Lampédusa et Léonarda vs XVIIIè siècle. Partie II : le contrôle et l’encadrement des étrangers.

Au cours des XVIIème et XVIIIè siècle la surveillance des étrangers dont nous avons tenté une définition juridique dans un billet précédent s’inscrit dans le renforcement du contrôle de la mobilité des personnes. Plusieurs facteurs expliquent le renforcement de ce contrôle :

  • Une centralisation étatique accrue.
  • La généralisation des procédures écrites.
  • La promotion d’agents spécialisés dans ce domaine.
  • Une police spécifique pour les étrangers qui va contribuer à singulariser les étrangers parmi les migrants.

Les étrangers en tant que fauteurs de trouble sont la cible particulière des agents d’espionnage, et la surveillance des non – régnicoles concerne surtout certains lieux : les capitales, les grandes villes et dans celles-ci les hôtels, les auberges, et les garnis.

Pas d'auberge sans permission du Roy.

La police parisienne va servir de modèle aux autres souverains européens, notamment à  Marie – Thérèse.

Marie-Thérèse de Habsbourg (1717-1780), impératrice d'Autriche
Marie-Thérèse de Habsbourg (1717-1780), impératrice d’Autriche

C’est sous la lieutenance d’Antoine de Sartine de 1759 à 1774  que le système de contrôle connait des perfectionnements notables.

Source :
M. de Sartines, les mains liées derrière le dos.

Mais remontons un peu plus loin dans le temps. Dans le royaume de France, la base du dispositif de surveillance est la tenue des registres des logeurs qui doivent enregistrer tous les nouveaux venus dans leur(s) établissement(s)et faire appliquer les ordres de la cour.

Edit de 1693L’édit de 1693, ordonne de porter quotidiennement un extrait des registres signalant de nouvelles arrivées chez le commissaire. Un édit que vous pouvez consulter sur le site Gallica : ICI .

En 1708, la création d’un nouveau corps d’inspecteurs de police contribue à cette rationalisation des pratiques de contrôle en marche au XVIIIè siècle.

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b8623594t.r=cr%C3%A9ation+inspecteur+de+police+1708.langFR
Création du corps des inspecteurs, 1708.

En 1725, le Bureau des fonds est placé sous la dépendance du ministre des Affaires étrangères et en 1752, un inspecteur spécifique est affecté à la surveillance des étrangers dans la capitale avec une attention particulière pour les ambassadeurs et les ministres (et oui, on l’oublie mais c’est aussi une grande époque d’espionnage).

A une époque où le pouvoir rationalise ses pratiques de surveillance et de contrôle dans le royaume de France comme ailleurs en Europe, deux catégories sont soumises à une surveillance particulière : les Juifs et les Roms (vous voyez on y revient). On va juste prendre deux exemples :

Les Juifs de la péninsule ibérique. Ils ont le droit d’effectuer de courts séjours en Espagne et au Portugal pour des raisons commerciales et doivent se munir d’un permis de séjour, ils sont appelés les « Juifs de signal » et sont considérés comme des étrangers à haut risque, vecteur d’hérésie. A ce titre, ils sont astreints au port de signes distinctifs, de plus, ils s’engagent à ne pas parler de religion et à quitter le pays à la fin de la période accordée. Enfin, ils se voient attacher un familier qui les suit dans leurs déplacements, l’attestation de départ est fournie au capitaine du navire par le familier, la présence du juif ne peut pas excéder 6 à 8 mois. Pendant leur séjour les commerçants juifs ne bénéficient d’aucune juridiction consulaire et n’ont aucune protection.

Les Juifs. Miniature espagnole du XV siècle
Les Juifs. Miniature espagnole du XV siècle

Pour Claire Auzias, les Tsiganes subissent le douteux privilège d’être une ethnie sans territoire et sont stigmatisés pour pratiquer deux sortes de nomadisme : un nomadisme structurel, au XVIIIème siècle, ils se déplacent en groupe et ont à leur tête ont un chef dont le qualificatif peut être « duc », « comte » ou « capitaine ». Les Roms pratiquent également un nomadisme conjoncturel. Ce groupe est soumis par les États à un traitement particulier qui est la traduction d’une législation répressive, au même titre que celle qui criminalise les pauvres et les vagabonds. Dans le royaume de France, selon la déclaration de Colbert, les bohémiens sont condamnés aux galères, les femmes enfermées dans les hôpitaux, les enfants élevés sont élevés dans la religion catholique. Que se passe-t-il ailleurs ? En Norvège, l’ordonnance de 1687 stipule l’arrestation des bohémiens – roms – , les biens du groupe sont saisis et leur chef exécuté. En Suisse dans l’État de Berne l’arrêté de 1727 interdit de séjour les Tsiganes, les hommes qui y contreviendraient auraient une oreille coupée, les femmes âgées de plus de 15 ans seraient arrêtées. L’Espagne quant à elle mène une politique d’expulsion collective. En Autriche,  en Allemagne ou en Russie, le despotisme éclairé déclare vouloir garantir la sécurité et le bien être des Tsiganes en le sédentarisant brutalement , c’est le cas de Frédéric II en 1768, de Marie- Thérèse en 1773 et de Joseph II en 1782, l’effet de ces politiques restent limitées (ce sera l’objet d’un prochain billet).

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CRIMES, DELITS ET CHATIMENTS : Ça saigne à la Une.

Le fait divers est le résultat d’une rencontre ou d’un compromis entre la fantaisie populaire des occasionnels du XVIII et le sérieux, la sobriété marque de fabrique des gazettes et des nouvelles à la main. Pour A.-C. Ambroise-Rendu, « actuel, transitoire et secondaire, le fait divers est la nouvelle du jour qui peut-être oubliée le lendemain. Mais, récit de presse il est avant tout affaire d’écriture ; et cette écriture est un laboratoire où s’expérimente la langue journalistique avec l’avènement, dans le dernier tiers du XIXème siècle, de la communication de masse » (in Dictionnaire d’histoire culturelle de la France contemporaine).
Le fait divers se met en place de manière tâtonnante dans la première moitié du XIX, les premières rubriques sont souvent consacrées à des annonces publicitaires ; c’est donc dans la presse commerciale ou dans la presse locale que se développe ce genre journalistique. Les faits divers n’occupent pas une place spécifique jusqu’à la diffusion du Petit Journal en 1863qui fixe et stabilise les règles formelles de la narration du fait divers. L’écriture repose sur deux piliers : un récit bref, une structure duale mise au service de « la geste des obscurs ».
En 1866, Paul Féval écrit dans Le Grand Journal un texte qu’il intitule « La Fabrique de crimes » : le crime est en hausse, il se vend, il fait prime, au dire des marchands la France compte un ou deux millions de consommateurs qui ne veulent plus rien manger, sinon du crime, tout cru. Il y a donc là un marché à saisir ou à satisfaire, c’est à cela que s’emploie le quotidien de Moïse Millaud, Le Petit Journal.

Il y a un fait divers qui est à l’origine de tous les autres : l’affaire Jean-Baptiste Tropmann (résumé de l’affaire)
Le jour de l’exécution le mardi 19 janvier 1870, le quotidien tire à 594 000 exemplaires et consacre 45% de son volume rédactionnel à la relation de l’évènement :

Je ne peux m’interdire cette petite digression : si l’affaire vous passionne, si vous voulez savoir comment elle fut traitée par les journalistes, s’il y a eu des Mémoirs secrets contenant de « nouvelles révélations », je vous invite à parcourir cette « autobiographie » écrite par Charles Virmaître en 1870 : Mémoirs secrets de Troppmann : autographe et portrait : révélations nouvelles.

Peu à peu le genre « fait divers » devient à un élément à part entière dans le journal, il gagne à la fois une identité et une légitimité : les rédacteurs se professionnalisent, ils recourent à l’enquête ou à l’interview ; les journaux affichent ainsi une ambition qui signe une américanisation de la presse : diffuser une information à la fois vraie et vivante. Les anciens tâcherons de l’information s’imposent à la fin du XIXème siècle comme les petits reporters d’une presse qui devient un objet de consommation culturelle : c’est l’entrée dans l’ère de la culture de masse. C’est encore le Petit Journal qui opère la mue, il est vendu au prix d’un sou, le contenu accessible, attractif est apolitique, ce quotidien ne compte que quatre pages (moitié moins que les autres grands quotidiens) dans lesquels les faits divers et le roman-feuilleton ingrédients nécessaire à la fidélisation d’un lectorat populaire occupent une place de choix.
Cette presse quotidienne rassure chaque jour le lecteur en lui peignant un univers de personnages familiers et en pointant la sagacité des journalistes qui décryptent pour lui les dangers du nouvel univers urbains. Les journaux entretiennent une répulsion mêlée de fascination pour l’acte criminel, et misent sur l’effroi de la mort. Tout compte fait cela n’a pas beaucoup changé : allez voir par …. Et vous me direz si je me trompe ?!

Mais replongeons ailleurs : en 1907 par exemple. Année d’un horrible crime : une femme coupée en morceaux est découverte dans une malle

Quand je vous dis que ça saigne à la Une du supplément illustré du Petit Journal : l’image règne en maître, la mise en scène sanglante destinée à frapper les esprits est renforcée par la présence de petits médaillons renfermant les portraits de la victime et des coupables. En feuillant le supplément le lecteur découvre un portrait haut en couleurs « de la victime et des coupables ». Si ça, ce n’est pas «le poids des mots, le choc des photos» ….

crime de monte-carlo
crime de monte-carlo

Prochain billet : Honoré Daumier et le crime.

CRIMES, DÉLITS ET CHATIMENTS : faits divers et romans policiers

Le Petit Journal : Assassinat d'un gardien de la paix par l'anarchiste Le Gagneux, 1895.
Le Petit Journal : Assassinat d'un gardien de la paix par l'anarchiste Le Gagneux, 1895.

 

Il y a une chance sur deux pour qu’une nouvelle série télé soit une série policière, à tel point que cela frise l’overdose, c’est du gavage d’oie, et pourtant la poule est une bonne cliente : des plus ringardes (Le Renard) aux plus niaises (Diane femme flic), des plus françaises (Profilage) aux plus exotiques (le commissaire Wallenberg), des plus déprimantes (Barnaby) aux plus excitantes (Dexter), des plus nostalgiques (Serpico) aux plus actuelles (Détroit 1-8-7) … je pourrais continuer longtemps, le polar j’adore et pas seulement à la télé. Le roman policier, le roman noir font aussi mes délices. A ce propos, on pourrait remonter un peu dans le temps, à la naissance du roman policier au XIXè siècle, et essayer de comprendre le lien intime voire intrinsèque qui existe entre le fait divers et le roman policier.

Sous le Second Empire, les deux  écrivains les plus lus sont Léo Lespès (son pseudo : Timothée Trimm, auteur des « Chroniques ») et Ponson du Terrail qui avec Dumas feuilletoniste est l’auteur le plus prolixe du XIXème siècle (voir les fameuses Mémoires d’un gendarme parues en 1867)

La fiction pour eux est une forme achevée de faits divers, d’où le succès des « faits divers romancés » publiés en fascicules ou en feuilleton, on assiste au XIXè siècle à la naissance de produits de « l’industrie culturelle » qui sont tôt taxés d’indignité culturelle  et donc relégués dans « les dessous honteux du journalisme et de la littérature (D. Kalifa). Ils sont vite considérés comme « pernicieux » et « démoralisateurs ». La question que posent les historiens dixneuvièmistes est de comprendre comment les faits divers relayés par la presse populaire lue au quotidien par un public de plus en plus nombreux et de plus en plus diversifié et les romans policiers permettent une connaissance du monde social. Comment le fait divers au XIXème dit une société en pleine mutation culturelle ?

Ainsi l’intérêt s’est porté sur les journaux où fourmillent les petits faits sans relief et les événements insignifiants (rixes, altercations, vols à la tire), ce que les historiens ont appelé l’infiniment petit du fait divers.

Le terme même de « fait divers » est attesté en 1863 dans le Petit Journal qui scelle avec lui un pacte plein de promesses. Il n’a du reste pas de traduction littérale en d’autres langues (les Mexicains disent « Nouvelles rouges »). Auparavant, on disait : « Anecdotes », « Nouvelles… curieuses, singulières, extraordinaires », « Faits-Paris », à l’époque de Balzac, ou encore « Canards », mot qui désigne aussi bien un type d’information que son support matériel.

La trajectoire du « fait divers » au sein des réseaux d’information est intéressante car il s’agit d’abord d’événements du quotidien sélectionnés (par qui et comment, c’est bien difficile à dire) pour leur caractère exceptionnel, surprenant : miracles, cas de possession, monstruosités, crimes et brigandages, colportés oralement, notamment lors des foires et marchés, par des conteurs forains, plus ou moins professionnalisés. Ces « nouvelles » alimentent ensuite les conversations, les « on-dit » qu’on retrouve parfois dans les correspondances jusque chez Madame de Sévigné. Il faudrait voir, d’ailleurs, les interconnexions, les faits d’imitation entre les diverses « gazettes » de la cour, de la ville ou dé la rue.

Si le terme date de la seconde moitié du XIXème, ce que nous appelons aujourd’hui le fait divers fait son apparition dans la presse de la Monarchie de Juillet (1830 – 1848) : le canard ne résiste pas à la concurrence de la grande presse partiellement créée pour domestiquer, en le colonisant, l’imaginaire populaire (M. Perrot). La chronique du fait divers s’organise peu à peu et surtout se structure ; à partir des années 1880, l’écriture se professionnalise en fondant sa stratégie sur sa capacité à dire le « vrai », et ceci quel que soit le périodique.

La chronique des faits divers résulte de l’imbrication et de la circulation de trois niveaux de récits : le tout-venant informatif (constitué de « brèves », d’entrefilets ou de « nouvelles en trois lignes » relégué en rubrique), un deuxième niveau plus souple et mobile de quelques relations (agressions, cambriolages, « drames » familiaux) capables de passer de la rubrique à l’article en fonction des besoins rédactionnels. Le troisième niveau est celui « du beau crime »

La chronique devient très codifiée (écrire vite et réactiver si besoin lieux communs d’expression et de représentation), cela produit un discours très fermé, presque plombé, sorte de prêt-à-écrire qui construit le réel en même temps qu’il le dissout au sein de matrices narratives convenues et éprouvées (D. Kalifa)

Partant du fait que le crime est une construction complexe, c’est peut-être dans les récits jugés indignes que cette construction se donne à voir de la façon la plus lisible.

Les représentations du crime proposées par les faits divers sont autant  de réalités premières, de vérités présomptives que l’expérience et le monde sensible ont ensuite pour fonction de valider.

Si l’histoire du fait divers vous intéresse, allez donc jeter un œil sur cet article de M. Perrot, disponible en ligne grâce à Persée, Faits divers et histoire au XIXème siècle.

La construction culturelle du crime.

Comment se structure la perception du réel criminel dans ces récits ?

Tout d’abord il y a une désignation des figures du risque criminel, ces risques sont alors objectivés et hiérarchisés.

Les récits de faits divers indiquent avec précision les lieux et points névralgiques de la vulnérabilité sociale. Par exemple la rue comme territoire de l’agression va s’effacer dans les années 1900 au profit de l’espace privé du foyer menacé par des cambriolages devenus d’insupportables atteintes à l’intimité et à l’intégrité physique.

Les agents acceptables du retour à l’ordre et avec eux les conceptions et modes de fonctionnement légitimes de l’ordre public évoluent ; par exemple le policier  marginalisé dans le premier tiers du XIX au profit des espions ou des mouchards entame un lent retour en scène; dans les faits divers se multiplient les mentions de commissaires expérimentés et habiles.

Ces récits sont un matériau où s’affichent explicitement les stratégies de moralisation et de normalisation par lesquelles le corps social entend réduire ses transgressions et réguler ses écarts. Exposé dans une langue élémentaire, qui est celle de l’école primaire, incarnée par des figures simples et immédiatement compréhensibles, souvent réduites à l’état de fonctions anthropomorphisées  (le Criminel, la Victime, le « Réparateur »), ordonné dans un système narratif clair et cohérent, leur programme constitue un excellent répertoire où lire, à l’échelle du siècle, l’évolution et la distribution des propriétés normatives.

Toutefois, il faut absolument s’interroger sur les usages et les modes d’appropriation de ces textes car il ne convient pas de réduire ces récits à l’état de simples instruments de contrôle idéologique et social. On peut voir dans ces récits, les aspirations (confuses et collectives) d’un corps social inégalement engagé dans un lent processus d’individuation, d’adoucissement des mœurs et de redéploiement des sensibilités

La consommation croissante des faits divers et des fictions criminelles signalent l’accélération du processus d’intégration culturelle et sociale des classes dominées

Ces récits jouent un rôle dans la constitution et la structuration de l’espace public

Le crime du Kremlin-Bicêtre (26 décembre 1897).Suppléments illustrés du Petit Journal
Le crime du Kremlin-Bicêtre (26 décembre 1897).Suppléments illustrés du Petit Journal

L’enquête, fiction – maîtresse.

Une profonde mutation culturelle.

On passe d’une forme de narration interne et monologique centrée sur la relation factuelle de l’événement criminel à des modes d’énonciation et de focalisation plus complexes et qui s’attache à suivre le cours d’un autre « événement », celui de l’enquête. Le basculement s’opère de la manière suivante : on passe d’une narration initialement focalisée sur le crime (son horreur, sa sauvagerie …), sur le procès et sur l’exécution à un récit chargé de constituer méthodiquement faits et responsabilités.

A la veille de la Grande Guerre les récits d’enquête représentent la moitié des récits de crimes publiés dans la presse nationale, récits dans lesquels la métaphore cynégétique est très présente.

Le mode de narration qui s’impose est celui du récit rétrospectif, dont les tâtonnements inductifs finissent par établir et par prouver la « vérité des faits ». Cette forme narrative s’impose comme le principal mode d’approche et compréhension et de production de savoir propre à la société moderne, elle s’inscrit dans un double contexte : celui d’une société devenue opaque et inintelligible après l’événement révolutionnaire et celui d’un monde bouleversé dans l’expérience d’espaces nouveaux (la ville, la ville moderne est celle de « l’homme dans la foule », de l’homme « sans qualités », abîmé dans un espace désormais sans traces ni indices naturels). Partant, cela permet de comprendre un sentiment de fragilité, d’incompréhension, de brouillage des identités et des appartenances qui engagent hommes de lettres et hommes de science à scruter le monde social pour tenter de le comprendre et de le corriger : ils sondent, lisent et interprètent une société devenue inintelligible.

Une fièvre d’auto-analyse qui s’empare du pays. Les justiciers du roman criminel rejoignent les hygiénistes et les observateurs (pensons ici aux travaux de Parent-Duchatelet)

L’enquête est le privilège de l’homme démocratique, individu doué de Raison, à la fois lecteur et électeur mais aussi enquêteur potentiel; même si le principe de la lecture participante relève d’un artifice. Le reporter, produit de l’école primaire et de la méritocratie républicaine, s’impose comme le représentant idéal en ce qu’il exprime et incarne « l’opinion publique », toujours représentée comme l’acteur collectif et anonyme de la démocratie. Hommage à Monsieur Lecoq personnage sortie de l’imagination du père du roman policier, Emile Gaboriau.

Prochain billet : Ça saigne à la Une, la presse aime le crime.

Le crime de Monte-Carlo. Supplément illustré du Petit Journal. Date représentée : 25 août 1907.
Le crime de Monte-Carlo. Supplément illustré du Petit Journal. Date représentée : 25 août 1907.