Kreizh au KuB

KuB ! Un acronyme bien entendu, mais mâtiné d’une langue régionale. « Ku » pour culture et « B » pour Bretagne (ou Breizh).
KUB est LE webmédia breton de la culture, ce qui ne veut surtout pas dire qu’il s’agit d’un webmédia de la culture bretonne !

Le webmédia breton de la culture.

L’ambition de cette plateforme est non seulement d’accueillir mais aussi de permettre la diffusion de la création culturelle en Bretagne. Et oui, les Bretons peuvent chanter d’autres refrains que « ils ont des chapeaux, vive la … »

Après la version test lancée en avril 2017, la nouvelle née KuB vient de paraître avec pour ambition d’exposer des œuvres singulières, peu ou pas visibles sur les écrans traditionnels, avec une attention particulière apportée aux nouvelles écritures.
À l’occasion du lancement de sa nouvelle version, KuB fait une tournée en Bretagne et vient à la rencontre des espaces de culture et des acteurs culturels bretons. Ses responsables étaient dernièrement au théâtre du Pays de Morlaix. Porté par le Contrat d’objectifs et de Moyens et dans le cadre du Projet audiovisuel breton, KuB, basé à Vannes, est conventionné par l’État et la Région pour éditer des programmes sur le web, pour améliorer la visibilité des événements et des artistes de Bretagne mais aussi pour accompagner des projets sous forme de coproduction, de coédition. Le site dispose déjà de 400 vidéos il s’articule autour de 5 grands thèmes : les arts, les gens, les territoires, l’histoire, les collections.


Aujourd’hui ce sont « Les Gens » qui ont retenu mon attention et notamment la rubrique « Le Travail », je vous invite à aller jeter vos deux yeux sur « Les Mémoires Vives », une série de six portraits d’ouvrières réalisée par Cécile Borne et Thierry Salvert .

Ces ouvrières parlent de leur condition. L’évolution des pratiques, des techniques, des produits… Le travail qui se complexifie, s’accélère. Des jeunes femmes qui se forment, intègrent les gestes, acquièrent l’expérience, cherchent à obtenir un CDI, à prendre de l’ancienneté. Accomplir son travail, s’accomplir par le travail. Passer sa vie au travail. Attendre la retraite. Thématiques connues mais vécues différemment au gré des caractères, des situations et des âges. Ces voix intérieures se confient pendant qu’on voit les corps au travail. Travailler avec une machine au risque de devenir machine.
Cet article présente le travail des deux artistes : ICI

Bon voyage et belles découvertes.

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Thiepval. Les disparus de la Somme.

Thiepval est un petit village situé dans la Somme en Picardie et qui fut l’un des théâtres de la bataille de la Somme au cours de la Grande Guerre. C’est à Pozières que les Australiens ont lancé leur force au cours de l’année 1916.

Le village de Pozières  évoque le premier engagement d’envergure des troupes australiennes sur le front occidental. Arrivés le 23 juillet 1916 et après s’être emparés de Pozières, les Australiens, épuisés par d’incessantes contre attaques d’artillerie, furent relevés le 5 septembre par les Canadiens à la Ferme du Mouquet. Trois de leurs divisions étaient passées par le secteur de Pozières et avaient subi des pertes supérieures au tiers des effectifs engagés. Quant au village, il avait totalement disparu.

Ferme du Mouquet avant et après le bombardement@musée de Thiepval.
Ferme du Mouquet avant et après le bombardement@musée de Thiepval.

En novembre 1918, les champs de bataille de la Somme ne sont plus que mares de boues traversées par des barbelés, semés de tronc d’arbres calcinés. Des milliers de soldats venus de tout l’Empire britannique sont tombés dans la Somme, leurs corps n’avaient pas été retrouvés, leurs tombes n’avaient pas été enregistrées ou avaient été perdues ou détruites pendant les combats. Certains soldats n’ont pas pu être identifiés et ont été enterrés sous une pierre tombale avec la mention « Connu de Dieu seul », ce sont les soldats portés disparus. Le Mémorial de Thiepval rend hommage aux « Disparus de la Somme »

Les disparus de la Somme. Mémorial de Thiepval
Les disparus de la Somme. Mémorial de Thiepval

C’est un monumental édifice haut de 45 m qui se tient sur une crête au sud du village de Thiepval, il domine l’horizon et se voit de très loin, il est l’œuvre de Sir E. Lutyens.

Mémorial de Thiepval
Mémorial de Thiepval

La construction débute en 1928 avec le creusement de fondations à 9 mètres de profondeur, cette partie des travaux permet de mettre à jour des tunnels et des pièces d’artillerie qui n’avaient pas explosées.

Mémorial de Thiepval. 1931, en construction
Mémorial de Thiepval. 1931, en construction.

Le centre du mémorial est surplombé par une arche de 24 mètres de hauts et repose sur des piliers dans lesquels les noms des disparus sont gravés sur de la pierre blanche de Portland.

Mémorial de Thiepval. Pierre blanche de Portland
Mémorial de Thiepval. Pierre blanche de Portland.

Ils sont nombreux les Australiens entre Pozières et Péronne en ce mois de juillet, des jeunes, des vieux en voyages organisés, des familles sur la trace de ces soldats morts si loin de chez eux, des soldats ; tous venus honorés la mémoire des morts. Ce fut un moment très émouvant.

Mémorial de Thiepval. Avant la cérémonie du 20 juillet 2016
Mémorial de Thiepval. Avant la cérémonie du 20 juillet 2016
Mémorial de Thiepval.Avant la cérémonie du 20 juillet 2016. La mise en place
Mémorial de Thiepval.Avant la cérémonie du 20 juillet 2016. La mise en place

Si vous passez par la Somme, je vous invite à visiter le tout nouveau musée de Thiepval inauguré le 02 juin 2016.

Musée de Thiepval
Musée de Thiepval

Le réchauffement planétaire vu par la NASA

Ben voilà … Que dire de plus?

Urbabillard

Les images de la NASA montrent comment la terre se réchauffe, de manière accélérée. La réalité d’aujourd’hui dépasse les projections les plus pessimistes des scientifiques du 20e siècles. Il est grand temps que les efforts tant globaux que locaux se coordonnent afin de réduire la pollution et préserver le climat.

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LES DISPARUS DE LA GRANDE GUERRE. Un webdoc exceptionnel.

700 000.
C’est avec quelques semaines de retard que je publie ce court billet pour vous présenter un webdocumentaire exceptionnel dont certains d’entre vous ont déjà entendu parler. Il s’agit d’un webdoc en ligne sur le site de l’INRAP (l’Institut National de Recherches Archéologiques Préventives) et consacré aux 700 000 corps de soldats disparus sur la ligne de front en France au cours des batailles totales menées entre 1914 et 1918 par les armées des pays belligérants.
Pourquoi 700 000 ? L’archéologue Yves Desfossés, conservateur de l’archéologie en Champagne-Ardenne, explique que sur les 10 millions de soldats morts sur les champs de bataille, de nombreux corps n’ont jamais été récupérés. Les archéologues se fondent sur les statistiques les plus sûres, celle du Commonwealth dans la mesure où celui érige une sépulture individuelle aux soldats; il est, de ce fait, aisé de calculer la différence entre le nombre de soldats engagés et le nombre de sépultures. Le chiffre ainsi obtenu est extrapolé aux autres nations engagées dans le conflit.

700 000. Un des sites de fouille.
700 000. Un des sites de fouille.

Le webdocumentaire de 70 minutes revient sur le déroulement d’un immense chantier archéologique qui cherche les restes de ces soldats. Après une introduction, l’internaute est invité à se rendre sur 5 chantiers de fouille s’ouvre alors une expérience immersive passionnante et très émouvante. Le chantier se décline en 5 moments : Où et comment le ou les corps ont été retrouvés ? Pourquoi ont-ils été inhumés à cet endroit?Qui sont les soldats ? D’où venaient-ils ? Quelle vie ont-ils laissé derrière eux ? Les objets trouvés permettent d’identifier le soldat et de brosser le portrait de ces hommes venant tous les pays et des empires coloniaux. L’archéologie permet de nommer ces disparus, on comprend ainsi que l’angoisse profonde de tous les soldats était de mourir dans l’oubli. Le travail des archéologues, des anthropologues et des médecins légistes est essentiel et ce webdoc nous invite à les suivre et à les accompagner dans leurs questionnements et leurs hypothèses.

Cimetière de Boult sur Suippe
Cimetière de Boult sur Suippe

A Roclinourt, pris sous les bombardements ennemis, Pierre Grenier a été enseveli avec ses effets personnels et son équipement : son portefeuille avec la photo de sa famille, son porte-monnaie dans lequel il avait placé son alliance en or, un petit livre de prières… Il porte aussi sur lui une lettre, adressée à sa femme et à ses jumeaux, nés au début du conflit et qu’il ne verra jamais. L’enquête révèle en effet que trois jours après avoir écrit cette lettre, le 25 septembre 1915, Pierre Grenier disparut lors de la troisième bataille d’Artois avec 234 autres camarades de son régiment (source :
http://www.inrap.fr/700000-un-webdocumentaire-sur-les-disparus-de-la-grande-guerre-10840
Dans la Marne à Boult-sur-Suippe l’archéologue Bruno Duchêne dirige la fouille d’un cimetière de fortune où les soldats allemands étaient enterrés pendant les combats et dont une partie a été exhumée après la fin de la guerre. Les défunts proviennent soit directement du champ de bataille, soit de l’hôpital militaire allemand qui était installé dans le village. Plus de 600 tombes sont mises au jour et un millier d’objets personnels et militaires sont retrouvés par les archéologues. Les plaques d’identification des soldats, d’abord illisibles, sont envoyées au laboratoire des métaux ferreux. L’identité de l’un d’entre eux est révélée : il s’agit d’August Seelmeyer, appartenant au régiment d’artillerie allemand FAR26. Tout juste arrivé sur le front de Champagne, après seulement six jours de combat, August est frappé par un obus. Il a 19 ans.
Vous pouvez aussi vous rendre à Saint-Laurent-Blangy, dans une carrière de l’Aisne où une sépulture d’urgence a été vandalisée ou encore à Massiges.

700 000. Carte des fouilles. capture.
700 000. Carte des fouilles. capture.

A vous de partir sur les traces des soldats disparus : 

– Le webdocumentaire 700 000 
– Une présentation sur France Inter, à partir de la 33ème minute de l’émission, le Club des têtes au carré.
– La page FACEBOOK vous permettant de suivre l’actualité de ce webdoc.

Le Lac de Guerlédan (2015-2016)

Si vous n’êtes pas du Centre Bretagne, si vous n’avez pas fait un peu de tourisme dans le Kreiz Breizh, si vous ne regardez le 13 heures de Pernaut sur TF1 ; à ce propos avez-vous remarqué la surreprésentation des sujets traitant de la Bretagne dans cette édition ? Si vous ne connaissez pas le premier, n’avez pas arpenté le deuxième, ne regardez pas le troisième, il est fort probable que le nom de Guerlédan n’évoque rien pour vous.

Laissez vous prendre par la main, je vous y emmène.

Lac de Gerlédan. Localisation0

Le Lac de Guerlédan c’est là ! Entre la N164 qui parcourt la Bretagne de Brest à Rennes et la D767 qui rejoint Guingamp à Vannes en passant par Mûr de Bretagne, si cela ne vous évoque aucun lieu connu de vous, c’est normal ! Voici quelques cartes à différentes échelles pour mieux vous repérer.

Lac de Gerlédan. Localisation

Lac de Gerlédan. Localisation1JPG

Lac de Gerlédan. Localisation2JPG

Le lac est à la frontière entre deux départements : Le Morbihan (petite mer en breton) et les Côtes d’Armor. Les Côtes d’Armor s’appelaient jusqu’en 1990 les Côtes-du-Nord, moi j’aimais bien cette désignation quand j’étais enfant, cela nous plaçait (même en imagination) sous des cieux septentrionaux et me rapprochait de la Cornouaille de l’autre côté de la Manche. Mais, les penseurs du marketing territorial et les édiles locaux ont décidé de rebaptiser ce coin de Bretagne « Côtes d’Armor ». Je vous invite à ce propos à lire l’article de Christian Le Bart et Thomas Procureur: Quand les Côtes du Nord sont devenues les Côtes d’Armor. Le département entre identité et attractivité .

Je m’éloigne du sujet, comme souvent ! Le lac de Guerlédan, cela me rappelle les « croisières » en vedette très très ennuyeuses pour l’enfant que j’étais, les courses en pédalo mais ça n’allait pas assez vite, les jeux dans le bois de Caurel et les baignades dans le lac beaucoup plus amusantes.

Le Lac de Guerlédan d’une superficie de 400 hectares, il s’étend sur 12 km et atteint 40 mètres de profondeur, est entièrement artificiel. Le lac sis dans la vallée du Blavet répond à trois finalités : L’alimentation en eau potable (c’est la plus grande réserve d’eau potable de la région), le développement d’activités nautiques et la production d’électricité. La construction du barrage hydro-électrique sur le cours du Blavet canalisé débute en 1923, les travaux s’achèvent en 1930. La vallée entière s’est retrouvée sous les eaux, ce que l’on peut observer sur ces trois cartes. Les cartes historiques de Cassini et d’Etat major permettent de localiser clairement le bois de Caurel et les méandres du Blavet, alors que sur la photographie aérienne rend visible la vallée ennoyée. La superposition de l’ancienne carte d’Etat major et la photographie aérienne donne la localisation précise du barrage.

Caurel Saint Aignan. Carte Cassini

Bois de Caurel. Carte d'Etat major

Guerlédan. Photo aérienne

Barrage

La mise en eau de la vallée a noyé 17 écluses et les maisons éclusières ainsi que les mines d’ardoises, cette roche métamorphique a longtemps été exploitée dans le pays du Centre Bretagne.

 

Le lac a déjà été mis à sec, la dernière fois c’était en 1985, entre mai et octobre 2015, EDF a procédé à l’examen technique du barrage en vidangeant complètement la retenue d’eau. Pendant les 6 mois d’assec, des nombreux travaux ont été réalisés, ça a surtout permis aux nombreux promeneurs de découvrir le fond du lac, d’arpenter les anciens chemins de l’halage, de marcher sur des mottes de vase asséchée et craquelée, de toucher les murs des maisons depuis longtemps englouties, d’observer les restes d’anciennes activités humaines qui gisent au fond du lac. C’est à la fois émouvant et inquiétant de penser effleurer les pignons de ces maisons plongées au fond de ce lac. Voici quelques clichés pris cet été au cours d’une promenade aérienne et aquatique

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Le début du remplissage, novembre 2015 :

Une carte interactive pour voir les photos des internautes-promeneurs :

Ar Bobl … Bonne année à tous les Bretons

Bonne année à tous les Bretons

A nos parents et à nos amis

A nos lecteurs de Bretagne et de France

A tous nos vendeurs

Au barde, au prêtre, au bourgeois

A ceux d’entre nous qui aiment nos coutumes

Bonne année à Françoise la servante

A Jeannot le paysan, mangeur de patates

Et à chacun, rouge ou noble

S’il soutient ar Bobl

Ça en jette, n’est-ce pas? Ces vœux de bonne année ont été rédigés  …. en 1913 dans le journal Ar Bobl (« le Peuple » en breton) un périodique paru entre 1904 et 1914 à Carhaix (et oui, cette ville du Centre Bretagne où se déroule le festival des Vieilles Charrues). Je vous invite à visiter le site consacré à ce journal :

Ar Bobl

Si vous êtes amateur ou amatrice de micro histoire, vous serez admiratif(ve) du remarquable travail réalisé par J.Y. Michel  qui a analysé les 502 numéros du journal. Les rubriques vous permettront de découvrir au creux du quotidien les chroniques d’une vie bretonne passée. Politique, religion, démographie, société vous saurez tout « des travaux et des jours » . C’est une plongée dans le passé avec une grosse pincée d’émotion(s). Les auteurs du site ont élaboré des nombreuses illustrations cartographiques.

Je vous laisse sur cette page de la défense de la langue bretonne : Bloavez mad … à tous

Et savourer un cliché de Charles-Augustin Lhermitte

Carhaix Plouguer en 1912. La rue Brizeux. Charles Augustin Lhermitte
Carhaix Plouguer en 1912. La rue Brizeux. Charles Augustin Lhermitte

Entrez dans La Bibliothèque mondiale.

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Si vous avez rêvé un jour de pouvoir vous promener une bibliothèque qui rassemblerait tout le savoir humain, votre songe pourrait devenir réalité grâce à la Bibliothèque numérique mondiale.

Capture WDL

La Bibliothèque numérique mondiale met à disposition sur Internet, gratuitement et en plusieurs langues, une documentation considérable en provenance des pays et des cultures du monde entier.

C’est le Bibliothécaire du Congrès James H. Billington, aux États-Unis, qui a proposé la création de la Bibliothèque numérique mondiale dans un discours prononcé devant la Commission américaine de l’UNESCO en Juin 2005. L’idée de base était de rassembler sur Internet, et de façon accessible, des richesses culturelles du monde entier afin de raconter l’histoire de tous les pays et toutes les cultures et d’en souligner les réalisations, favorisant ainsi la sensibilisation et l’entente inter-culturelles.

Les partenaires de la WDL (World Digital Library – bibliothèque numérique mondiale) sont principalement des bibliothèques, des archives, ou d’autres institutions disposant de collections de contenus culturels contribuant à la WDL. Les partenaires peuvent aussi inclure des institutions, des fondations, et des entreprises privées contribuant au projet d’autres façons, par exemple en partageant leurs ressources techniques, en organisant ou co-parrainant des réunions de groupes de travail, ou en contribuant financièrement.
Le Groupe de Travail pour la sélection des contenus a développé dès le départ les grandes orientations pour la sélection. En outre, les partenaires de la Bibliothèque numérique mondiale ont travaillé pour intégrer des informations de grande importance, culturellement parlant, sur tous les pays membres de l’UNESCO. Ces documents sont disponibles dans plusieurs formats et langues, et se réfèrent à différents lieux et époques. La Bibliothèque numérique mondiale se concentre sur des documents de base importants, à savoir manuscrits, cartes, livres rares, enregistrements, films, gravures, photographies, dessins d’architecture, et d’autres types de sources primaires. L’un des objectifs à atteindre est de faire fonctionner ensemble le contenu de la Bibliothèque numérique mondiale et le programme Mémoire du monde de l’UNESCO afin de rendre accessibles au public des versions numériques de ces collections.

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L’exploration peut se faire par lieu, période, thème, institutions, langues, type d’élément. Quand vous avez retenu un document, vous avez la possibilité d’écouter la page et de télécharger la présentation.
Vous pouvez aussi naviguer à partir de cartes interactives ou de chronologies
A vous de voyager à votre guise.

Atlas de Joan Martines, cosmographe. 1587.
Atlas de Joan Martines, cosmographe. 1587.

VIMY : entre histoire et mémoire

Il y a quelques mois, au cours d’une escapade dans le Nord, nous avons fait un arrêt sur la départementale 55 entre Arras et Lens et avons visité le monument de Vimy érigé en hommage aux soldats canadiens tués en France.

Vimy. Le mémorial.
Vimy. Le mémorial.

L’assaut canadien.

Nous sommes ici sur la Crête-de-Vimy, à la fin de l’année la guerre de position qui se définit comme une guerre d’usure succède à la guerre de mouvement : les combats se stabilisent alors le long d’une ligne de front, les armées se font face à face et les soldats s’enterrent dans les tranchées. La crête-de-Vimy, au nord d’Arras, qui culmine à 145 mètres, a constitué un point fort du dispositif défensif mis en place par les Allemands : elle leur permet de contrôler l’ensemble du champ de bataille, à la fois vers Arras, demeuré aux mains des Alliés, et vers la partie occidentale du bassin minier qui a échappé à leur occupation ; des batteries de canons, installées à contre-pente mais commandées depuis le sommet du plateau, tirent sur les lignes alliées du secteur d’Arras avec une quasi impunité.

Vimy. vue sur la plaine.
Vimy. vue sur la plaine.

En raison de son importance stratégique, la crête a été massivement fortifiée, avec des lignes de tranchées ponctuées d’abris bétonnés et, surtout, des installations souterraines de grande ampleur, permises par la nature crayeuse du terrain.

De la fin de l’année 1914 à la fin de 1916, toutes les tentatives alliées pour s’emparer de ce verrou ont échoué, qu’il s’agisse des attaques françaises de mai 1915 ou des tentatives britanniques à partir de la plaine de Gohelle, dans le secteur de Loos, autour de la « colline 70 ». (source )

Lors de violents et meurtriers assaut les troupes françaises font reculer la ligne allemande vers l’Est sans toutefois parvenir à s’emparer de la crête. Le 09 avril 1917, les quatre divisions du Corps d’armée canadien prennent la crête d’assaut. Un terrible barrage d’artillerie, avec des techniques améliorées de tir de contrebatterie contre des canons ennemis, allait détruire les positions allemandes et isoler les troupes ennemies dans leurs abris. A 5h30, près de 1 000 fusils ouvrent le feu sur les positions allemandes, les Canadiens s’avancent et réussissent à s’emparer de leur objectif en début d’après midi à l’exception de la côte 145 qu’ils prennent le lendemain. Le 12 avril, la 4ème Division canadienne, avec l’aide de la 24ème Division britannique, s’empare du Bourgeon, situé à l’extrémité nord de la crête.

Carte de la progression des Canadiens à Vimy. Collection d'archives George-Metcalf MCG 19750215-030
Carte de la progression des Canadiens à Vimy. Collection d’archives George-Metcalf MCG 19750215-030

On voit ici l’offensive canadienne sur la crête de Vimy, ainsi que la progression à travers la plaine de Douai, et les batailles d’Arleux et de Fresnoy à la fin d’avril et au début de mai. Les lignes bleues indiquent l’avancée et les dates où les forces alliées atteignirent ces endroits. Les lignes roses indiquent les frontières entre divisions. Les lignes vertes montrent les vieilles avancées.

Vue sur la  plaine de Douai. Collection d'archives George-Metcalf MCG 19920085-244
Vue sur la plaine de Douai. Collection d’archives George-Metcalf MCG 19920085-244

Cette photo prise après la prise de la crête de Vimy, est une vue, vers l’est, de la plaine de Douai. Le point d’observation occupé par les soldats du premier plan témoigne de l’importance stratégique de la crête de Vimy – sa hauteur.

Cette bataille très coûteuse en hommes est caractéristique de la létalité des assauts : la victoire se fait au prix 10 602 victimes du côté canadien dont 3 598 morts.

 

Vimy. Appui d'artillerie.Collection d'archives George-Metcalf MCG 19920085-215
Vimy. Appui d’artillerie.Collection d’archives George-Metcalf MCG 19920085-215

 

La naissance du Canada moderne

La victoire de Vimy a contribué à unir le pays en insufflant à la jeune nation un sentiment d’honneur et de fierté. Le succès de Vimy a immédiatement un écho considérable au Canada, alors que la participation à la guerre se trouvait remise en cause par une bonne partie de l’opinion publique, notamment au Québec, en rupture avec l’enthousiasme des débuts du conflit lorsque de nombreux volontaires s’étaient engagés. Vimy est bien un lieu et un moment fondateurs de la jeune nation canadienne. Essayons de comprendre pourquoi ?

Cimetière canadien de Vimy. Collection d'archives George-Metcalf MCG 19801226-298
Cimetière canadien de Vimy. Collection d’archives George-Metcalf MCG 19801226-298

La première guerre mondiale fut déterminante dans l’histoire du Canada. Durant ces  quatre années de conflit, la population du Canada va, du fait de sa participation déterminante à l’effort de guerre de l’Empire britannique, affirmer sa stature de nation à part entière. Cette guerre plonge le Canada dans d’importantes difficultés économiques et politiques mais amène l’homogénéisation de ses forces armées, notamment par l’apparition de la conscription, en mai 1917. Dénombrant seulement soixante-trois mille hommes en 1914, l’armée canadienne ne cesse de se développer pendant la guerre et compte en 1918 plus de six cent mille soldats, constituant le plus gros effectif militaire au sein de l’Empire britannique. Les hommes combattent dans leur majorité sur le front occidental, en France et en Belgique. Les batailles  d’Ypres, en avril 1915, de la Somme, en septembre 1916, et surtout de la crête de Vimy. En avril 1917, font de l’armée canadienne une force estimée par les autres combattants alliés. En automne 1917, les divisions canadiennes sont engagées dans la bataille de Passchendaele où, commandées non plus par un général britannique mais par un général canadien, sir Arthur Currie (Source  )

Arthur Currie et son fils. Collection d'archives George-Metcalf MCG 19680113-001
Arthur Currie et son fils. Collection d’archives George-Metcalf MCG 19680113-001

Dès l’année 1917, un premier monument est érigé 1917 sur la crête de Vimy qui rend hommage à la 2e division canadienne et à la 13e brigade d’infanterie britannique qui combattirent ensemble au cours de la bataille. Des monuments commémoratifs étaient souvent érigés par des unités et des formations après les batailles importantes.

Premier monument commémoratif. Vimy. Collection d'archives George-Metcalf MCG 19930013-362
Premier monument commémoratif. Vimy. Collection d’archives George-Metcalf MCG 19930013-362

Le mémorial de Vimy

.Le monument national du Canada de Vimy sur le site de la mission du centenaire http://centenaire.org/fr/en-france/nord-pas-de-calais/pas-de-calais/reportage/le-memorial-national-du-canada-de-vimy
Le monument national du Canada de Vimy sur le site de la mission du centenaire : Source 

Situé sur un terrain offert par la France au peuple canadien, le monument, une imposante structure, est l’œuvre de Walter Allward, un des plus célèbres sculpteurs canadiens, à qui fut notamment commandé le monument commémoratif national rappelant la participation du Canada à la guerre d’Afrique du Sud (1899-1902).

Walter Allward
Walter Allward

Allward commença à travailler au Mémorial de Vimy en 1925 et le termina 11 ans plus tard, au coût de 1,5 million de dollars. Il est orné de 20 figures allégoriques représentant la foi, la justice, la paix, l’honneur, la charité, la vérité, la connaissance et l’espérance. La figure centrale « Le Canada pleurant ses fils disparus » rappelle les pertes subies par le pays pendant la guerre. Le Mémorial de Vimy porte les noms des 11 285 Canadiens qui ont été tués sur le sol français et dont le lieu de sépulture est inconnu.

Nom des soldats canadiens.

Le monument se dresse sur un socle de 11 000 tonnes de béton.

Vimy le socle du mémorial
Vimy le socle du mémorial

Les deux tours quadrangulaires pèsent près de 6 000 tonnes de pierre calcaire qui provient d’une carrière de la Rome antique, située sur le littoral adriatique.

Vimy. les deux tours.
Vimy. les deux tours.

Les deux tours blanches ornées de feuilles d’érable et de fleurs de lys symbolisent les sacrifices « consentis » par les deux pays. Tout en haut des tous, les statues de la Paix et de la Justice , au dessous, sur la face arrière des tours, celles de la Vérité et de la Connaissance qui sont entourées par les blasons du Canada, de la Grande-Bretagne et de la France. A la base des tours, se trouvent la figure d’un jeune soldat mourant, l’Esprit du sacrifice et celle du Porteur de flambeau.

A la base du monument, les statues d’un homme et d’une femme endeuillés ouvrent l’escalier menant aux deux tours.

Vimy. Statue  du mémorial. Homme endeuillé.
Vimy. Statue du mémorial. Homme endeuillé.
Vimy. Statue face à la plain de Douai
Vimy. Statue face à la plain de Douai
Vimy. statue femme endeuillée.
Vimy. statue femme endeuillée.

 

Les statues ont été sculptées à l’endroit même où elles se trouvent aujourd’hui.

Maquette en plâtre réalisée par Walter Allward entre 1925 et 1930 et utilisée par les tailleurs de pierre pour la construction du Mémorial de Vimy, en France.
Maquette en plâtre réalisée par Walter Allward entre 1925 et 1930 et utilisée par les tailleurs de pierre pour la construction du Mémorial de Vimy, en France.

Le Mémorial de Vimy fut inauguré en juillet 1936 devant une foule de plus de 100 000 personnes au nombre desquelles figuraient 6000 anciens combattants canadiens qui avaient fait le voyage outre-mer pour assister à la cérémonie.

Le monument commémoratif du Canada que l’on visite aujourd’hui a été restauré, pour cette restauration il a fallu démanteler et refaire les structures en pierre du socle et des parois verticales du monument, remplacer et graver les pierres endommagées, rejointoyer les tours et nettoyer les 20 statues qui ornent le monument.

 Vimy : lieu de mémoire et tourisme mémoriel.

Vimy est lieu de mémoire par excellence, je vous livre ici quelques exemples : le jour de notre visite, un groupe de scolaires canadiens posaient pour une photo de groupe.

Vimy. Groupe scolaire
Vimy. Groupe scolaire

Le site, ainsi que le souterrain et les tranchées restaurées, le centre d’accueil sont pris en charge par de jeunes volontaires canadiens. Ce 11 novembre la cérémonie commémorant l’armistice a rassemblé des Canadiens, des Français et des Britanniques.

Vimy. 11 novembre 2014.
Vimy. 11 novembre 2014. Source : la Voix du Nord

Le site des anciens combattants du Canada met à disposition du public une courte vidéo dans laquelle les images sont commentées par des extraits de lettres ou de journaux.

Vivez Vimy
Vivez Vimy. Capture. Source

Enfin, Vimy est une étape dans les chemins de mémoire de la Grande Guerre en Nord-Pas de Calais : voir la vidéo de présentation (http://www.cheminsdememoire-nordpasdecalais.fr/ ). Le site internet propose des randonnées sur les grands lieux de bataille.

Les chemins de mémoire en randonnée
Les chemins de mémoire en randonnée

Ces randonnées peuvent se faire à pied ou en vélo

Vimy sur les chemins de mémoire
Vimy sur les chemins de mémoire

Pour finir, cette estampe du capitaine australien William Longstaff qui illustre à mon sens la croisée entre histoire et mémoire

La crête de Vimy (Vimy Ridge) Estampe par capitaine William Longstaff Collection d'art militaire Beaverbrook MCG 19890275-051
La crête de Vimy (Vimy Ridge) Estampe par capitaine William Longstaff Collection d’art militaire Beaverbrook MCG 19890275-051

Vimy Ridge connut une grande popularité et des reproductions en furent faites et vendues partout dans l’Empire. Longstaff représente les fantômes de soldats gravissant la crête de Vimy en provenance de la plaine de Douai, et qui retournent au monument. Le créateur du Mémorial, Walter Allward, expliqua en 1921 qu’il avait été inspiré par un rêve fait pendant la guerre où des soldats morts « se levaient en masse, s’alignaient en silence et s’élançaient au combat pour aider les vivants. L’impression que j’en ai retirée fut si forte qu’elle dura pendant des mois. Sans les morts, nous sommes impuissants. Alors j’ai voulu montrer dans ce monument aux morts du Canada que nous avions une dette envers eux et qu’elle ne s’éteindra jamais. »

Vimy. Statue du mémorial
Vimy. Statue du mémorial.

Rendez-vous au monument aux morts

Rendez-vous au monument aux morts. Documentaire du CNRS
Rendez-vous au monument aux morts. Documentaire du CNRS

La Première Guerre Mondiale marque l’entrée du 20e siècle dans la mort de masse. Afin de garantir la permanence du souvenir de tous ces soldats morts pour la patrie, on érige dès le début des années 1920 des monuments aux morts dans toute la France. Pluriels dans leur forme comme dans leur sens, ils constituent un précieux témoignage des mentalités de l’après-guerre.
Plusieurs historiens mettent en lumière les diverses significations que revêtent ces monuments répondant à la fois à la nécessité du deuil pour les familles et à celle de la commémoration de la victoire de la République pour l’état. Loin d’être les témoins muets de notre passé, ils nous interrogent sur la manière dont nous transmettons et maintenons notre mémoire collective.
Les intervenants : BECKER Annette ; DALISSON Rémi ; OFFENSTADT Nicolas ; DAVID Franck ; JULIEN Elise ; PROST Antoine

Rendez-vous au monument aux morts.

Rendez-vous au monument aux morts. Documentaire du CNRS. Capture d'écran
Rendez-vous au monument aux morts. Documentaire du CNRS. Capture d’écran

Les vitraux du Père Lachaise.

Cimetière du Père Lachaise. Septembre 2014.
Cimetière du Père Lachaise. Septembre 2014.

Le cimetière du Père Lachaise est un des lieux les plus fréquentés par les touristes, notamment par les touristes étrangers. Si vous vous asseyez sur un banc ou sur une marche vous entendrez, sans forcément les comprendre, des Espagnols, des Italiens, des Allemands, des Anglais, des Américains, des Russes : c’était le menu d’hier. Ce lieu est inclassable, un parc, un cimetière, un musée, un voyage dans le temps, vous pouvez l’arpenter un jour, y revenir le lendemain, entrer par une des portes latérales, ne pas suivre les allées, marcher entre les sépultures, emprunter des tours et des détours et penser s’égarer.

Plan du Père Lachaise.
Plan du Père Lachaise.

Hier, c’est la partie nord-ouest qui m’intéressait : un espace délimité parles avenues Latérale du Nord, Feuillant, Transversale n°1 et les murs d’enceinte surplombant l’avenue Gambetta et le boulevard de Ménilmontant. Une petite portion du cimetière en fin de compte. Cette fois- ci, ce n’est pas les portes des sépultures qui retenaient mon attention comme ce fut le cas lors de la précédente pérégrination (je vous en reparlerai). Ces portes souvent ouvertes, endommagées, fracturées par endroit, abandonnées laissent la possibilité d’apercevoir des vitraux, ou ce qu’il en reste. Je n’ai pas la prétention de proposer la recension exhaustive de ce patrimoine, certains le font très bien  et avec des compétences que je ne prétends pas maîtriser.

Le vitrail cassé, fendu, ébréché, en mauvais état dont les pièces absentes (volées ou égarées) provoquebien souvent une émotion plus vive au pérégrin qu’un vitrail en parfait état de conservation. Pourquoi me direz-vous ? Peut-être parce qu’il s’agit de vitraux de sépulture familiale et non d’un vitrail plus monumental d’un lieu de culte à destination d’une communauté religieuse : ces petits vitraux occupent toujours le même emplacement, au dessus de l’autel. Cette balade en cimetière a été guidée par un principe auquel je le jure (si je mens je vais en …) de ne pas avoir dérogé : ne toucher aucune porte et éviter ainsi un effet de mise en scène. Je laisse de côté ces propos quelque peu sentencieux, j’ai voulu capter et capturer le rai de lumière, voir comment la lumière fait jour dans des lieux obscurs, sans forcément y parvenir, le fiat lux se prononce sans se saisir. Mais, j’ai admiré des jeux de lumière et surtout ai été fascinée par l’inlassable et minutieuse œuvre arachnéenne, très loin du projet initial des familles qui ont bâti ces concessions, le temps passe et fait son œuvre. Voici quelques clichés des vitraux du Père Lachaise :

Les vitraux du Père Lachaise21 Les vitraux du Père Lachaise20 Les vitraux du Père Lachaise19 Les vitraux du Père Lachaise18 Les vitraux du Père Lachaise17 Les vitraux du Père Lachaise16 Les vitraux du Père Lachaise15 Les vitraux du Père Lachaise14 Les vitraux du Père Lachaise13 Les vitraux du Père Lachaise12 Les vitraux du Père Lachaise11 Les vitraux du Père Lachaise10 Les vitraux du Père Lachaise9 Les vitraux du Père Lachaise8 Les vitraux du Père Lachaise7 Les vitraux du Père Lachaise6 Les vitraux du Père Lachaise5 Les vitraux du Père Lachaise4 Les vitraux du Père Lachaise3 Les vitraux du Père Lachaise2 Les vitraux du Père Lachaise