PARIS libéré, photographié, exposé au musée Carnavalet. 1944 -2014.

Si vous habitez Paris ou sa région, si vous êtes de passage par ici, ou si vous vous promenez dans le Marais, prenez quelques heures pour vous rendre au musée Carnavalet et visiter cette magnifique exposition qui est plus qu’une exposition : Paris libéré, photographie, exposé. Il s’agit d’un voyage dans le temps qui rend le passé intelligible.

Comparer les deux affiches donne à comprendre tout le sens du propos :

Libération de Paris. Affiche de l'exposition, 1944.
Libération de Paris. Affiche de l’exposition, 1944.

L’affiche de 1944 est un photomontage d’après une photographie de Renée Zuber et ouvre le 11 novembre de la même année l’exposition « Libération de Paris » conçue par François Boucher. Cette affiche en noir et blanc colorée en sépia, met en scène au premier plan un homme seul, un pistolet dans la main droite, la main gauche reposant sur l’un des sacs formant une barricade. En arrière plan on distingue Notre Dame. Cette affiche nourrit un Paris mythifié, et cette image résonne :

Delacroix. La Liberté guidant le peuple.
Delacroix. La Liberté guidant le peuple.
Mort de Baudin. Défenseur de la Loi, le député Baudin meurt pour la République.
Mort de Baudin. Défenseur de la Loi, le député Baudin meurt pour la République.

L’affiche de 2014 est d’une toute autre nature, l’homme seul et grave a laissé place quatre jeunes femmes en liesse, heureuses, l’une d’entre elles passe son bras autour du cou d’un soldat souriant, on comprend alors que chaque commémoration est l’occasion d’une réécriture de l’Histoire.

11 juin 2014 - 08 février 2015. Paris libéré, photographié, exposé. Affiche de l’exposition.
11 juin 2014 – 08 février 2015. Paris libéré, photographié, exposé. Affiche de l’exposition.

C’est une Libération glorieuse et héroïque qu’il importe de valoriser en  1944 ; cette perspective épique transparaît dans la première exposition sur la libération de Paris qui se tient au musée Carnavalet peu de temps après l’événement. 70 ans plus tard, le musée Carnavalet propose de revisiter cette exposition conçue « à chaud » avant même la fin de la guerre.

L’exposition Paris libéré, Paris photographié, Paris exposé permet de s’interroger sur la restitution de la mémoire ; elle rappelle que la narration des événements peut être réactualisée en permanence.

De nombreuses citations d’historien-ne-s (parmi lesquelles Alerte Farge ou Mona Ozouf) et de philosophes ponctuent le parcours ainsi qu’un entretien avec Axel Khan mené par Catherine Tambrun qui aide à se questionner. Une des questions posées contribue à nourrir cette conscience de l’Histoire : à quoi s’expose t-on quand on visite une exposition ? Pour comprendre comment la photographie aussi fabrique l’histoire, rendez-vous au musée Carnavalet.

Sous les crampons, un temple antique.

© Denis Gliksman/Inrap
© Denis Gliksman/Inrap

Comme quoi un terrain de foot peut receler quelques trésors inattendus. Comme le veut la procédure lorsqu’un terrain fait l’objet d’un projet commercial, le ministère de la Culture et de la Communication – en l’occurrence, la Direction régionale des affaires culturelles de Picardie – déclenche une procédure de diagnostic archéologique préalable. Le but est de s’assurer que le sol ne recèle pas de traces ou de vestiges archéologiques. Ici, l’emprise totale (c’est-à-dire la quantité de sol occupé par la fouille) est de vingt-deux hectares. Elle correspond à la surface occupée jusque là par deux terrains de football (un terrain adultes, un terrain enfants) et un parking. C’est en sondant le terrain, à cinquante centimètres à peine de la terre végétale, au ras du sol foulé par les footballeurs, que les archéologues chargés du diagnostic tombent sur un vestige protohistorique inattendu : un imposant griffon assis, les ailes déployées.

Véronique Brunet-Gaston, archéologue responsable d’opération Inrap est sollicitée pour expertiser le griffon, en tant que chercheur spécialisé en architecture antique et blocs architecturaux à l’Inrap. On est bien en Gaule romaine, mais le style de la statuaire s’inspire du grand art romain ou grec.

Le sanctuaire
Ce sanctuaire, compris dans une enceinte de 70 m x 105 m, possède deux petits pavillons à l’arrière, dont seules les fondations sont conservées. Au centre, la Cella, puissante plateforme maçonnée, est accessible par un escalier en façade. Elle constitue le cœur du sanctuaire où était érigée la statue d’une divinité. Les archéologues y ont découvert de nombreux éléments de balustrade à décor de « S » affrontés et de lances, ainsi que des éléments de placage en marbre.
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Découverte du Musée d’Art et d’Histoire du Judaïsme à Paris

Merci à vous de promouvoir ainsi le MAHJ dont les programmations audacieuses s’adressent à tous.

pointculture

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Mardi 24 juin 2014, peu avant 10 heures du matin, le quartier du Marais est déjà bien réveillé. Les commerçants ouvrent peu à peu leur boutique, les touristes parcourent le quartier à une vitesse qui semble frustrer les travailleurs déjà au pas de course. Au loin, l’architecture de Renzo Piano qui surplombe les ruelles médiévales, où se trouve au 71 rue du Temple l’Hôtel de Saint-Aignan devant lequel un petit attroupement est en train de se former. Un mois, jour pour jour après les tristes évènements qui frappèrent le musée Juif de Belgique, une petite partie de la twittosphère culture, musées et institutions culturelles, comptait bien rendre hommage aux victimes de cet attentat, qui laissa de nombreuses personnes bouleversées et encore sous le choc. Bernard Hasquenoph, fondateur de LOUVRE POUR TOUS, fut à l’initiative de ce projet qui fut mené d’une main de maître, grâce à l’aimable autorisation du…

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Emmet GOWIN à la Fondation Henri Cartier-Bresson.

Jusqu’au 27 juillet si vous passez par Paris faites un détour par la Fondation Henri Cartier Bresson, située 2 impasse Lebouis dans le 14 arrondissement et rencontrez le photographe américain Emmet Gowinn
Emmet Gowin

Voici que nous apprend la plaquette distribuée aux visiteurs : Emmet Gowin fils d’un pasteur méthodiste et d’une mère musicienne est né en Virginie à Danville en 1941, c’est la rencontre avec la famille nombreuse et exubérante de sa future épouse, Edith, qui transforme sa vision du monde.

Edith 1967, Virginie (c) Emmet Gowin
C’est l’univers familial qui est sa première source d’inspiration, le quotidien, l’arrivée des enfants, la nature autour de lui où spiritualité et esthétique sont intimement liées : La liberté et l’audace, dont il fait preuve dans les scènes de la vie quotidienne ainsi rapportées, contrastent avec l’éducation sévère et sérieuse qui lui avait été inculquée.

Edith, Danville, Virginie, 1963, (c) Emmet Gowin
Edith, Danville, Virginie, 1963, (c) Emmet Gowin

Il commence sa formation universitaire en étudiant le commerce pendant deux ans dans une école de la région tout en travaillant au département design du grand magasin Sears. En 1961, il change d’orientation et suit pendant quatre ans les cours d’arts graphiques au Richmond Professional Institute. Il se passionne pour toutes les formes d’art et pratique régulièrement la peinture et le dessin. Après quelques mois de cours, il réalise que la photographie est son meilleur moyen d’expression en lui permettant de saisir le hasard et l’inattendu. Edith est son grand sujet. « Photographier Edith reste le fil conducteur et l’expérience rédemptrice de ma vie. C’est, dans une large mesure le poème central de mon œuvre », a-t-il écrit.

Différents portraits d'Edith.
Différents portraits d’Edith.

 

Plus largement, ce sont les photos de sa famille qui ont fait connaître le photographe américain, dans les années 1970. Des photos qui dégagent quelque chose d’étrange. Comme ce sentiment confus et diffus mais nettement perceptible qui peut, chacun de nous, nous envahir quand nous observons cette intimité familière qui, dès lors qu’elle est scrutée acquiert une autre dimension : celle de l’inquiétude que nous pouvons éprouver quand nous devenons un autre à nous même.

Family, Danville, 1970, (c) Emmet Gowin
Family, Danville, 1970, (c) Emmet Gowin
Nancy, Danville, Virginie, 1965, (c) Emmet Gowin
Nancy, Danville, Virginie, 1965, (c) Emmet Gowin
Danville (Virginie), 1969 © Emmet Gowin, Courtesy Pace MacGill Gallery, New York
Danville (Virginie), 1969 © Emmet Gowin, Courtesy Pace MacGill Gallery, New York

La rétrospective est présentée dans deux salles situées au premier et deuxième étages de la Fondation, la première salle est consacrée à la famille, la deuxième retrace le travail que le photographe mène dans les années 1980 : il élargit son champ de vision et photographie le paysage, mais surtout les marques laissées par l’activité humaine.

Emmet Gowin Changing the Earth
Emmet Gowin Changing the Earth

Il porte un intérêt extrême à ce qu’il nomme lui-même « les paysages exploités », ces paysages anthropisés, abandonnés portent les cicatrices du travail des hommes et des femmes occupant ou ayant occupé ces espaces. Ce travail photographique a été publié dans Changing the Earth : Il livre alors des photos quasi abstraites où des lignes, des cercles, de petites formes graphiques témoignent de l’empreinte laissée par l’homme sur la surface terrestre. Pourtant, pour lui, « même lorsqu’un paysage est profondément défiguré ou brutalisé il brûle encore d’une vive animation intérieure ».

Old Hanford City Site and the Columbia River, Hanford Nuclear Reservation, near R0ichland, Washington, 1986. (c) Emmet Gowin
Old Hanford City Site and the Columbia River, Hanford Nuclear Reservation, near R0ichland, Washington, 1986. (c) Emmet Gowin
Parcours de golfe en construction, Arizona, 1993. (c) Emmet Gowin
Parcours de golfe en construction, Arizona, 1993. (c) Emmet Gowin

Bonne visite. Après votre visite, n’hésitez pas à monte au troisième étage de cet atelier maintenant transformé en fondation.

Projet «Giganto» à São Paulo

Merci à Urbabillard dont je suis un peu fan pour cette plongée en milieu urbain (pas) hostile. Une autre façon de vivre et de voir la ville.

Urbabillard

Les visages qui font la ville, voilà comment on regarde ici São Paulo. Ces fresques occupent des espaces publics habituellement délaissés, réutilisés comme espaces d’exposition. Voici comment la photographe brésilienne Raquel Brust décrit «Giganto»: « un projet de photographie intervention hyper- dimensionnelle qui utilise la scène urbaine et l’architecture de la ville en tant que plate-forme pour l’exposition photographique». Commencé en 2008, le projet a permis d’exposer les portraits de personnes vivant sous la route surélevée de Minhocão.

Projet Giganto

Les piliers de béton qui surplombent la rue retrouvent un semblant d’humanité, peut-être aussi les sans-abri. La démarche est à la fois sociale, artistique et urbanistique.

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Nuit européenne des Musées 2014 : Notre sélection

Le 17 mai c’est bientôt, merci à pointculture pour son travail de veille et sa volonté de diffusion des arts et des cultures.

pointculture

Le mois d’avril touche à sa fin et arrive bientôt l’heure des festivités culturelles printanières (si on vous l’assure, printanières). À l’occasion de « la nuit européenne des musées », pointculture vous a concocté une petite sélection de lieux à ne pas rater pour ce 17 mai.

             « La nuit européenne des musées » fête cette année sa 10ème édition. Pour cet anniversaire, les établissements sont invités à proposer des animations créatives sur la thématique du chiffre 10. Quelques exemples d’animations proposées par le site Internet dédié à l’événement ont retenu notre attention comme : « 10 façons d’illuminer la Nuit » pour donner un peu de magie aux visites culturelles ou encore « 10 métiers au cœur du musée » pour découvrir les coulisses des expositions.

© Musée des Arts et Métiers © Musée des Arts et Métiers

Musée des Arts et Métiers
En partenariat avec Lomography, des ateliers de Lightpainting seront mis en place pour des visiteurs…

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Les fantômes de la République.

Se tient en ce moment dans la salle des prévôts de l’hôtel de ville à Paris une exposition peu médiatisée (donc, vous ne patienterez pas une heure  ou deux afin de pouvoir accéder à celle-ci) mais fort intéressante sur les fusillés de la Grande Guerre, sujet très sensible dans la mémoire collective et auquel aucune expo n’avait été consacrée (du moins dans la capitale) : les fusillés de la Grande Guerre qui sont au nombre de 650 et que nous avons tendance à assimiler aux mutins de 1917.

Affiche de l'expo Fusillés pour l'exemple, 1914 2014. Les fantômes de la République

Il s’agit d’un sujet à la mémoire vive, pour s’en convaincre, je vous laisse lire cet extrait tiré d’un article du Monde et qui résume assez bien le degré de sensibilité du sujet :

En France, pas de réhabilitation morale collective, la mention « mort pour la France » est attribuée à titre exceptionnel. Le 31 octobre 2012, Kader Arif, ministre délégué auprès du ministre de la défense, chargé des anciens combattants, l’accorde à Jean-Julien Chapelant, fusillé le 11 octobre 1914. L’exposition rappelle qu’en France le sujet fut longtemps tabou d’un point de vue politique. Le premier ministre Lionel Jospin est le premier à s’exprimer en faveur d’une réhabilitation politique en 1998, provoquant un tollé au sein de la droite. Un consensus politique est atteint en 2008, lorsque Nicolas Sarkozy évoque la mémoire de « ceux qui n’ont pas tenu ». Le 7 novembre dernier, François Hollande décide d’accorder une place à l’histoire des fusillés au Musée de l’armée aux Invalides, de numériser les dossiers des conseils de guerre et de les rendre accessible au pubic. Comment ont réagi les descendants de fusillés et les associations militant pour leur réhabilitation ? « La démarche a contenté une petite part dans certaines régions, mais une fracture demeure, notamment au niveau des élus », répond Laurent Loiseau, le commissaire de l’exposition.(Le Monde, 07 février 2014)

L’exposition permet aux visiteurs d’avoir un aperçu de la recherche historique la plus récente, de comprendre comment et pourquoi ces fusillés pour l’exemple que l’inconscient a transformé en victime emblématique de l’incompétence des chefs occupent dans la mémoire collective une place disproportionnée au regard de 1.4 million de morts français.

Le parcours est jalonné de silhouettes sur le torse desquelles un document vous présente brièvement l’identité et le parcours d’un soldat fusillé.

Fusillé F. Fontanaud
Fusillé F. Fontanaud

Vous pourrez aussi lire les comptes rendus de conseil de guerre, comme celui qui concerne le soldat Florimond Alexandre Carpentier, coupable en septembre 1914 d’avoir abandonné son poste

Conseil de guerre  F. Carpentier, sept 1914
Conseil de guerre F. Carpentier, sept 1914
Conseil de guerre, F. Carpentier, sept 1914. (suite).
Conseil de guerre, F. Carpentier, sept 1914. (suite).

L’exposition permet de comprendre les mécanismes de la justice militaire en la replaçant dans un temps long, temps ouvert par la Révolution française. Elle interroge la notion d’exemplarité et surtout fait comprendre comment peuvent en temps de guerre s’articuler les justices militaire et civiles. Par exemple, les cours martiales de 1870 sont rétablies car dans l’état de siège qui est proclamé le 02 septembre 1914  les civils passent sous la coupe des militaires. Le plus urgent est alors de maintenir les hommes à leur poste, quitte à se « faire tuer sur place ». A l’encontre des soldats défaillants il s’agit d’appliquer une procédure accélérée. La suspension des recours est organisée en deux temps par Messimy, un ancien de Saint-Cyr ministre de la guerre au début du conflit puis par Millerand son successeur.

Adolphe Messimy sur le front lors de la Première Guerre mondiale
Adolphe Messimy sur le front lors de la Première Guerre mondiale

Le 06 septembre, le président de la République Raymond Poincaré signe les décrets établissant de nouveaux types de conseils de guerre : de cinq juges, les tribunaux passent à trois juges ; la défense est réduite au minimum ; l’avocat est commis d’office, même s’il ne connait rien au droit; l’instruction est inexistante et l’appel au témoin presque impossible. Le conseil de guerre rend son jugement en flagrant délit, à la majorité de deux voix contre une. La sentence n’est susceptible ni de recours en révision, ni de pourvoi en cassation et peut être exécutée aussitôt après la lecture qui en est faite au condamné. Dans les faits, le verdict ne laisse d’autres choix que l’acquittement ou la mort.

Carnet d'un officier du conseil de guerre.
Carnet d’un officier du conseil de guerre.

L’exposition interroge aussi sur la place de la peine de mort dans une société démocratique, qui plus est une société démocratique en guerre..

La dernière partie de l’exposition donne la parole aux artistes : photographes, plasticiens proposent leur travail sur la mémoire des fusillés.

Thérèse Bisch.JSource

Il vous reste encore quelques semaines pour vous rendre à l’hôtel de ville de Paris. Et pour aller plus loin : Quelle mémoire pour les fusillés de 1914-1918? Un point de vue historien. Bonnes promenade et lecture.

Les graffitis du camp de Drancy

Connaitre Drancy par les traces laissées par les internés, je vous conseille cet excellent billet du blog Mémoires Vives.

Cette semaine, notre invité est Benoît Pouvreau, docteur en histoire de l’architecture, chercheur au service du patrimoine culturel du Département de la Seine-Saint-Denis à l’occasion de la sortie du livre sur les graffitis du camp de Drancy.

Publié par le Département de la Seine-Saint-Denis, cet ouvrage s’inscrit dans le prolongement de l’exposition présentée au Mémorial de la Shoah à Drancy et aux Archives départementales de Seine-Saint-Denis. Outre les 76 carreaux de plâtre avec graffiti découverts en 2009, il présente de manière exhaustive l’ensemble des graffiti connus du camp de Drancy et les informations concernant leurs auteurs quand ceux-ci ont pu être identifiés.

Encore conservés au sein de la cité de la Muette ou seulement connus par des photographies prises après-guerre, ces graffiti sont tous ici réunis et, dans la mesure du possible, documentés.

Grâce aux archives du Mémorial de la Shoah et celles du Service historique de la Défense, l’ensemble des informations collectées sur les auteurs de ces graffiti a été rassemblé dans cet ouvrage. Enfants, femmes et hommes seuls, familles, tous ont voulu laisser une trace personnelle, leur nom, un poème, un dessin « pour mémoire ».

À travers leurs parcours particuliers et souvent exemplaires, c’est la singularité mais aussi la diversité des 63 000 victimes déportées depuis le camp de Drancy qui sont ici restituées, à rebours du projet nazi qui voulait leur extermination et l’oubli même de leur existence.

Lire la suite : ICI

Vivian Maier à Tours

Vivian Maier, Self-Portrait, 1954. Source

Pour ceux qui auront la chance d’être à Tours ou de s’y rendre avant le mois de juin prochain, vous pouvez vous offrir une pérégrination photographique urbaine des plus émouvantes, puisque le musée du Jeu de Paume à Tours consacre à cette street reporter une exposition – rétrospective.

Vivian Maier. date inconnue. Source

Vivian Maier est une énigme. Cette gouvernante américaine, née le 1er février 1926 à New York et morte le 21 avril 2009 à Chicago, qui se promenait avec son Rolleiflex autour du cou. Elle a fait des milliers de photos des familles dont elle gardait les enfants, sans jamais les montrer, ou presque, pas même à ses employeurs. L’inconnue est pourtant devenue, en l’espace de deux ans, l’héroïne d’un roman-photo, ou plutôt d’un polar riche en intrigues […]

Vivian Maier dans la Lumière

L’histoire commence à Chicago, à l’hiver 2007, lors d’une vente aux enchères d’effets appartenant à Vivian Maier, saisis pour solder ses loyers impayés. Un certain John Maloof, chineur en quête de documentation sur un quartier de Chicago, achète pour 400 dollars des cartons et valises. Y sont entassés des négatifs (entre 100 000 et 150 000), des tirages (plus de 3 000) et des centaines de bobines Ektachrome non développées. C’est en réalité l’essentiel du travail photographique de la gouvernante. Quand il tape «Vivian Maier» sur Google, aucune occurrence. En 2009, John Maloof apprend sa mort via un avis de décès publié dans le Chigago Tribune par la famille Gensburg, qui était venue en aide à la vieille dame dans ses dernières années. John Maloof s’obstine dès lors à remonter le fil d’une vie, d’une passion, entouré d’une multitude d’experts, des autres acquéreurs de l’œuvre de Vivian Maier et des familles pour lesquelles elle avait travaillé.

Lire la suite : Vivian Maier au détour d’une rue.

L’exposition à Tours

L’exposition en images : Une photographe révélée.

Au programme : Poésie et humanisme.

J’espère avoir l’occasion de me rendre dans la cité tourangelle dans les semaines qui viennent. Si certains d’entre vous ont eu la chance de voir cette exposition, n’hésitez pas à faire part de vos impressions.

Chicago, Illinois, 1963. Source

Le site consacré à Vivian Maier

Erik Johansson

Set Them Free. Erik Johansson

Pour découvrir les incroyables photos montages d’Erik Johansson et garder son univers et son imaginaire d’enfant, rendez-vous sur le site de ce doux dingue : quelle aventure!

Photographer Erik Johansson