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d'une poule sur un mur.

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Bretagne

Maintenant, mais avant ?

Maintenant, mais avant c’était comment ? Cette interrogation quelque peu naïve peut très bien faire office d’introduction pour vous présenter une application développée par le vénérable IGN : Institut national de l’information géographique et forestière.
Cette application « Remonter le temps » en ligne et gratuite permet à tous de se lancer dans une comparaison de paysages à différentes époques et avec différents supports : vous choisissez un lieu ou un espace et vous pouvez dans une double fenêtre demander une comparaison des cartes anciennes et nouvelles ou encore des cartes et des photographies aériennes.
Remonter le temps.Capture.

Prenons par exemple la ville de Brest, vous savez cette sous-préfecture du Finistère, ville française de métropole la plus proche des Etats-Unis. La ville du bout de la France, en comparant deux photo aériennes on distingue très nettement l’extension du port de plaisance et la construction de la digue Jean François de la Pérouse.

Brest. Remonter le temps
Brest. Remonter le temps

Vous pouvez aussi observer les évolutions du site en mettant en miroir une carte IGN et la carte de Cassini qui date du XVIIIè siècle, comme votre souris est active su les deux cartes simultanément vous ne perdez jamais la localisation. Ici, par exemple, on voit que Brest est une ville qui s’est développée depuis l’époque moderne de part et d’autre de La Penfeld. L’outil «loupe » à droite offre la possibilité de surimposer des zones.

Brest. Remonter le temps2
Brest. Remonter le temps2

Bon voyage et belles découvertes ….

Le Lac de Guerlédan (2015-2016)

Si vous n’êtes pas du Centre Bretagne, si vous n’avez pas fait un peu de tourisme dans le Kreiz Breizh, si vous ne regardez le 13 heures de Pernaut sur TF1 ; à ce propos avez-vous remarqué la surreprésentation des sujets traitant de la Bretagne dans cette édition ? Si vous ne connaissez pas le premier, n’avez pas arpenté le deuxième, ne regardez pas le troisième, il est fort probable que le nom de Guerlédan n’évoque rien pour vous.

Laissez vous prendre par la main, je vous y emmène.

Lac de Gerlédan. Localisation0

Le Lac de Guerlédan c’est là ! Entre la N164 qui parcourt la Bretagne de Brest à Rennes et la D767 qui rejoint Guingamp à Vannes en passant par Mûr de Bretagne, si cela ne vous évoque aucun lieu connu de vous, c’est normal ! Voici quelques cartes à différentes échelles pour mieux vous repérer.

Lac de Gerlédan. Localisation

Lac de Gerlédan. Localisation1JPG

Lac de Gerlédan. Localisation2JPG

Le lac est à la frontière entre deux départements : Le Morbihan (petite mer en breton) et les Côtes d’Armor. Les Côtes d’Armor s’appelaient jusqu’en 1990 les Côtes-du-Nord, moi j’aimais bien cette désignation quand j’étais enfant, cela nous plaçait (même en imagination) sous des cieux septentrionaux et me rapprochait de la Cornouaille de l’autre côté de la Manche. Mais, les penseurs du marketing territorial et les édiles locaux ont décidé de rebaptiser ce coin de Bretagne « Côtes d’Armor ». Je vous invite à ce propos à lire l’article de Christian Le Bart et Thomas Procureur: Quand les Côtes du Nord sont devenues les Côtes d’Armor. Le département entre identité et attractivité .

Je m’éloigne du sujet, comme souvent ! Le lac de Guerlédan, cela me rappelle les « croisières » en vedette très très ennuyeuses pour l’enfant que j’étais, les courses en pédalo mais ça n’allait pas assez vite, les jeux dans le bois de Caurel et les baignades dans le lac beaucoup plus amusantes.

Le Lac de Guerlédan d’une superficie de 400 hectares, il s’étend sur 12 km et atteint 40 mètres de profondeur, est entièrement artificiel. Le lac sis dans la vallée du Blavet répond à trois finalités : L’alimentation en eau potable (c’est la plus grande réserve d’eau potable de la région), le développement d’activités nautiques et la production d’électricité. La construction du barrage hydro-électrique sur le cours du Blavet canalisé débute en 1923, les travaux s’achèvent en 1930. La vallée entière s’est retrouvée sous les eaux, ce que l’on peut observer sur ces trois cartes. Les cartes historiques de Cassini et d’Etat major permettent de localiser clairement le bois de Caurel et les méandres du Blavet, alors que sur la photographie aérienne rend visible la vallée ennoyée. La superposition de l’ancienne carte d’Etat major et la photographie aérienne donne la localisation précise du barrage.

Caurel Saint Aignan. Carte Cassini

Bois de Caurel. Carte d'Etat major

Guerlédan. Photo aérienne

Barrage

La mise en eau de la vallée a noyé 17 écluses et les maisons éclusières ainsi que les mines d’ardoises, cette roche métamorphique a longtemps été exploitée dans le pays du Centre Bretagne.

 

Le lac a déjà été mis à sec, la dernière fois c’était en 1985, entre mai et octobre 2015, EDF a procédé à l’examen technique du barrage en vidangeant complètement la retenue d’eau. Pendant les 6 mois d’assec, des nombreux travaux ont été réalisés, ça a surtout permis aux nombreux promeneurs de découvrir le fond du lac, d’arpenter les anciens chemins de l’halage, de marcher sur des mottes de vase asséchée et craquelée, de toucher les murs des maisons depuis longtemps englouties, d’observer les restes d’anciennes activités humaines qui gisent au fond du lac. C’est à la fois émouvant et inquiétant de penser effleurer les pignons de ces maisons plongées au fond de ce lac. Voici quelques clichés pris cet été au cours d’une promenade aérienne et aquatique

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Le début du remplissage, novembre 2015 :

Une carte interactive pour voir les photos des internautes-promeneurs :

Une mystérieuse plaque émaillée à Spézet.

Spézet est une petite ville de moins de 2 000 habitants du centre Bretagne, la rue principale est bordée de maisons très colorées qui contribuent au charme de cette commune de Haute Cornouaille. Je vous conduis à la maison bleue, vous ne pouvez pas ne pas l’apercevoir, elle est … bleue

Spézet. La Maison Bleue

Jusqu’à la fin du mois de septembre, l’association de sauvegarde du patrimoine spézétois organise une exposition dans le cadre de la commémoration du centenaire de la première guerre mondiale. L’exposition est dense et surtout remarquable par sa qualité documentaire. Une pièce unique et très curieuse y est exposée : il s’agirait d’une partie du premier monument aux morts de la commune, très loin des réalisations habituelles, puisque les noms des soldats sont inscrits sur une plaque émaillée, la plaque comporte aussi de petits médaillons sur lesquels figurent parfois le portrait du soldat.

Spézet. Plaque émaillée. Un élément du premier monument aux morts. Exposition à la Maison Bleue
Spézet. Plaque émaillée. Un élément du premier monument aux morts. Exposition à la Maison Bleue.

La décision d’ériger un monument aux morts à Spézet pour rendre hommage aux 197 soldats « morts pour la France » est prise  le 23 février 1923.

Monument aux morts. Spézet. Délibérations du conseil  municipal 1923.
Monument aux morts. Spézet. Délibérations du conseil municipal 1923.

Le prix du monument s’élève à 32 800 francs, la municipalité reçoit une subvention de 6232 francs et confie les travaux à la Société des Marbreries Générales. Cette dernière sur la demande des édiles spézétois taille la statue du poilu dans la kersantite finistérienne.

Monument aux morts de Spézet. Source.
Monument aux morts de Spézet. Source.

Mais c’est bien cette plaque émaillée dénichée chez un brocanteur de Leuhan qui retient l’intention, son bon état de conservation montrerait qu’elle n’a jamais été exposée à l’extérieur.

Spézet. Plaque émaillée, détail1.
Spézet. Plaque émaillée, détail1.
Spézet. Plaque émaillée, détail2.
Spézet. Plaque émaillée, détail2.

Ce document recèle de nombreux mystères et les questions restent pour l’instant sans réponse :

– Cette plaque est-elle antérieure au projet municipal de 1923 ?

– Pourquoi les noms de soldats ne sont indiqués par ordre alphabétique ? Quelle logique est alors à l’œuvre ? Est-ce les années de décès qui sont retenues ?

– Certains médaillons portent la mention « à la mémoire de … » : probablement que le concepteur de cette plaque ne disposait pas de tous les portraits.

– Pourquoi cette plaque réalisée à Brest par Loutrel et Mazin n’est pas complète : le projet aurait-il été abandonné avant la réalisation finale ?

– Quels chemins cette plaque a-t-elle empruntée pour venir jusqu’à nous ?

Le commentaire laissé ici par Franck David apporte plusieurs réponses : Il s’agit d’un de ces nombreux tableaux d’honneur que les mairies ont mis en place dès l’annonce des premiers morts avant que ne se pose la question d’un hommage monumental. Cela consistait parfois en de simples listes, avec la photographie du disparu, puis en des plaques émaillées. L’état de celle-ci est remarquable.

Si Vous êtes en Bretagne, n’hésitez à visiter cette belle exposition : vous y croiserez l’incroyable histoire de Pierre-Jean Boudehen un poilu revenu chez lui à la fin des combats. Je vous en parlerai …
Si vous avez des suggestions, des hypothèses ou mieux encore des réponses n’hésitez pas à les partager. Si vous, vous aussi un document rare sur cette période historique (celle du conflit et aussi celle des sorties de guerre), n’hésitez pas à laisser un message.

Une fin d’été bleue en Bretagne.

C’est dans la capitale du pays du Poher, ou du Kreiz Breizh (Centre Bretagne) que je vous invite, le seul pays du Finistère qui n’a aucun accès à la mer, la ville des Vieilles Charrues pour ceux qui aiment les concerts en plein air, Carhaix– Plouguer (prononcez en phonétique Carraie Plouguère, s’il vous plait). Je suis entrée après bien des années dans l’église Saint-Trémeur par une petite porte latérale, l’intérieur sentait cette forte odeur de pierre et de vert, minérale et florale. Le soleil de fin de matinée est venu à la rencontre d’un magnifique vitrail : le jeu de lumière s’est imprégné de l’atmosphère ecclésiale. Un instant entre sacré et profane dont je vous livre ici quelques clichés vite emprisonnés par un objectif spontané.

Eglise de Carhaix. Le vitrail1
Eglise  Saint-Trémeur de Carhaix-Plouguer. Le vitrail.

Eglise de Carhaix. Le vitrail2 Eglise de Carhaix. Le vitrail3

 

Sur ce vitrail, si vous voulez en savoir plus : Ici ou 

 

Je suis inscrite à l’Ecole des filles.

Une forêt comme un palimpseste de la mythique Brocéliande, un chaos granitique à couper le souffle, vous voilà au cœur des Monts d’Arrée, ma Bretagne à moi : y pérégriner c’est voyager dans les temps géologiques au cours desquels vous pouvez entrer dans le « foyer de la Vierge », mesurer votre force ou votre habilité contre la roche tremblante. Ces temps géologiques conjugués à la poésie d’une histoire orale mais aussi à celle d’une histoire industrieuse dont les entrées de mines argentifères en conservent la trace, c’est ici que vous êtes conviés à une belle découverte tout en arts : l’École des filles. Vous êtes à Huelgoat (les « Haut bois »).

École des filles. La cour de récréation
École des filles. La cour de récréation. Source

Ce lieu ouvert de juin à septembre vous permet de découvrir des artistes contemporains mais aussi de naviguer dans des collections des XIX et XXè siècles, d’observer du mobilier traditionnel breton mais aussi des dessins, de la BD, des affiches politiques revisitées, en fin d’assister à l’été des 13 Dimanches.

Affiches politiques revisitées par Pierre Laniau. Ecole des filles. Ete 2012.
Affiches politiques revisitées par Pierre Laniau. École des filles. Eté 2012.

L’École des filles qui date de 1910 a été construite dans un contexte scolaire particulier à la Bretagne : la concurrence que se livre la République qui s’enracine et le réseau des écoles congréganistes assez puissant dans cette région. Cette école est aussi un internat qui accueille des pensionnaires de tout le Finistère, l’enseignement laïque qui y est dispensé a œuvré à l’émancipation des femmes bretonnes. L’historienne Mona Ozouf a écrit à propos de  l’École des filles de Huelgoat que celle-ci  illustre cette marche à l’égalité […] en préparant l’entrée des filles à l’École normale, et en donnant aux jeunes filles la chance d’entrer dans les premières carrières où l’égalité professionnelle des hommes et des femmes est quasi faite (Chloé Batissou, L’École des filles, 1910-2010, Cent ans d’utopie, éditions Françoise Livinec, 2010)

École des filles. salle de classe en galerie d'art.
École des filles. salle de classe en galerie d’art. Source
École des filles. Intérieur.
École des filles. Intérieur.

Dans cette vidéo, F. Livinec explique le dialogue qui s’établit entre l’Ecole et la forêt dans laquelle cette première est sise

J’ai eu la chance de découvrir la saison 2012 au beau titre de Pierre qui roule … Les figures du paysage (c’est vrai : j’aurai pu vous en parler plus tôt) et y est découvert deux jeunes artistes dont j’aimerai vous faire partager le travail.

Le premier, Christophe Chini, est tailleur de pierre depuis 1995, il a exposé des oloïdes d’une beauté minérale des plus inattendues et des plus émouvantes.

Chistophe Chini. Oloïde
Chistophe Chini. Oloïde
Oloïde exposée à l’École des filles. Eté 2012.
Oloïde exposée à l’École des filles. Eté 2012.

Le deuxième, Loïc Le Groumellec, né à Vannes en 1957, expose des toiles au minimalisme expressif, les mégalithes, maisons et croix se répètent et de l’effacement progressif de la laque noire émerge une lumière captivante et envoutante.

L. Le Groumellec. Maison. Laque sur toile
L. Le Groumellec. Maison. Laque sur toile
Loïc Le Groumellec, Mégalithes et maison, 2008. Laque sur toile.
Loïc Le Groumellec, Mégalithes et maison, 2008. Laque sur toile.

Cette vidéo, vous propose une entrée dans l’univers de l’artiste.

C. Chini et L. Le Groumellec. École des filles. Été 2012.
C. Chini et L. Le Groumellec. École des filles. Été 2012.

Je ne sais pas si la galeriste Françoise Livinec à inventé en lieu comme l’écrit Mona Ozouf, ce qui est certain c’est qu’elle l’a réanimé, au sens étymologique du terme, un grand merci à elle (un site à classer dans vos favoris ).

cabanon en ruine

Pour continuer le tour des lieux en errance, dans un autre lieu et sous une autre atmosphère que celle de Ian Ference ou Thomas Jorion. Le spectacle est toujours aussi fascinant.

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Tempête malouine.

C’était en janvier dernier, c’était la saison des grandes marées et je n’ai pas eu la chance d’y être … Pour bien me faire comprendre ce que j’aurais pu voir, voici un lien gentiment glissé dans ma boite aux lettres par un parent bien intentionné (les images sont impressionnantes, en revanche la musique assez exaspérante ….). A vous de voir  :

Les chapelles remarquables en Bretagne.

Cîmes de la forêt du Faouët, Morbihan.
Cîmes de la forêt du Faouët, Morbihan.

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Je conçois aisément que le titre du billet ne retienne pas l’attention de l’estivant, pourtant ami amateur de pétanques pose ton pastis et arrête toi un instant peu cher, admirer les vieilles pierres rongés par le lichen ; en même temps si tu préfères les cigales et vomis les verts paysages nourris à la pluie fine, je comprendrais sans m’en offusquer que tu passes ton chemin.

En revanche, toi qui aimes l’ardent soleil breton, la verdure des forêts de l’Argoat, les multiples calvaires et chapelles (très vieilles), j’espère que tu trouveras ici de quoi rassasier ta curiosité. Le qualificatif « remarquable » pour vous entretenir des chapelles est un choix tout à fait personnel, nous les avons croisées au fils de de nos promenades bretonnes.

Loch Envel, église.
Loch Envel, église.

Nous allons partir à Loc Envel (et oui, ce nom existe et prononcez-le à l’écossaise s’il vous plait) dans les Côtes d’Armor, c’est une petite commune de moins de 100 habitants, si vous voulez vous perdre dans les chemins creux et admirer des hortensias généreux : Loc Envel, the place to be. Un peu en hauteur, la petite église à été édifiée par les moines de Saint-Jacqut de la Mer, la présence d’un lieu sacré est mentionné depuis le début du XIIème siècle, mais l’église que vous admirez date du XVIème  (comme la plupart des églises et chapelles encore debout en Bretagne intérieure).

Loch Envel, église
Loch Envel, église

Le cimetière n’a pas encore été expatrié, il entoure l’église qui de l’extérieur présente des gargouilles assez surprenantes :

Loch Envel gargouille riante
Loch Envel gargouille riante

A l’entrée, vous trouverez un jubé remarquable tout en bois sculpté, ce qui a retenu mon attention sont les menus détails de l’ouvrage de charpenterie et surtout la voute de l’édifice, toutes les nervures se rejoignent  au sommet

Loch Envel intérieur de l'église
Loch Envel intérieur de l'église
Loch Envel boiserie de l'église.
Loch Envel boiserie de l'église.
Loch Envel petit cochon sculpté dans une poutre.
Loch Envel petit cochon sculpté dans une poutre.

Restons en terre costarmoricaine, il faut quand même prendre sa voiture pour la deuxième ballade en la commune de Glomel : une balade qui nous fera traverser le lieu dit Trégornan (petit avis à destination des marcheurs : le balisage est pourri  voire inexistant…. On –avec plein de gens dedans-  s’y est repris à trois fois et on la fait au feeling).

Trégornan, le clocher en verdure
Trégornan, le clocher en verdure

Ici la chapelle était fermée et la maison de la dame détenant les clés de l’édifice était également close, mais ce n’est pas grave, car ici nous sommes en présence d’un ossuaire : et, alors ?! Me lancez avec force et légitimité, des ossuaires on en voit plein … Bien sûr, ami !! Mais des ossuaires avec locataires c’est plus rare, je sens ta juste indifférence vaciller,

Trégornan, église Saint Corentin
Trégornan, église Saint Corentin
Trégronan l'ossuaire
Trégronan l'ossuaire
Trégornan l'ossuaire ...
Trégornan l'ossuaire ...

Ça produit toujours son effet de surprise, l’ossuaire de Trégornan est l’un des trois ossuaires bretons encore en usage. Sans jeu de mot, on se rend à la chapelle du Krann à Spézet dans le Finistère.

Spezet chapelle du Krann, échalier
Spezet chapelle du Krann, échalier

Franchissons l’échalier afin d’accéder à cette vaste chapelle, dont le nom vient du celtique krann, bois, est en forme de croix latine. Sa construction, à l’initiative du seigneur du Crann-Huel, est achevée en 1535, comme l’indique une inscription près du porche latéral. Lieu de pèlerinage, elle remplace alors un sanctuaire du XIIIe siècle, et l’indulgence plénière accordée par le pape en 1681 accroît la réputation de son pardon le jour de la Sainte-Trinité. Au chœur, jamais remanié, s’ajoutent au XVIIe siècle la sacristie et le clocher à lanternes, et le calvaire est refait en 1908, avec à la base un saint Antoine provenant d’une chapelle détruite. C’est l’une des rares chapelles du Finistère à avoir conservé son ensemble de sept grands vitraux anciens. (Cl. M. H. 1902) Source

Spezet chapelle du Krann
Spezet chapelle du Krann

La chapelle de Notre-Dame du Krann est le seul sanctuaire du Finistère à conserver son ensemble de vitraux du XVIe siècle et ses retables de bois animés par plus de deux cents statuettes et personnages sculptés.

Spezet, chapelle du Krann intérieur : autel
Spezet, chapelle du Krann intérieur : autel

Vous pouvez à partir de la chapelle vous promener dans une verte campagne agricole, pas de gros cons de chiens prêts à chiquer le mollet mais juste de placides demoiselles, c’est ainsi qu’à Spézet nous qualifions ces chers bovidés.

Demoiselles de Spézet
Demoiselles de Spézet

S’il vous reste un peu d’énergie ou d’envie, je vous propose de changer de département et nous rendre dans celui de la « petite mer » : le Morbihan. Nous n’irons pas jusqu’à la côte et ferons halte au Faouët

A partir des mythiques halles, ce sont des chemins de randonnées couvrant plus de 100 km qui vous ferons parcourir le pays de Marion du Faouët. Je vous présente (trop) rapidement deux chapelles en tous points remarquables.

Commençons par Sainte-Barbe, à flanc de roche, cette énigmatique chapelle ouvrira votre chemin vers la forêt

Faouët, chapelle Sainte Barbe
Faouët, chapelle Sainte Barbe
Sainte Barbe, statue de la Vierge dans la roche
Sainte Barbe, statue de la Vierge dans la roche

La balade dite des « chapelles », vous conduira vers la plus surprenante : la chapelle Saint-Fiacre, je ne me lancerai pas dans une description détaillée de l’édifice, voici donc quelques clichés qui, je l’espère vous donneront l’envie de pérégriner en ces terres bretonnes. Comme je ne peux pas m’en empêcher, ici, le joyau est le jubé polychrome datant du XVIème siècle

Saint Fiacre, la façade
Saint Fiacre, la façade
Saint Fiacre Jubé, façade extérieure
Saint Fiacre Jubé, façade extérieure

Pour Saint – Fiacre, une vidéo sur Morbihan-tv.

Saint Fiacre, détail jubé
Saint Fiacre, détail jubé
Saint Fiacre, détail jubé 2
Saint Fiacre, détail jubé 2
Saint Fiacre, détail jubé 3
Saint Fiacre, détail jubé 3

Bonnes vacances à tous …

Cancale, le Grouin et ta mère

 

De toute façon il fait toujours beau … parce que c’est là, parce que c’est bleu, parce que c’est ouvert et en même temps cette ouverture invite à l’introspection.

Nous voilà encore sur le fameux GR34 qui parcourt la Bretagne partant du Mont Saint Michel passant par les Côtes d’Armor, le Finistère finit dans le Morbihan.

Le mont Saint Michel vu de Cancale.
Le mont Saint Michel vu de Cancale.

Seule une minuscule portion retient aujourd’hui mon attention, celle qui joint Cancale à la pointe du Grouin, nom particulièrement laid pour un paysage singulièrement sublime … Pourtant en observant le parcours littoral je parviens à comprendre l’origine de cette toponymie : le liseré côtier fait penser (mais de très loin) à une espèce de pif mal orienté, de gros nez, Rostand pourrait même s’exclamer « c’est un roc ! … c’est un pic… c’est un cap ! Que dis-je, c’est un cap ? … c’est une péninsule ! » (Il faut bien placer ses maigres lettres …).

Face à vous l’île des Landes, réserve ornithologique. En toute saison, les couleurs sont magnifiques.

Pour les gros fainéants (club auquel tout le monde est affilié un jour ou l’autre), je vous conseille de poser vos chevaux avant Cancale, ou bien chanceux vous pouvez tenter le sort et garer votre calèche à l’orée du village. Et là, si vous aimez votre prochain, vous gouterez les délices et les charmes de la promenade familiale et dominicale (je viens de commettre un pléonasme), si en revanche, vous souffrez de bouffées misanthropes (club auquel tout le monde est affilié un jour ou l’autre), cela sera insupportable : il faudra donc faire abstraction de tout : les restau pièges à gogo collés les uns aux autres proposant à des tarifs jouant crescendo les mêmes menus couleurs locales (huîtres hors de prix ou crêpes apportant les calories nécessaires à une semaine en steppe mongole) ; les poucettes ; les motards ; les commentaires à la c….(«Il fait toujours beau en Bretagne »). Mais, même le dimanche, il y a toujours un vieux et une vieille qui regardent la mer, suivez leur regard pour prendre le large.

Dites vous aussi, que vous vous trouvez dans un lieu inspirant :

Les ramasseuses d'huîtres à Cancale.
Les ramasseuses d'huîtres à Cancale.

John Singer Sargent peint en 1877, les ramasseuses d’huîtres de Cancale. J’aime cette toile à marée basse, ce groupe de femmes qui se dirige vers la mer, ce jeune enfant gardé à l’œil par sa grand-mère, se regarde dans le sable, ses orteils s’enfoncent dans les grains de silice. On sent ici l’âpreté du quotidien noyé dans une lumière azurée … Je ne sais pas si l’exceptionnelle lumière rendue pat J. Singer Sargent rendaient la vie des Cancalais moins rugueuse …

Avant de reprendre la voiture, arrêtez-vous chez Mazo (37, quai Kennedy) : the place to be pour les huîtres, les tourteaux, les araignées. C’est bon c’est frais, et ça se fout pas du chaland.

 

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