Graines de portraits.

Voici une manière de vous souhaiter à toutes et à tous une excellente année 2015, de vous remercier de votre fidélité et de vos remarques en savourant quelques portraits glanés cette année entre Tours, Lille, Roubaix, Quimper. Ils m’ont émue ou amusée, ils contiennent tous une parcelle de l’inextinguible beauté des sujets qui nous regardent depuis longtemps et que nous regardons maintenant.

Albert Küchler. Buste de femme de dos avec une perle dans les cheveux, 1845
Albert Küchler. Buste de femme de dos avec une perle dans les cheveux, 1845
Albert Küchler. Vieille femme italienne à la robe rouge et à la coiffure à rayures.
Albert Küchler. Vieille femme italienne à la robe rouge et à la coiffure à rayures.
Emile Vernon. Sous la lampe, 1902
Emile Vernon. Sous la lampe, 1902
Frans Depooter. Femme à la robe verte, 1934
Frans Depooter. Femme à la robe verte, 1934
John Hamilton Mortimer. Portrait présumé de lady Pigott tenant une estampe, 1775
John Hamilton Mortimer. Portrait présumé de lady Pigott tenant une estampe, 1775
Jules Boquet. La tasse bleue
Jules Boquet. La tasse bleue
Kennington. La cuisine ambulante, 1914
Kennington. La cuisine ambulante, 1914
Louis Adolphe Stritt. Le choix des broderies, vers 1930.
Louis Adolphe Stritt. Le choix des broderies, vers 1930.
Remy Cogghe. Madame reçoit, 1908
Remy Cogghe. Madame reçoit, 1908
Thomas Lawrence. Portrait de sir Georges Howland Beaumont. 1808
Thomas Lawrence. Portrait de sir Georges Howland Beaumont. 1808
Thomas Lawrence. Portrait de Charles William Bell
Thomas Lawrence. Portrait de Charles William Bell
Thomas Lawrence. Portrait des enfants d'Ascoyghe Boucherett. 1800
Thomas Lawrence. Portrait des enfants d’Ascoyghe Boucherett. 1800

 

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Les vitraux du Père Lachaise.

Cimetière du Père Lachaise. Septembre 2014.
Cimetière du Père Lachaise. Septembre 2014.

Le cimetière du Père Lachaise est un des lieux les plus fréquentés par les touristes, notamment par les touristes étrangers. Si vous vous asseyez sur un banc ou sur une marche vous entendrez, sans forcément les comprendre, des Espagnols, des Italiens, des Allemands, des Anglais, des Américains, des Russes : c’était le menu d’hier. Ce lieu est inclassable, un parc, un cimetière, un musée, un voyage dans le temps, vous pouvez l’arpenter un jour, y revenir le lendemain, entrer par une des portes latérales, ne pas suivre les allées, marcher entre les sépultures, emprunter des tours et des détours et penser s’égarer.

Plan du Père Lachaise.
Plan du Père Lachaise.

Hier, c’est la partie nord-ouest qui m’intéressait : un espace délimité parles avenues Latérale du Nord, Feuillant, Transversale n°1 et les murs d’enceinte surplombant l’avenue Gambetta et le boulevard de Ménilmontant. Une petite portion du cimetière en fin de compte. Cette fois- ci, ce n’est pas les portes des sépultures qui retenaient mon attention comme ce fut le cas lors de la précédente pérégrination (je vous en reparlerai). Ces portes souvent ouvertes, endommagées, fracturées par endroit, abandonnées laissent la possibilité d’apercevoir des vitraux, ou ce qu’il en reste. Je n’ai pas la prétention de proposer la recension exhaustive de ce patrimoine, certains le font très bien  et avec des compétences que je ne prétends pas maîtriser.

Le vitrail cassé, fendu, ébréché, en mauvais état dont les pièces absentes (volées ou égarées) provoquebien souvent une émotion plus vive au pérégrin qu’un vitrail en parfait état de conservation. Pourquoi me direz-vous ? Peut-être parce qu’il s’agit de vitraux de sépulture familiale et non d’un vitrail plus monumental d’un lieu de culte à destination d’une communauté religieuse : ces petits vitraux occupent toujours le même emplacement, au dessus de l’autel. Cette balade en cimetière a été guidée par un principe auquel je le jure (si je mens je vais en …) de ne pas avoir dérogé : ne toucher aucune porte et éviter ainsi un effet de mise en scène. Je laisse de côté ces propos quelque peu sentencieux, j’ai voulu capter et capturer le rai de lumière, voir comment la lumière fait jour dans des lieux obscurs, sans forcément y parvenir, le fiat lux se prononce sans se saisir. Mais, j’ai admiré des jeux de lumière et surtout ai été fascinée par l’inlassable et minutieuse œuvre arachnéenne, très loin du projet initial des familles qui ont bâti ces concessions, le temps passe et fait son œuvre. Voici quelques clichés des vitraux du Père Lachaise :

Les vitraux du Père Lachaise21 Les vitraux du Père Lachaise20 Les vitraux du Père Lachaise19 Les vitraux du Père Lachaise18 Les vitraux du Père Lachaise17 Les vitraux du Père Lachaise16 Les vitraux du Père Lachaise15 Les vitraux du Père Lachaise14 Les vitraux du Père Lachaise13 Les vitraux du Père Lachaise12 Les vitraux du Père Lachaise11 Les vitraux du Père Lachaise10 Les vitraux du Père Lachaise9 Les vitraux du Père Lachaise8 Les vitraux du Père Lachaise7 Les vitraux du Père Lachaise6 Les vitraux du Père Lachaise5 Les vitraux du Père Lachaise4 Les vitraux du Père Lachaise3 Les vitraux du Père Lachaise2 Les vitraux du Père Lachaise

 

Un lundi au Père-Lachaise.

Promenade dans LE cimetière parisien.

Chemin Mehul. Père Lachaise
Chemin Mehul. Père Lachaise

Ne partez pas ! Ce n’est pas un billet érudit sur le plus célèbre cimetière de Paris, seulement le retour sur une déambulation du jour,  déambulation  servie toute fraiche. Ce matin, le jour offrait cette couleur azure hivernale si rare jouant de ses  contrastes sur les façades des immeubles, les traces de condensation des avions striaient le ciel. Je me suis dit que la journée allait être ensoleillée et que c’était le moment de sortir ses guêtres. En bonne urbaine, soucieuse de la qualité de l’air je visite Air Parif, c’est comme un tic, je ne peux m’y soustraire avant une balade francilienne. Remarquez, je ne me pose même pas l’ombre de la question quand je suis partout ailleurs ! Bref, le site et les médias locaux annonçaient un pic de pollution à pas mettre un vieux, un jeune, un pulmonaire, un asthmatique dehors.

Air Parif le 09 décembre 2013
Air Parif le 09 décembre 2013

Comme demain c’est pire, mieux vaut sortir aujourd’hui et entrer au Père-Lachaise.

Ce cimetière a toujours exercé sur mon petit esprit une réelle fascination, je l’ai découvert en arrivant dans la capitale, je l’ai arpenté, emprunté par les petits chemins pierrés ou pas qui séparent les concessions, je l’ai respiré à toutes les saisons, je l’ai observé par tous les temps, à chaque fois il était le miroir de mon état d’esprit : joyeux, mélancolique, impertinent, romantique (version XIXème siècle avec mousse et gisant), voire hilare et irrévérencieux car marcher sur les morts ça a quand même de la gueule, curieux (que se cache t-il sous les pierres qui se descellent des caveaux abandonnés?). A bien y réfléchir une partie de ce cimetière est un véritable terrain de jeux : on y va, on s’y perd, on y croise des chats, des touristes avec des plans, des vieux aux pas nonchalants et des chalands qui s’assoupissent sur les bancs, d’en haut on regarde la ville ! A aucun moment, ce lieu ne se ferme.

Père-Lachaise. Invitation à pérégriner.
Père-Lachaise. Invitation à pérégriner.

Ce cimetière n’est pas qu’un lieu de sépulture individuelle, il condense des mémoires : celle des guerres du XXème siècle, celles des déportations, celles des résistances, celles des anonymes et des grands noms qui se côtoient dans les mêmes allées.

Il faut maintenant entrer dans les allées

Pérégriner au cimetière du Père-Lachaise.
Pérégriner au cimetière du Père-Lachaise.

Aujourd’hui ce cimetière est un lieu baigné de lumière, le soleil d’hiver chauffe les mousses, éclaire les pierres pendant quelques petites heures,  l’astre brillant en hiver me rappelant à l’urgence d’une vie unique et essentiellement éphémère. Le spectacle est assez rare pour vouloir l’emprisonner en quelques clics présomptueux.

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Dans certaines allées des anonymes, des capitaines d’industries, des comédiens dont l’épitaphe gravait le souvenir éternel et que nous ne connaissons pas ou plus, quelques pavés foulés et les promeneurs sont entourés de la statuaire de grands hommes et de quelques femmes.

Les grands hommes. Balzac. Père-Lachaise.
Les grands hommes. Balzac. Père-Lachaise.
Les grandes femmes. Hubertine Auclert. Père-Lachaise.
Les grandes femmes. Hubertine Auclert. Père-Lachaise.
Les grands hommes. Géricault. Père-Lachaise.
Les grands hommes. Géricault. Père-Lachaise.

Le cimetière change de physionomie et le sens que l’on peut cultiver dans son rapport à la mort, à sa mort, se transforme en haut du cimetière : après avoir visité le columbarium (dont le nom dérivé de l’expression « niche de pigeon » laisse perplexe), on longe le mur des fédérés, les pelouses funéraires, les jardins du souvenir

Père-Lachaise. Columbarium
Père-Lachaise. Columbarium
Père-Lachaise. Crematorium.
Père-Lachaise. Crematorium.

La promenade vous enveloppe d’une impression que l’on voudrait voir s’éloigner, cette impression qui vous enveloppe et vous laisse un peu seul au monde, celle de votre inéluctable finitude, dans ces cas là, vous vous dites que seul le clown sauve.

Père-Lachaise. Plaque A. Zavatta.
Père-Lachaise. Plaque A. Zavatta.

Si je tente de concevoir un rapport apaisé à la mort, en sachant qu’il s’agit d’une vaine futilité, je crois que de cette promenade urbaine de début d’hiver je retiendrai ces deux images :

Père Lachaise. Concession Raspail.
Père Lachaise. Concession Raspail.
Père-Lachaise. Concession Constant Graux.
Père-Lachaise. Concession Constant Graux.

Ne soufflez pas trop, vous avez échappé au chat se dorant la pilule sur le marbre (non! c’est trop froid, même pour un petit félidé des villes), sur la pelouse funéraire ou le freu avec un son bec un gros bout de pain. Vous ne me croyez pas? Vous avez tort …. :

Le freu du Père-Lachaise
Le freu du Père-Lachaise.

Il faudra, un jour, que je vous parle de ce cimetière à l’agencement hors de compréhension pour ceux qui pensent que les morts doivent être ensevelis : le cimetière de l’île de San Michele à Venise.

L’histoire entre rêve et plaisir. A consommer sans modération.

L’histoire entre rêve et plaisir – La Vie des idées.

Pour rencontrer Alain Corbin, l’historien qui bouscule avec élégance les idées reçues et qui invite à labourer des terres que l’on croyait muette ou qu’on pensait ne pas advenir, je vous laisse en compagnie de l’entretien qu’il accorde à Ivan Jablonka.

Entretien avec Alain Corbin

Alain Corbin rend sensible les odeurs du bocage, le son des cloches qui se sont éteintes, le bruit d’une ville disparue; dans une invitation au voyage, il nous fait croiser des putes, des bordels et des « cannibales » et rend vie à des hommes morts sans laisser de traces et peut-être aurez vous la chance de gouter le désir du rivage. Allez lire (oui, je crois que c’est une injonction comminatoire) Alain Corbin, prenez, ouvrez et lisez au hasard un de ces livres, vous allez vous offrir un voyage dans le temps et de la connaissance qui rend sensible au monde.

Une invitation à monter dans les arbres : La douceur de l’ombre, ouvrage paru en 2013.

La Douceur de l'arbre. Entretien à la Matinale, France Musique.
La Douceur de l’arbre. Entretien à la Matinale, France Musique.

Voici sa bibliographie :

Les Filles de noce. Misère sexuelle et prostitution (XIXe siècle), Paris, Flammarion, 1978.
Le Miasme et la Jonquille. L’odorat et l’imaginaire social, XVIIIe-XIXe siècles, Paris, Flammarion, 1982.
Le Village des cannibales, Paris, Flammarion, 1986.
Le Territoire du vide. L’Occident et le désir du rivage, 1750-1840, Paris, Flammarion, 1988.
Les Cloches de la terre. Paysage sonore et culture sensible dans les campagnes au XIXe siècle, Paris, Flammarion, 1994.
Le Monde retrouvé de Louis-François Pinagot. Sur les traces d’un inconnu (1798-1876), Paris, Flammarion, 1998.
Histoire du corps (codir. avec J.-J. Courtine et G. Vigarello), Paris, Seuil, 2005, 3 vol.
L’Harmonie des plaisirs. Les manières de jouir du siècle des Lumières à l’avènement de la sexologie, Paris, Perrin, 2007.
Les Conférences de Morterolles, hiver 1895-1896. À l’écoute d’un monde disparu, Paris, Flammarion, 2011.
Histoire de la virilité (codir. avec J.-J. Courtine et G. Vigarello), Paris, Seuil, 2011, 3 vol.
La Douceur de l’ombre. L’arbre, source d’émotions, de l’Antiquité à nos jours, Paris, Fayard, 2013.
La Pluie, le Soleil et le Vent. Une histoire de la sensibilité au temps qu’il fait (dir.), Paris, Aubier, 2013.

L’histoire entre rêve et plaisir. A consommer sans modération.

L’histoire entre rêve et plaisir – La Vie des idées.

Pour rencontrer Alain Corbin, l’historien qui bouscule avec élégance les idées reçues et qui invite à labourer des terres que l’on croyait muette ou qu’on pensait ne pas advenir, je vous laisse en compagnie de l’entretien qu’il accorde à Ivan Jablonka.

Entretien avec Alain Corbin

Alain Corbin rend sensible les odeurs du bocage, le son des cloches qui se sont éteintes, le bruit d’une ville disparue; dans une invitation au voyage, il nous fait croiser des putes, des bordels et des « cannibales » et rend vie à des hommes morts sans laisser de traces et peut-être aurez vous la chance de gouter le désir du rivage. Allez lire (oui, je crois que c’est une injonction comminatoire) Alain Corbin, prenez, ouvrez et lisez au hasard un de ces livres, vous allez vous offrir un voyage dans le temps et de la connaissance qui rend sensible au monde.

Une invitation à monter dans les arbres : La douceur de l’ombre, ouvrage paru en 2013.

La Douceur de l'arbre. Entretien à la Matinale, France Musique.
La Douceur de l’arbre. Entretien à la Matinale, France Musique.

Voici sa bibliographie :

Les Filles de noce. Misère sexuelle et prostitution (XIXe siècle), Paris, Flammarion, 1978.
Le Miasme et la Jonquille. L’odorat et l’imaginaire social, XVIIIe-XIXe siècles, Paris, Flammarion, 1982.
Le Village des cannibales, Paris, Flammarion, 1986.
Le Territoire du vide. L’Occident et le désir du rivage, 1750-1840, Paris, Flammarion, 1988.
Les Cloches de la terre. Paysage sonore et culture sensible dans les campagnes au XIXe siècle, Paris, Flammarion, 1994.
Le Monde retrouvé de Louis-François Pinagot. Sur les traces d’un inconnu (1798-1876), Paris, Flammarion, 1998.
Histoire du corps (codir. avec J.-J. Courtine et G. Vigarello), Paris, Seuil, 2005, 3 vol.
L’Harmonie des plaisirs. Les manières de jouir du siècle des Lumières à l’avènement de la sexologie, Paris, Perrin, 2007.
Les Conférences de Morterolles, hiver 1895-1896. À l’écoute d’un monde disparu, Paris, Flammarion, 2011.
Histoire de la virilité (codir. avec J.-J. Courtine et G. Vigarello), Paris, Seuil, 2011, 3 vol.
La Douceur de l’ombre. L’arbre, source d’émotions, de l’Antiquité à nos jours, Paris, Fayard, 2013.
La Pluie, le Soleil et le Vent. Une histoire de la sensibilité au temps qu’il fait (dir.), Paris, Aubier, 2013.