Vladimir Stozharov.


Stozharov, Vladimir Fedorovich. Près du Samovar. 1956, Galerie Tetriakov, Moscou.

Stozharov, Vladimir Fedorovich. Près du Samovar. 1956, Galerie Tetriakov, Moscou.

Sommes – nous en été ou en hiver ? Une clarté hivernale, une lumière de neige  traverse la fenêtre placée derrière la femme, seule à nous inviter à entrer dans l’isba. La pièce principale de la maison semble comporter une deuxième ouverture  à gauche : une source de lumière  caresse le dos rond de l’homme épuisé revêtu d’une  chemise « kosovorotka » et qui laisse sa cigarette se consumer (la cendre tombera d’un instant à l’autre) ; face à lui, un jeune garçon le regarde et tient dans ses mains une soucoupe et s’apprête à boire.

Le personnage principal est l’imposant samovar dont aucune fumée ne s’échappe de la cheminée, alors que l’on peut admirer les volutes de la clope. Grâce à lui nous sommes dans le tableau, il agit comme une sorte de miroir, d’intermédiaire, voire d’intercesseur me permettant de  m’asseoir à la table. Je suis dans le tableau et c’est le samovar qui me permet de le comprendre : sur la table je ne peux voir qu’un seul verre de thé posé à côté de morceaux de sucre, forcément c’est le mien. A cet instant, j’éloigne mon siège de la table et je photographie cette famille

Stozharov, Vladimir Fedorovich. Près du Samovar. Détail . 1956, Galerie Tetriakov, Moscou.

Le Samovar de Stozharov est un objet standardisé, il a depuis le XVIIIè  siècle quitté la Cour. Au XIX è siècle, les samovars sont fabriqués en grand nombre à Toula : peut – être que les paysans de la scène habitent à Toula. Ces gens sont – ils des moujiks (un terme péjoratif que l’on peut traduire par de mi – homme, les paysans connaissant une situation proche du servage) ou bien des koulaks (paysans aisés) ? Avec précaution, j’émets l’hypothèse suivante : le samovar exprime une certaine aisance matérielle, les paysans pauvres se servaient de vaisselle en bois ou en céramique

Et là, disposant de peu d’information sur ce peintre né en 1926, époque à laquelle Staline continue son ascension fulgurante, il parvient à écarter Trotsky, Zinoviev et Kamenev. En 1951, Stozharov obtient son diplôme de l’Institut d’Art  Sourikov . Il meurt en 1973, ces dernières années ont été par marquées par un moment de la Guerre froide que l’on appelle « la Détente ».

Est – ce que cette œuvre est une peinture nostalgique (la Russie disparue) ou un programme politique et artistique sur la paysannerie éternelle ? Stozharov s’est passionné pour les territoires les plus « reculés » de son pays là où les constructions en bois ont été préservées et où les paysans ressemblent (dans ce tableau) à des êtres pétrifiés.

Je crois que le thé est froid et je ne m’attarde pas sous les horizons immobiles de la ruralité russe ….

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s