Le canal de Nantes à Brest. Vers Port-de-Carhaix

 

Ce canal a été construit au XIXème siècle, les travaux débutent en 1811 et l’ouvrage est inauguré en 1858 : un véritable canal impérial!! 238 écluses scandent les 365 km kilomètres. Certaines sont abandonnées, d’autres toujours en activité vers Mellionec par exemple

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Les paysages sont variés, en été tout semble rieur et en hiver certains passages offrent des vues d’une nature lourdement endormie. Il suffit pourtant de quelques rayons de soleil pour que les grasses prairies nous offrent d’épais tapis verdoyants.

Vers Port-de-Carhaix vous pourrez vous offrir quelques instants bucoliques …

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Loch Coucou, j’en suis baba …

L'église du Moustoir.
L'église du Moustoir.

Encore plus que l’Armor c’est bien souvent l’Argoat (le pays de l’intérieur, littéralement celui des bois) qui en Bretagne a ma préférence en hiver, quand la nature sommeille, au printemps quand elle est luxuriante, en automne quand elle éclate en nuance jaune, ocre, rouge, vermillon … Bon bref, je me calme tout de go et en arrive au sujet du billet.

Loch Coucou.
Loch Coucou.

Pas très loin de Carhaix plaque tournante des concerts en plein air pour jeunes et moins jeunes en mal de bière et de rock éventé, se trouve Le Moustoir dans les côtes d’Armor; anciennement nommées Côtes du Nord, une appellation considérée trop dépréciative dans la course à la valorisation du patrimoine et du terroir, mais certaines pierres en conservent encore le souvenir :

Borne du canal de Nantes à Brest.
Borne du canal de Nantes à Brest.

En face de l’église, on emprunte un petit chemin qui nous conduit à travers la campagne sur les berges du canal de Nantes à Brest. Le sol est lourd, gorgé d’eau, les maisons d’écluse semblent aussi en sommeil et pourtant ça et là les signes imperceptibles mais indubitables d‘un éveil bucolique : quelques bourgeons, les odeurs de feuilles qui se ravivent après la pause hivernale.

Canal de Nantes à Brest, Le Moustoir.
Canal de Nantes à Brest, Le Moustoir.

A côté du chemin de halage, des espaces marécageux sont encore maitres du décor, la surface de l’eau est tapissée de lenticules qui y trouvent ici l’eau et la lumière suffisante à leur épanouissement.

Canal de Nantes à Brest, Chemin de halage.
Canal de Nantes à Brest, Chemin de halage.

En quittant les berges, on arpente de douces montées et les pas s’enfoncent dans un épais tapis d’herbes et de feuilles, ce qui vous donnent la sensation de fouler pieds nus une épaisse moquette moelleuse. Pendant quelques jours les hêtres et les chênes offrent encore leurs branches nues, les arbres paraissent enveloppés d’une vaporeuse ouate, une ombre diaphane qui va bientôt s’évaporer.

Arbres, promenade de Loch Coucou.
Arbres, promenade de Loch Coucou.

Ploumanach, rochers roses, vagues d’écume.

 

Ploumanach. Sur le chemin des douaniers.
Ploumanach. Sur le chemin des douaniers.

Quand il pleut partout sur l’hexagone, on est sûr que le soleil inonde la Bretagne : il ne faut jamais croire la présentatrice météo anorexique …

Je ne vais vous conter la beauté des littoraux bretons mais juste vous proposer une petite halte costarmoricaine sur l’un des amas de granit rose les plus surprenants : le complexe granitique de Ploumanach situé dans le Nord du Trégor.

Côte de granit rose.
Côte de granit rose.

Le monde se lit ici en trois couleurs : le bleu, le vert et le rose.

Rochers de Ploumanach.
Rochers de Ploumanach.

Le spectacle semblant sortir d’un autre âge enveloppe le marcheur, les rochers aux contours rabotés par l’érosion offrent des contours improbables et spectaculaires : des formes animales, des masques qui rient ou grimacent. On pourrait même penser qu’ils sont remplis d’air et changent de forme au gré des marées.

 

Ploumanach. Le Château du diable.
Ploumanach. Le Château du diable.

L’impression d’assister à une représentation offerte par toutes les puissances chtoniennes de la Terre ne quitte pas le promeneur rêvant sur le chemin des douaniers.

Ploumanach. Le phare.
Ploumanach. Le phare.

Sur la pointe la plus avancée, le phare surveille les flots, vous pourrez alors profiter d’un point de vue exceptionnel sur un tout petit archipel : les sept îles, ce sont des réserves ornithologiques ; l’île Rouzic est appelé « l’île aux oiseaux » et est occupée par des milliers de Fou de Bassan. la plus grandes des îles est l’île aux Moines (ne la confondez avec son homonyme qui se trouve dans le golfe du Morbihan), la seule accessible par l’homme, et la seule habitée. L’un des phares est habité par un gardien.

Ploumanach. Ile du Rouzic
Ploumanach. Ile du Rouzic

Ce décor fascine depuis longtemps, au XIXème siècle, le peintre Mathurin Méheut consacre plusieurs toiles au lieu :

Mathurin Méheut - Ploumanac’h, les goémoniers (201x293cm)
Mathurin Méheut - Ploumanac’h, les goémoniers (201x293cm)

Le paysage actuel.
Le paysage actuel.

Si vous voulez en savoir plus sur les toiles à thèmes géologiques.

Les épaves corsaires de la Natière. Archéologie sous-marine à Saint-Malo



Carte de Saint Malo, XVIIè siècle.
Carte de Saint Malo, XVIIè siècle.

Les épaves corsaires de la Natière. Archéologie sous-marine à Saint-Malo

Si vous voulez finir la tête sous l’eau et remonter le temps.

La fouille de deux épaves découvertes aux portes de Saint-Malo a permis d’identifier deux frégates corsaires et de retracer leur histoire. La Dauphine, commandée en 1704 par Michel Dubocage, et L’Aimable Grenot, reprennent forme sous forme numérique trois siècles après leur naufrage grâce au site Internet conçu par les archéologues du Drassm.

Vous passez le bruit du ressac et vous plonger dans l’univers fascinant de l’archéologie marine. Le plan du site se compose de cinq partie :  une présentation de la bai de saint Malo véritable cimetière d’épaves, la seconde partie est consacrée à la construction navale. La troisième partie vous emmènera à bord des deux frégates afin de goûter à la vie quotidienne des corsaires, la guerre de course et le rôle des capitaines Michel Dubocage (La Dauphine) et Hugon des Prey (L’Aimable Grelot) font l’objet d’une quatrième partie. Enfin, si vous voulez comprendre comment s’organise une expédition d’archéologie sous marine vous trouverez de quoi satisfaire votre curiosité.


En bas de la page d’accueil, en cliquant sur la petite icone en forme de ‘+’ située à droite vous pourrez consulter le plan des épaves, celui-ci est interactif, en cliquant sur des portions de l’épaves vous plongez afin de savoir quels objets on été récupérés à cet endroit.

Ce site est une véritable mine : de nombreuses vidéos consacrées aux fouilles, ainsi qu’à la reconstitution de la Natière en 3D.

Bonne plongée.

La poule est une cocotte à Huelgoat.

Et oui, encore un titre fumeux. Huelgoat c’est surtout une magnifique forêt aux paysages majestueux, uniques, presque magiques. Cette forêt est l’un des derniers reliefs de la forêt de Brocéliande, quand celle-ci couvrait  toute la région d’un dense tapis végétal.

MAIS, Huelgoat ce n’est pas que ça : je m’explique. Oui, je l’affirme la mode n’est pas qu’à Paris, la fashion week pourrait faire un détour dans le centre Bretagne. Je vous vois déjà esquisser un léger sourire si ce n’est condescendant du moins largement incrédule. Et bien, vous avez tort.

C’est au cœur de ce pays que l’on rencontre des créatrices engagées, inventives, investies, dynamiques. Autant dire, on ne peut être que sous le charme. Dimanche dernier (le 31 octobre), pour la deuxième année, ces créatrices des plus talentueuses nous ont offert une belle représentation de leur dernière production.

Si vous aimez les bijoux contemporains, allez chez Menzao et plongez vous dans l’univers de Soline Désiré : MenZao

Mélubi est une créatrice de chapeaux (c’est beau).

Les vêtements chatoyants aux coupes audacieuses et sobres (oui, c’est possible) de Coralie Benitte. Celle-ci conçoit aussi des vêtements pour enfants ; allez jetez un œil sur son site bouille de clow.

Les compositions (les créations) florales vous donneront l’occasion de réviser ce que le mot  « fleuriste » veut dire. Je ne peux vous en dire plus sans image : j’avais oublié ma boite à photo, c’est petit et léger l’encéphale de la volaille.


Meneham. La côte des Légendes.

Meneham
Meneham. La Côte des Légendes.

La côte des Légendes … Quelles légendes sont ici évoquées ? Peut – être celles des naufrageurs, car ici le littoral est dangereux, la vie a été rude, sauvage ; c’est l’espace d’un quotidien râpeux et âpre où le vent a fini par tailler les visages à la serpe.

Et les naufrages. La côte des écueils, des récifs, des courants marins et des tempêtes plante la toile de fond des innombrables naufrages ;  laissons de côté les avaries techniques, les erreurs humaines et les difficultés de navigation et regardons la mer engloutir les navires quand le brouillard est à couper au couteau cette nuit de 21 novembre 1930 : un cargo baptisé « La Brière » long de 80 mètres a chargé du sucre, du cuivre, du bois et des vélos part de Rouen et doit rejoindre l’Algérie. Le bateau s’est cassé en deux sur les rochers, c’est aussi le dernier bateau pillé par les naufrageurs pagans.

Meneham est situé dans le pays Pagan, au départ c’est seulement un corps de garde : les militaires surveillent le large dans une construction qu’embrassent deux rochers posés sur une herbe rase :

Meneham. Le corps de garde.
Meneham. Le corps de garde.

Le corps de garde est entièrement construit en pierre, son but : guetter les bateaux à la dérive, défendre la côte. C’est une sorte de maison d’écho qui informe en permanence de la vie qui se déroule sur les flots.

Puis, ce corps de garde s’est peu à peu étendu et l’espace environnant  est devenu est « lieu » occupé par des paysans – pêcheurs – goémoniers. Les fours à goémons sont aussi nombreux de l’autre côté de la Bretagne, dans le Finistère sud chez les Bigoudens.

Meneham. Un four à goémons.
Meneham. Un four à goémons.

Meneham est maintenant un village reconstitué, je ne sais pas s’il est fidèle à une réalité ou si la reconstitution nous invite artificiellement à revisiter un passé idéal : dans certains maisons de pécheurs, on peut entendre une voix surgir des enceintes placées sur les murs nous racontant la vie quotidienne d’antan et avec l’accent en plus (c’est un peu chiant, voire ridicule)

Mais voici quelques vues du « village »

Meneham. Village reconstitué.
Meneham. Village reconstitué.
Meneham. Le village reconstitué.
Meneham. Le village reconstitué.

A lire : AMZER, le journal culturel du pays des Abers, c’est fourni, riche, utile et en plus gratuit …

Meneham. Village reconstitué.
Meneham. Village reconstitué.

C’est un endroit curieux, insolite, pas vraiment authentique (mais que veut dire « authentique » par les temps qui courent ?) pas plus artificiel pour autant. C’est un lieu reconstitué que je ne comprends pas vraiment.

L’Ankou vit à Bulat. Eglise de Bulat Pestivien.

Dans les Côtes d’Armor, loin de la mer  (l’Armor) au cœur de l’Argoat (l’intérieur, les terres) se dresse la plus haute flèche costarmoricaine, celle de l’église Notre Dame de Bulat. Avant d’être l’église Notre Dame, elle a été chapelle jusqu’au début du XIX siècle (1804)

Où est Bulat – Pestivien ? Cela dépend d’où l’on vient, mais le plus simple à partir de Guingamp est d’emprunter la D787 en direction de Callac / Carhaix – Plouguer sur 17 km environ, puis la D31 (sur la gauche), on poursuit la route qui mène au village de Bulat – Pestivien.

L’église est belle, austère et imposante; en empruntant le circuit  des tailleurs de pierre, la flèche se laisse admirer dans une luxuriance verdoyante :

Bulat, église , circuit des tailleurs de pierre.
Bulat, église , circuit des tailleurs de pierre.

Sur les côtés de l’église sont gravées des figures peu orthodoxes qui rappellent que nous nous trouvons sur une terre où christianisme et paganisme s’affrontent, se côtoient et s’absorbent. La figure de l’Ankou, bouche ouverte interpelle le pauvre chaland : c’est une sculpture intéressante, la mort n’est pas déguisée en grande faucheuse, elle s’incarne en squelette en « nous » montrant : le vif (ce que nous sommes) est saisi par le mort (ce que nous serons).

Ankou de Bulat.
Ankou de Bulat.

Quand on gravit les marches, nous ne sommes pas encore en haut de la flèche qui s’érige à 66 mètres, mais on peut s’arrêter sur « le chemin de ronde », le village, sa place et les alentours s’offrent à notre regard (la poule peu habituée à voler a les ergots fébriles) :

Bulat Pestivien. La campagne vue de l'église.
Bulat Pestivien. La campagne vue de l'église.
Bulat vu de l'église.
Bulat vu de l'église.

L’église est considérée comme « un joyau de la Renaissance bretonne » ; Bulat est surtout un des ateliers à partir duquel est impulsée une architecture gothique bretonne.

Bulat, entrée latérale.
Bulat, entrée latérale.

Sous ce porche, les apôtres :

Bulat le porche de l'église.
Bulat le porche de l'église.

Ici, c’est le paradis des marcheurs solitaires, l’espace semble leur appartenir : on peut être seul et pas isolé car la campagne est accueillante (même sous une fine pluie). Le bocage et les sous – bois déplient de multiples gammes de vert :

Bulat campagne verdoyante.
Bulat campagne verdoyante.

L’eau habite les toiles arachnides : on se demande qui emprisonne qui …

Bulat, eau en araignée.
Bulat, eau en araignée.

Le site de la commune