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d'une poule sur un mur.

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Portraits

L’enfant et le néant. I…

Pas de guerre sans images, cela relève du truisme. Les sociétés en guerre produisent des images, de toute nature, des conflits dans lesquels elles s’embourbent. Ces images expliquent, justifient, réfléchissent, excusent. En un mot, elles donnent à voir la manière dont nous nous mettons en scène et la manière dont nous nous représentons l’ennemi . Ces images opposent souvent la brutalité de l’ennemi à l’innocence des outragés. Nous avons tous en tête des images devenues iconiques, des symboles de « l’horreur ». La plupart du temps ce sont les femmes et les enfants qui occupent le devant de la scène. Rappelez vous cette photographie d’une femme algérienne qui symbolise l’horreur du massacre des civils en 1992 quand le Front Islamique du Salut puis le G.I.A. (Groupes Islamiques Armés) entrent en guerre contre l’Etat incarné par l’unique F.L.N.

Massacres de civils en Algérie

Maintenant, si nous évoquons le drame humain qui se joue à nos portes, à nos frontières, à nos murs de barbelés nous le qualifions de « crise des migrants ». Je ne sais pas vraiment qui en crise : certainement les hommes, les femmes, les enfants qui fuient les horreurs de la guerre, probablement notre (mon) Europe démunie, apeurée, dépassée. S’il faut trouver une image de cette déréliction qui nous enveloppe, un cliché surgit et nous envahit : celui d’un enfant échoué sur une plage dont nous connaissons l’identité légale, Aylan Kurdi.

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Cette dernière photo invite inévitablement à se poser plusieurs questions :
– Pourquoi et en quoi un enfant symboliserait-il un conflit, une crise, une guerre ?
– Est-ce une nouvelle manière de représenter ce que nous jugeons insupportable ?
– Y a-t-il ici une concurrence des victimes ? En d’autres termes, maladroits j’en ai conscience, Le Dormeur du val a-t-il du céder sa place à l’Enfant échoué ?

Nous avons tous en tête des images d’enfants et de guerre, ce billet est ouvert à vos questions ou suggestions, n’hésitez pas à en faire part car il est à suivre.

Dans La Brousse d’Antoine BRUY.

 

Antoine Bruy. Les Maquis. Capture.
Antoine Bruy. Les Maquis. Capture.

C’est en lisant dans les Chroniques de la BNF un article intitulé Photographes en action que j’ai découvert le travail du jeune photographe Antoine Bruy, un des lauréats de la Bourse du Talent.Il appartient à cette génération qui explore toutes les possibilités du numérique en revisitant des sujets négligés, voire tombés en déshérence comme la pratique du portrait. Ces photographes « constatent la vertigineuse transformation du monde et ramènent la représentation du paysage au premier plan » (Anne Biroleau). Antoine Bruy a mené un projet fascinant mêlant à la fois portraits et carnet de route qu’il a baptisé Scrublands (Les brousses) : le photographe est parti à la rencontre de ceux et celles qui vivent en marge des villes françaises et européenne, dans un espace où la population est devenue très majoritairement urbaine. J’ai beaucoup aimé ce travail généreux et humaniste.

Antoine Bruy. Scrublands. Capture.
Antoine Bruy. Scrublands. Capture.

Pour en savoir plus sur ce projet, je vous invite à lire l’article que Konbini a consacré à ce jeune artiste et pour faire plus ample connaissance, faites un détour par son site internet : Antoine Bruy.

Graines de portraits.

Voici une manière de vous souhaiter à toutes et à tous une excellente année 2015, de vous remercier de votre fidélité et de vos remarques en savourant quelques portraits glanés cette année entre Tours, Lille, Roubaix, Quimper. Ils m’ont émue ou amusée, ils contiennent tous une parcelle de l’inextinguible beauté des sujets qui nous regardent depuis longtemps et que nous regardons maintenant.

Albert Küchler. Buste de femme de dos avec une perle dans les cheveux, 1845
Albert Küchler. Buste de femme de dos avec une perle dans les cheveux, 1845
Albert Küchler. Vieille femme italienne à la robe rouge et à la coiffure à rayures.
Albert Küchler. Vieille femme italienne à la robe rouge et à la coiffure à rayures.
Emile Vernon. Sous la lampe, 1902
Emile Vernon. Sous la lampe, 1902
Frans Depooter. Femme à la robe verte, 1934
Frans Depooter. Femme à la robe verte, 1934
John Hamilton Mortimer. Portrait présumé de lady Pigott tenant une estampe, 1775
John Hamilton Mortimer. Portrait présumé de lady Pigott tenant une estampe, 1775
Jules Boquet. La tasse bleue
Jules Boquet. La tasse bleue
Kennington. La cuisine ambulante, 1914
Kennington. La cuisine ambulante, 1914
Louis Adolphe Stritt. Le choix des broderies, vers 1930.
Louis Adolphe Stritt. Le choix des broderies, vers 1930.
Remy Cogghe. Madame reçoit, 1908
Remy Cogghe. Madame reçoit, 1908
Thomas Lawrence. Portrait de sir Georges Howland Beaumont. 1808
Thomas Lawrence. Portrait de sir Georges Howland Beaumont. 1808
Thomas Lawrence. Portrait de Charles William Bell
Thomas Lawrence. Portrait de Charles William Bell
Thomas Lawrence. Portrait des enfants d'Ascoyghe Boucherett. 1800
Thomas Lawrence. Portrait des enfants d’Ascoyghe Boucherett. 1800

 

1914-1918. Eté 1914. Antoine Drouot. Un feuilleton numérique.

http://www.alaviealaguerre.fr/

#ALVALG
#ALVALG. Capture d’écran.

Eté 1914. Antoine Drouot, un jeune homme de 24 ans, chef de machine dans une imprimerie parisienne, est sur le point d’être mobilisé. Il décide de tenir un journal intime dans lequel il raconte son quotidien, ainsi que celui de ses amis et de sa famille. Ainsi commence « A la vie, à la guerre », récit interactif d’un poilu au cours de la « der des der ». Proposé par les éditions numériques 12-21 dans le cadre des commémorations de la première guerre mondiale, ce feuilleton original, écrit par un professeur d’histoire, Julien Hervieux, s’accompagne d’un blog interactif, alaviealaguerre.fr, où les lecteurs peuvent découvrir la vie des hommes et des femmes pendant le conflit, tout en collant aux événements réels qui se sont déroulés la même semaine, avec un siècle de décalage. Ainsi, les premiers éléments du blog ont été mis en ligne le 28 juin – date du tristement célèbre assassinat de l’archiduc François-Ferdinand, héritier de l’empire austro-hongrois – mais le premier épisode de l’histoire d’Antoine Drouot a commencé le 3 juillet 1914 et a donc été publié le 3 juillet 2014. Ce blog et le roman-feuilleton « A la vie, à la guerre » sont des œuvres de fiction qui s’appuient sur des sources historiques très documentées : l’auteur travaille à partir des journaux de marche du 24e régiment d’infanterie (journaux établis par le commandement sur le terrain, au jour le jour, et dans lesquels sont décrits les manœuvres, les combats, les trajets, le quotidien des hommes, avec souvent moult détails). Les épisodes sont mis en vente chaque jeudi, jusqu’au 25 décembre. Les deux premiers sont gratuits, les suivants sont vendus 0,99 euro et disponibles chez les e-libraires.

Source : Le Monde.

Découverte du Musée d’Art et d’Histoire du Judaïsme à Paris

Merci à vous de promouvoir ainsi le MAHJ dont les programmations audacieuses s’adressent à tous.

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Mardi 24 juin 2014, peu avant 10 heures du matin, le quartier du Marais est déjà bien réveillé. Les commerçants ouvrent peu à peu leur boutique, les touristes parcourent le quartier à une vitesse qui semble frustrer les travailleurs déjà au pas de course. Au loin, l’architecture de Renzo Piano qui surplombe les ruelles médiévales, où se trouve au 71 rue du Temple l’Hôtel de Saint-Aignan devant lequel un petit attroupement est en train de se former. Un mois, jour pour jour après les tristes évènements qui frappèrent le musée Juif de Belgique, une petite partie de la twittosphère culture, musées et institutions culturelles, comptait bien rendre hommage aux victimes de cet attentat, qui laissa de nombreuses personnes bouleversées et encore sous le choc. Bernard Hasquenoph, fondateur de LOUVRE POUR TOUS, fut à l’initiative de ce projet qui fut mené d’une main de maître, grâce à l’aimable autorisation du…

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Emmet GOWIN à la Fondation Henri Cartier-Bresson.

Jusqu’au 27 juillet si vous passez par Paris faites un détour par la Fondation Henri Cartier Bresson, située 2 impasse Lebouis dans le 14 arrondissement et rencontrez le photographe américain Emmet Gowinn
Emmet Gowin

Voici que nous apprend la plaquette distribuée aux visiteurs : Emmet Gowin fils d’un pasteur méthodiste et d’une mère musicienne est né en Virginie à Danville en 1941, c’est la rencontre avec la famille nombreuse et exubérante de sa future épouse, Edith, qui transforme sa vision du monde.

Edith 1967, Virginie (c) Emmet Gowin
C’est l’univers familial qui est sa première source d’inspiration, le quotidien, l’arrivée des enfants, la nature autour de lui où spiritualité et esthétique sont intimement liées : La liberté et l’audace, dont il fait preuve dans les scènes de la vie quotidienne ainsi rapportées, contrastent avec l’éducation sévère et sérieuse qui lui avait été inculquée.

Edith, Danville, Virginie, 1963, (c) Emmet Gowin
Edith, Danville, Virginie, 1963, (c) Emmet Gowin

Il commence sa formation universitaire en étudiant le commerce pendant deux ans dans une école de la région tout en travaillant au département design du grand magasin Sears. En 1961, il change d’orientation et suit pendant quatre ans les cours d’arts graphiques au Richmond Professional Institute. Il se passionne pour toutes les formes d’art et pratique régulièrement la peinture et le dessin. Après quelques mois de cours, il réalise que la photographie est son meilleur moyen d’expression en lui permettant de saisir le hasard et l’inattendu. Edith est son grand sujet. « Photographier Edith reste le fil conducteur et l’expérience rédemptrice de ma vie. C’est, dans une large mesure le poème central de mon œuvre », a-t-il écrit.

Différents portraits d'Edith.
Différents portraits d’Edith.

 

Plus largement, ce sont les photos de sa famille qui ont fait connaître le photographe américain, dans les années 1970. Des photos qui dégagent quelque chose d’étrange. Comme ce sentiment confus et diffus mais nettement perceptible qui peut, chacun de nous, nous envahir quand nous observons cette intimité familière qui, dès lors qu’elle est scrutée acquiert une autre dimension : celle de l’inquiétude que nous pouvons éprouver quand nous devenons un autre à nous même.

Family, Danville, 1970, (c) Emmet Gowin
Family, Danville, 1970, (c) Emmet Gowin
Nancy, Danville, Virginie, 1965, (c) Emmet Gowin
Nancy, Danville, Virginie, 1965, (c) Emmet Gowin
Danville (Virginie), 1969 © Emmet Gowin, Courtesy Pace MacGill Gallery, New York
Danville (Virginie), 1969 © Emmet Gowin, Courtesy Pace MacGill Gallery, New York

La rétrospective est présentée dans deux salles situées au premier et deuxième étages de la Fondation, la première salle est consacrée à la famille, la deuxième retrace le travail que le photographe mène dans les années 1980 : il élargit son champ de vision et photographie le paysage, mais surtout les marques laissées par l’activité humaine.

Emmet Gowin Changing the Earth
Emmet Gowin Changing the Earth

Il porte un intérêt extrême à ce qu’il nomme lui-même « les paysages exploités », ces paysages anthropisés, abandonnés portent les cicatrices du travail des hommes et des femmes occupant ou ayant occupé ces espaces. Ce travail photographique a été publié dans Changing the Earth : Il livre alors des photos quasi abstraites où des lignes, des cercles, de petites formes graphiques témoignent de l’empreinte laissée par l’homme sur la surface terrestre. Pourtant, pour lui, « même lorsqu’un paysage est profondément défiguré ou brutalisé il brûle encore d’une vive animation intérieure ».

Old Hanford City Site and the Columbia River, Hanford Nuclear Reservation, near R0ichland, Washington, 1986. (c) Emmet Gowin
Old Hanford City Site and the Columbia River, Hanford Nuclear Reservation, near R0ichland, Washington, 1986. (c) Emmet Gowin
Parcours de golfe en construction, Arizona, 1993. (c) Emmet Gowin
Parcours de golfe en construction, Arizona, 1993. (c) Emmet Gowin

Bonne visite. Après votre visite, n’hésitez pas à monte au troisième étage de cet atelier maintenant transformé en fondation.

Un enfant n’a aucune valeur en temps de guerre.

Un titre en couperet, sans appel, sans dialogue! La guerre s’ouvre et bouscule durant l’été 1914 les derniers jours de l’ancien monde. Ces mots lacérés sont ceux d’Elfriede Kuhr, un des 14 protagonistes de l’exceptionnelle série d’Arte : des armes et des mots qui nous ouvrent les pages de 14 journaux intimes.

Des armes et des mots.
Des armes et des mots.

Ce sont des histoires vraies! Voilà une forme d’histoire, d’appréhension du passé comme je l’affectionne et la cultive : une histoire par le bas, celle que les anglos-saxons qualifient de « subalterns studies », comprendre le monde par la vie bouleversée ou en train de l’être de ces hommes, ces femmes et ces enfants plongés dans la totale et inédite conflagration européenne du début du XXème siècle. Avant de s ‘engouffrer dans la catastrophe originelle du XXème siècle , je vous laisse lire ou écouter la bande annonce : Nous pouvions traverser l’Europe de l’Atlantique au Bosphore en quelques jours seulement. Le chemin de fer avait fait le lien entre les coins les plus éloignés du continent, les distances ne comptaient plus. Tout nous semblait possible, il suffisait de le vouloir assez fort. Il y avait une excitation enfantine à succomber à ce vertige de la vitesse offert par les avancées techniques. Nous avions l’avenir entre nos mains, il semblait si brillant, si tangible. Nous ne pouvions imaginer à quel point le sol était instable sous nos pieds et le futur fragile jusqu’à l’été 1914.

14 journaux intimes.
14 journaux intimes.

Comment dirons-nous demain les guerres aux nouveaux visages qui se déroulent aujourd’hui ?

Les combats de Bois-le-Prêtre : le témoignage d’un soldat amateur.

Film Bois le Prêtre

La Mission du centenaire 14-18 vient de publier sur son site Internet un film inédit tourné en 1915, intitulé Après les combats de Bois le Prêtre. Il montre la mort de masse, sujet qui n’était jamais filmé à l’époque. Laurent Véray, historien du cinéma, qui a mené une enquête de deux ans sur ce film, conservé à la Bibiliothèque de documentation internationale contemporaine (BDIC), explique comment ce document d’archives a été découvert et en commente les différentes séquences.

Pour mieux connaitre cette source exceptionnelle, je vous invite à lire cette présentation sur le site de la mission du centenaire.

Ce document avait été déposé aux Archives du film français par la BDIC en 1996. Personne ne s’était soucié de le regarder. Ce n’est qu’à la fin des années 2000, lorsque les Archives du film français se sont lancées dans une politique de numérisation tous azimuts que le document a été sorti de sa boîte. En consultant les registres de dépôt de la BDIC, nous avons trouvé des traces de ce document au début des années 1960. Nous sommes tout d’abord partis sur une fausse piste. Un nom figurait sur les boîtes de film, mais l’écriture n’était pas très lisible, « Gal Ladévèze », et nous pensions alors qu’il s’agissait d’un général. On s’est rendu compte que c’était le nom du donateur. Nous avons retrouvé aux Archives du film français une photocopie d’une lettre de la sœur d’Albert Gal-Ladévèze, l’auteur du film. Celle-ci aurait fait don de ces bobineaux au Musée des deux guerres mondiales, aujourd’hui Musée d’histoire contemporaine de la BDIC. Dans cette lettre, à prendre avec précaution, car sans doute rédigée au moment du dépôt — donc longtemps après le tournage —, elle explique que son frère était sergent au 268e régiment d’infanterie, qui faisait partie de la 73e division d’infanterie. J’ai cherché la trace de ce régiment. Il a effectivement combattu dans le secteur de Pont-à-Mousson (Meurthe-et-Moselle), où se trouve le Bois le Prêtre. Il y a donc tourné ces images. Sa sœur dit qu’il y a été blessé à plusieurs reprises, avant d’être relevé. Entré dans l’aviation, il est ensuite devenu instructeur de vol, avant de mourir dans un accident d’avion. La suite de l’entretien : sur le site du Monde.

 

 

Mon Cerveau à l’école.

Comment l’enfant que j’ai (jadis) été a emmagasiné, engrangé, stocké, assez de compétences pour lire, pour écrire, pour compter, pour entrer en communication avec les autres? Et avant cela quel cheminement mental a-t-il  fallu emprunter pour marcher, parler, se repérer? Sans interaction, sans vie avec les autres, je serais  peut-être devenu cet enfant sauvage,sublimement mis en scène dans le film éponyme de François Truffaut :

Des chercheurs issus de plusieurs laboratoires viennent de créer le site « Mon cerveau à l’école » pour combler le fossé qui sépare la recherche et les citoyens : voici une exploration des plus stimulantes

Je parle français à trois ans
Je parle français à trois ans

 

Pour se promener,  se perdre dans les arcanes de votre cerveau et retrouver votre chemin cliquez sur les tuiles :

Mon cerveau à l'école.
Mon cerveau à l’école c’est l’histoire du petit Poucet.

 

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