Emmet GOWIN à la Fondation Henri Cartier-Bresson.

Jusqu’au 27 juillet si vous passez par Paris faites un détour par la Fondation Henri Cartier Bresson, située 2 impasse Lebouis dans le 14 arrondissement et rencontrez le photographe américain Emmet Gowinn
Emmet Gowin

Voici que nous apprend la plaquette distribuée aux visiteurs : Emmet Gowin fils d’un pasteur méthodiste et d’une mère musicienne est né en Virginie à Danville en 1941, c’est la rencontre avec la famille nombreuse et exubérante de sa future épouse, Edith, qui transforme sa vision du monde.

Edith 1967, Virginie (c) Emmet Gowin
C’est l’univers familial qui est sa première source d’inspiration, le quotidien, l’arrivée des enfants, la nature autour de lui où spiritualité et esthétique sont intimement liées : La liberté et l’audace, dont il fait preuve dans les scènes de la vie quotidienne ainsi rapportées, contrastent avec l’éducation sévère et sérieuse qui lui avait été inculquée.

Edith, Danville, Virginie, 1963, (c) Emmet Gowin
Edith, Danville, Virginie, 1963, (c) Emmet Gowin

Il commence sa formation universitaire en étudiant le commerce pendant deux ans dans une école de la région tout en travaillant au département design du grand magasin Sears. En 1961, il change d’orientation et suit pendant quatre ans les cours d’arts graphiques au Richmond Professional Institute. Il se passionne pour toutes les formes d’art et pratique régulièrement la peinture et le dessin. Après quelques mois de cours, il réalise que la photographie est son meilleur moyen d’expression en lui permettant de saisir le hasard et l’inattendu. Edith est son grand sujet. « Photographier Edith reste le fil conducteur et l’expérience rédemptrice de ma vie. C’est, dans une large mesure le poème central de mon œuvre », a-t-il écrit.

Différents portraits d'Edith.
Différents portraits d’Edith.

 

Plus largement, ce sont les photos de sa famille qui ont fait connaître le photographe américain, dans les années 1970. Des photos qui dégagent quelque chose d’étrange. Comme ce sentiment confus et diffus mais nettement perceptible qui peut, chacun de nous, nous envahir quand nous observons cette intimité familière qui, dès lors qu’elle est scrutée acquiert une autre dimension : celle de l’inquiétude que nous pouvons éprouver quand nous devenons un autre à nous même.

Family, Danville, 1970, (c) Emmet Gowin
Family, Danville, 1970, (c) Emmet Gowin
Nancy, Danville, Virginie, 1965, (c) Emmet Gowin
Nancy, Danville, Virginie, 1965, (c) Emmet Gowin
Danville (Virginie), 1969 © Emmet Gowin, Courtesy Pace MacGill Gallery, New York
Danville (Virginie), 1969 © Emmet Gowin, Courtesy Pace MacGill Gallery, New York

La rétrospective est présentée dans deux salles situées au premier et deuxième étages de la Fondation, la première salle est consacrée à la famille, la deuxième retrace le travail que le photographe mène dans les années 1980 : il élargit son champ de vision et photographie le paysage, mais surtout les marques laissées par l’activité humaine.

Emmet Gowin Changing the Earth
Emmet Gowin Changing the Earth

Il porte un intérêt extrême à ce qu’il nomme lui-même « les paysages exploités », ces paysages anthropisés, abandonnés portent les cicatrices du travail des hommes et des femmes occupant ou ayant occupé ces espaces. Ce travail photographique a été publié dans Changing the Earth : Il livre alors des photos quasi abstraites où des lignes, des cercles, de petites formes graphiques témoignent de l’empreinte laissée par l’homme sur la surface terrestre. Pourtant, pour lui, « même lorsqu’un paysage est profondément défiguré ou brutalisé il brûle encore d’une vive animation intérieure ».

Old Hanford City Site and the Columbia River, Hanford Nuclear Reservation, near R0ichland, Washington, 1986. (c) Emmet Gowin
Old Hanford City Site and the Columbia River, Hanford Nuclear Reservation, near R0ichland, Washington, 1986. (c) Emmet Gowin
Parcours de golfe en construction, Arizona, 1993. (c) Emmet Gowin
Parcours de golfe en construction, Arizona, 1993. (c) Emmet Gowin

Bonne visite. Après votre visite, n’hésitez pas à monte au troisième étage de cet atelier maintenant transformé en fondation.

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Urbex: les explorateurs urbains

Entre fascination et vertigineuse sensation de n’être que boyaux en soubresauts : très impressionnant. Merci à Urbabillard pour ces découvertes urbaines toujours insolites.

Urbabillard

En hauteur, au sommet des gratte-ciel, on découvre des paysages magnifiques. Cependant, les points d’observation sont rarement accessibles, souvent privés et fermés au public. Les explorateurs urbains vont à l’assaut de ces panoramas  de l’extrême et nous offrent des perspectives stupéfiantes. Partout à travers le monde, des passionnés en font une manière de voyager, une façon de redécouvrir la ville et de se procurer des sensations fortes.

On désigne ces explorateurs de « skywalkers », ceux qui marchent dans le ciel . Un goût du risque autant qu’un esprit militant anime ces intrépides photographes et squatteurs des hauteurs. N’hésitant pas à sauter une clôture, à ouvrir une porte close ou à escalader un mur, ils s’approprient la ville le temps d’une prise de vue et parfois un peu plus.

Rooftopping movment

En Angleterre, le mouvement « urbex » est né de la contraction du mot « urban » et « exploration ». Les « urbexplorateur »  n’hésitent pas à utiliser des termes propres…

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Projet «Giganto» à São Paulo

Merci à Urbabillard dont je suis un peu fan pour cette plongée en milieu urbain (pas) hostile. Une autre façon de vivre et de voir la ville.

Urbabillard

Les visages qui font la ville, voilà comment on regarde ici São Paulo. Ces fresques occupent des espaces publics habituellement délaissés, réutilisés comme espaces d’exposition. Voici comment la photographe brésilienne Raquel Brust décrit «Giganto»: « un projet de photographie intervention hyper- dimensionnelle qui utilise la scène urbaine et l’architecture de la ville en tant que plate-forme pour l’exposition photographique». Commencé en 2008, le projet a permis d’exposer les portraits de personnes vivant sous la route surélevée de Minhocão.

Projet Giganto

Les piliers de béton qui surplombent la rue retrouvent un semblant d’humanité, peut-être aussi les sans-abri. La démarche est à la fois sociale, artistique et urbanistique.

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Mon Cerveau à l’école.

Comment l’enfant que j’ai (jadis) été a emmagasiné, engrangé, stocké, assez de compétences pour lire, pour écrire, pour compter, pour entrer en communication avec les autres? Et avant cela quel cheminement mental a-t-il  fallu emprunter pour marcher, parler, se repérer? Sans interaction, sans vie avec les autres, je serais  peut-être devenu cet enfant sauvage,sublimement mis en scène dans le film éponyme de François Truffaut :

Des chercheurs issus de plusieurs laboratoires viennent de créer le site « Mon cerveau à l’école » pour combler le fossé qui sépare la recherche et les citoyens : voici une exploration des plus stimulantes

Je parle français à trois ans
Je parle français à trois ans

 

Pour se promener,  se perdre dans les arcanes de votre cerveau et retrouver votre chemin cliquez sur les tuiles :

Mon cerveau à l'école.
Mon cerveau à l’école c’est l’histoire du petit Poucet.

 

Le trafic aérien d’une journée en un coup d’oeil

Pour un coup d’œil vu du ciel et comprendre aussi une géographie des mobilités et de la mondialisation.

Le mouvement du monde

LE KIOSQUE MÉDIAS

Sur Wired

Dans une journée d’été typique, environ 30 000 avions traversent le ciel européen. Ce vidéo vous montre leurs trajets en seulement 2 minutes.

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Les graffitis du camp de Drancy

Connaitre Drancy par les traces laissées par les internés, je vous conseille cet excellent billet du blog Mémoires Vives.

Cette semaine, notre invité est Benoît Pouvreau, docteur en histoire de l’architecture, chercheur au service du patrimoine culturel du Département de la Seine-Saint-Denis à l’occasion de la sortie du livre sur les graffitis du camp de Drancy.

Publié par le Département de la Seine-Saint-Denis, cet ouvrage s’inscrit dans le prolongement de l’exposition présentée au Mémorial de la Shoah à Drancy et aux Archives départementales de Seine-Saint-Denis. Outre les 76 carreaux de plâtre avec graffiti découverts en 2009, il présente de manière exhaustive l’ensemble des graffiti connus du camp de Drancy et les informations concernant leurs auteurs quand ceux-ci ont pu être identifiés.

Encore conservés au sein de la cité de la Muette ou seulement connus par des photographies prises après-guerre, ces graffiti sont tous ici réunis et, dans la mesure du possible, documentés.

Grâce aux archives du Mémorial de la Shoah et celles du Service historique de la Défense, l’ensemble des informations collectées sur les auteurs de ces graffiti a été rassemblé dans cet ouvrage. Enfants, femmes et hommes seuls, familles, tous ont voulu laisser une trace personnelle, leur nom, un poème, un dessin « pour mémoire ».

À travers leurs parcours particuliers et souvent exemplaires, c’est la singularité mais aussi la diversité des 63 000 victimes déportées depuis le camp de Drancy qui sont ici restituées, à rebours du projet nazi qui voulait leur extermination et l’oubli même de leur existence.

Lire la suite : ICI

La ville vue par Yann Arthus-Bertrand

Vu du ciel là où nous habitons.

Urbabillard

Dans l’ouvrage « La Terre vue du ciel » (1999),  Yann Arthus-Bertrand présente des photographies aériennes d’une grande beauté, avec un propos écologiste affirmé. Un documentaire du même nom a été produit en 2004, permettant de survoler des paysages en révélant des enjeux tant locaux que globaux, à travers différents pays du monde. Réputé pour ses photographies de paysages et de phénomènes naturels, Yann Arthus-Bertrand nous permet ici de prendre de la hateur sur différents environnements urbains.

Lotissements à Brøndby, banlieue de Copenhague, Seeland, Danemark (55°34’ N - 12°23’ E).Lotissements à Brøndby, banlieue de Copenhague, Seeland, Danemark

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Vivian Maier à Tours

Vivian Maier, Self-Portrait, 1954. Source

Pour ceux qui auront la chance d’être à Tours ou de s’y rendre avant le mois de juin prochain, vous pouvez vous offrir une pérégrination photographique urbaine des plus émouvantes, puisque le musée du Jeu de Paume à Tours consacre à cette street reporter une exposition – rétrospective.

Vivian Maier. date inconnue. Source

Vivian Maier est une énigme. Cette gouvernante américaine, née le 1er février 1926 à New York et morte le 21 avril 2009 à Chicago, qui se promenait avec son Rolleiflex autour du cou. Elle a fait des milliers de photos des familles dont elle gardait les enfants, sans jamais les montrer, ou presque, pas même à ses employeurs. L’inconnue est pourtant devenue, en l’espace de deux ans, l’héroïne d’un roman-photo, ou plutôt d’un polar riche en intrigues […]

Vivian Maier dans la Lumière

L’histoire commence à Chicago, à l’hiver 2007, lors d’une vente aux enchères d’effets appartenant à Vivian Maier, saisis pour solder ses loyers impayés. Un certain John Maloof, chineur en quête de documentation sur un quartier de Chicago, achète pour 400 dollars des cartons et valises. Y sont entassés des négatifs (entre 100 000 et 150 000), des tirages (plus de 3 000) et des centaines de bobines Ektachrome non développées. C’est en réalité l’essentiel du travail photographique de la gouvernante. Quand il tape «Vivian Maier» sur Google, aucune occurrence. En 2009, John Maloof apprend sa mort via un avis de décès publié dans le Chigago Tribune par la famille Gensburg, qui était venue en aide à la vieille dame dans ses dernières années. John Maloof s’obstine dès lors à remonter le fil d’une vie, d’une passion, entouré d’une multitude d’experts, des autres acquéreurs de l’œuvre de Vivian Maier et des familles pour lesquelles elle avait travaillé.

Lire la suite : Vivian Maier au détour d’une rue.

L’exposition à Tours

L’exposition en images : Une photographe révélée.

Au programme : Poésie et humanisme.

J’espère avoir l’occasion de me rendre dans la cité tourangelle dans les semaines qui viennent. Si certains d’entre vous ont eu la chance de voir cette exposition, n’hésitez pas à faire part de vos impressions.

Chicago, Illinois, 1963. Source

Le site consacré à Vivian Maier

cabanon en ruine

Pour continuer le tour des lieux en errance, dans un autre lieu et sous une autre atmosphère que celle de Ian Ference ou Thomas Jorion. Le spectacle est toujours aussi fascinant.

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Erik Johansson

Set Them Free. Erik Johansson

Pour découvrir les incroyables photos montages d’Erik Johansson et garder son univers et son imaginaire d’enfant, rendez-vous sur le site de ce doux dingue : quelle aventure!

Photographer Erik Johansson