi à l’exception de la côte 145 qu’ils prennent le lendemain. Le 12 avril, la 4ème Division canadienne, avec l’aide de la 24ème Division britannique, s’empare du Bourgeon, situé à l’extrémité nord de la crête.

Carte de la progression des Canadiens à Vimy. Collection d'archives George-Metcalf MCG 19750215-030
Carte de la progression des Canadiens à Vimy. Collection d’archives George-Metcalf MCG 19750215-030

On voit ici l’offensive canadienne sur la crête de Vimy, ainsi que la progression à travers la plaine de Douai, et les batailles d’Arleux et de Fresnoy à la fin d’avril et au début de mai. Les lignes bleues indiquent l’avancée et les dates où les forces alliées atteignirent ces endroits. Les lignes roses indiquent les frontières entre divisions. Les lignes vertes montrent les vieilles avancées.

Vue sur la  plaine de Douai. Collection d'archives George-Metcalf MCG 19920085-244
Vue sur la plaine de Douai. Collection d’archives George-Metcalf MCG 19920085-244

Cette photo prise après la prise de la crête de Vimy, est une vue, vers l’est, de la plaine de Douai. Le point d’observation occupé par les soldats du premier plan témoigne de l’importance stratégique de la crête de Vimy – sa hauteur.

Cette bataille très coûteuse en hommes est caractéristique de la létalité des assauts : la victoire se fait au prix 10 602 victimes du côté canadien dont 3 598 morts.

 

Vimy. Appui d'artillerie.Collection d'archives George-Metcalf MCG 19920085-215
Vimy. Appui d’artillerie.Collection d’archives George-Metcalf MCG 19920085-215

 

La naissance du Canada moderne

La victoire de Vimy a contribué à unir le pays en insufflant à la jeune nation un sentiment d’honneur et de fierté. Le succès de Vimy a immédiatement un écho considérable au Canada, alors que la participation à la guerre se trouvait remise en cause par une bonne partie de l’opinion publique, notamment au Québec, en rupture avec l’enthousiasme des débuts du conflit lorsque de nombreux volontaires s’étaient engagés. Vimy est bien un lieu et un moment fondateurs de la jeune nation canadienne. Essayons de comprendre pourquoi ?

Cimetière canadien de Vimy. Collection d'archives George-Metcalf MCG 19801226-298
Cimetière canadien de Vimy. Collection d’archives George-Metcalf MCG 19801226-298

La première guerre mondiale fut déterminante dans l’histoire du Canada. Durant ces  quatre années de conflit, la population du Canada va, du fait de sa participation déterminante à l’effort de guerre de l’Empire britannique, affirmer sa stature de nation à part entière. Cette guerre plonge le Canada dans d’importantes difficultés économiques et politiques mais amène l’homogénéisation de ses forces armées, notamment par l’apparition de la conscription, en mai 1917. Dénombrant seulement soixante-trois mille hommes en 1914, l’armée canadienne ne cesse de se développer pendant la guerre et compte en 1918 plus de six cent mille soldats, constituant le plus gros effectif militaire au sein de l’Empire britannique. Les hommes combattent dans leur majorité sur le front occidental, en France et en Belgique. Les batailles  d’Ypres, en avril 1915, de la Somme, en septembre 1916, et surtout de la crête de Vimy. En avril 1917, font de l’armée canadienne une force estimée par les autres combattants alliés. En automne 1917, les divisions canadiennes sont engagées dans la bataille de Passchendaele où, commandées non plus par un général britannique mais par un général canadien, sir Arthur Currie (Source  )

Arthur Currie et son fils. Collection d'archives George-Metcalf MCG 19680113-001
Arthur Currie et son fils. Collection d’archives George-Metcalf MCG 19680113-001

Dès l’année 1917, un premier monument est érigé 1917 sur la crête de Vimy qui rend hommage à la 2e division canadienne et à la 13e brigade d’infanterie britannique qui combattirent ensemble au cours de la bataille. Des monuments commémoratifs étaient souvent érigés par des unités et des formations après les batailles importantes.

Premier monument commémoratif. Vimy. Collection d'archives George-Metcalf MCG 19930013-362
Premier monument commémoratif. Vimy. Collection d’archives George-Metcalf MCG 19930013-362

Le mémorial de Vimy

.Le monument national du Canada de Vimy sur le site de la mission du centenaire http://centenaire.org/fr/en-france/nord-pas-de-calais/pas-de-calais/reportage/le-memorial-national-du-canada-de-vimy
Le monument national du Canada de Vimy sur le site de la mission du centenaire : Source 

Situé sur un terrain offert par la France au peuple canadien, le monument, une imposante structure, est l’œuvre de Walter Allward, un des plus célèbres sculpteurs canadiens, à qui fut notamment commandé le monument commémoratif national rappelant la participation du Canada à la guerre d’Afrique du Sud (1899-1902).

Walter Allward
Walter Allward

Allward commença à travailler au Mémorial de Vimy en 1925 et le termina 11 ans plus tard, au coût de 1,5 million de dollars. Il est orné de 20 figures allégoriques représentant la foi, la justice, la paix, l’honneur, la charité, la vérité, la connaissance et l’espérance. La figure centrale « Le Canada pleurant ses fils disparus » rappelle les pertes subies par le pays pendant la guerre. Le Mémorial de Vimy porte les noms des 11 285 Canadiens qui ont été tués sur le sol français et dont le lieu de sépulture est inconnu.

Nom des soldats canadiens.

Le monument se dresse sur un socle de 11 000 tonnes de béton.

Vimy le socle du mémorial
Vimy le socle du mémorial

Les deux tours quadrangulaires pèsent près de 6 000 tonnes de pierre calcaire qui provient d’une carrière de la Rome antique, située sur le littoral adriatique.

Vimy. les deux tours.
Vimy. les deux tours.

Les deux tours blanches ornées de feuilles d’érable et de fleurs de lys symbolisent les sacrifices « consentis » par les deux pays. Tout en haut des tous, les statues de la Paix et de la Justice , au dessous, sur la face arrière des tours, celles de la Vérité et de la Connaissance qui sont entourées par les blasons du Canada, de la Grande-Bretagne et de la France. A la base des tours, se trouvent la figure d’un jeune soldat mourant, l’Esprit du sacrifice et celle du Porteur de flambeau.

A la base du monument, les statues d’un homme et d’une femme endeuillés ouvrent l’escalier menant aux deux tours.

Vimy. Statue  du mémorial. Homme endeuillé.
Vimy. Statue du mémorial. Homme endeuillé.
Vimy. Statue face à la plain de Douai
Vimy. Statue face à la plain de Douai
Vimy. statue femme endeuillée.
Vimy. statue femme endeuillée.

 

Les statues ont été sculptées à l’endroit même où elles se trouvent aujourd’hui.

Maquette en plâtre réalisée par Walter Allward entre 1925 et 1930 et utilisée par les tailleurs de pierre pour la construction du Mémorial de Vimy, en France.
Maquette en plâtre réalisée par Walter Allward entre 1925 et 1930 et utilisée par les tailleurs de pierre pour la construction du Mémorial de Vimy, en France.

Le Mémorial de Vimy fut inauguré en juillet 1936 devant une foule de plus de 100 000 personnes au nombre desquelles figuraient 6000 anciens combattants canadiens qui avaient fait le voyage outre-mer pour assister à la cérémonie.

Le monument commémoratif du Canada que l’on visite aujourd’hui a été restauré, pour cette restauration il a fallu démanteler et refaire les structures en pierre du socle et des parois verticales du monument, remplacer et graver les pierres endommagées, rejointoyer les tours et nettoyer les 20 statues qui ornent le monument.

 Vimy : lieu de mémoire et tourisme mémoriel.

Vimy est lieu de mémoire par excellence, je vous livre ici quelques exemples : le jour de notre visite, un groupe de scolaires canadiens posaient pour une photo de groupe.

Vimy. Groupe scolaire
Vimy. Groupe scolaire

Le site, ainsi que le souterrain et les tranchées restaurées, le centre d’accueil sont pris en charge par de jeunes volontaires canadiens. Ce 11 novembre la cérémonie commémorant l’armistice a rassemblé des Canadiens, des Français et des Britanniques.

Vimy. 11 novembre 2014.
Vimy. 11 novembre 2014. Source : la Voix du Nord

Le site des anciens combattants du Canada met à disposition du public une courte vidéo dans laquelle les images sont commentées par des extraits de lettres ou de journaux.

Vivez Vimy
Vivez Vimy. Capture. Source

Enfin, Vimy est une étape dans les chemins de mémoire de la Grande Guerre en Nord-Pas de Calais : voir la vidéo de présentation (http://www.cheminsdememoire-nordpasdecalais.fr/ ). Le site internet propose des randonnées sur les grands lieux de bataille.

Les chemins de mémoire en randonnée
Les chemins de mémoire en randonnée

Ces randonnées peuvent se faire à pied ou en vélo

Vimy sur les chemins de mémoire
Vimy sur les chemins de mémoire

Pour finir, cette estampe du capitaine australien William Longstaff qui illustre à mon sens la croisée entre histoire et mémoire

La crête de Vimy (Vimy Ridge) Estampe par capitaine William Longstaff Collection d'art militaire Beaverbrook MCG 19890275-051
La crête de Vimy (Vimy Ridge) Estampe par capitaine William Longstaff Collection d’art militaire Beaverbrook MCG 19890275-051

Vimy Ridge connut une grande popularité et des reproductions en furent faites et vendues partout dans l’Empire. Longstaff représente les fantômes de soldats gravissant la crête de Vimy en provenance de la plaine de Douai, et qui retournent au monument. Le créateur du Mémorial, Walter Allward, expliqua en 1921 qu’il avait été inspiré par un rêve fait pendant la guerre où des soldats morts « se levaient en masse, s’alignaient en silence et s’élançaient au combat pour aider les vivants. L’impression que j’en ai retirée fut si forte qu’elle dura pendant des mois. Sans les morts, nous sommes impuissants. Alors j’ai voulu montrer dans ce monument aux morts du Canada que nous avions une dette envers eux et qu’elle ne s’éteindra jamais. »

Vimy. Statue du mémorial
Vimy. Statue du mémorial.

Rendez-vous au monument aux morts

Rendez-vous au monument aux morts. Documentaire du CNRS
Rendez-vous au monument aux morts. Documentaire du CNRS

La Première Guerre Mondiale marque l’entrée du 20e siècle dans la mort de masse. Afin de garantir la permanence du souvenir de tous ces soldats morts pour la patrie, on érige dès le début des années 1920 des monuments aux morts dans toute la France. Pluriels dans leur forme comme dans leur sens, ils constituent un précieux témoignage des mentalités de l’après-guerre.
Plusieurs historiens mettent en lumière les diverses significations que revêtent ces monuments répondant à la fois à la nécessité du deuil pour les familles et à celle de la commémoration de la victoire de la République pour l’état. Loin d’être les témoins muets de notre passé, ils nous interrogent sur la manière dont nous transmettons et maintenons notre mémoire collective.
Les intervenants : BECKER Annette ; DALISSON Rémi ; OFFENSTADT Nicolas ; DAVID Franck ; JULIEN Elise ; PROST Antoine

Rendez-vous au monument aux morts.

Rendez-vous au monument aux morts. Documentaire du CNRS. Capture d'écran
Rendez-vous au monument aux morts. Documentaire du CNRS. Capture d’écran

Les vitraux du Père Lachaise.

Cimetière du Père Lachaise. Septembre 2014.
Cimetière du Père Lachaise. Septembre 2014.

Le cimetière du Père Lachaise est un des lieux les plus fréquentés par les touristes, notamment par les touristes étrangers. Si vous vous asseyez sur un banc ou sur une marche vous entendrez, sans forcément les comprendre, des Espagnols, des Italiens, des Allemands, des Anglais, des Américains, des Russes : c’était le menu d’hier. Ce lieu est inclassable, un parc, un cimetière, un musée, un voyage dans le temps, vous pouvez l’arpenter un jour, y revenir le lendemain, entrer par une des portes latérales, ne pas suivre les allées, marcher entre les sépultures, emprunter des tours et des détours et penser s’égarer.

Plan du Père Lachaise.
Plan du Père Lachaise.

Hier, c’est la partie nord-ouest qui m’intéressait : un espace délimité parles avenues Latérale du Nord, Feuillant, Transversale n°1 et les murs d’enceinte surplombant l’avenue Gambetta et le boulevard de Ménilmontant. Une petite portion du cimetière en fin de compte. Cette fois- ci, ce n’est pas les portes des sépultures qui retenaient mon attention comme ce fut le cas lors de la précédente pérégrination (je vous en reparlerai). Ces portes souvent ouvertes, endommagées, fracturées par endroit, abandonnées laissent la possibilité d’apercevoir des vitraux, ou ce qu’il en reste. Je n’ai pas la prétention de proposer la recension exhaustive de ce patrimoine, certains le font très bien  et avec des compétences que je ne prétends pas maîtriser.

Le vitrail cassé, fendu, ébréché, en mauvais état dont les pièces absentes (volées ou égarées) provoquebien souvent une émotion plus vive au pérégrin qu’un vitrail en parfait état de conservation. Pourquoi me direz-vous ? Peut-être parce qu’il s’agit de vitraux de sépulture familiale et non d’un vitrail plus monumental d’un lieu de culte à destination d’une communauté religieuse : ces petits vitraux occupent toujours le même emplacement, au dessus de l’autel. Cette balade en cimetière a été guidée par un principe auquel je le jure (si je mens je vais en …) de ne pas avoir dérogé : ne toucher aucune porte et éviter ainsi un effet de mise en scène. Je laisse de côté ces propos quelque peu sentencieux, j’ai voulu capter et capturer le rai de lumière, voir comment la lumière fait jour dans des lieux obscurs, sans forcément y parvenir, le fiat lux se prononce sans se saisir. Mais, j’ai admiré des jeux de lumière et surtout ai été fascinée par l’inlassable et minutieuse œuvre arachnéenne, très loin du projet initial des familles qui ont bâti ces concessions, le temps passe et fait son œuvre. Voici quelques clichés des vitraux du Père Lachaise :

Les vitraux du Père Lachaise21 Les vitraux du Père Lachaise20 Les vitraux du Père Lachaise19 Les vitraux du Père Lachaise18 Les vitraux du Père Lachaise17 Les vitraux du Père Lachaise16 Les vitraux du Père Lachaise15 Les vitraux du Père Lachaise14 Les vitraux du Père Lachaise13 Les vitraux du Père Lachaise12 Les vitraux du Père Lachaise11 Les vitraux du Père Lachaise10 Les vitraux du Père Lachaise9 Les vitraux du Père Lachaise8 Les vitraux du Père Lachaise7 Les vitraux du Père Lachaise6 Les vitraux du Père Lachaise5 Les vitraux du Père Lachaise4 Les vitraux du Père Lachaise3 Les vitraux du Père Lachaise2 Les vitraux du Père Lachaise

 

La Petite Ceinture en boite.

Pierre Folk; By the Silent line.
Pierre Folk; By the Silent line.

La Petite Ceinture désigne l’ancienne voie de chemin de fer construite à Paris sous le Second Empire. Cette ligne ferroviaire de 32 km a été en service pour le transport des voyageurs jusqu’en 1934 et jusqu’aux années 1970 pour les marchandises.

Depuis 1988, on pouvait déjà se promener le long de la Coulée Verte, cet espace avait été créé par P. Mathieux et J. Vergely à l’emplacement de l’ancienne ligne de chemin qui reliait la place de la Bastille à la Varenne-Saint Maur.

Le projet de la Petite ceinture mené parla Mairie de Paris permet de se promener sur trois tronçons : dans les 16ème, 15ème et 12ème arrondissements (pour en savoir plus : le projet Petite Ceinture )

Paris. La petite ceinture. Juin 2014
Paris. La petite ceinture. Juin 2014
Paris. La petite ceinture.  Jardin potager
Paris. La petite ceinture. Jardin potager

La Petite Ceinture devient le refuge de ceux et celles qui voulant fuir le bruit urbain cherchent dans l’espace même de la ville des lieux préservés : quoi de mieux que les territoires délaissés ou abandonnés avant un prochain réaménagement ? Le photographe Pierre Folk est de ces urbains là.

Pierre Folk; By the Silent line.3Pierre Folk; By the Silent line.2Pierre Folk; By the Silent line.4Pierre Folk; By the Silent line.1

A travers ces images il y nourrit une réflexion sur le rapport de l’homme avec son environnement et dégage une mélancolie de la vie urbaine, ce besoin de quiétude cherché dans des recoins paumés où l’on a envie de se perdre : « Un de mes objectifs principaux était de rendre autant que possible cette impression d’avancer sur la voie, dans ce lieu entre deux mondes où se rencontrent la civilisation et la nature, le passé et le présent, le calme et l’agitation ». (Source). Pierre Folk a répondu aux questions de Konbini  , vous pouvez y lire l’interview.

Pierre Folk.

Bonne balade