Pieter Bruegel l’Ancien.


Repas de Noce, vers 1567.

Carel van Mander dans Le livre des peintres (1604) nous apprend que Bruegel prenait « plaisir à aller aux kermesses et aux noces villageoises, déguisé en paysan, offrant des cadeaux comme les autres convives et se disant de la famille de l’un des conjoints. Le bonheur de Breughel était d’étudier ces mœurs rustiques, ces ripailles, ces danses, ces amours champêtres qu’il excellait à traduire par son pinceau, tantôt à l’huile tantôt à la détrempe, car l’un et l’autre genre lui était familiers. C’était merveille de voir comment il s’entendait à accoutrer ses paysans à la mode campinoise au autrement, à rendre leur attitude, leur démarche, leur façon de danser. Il était d’une précision extraordinaire dans ses compositions et se servait de la plume avec beaucoup d’adresse pour tracer de petites vues d’après nature. ». Cela lui vaut peut – être le surnom de « Bruegel le Rustique ».

Nous voyons ce que nous mangeons : du pain et de la bouillie. Le repas se déroule sur l’aire d’abattage d’une ferme, derrière les convives le mur de paille révèle une certaine aisance paysanne flamande, symbolisé par les deux gerbes de blé coincées par le bras d’un râteau. Les paysans flamands, même s’ils ne sont pas propriétaires, ne sont pas soumis à la corvée, le servage n’existe pas.

Les convives assistent nombreux à ce repas, selon la coutume l’épousée, seule, ne parle pas et ne mange pas, à sa gauche l’homme assis sur la seule chaise à dossier est probablement le notaire chargé de rédiger le contrat de mariage. A côté de lui, occupé à converser un moine franciscain et le propriétaire du domaine : s’agit – il d’un bourgeois ou d’un noble ?

Il va falloir que je me trouve une petite place sur le banc, je ne dois pas oublier mon couteau  que je porterai à la ceinture. Le couteau, plus que la cuillère, est l’outil universel de la commensalité, pour preuve, le marmot assis sur ses fesses qui termine le contenu de son écuelle avec son doigt, est lui aussi muni du précieux instrument à sa ceinture. Si toutefois, je dois me servir d’une cuillère pour goûter les deux entremets servis à la table, je me servirais d’une cuillère ronde : au XVI, on ne se sert pas d’une cuillère ovale, celle – ci sera introduit sur les tables quand les bonnes mœurs exigeront de manger bouche fermée.

Au son de la cornemuse, dans la chaleur de cette grange qui porte la promesse de l’abondance céréalière, je boirais avec délice la bière que la paysanne du lieu aura elle – même fabriquée.

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