J.-F. de Troy et le déjeuner de chasse


J.-F. de Troy. Le déjeuner de chasse
J.-F. de Troy. Le déjeuner de chasse

Jean-François de Troy peint la simplicité du décor champêtre et le caractère spontané de la scène. Des domestiques descendent une chaise pour permettre aux convives restés debout de s’asseoir, tandis qu’une servante se penche pour observer le déjeuner. Mais la qualité des invités ne fait pas de doute. Les vêtements des femmes sont à la dernière mode, cette mode française qui donne le ton, partout en Europe., un carrosse est rangé en arrière-plan, et la présence d’un domestique de couleur témoigne d’un mode de vie aristocratique.
Le déjeuner n’est pas guindé mais exprime au contraire l’insouciance, le luxe et la joie de vivre : mets et vins divers, aiguières, verres en cristal, argenterie disposés sur une nappe blanche.
De nombreux convives entourés de domestiques partagent ce déjeuner champêtre dans une commensalité à la fois mondaine et intime.
La chasse n’est ici qu’un prétexte : les exploits cynégétiques sont évacués pour laisser la place aux plaisirs de la table, aux conversations galantes et aux intrigues amoureuses. Observez ces deux couples : celui de gauche, l’homme à un verre à la main se penche vers la femme qui se retourne; celui de droite, la femme et l’homme échangent un regard complice.

J.-F. de Troy. Le déjeuner de chasse (détail)
J.-F. de Troy. Le déjeuner de chasse (détail)

Un Déjeuner de chasse a été peint, en 1737, pour la Grande salle à manger de l’appartement de Louis XV au château de Fontainebleau. Il s’agit d’un sujet léger peint par un peintre d’histoire qui montre le changement de goût qui se produit dès la Régence dans la décoration des appartements. Les sujets choisis, issus de la pastorale ou de la vie des chasseurs, remplacent l’imagerie mythologique Paris
Jean-François de Troy est le fils d’un portraitiste, il est né à Paris en 1679 et comme de nombreux peintres il séjourne en Italie de 1699 à 1706. Deux ans plus tard, il est reçu à l’Académie de peinture et de sculpture en 1708 en tant que peintre d’histoire. En 1751, tombé en disgrâce, il est remplacé à son poste par Charles-Joseph Natoire et c’est à Rome, où il demeure, qu’il meurt en 1752.