G. Dou la boutique du marchand de volailles vers 1670.
G. Dou, la boutique du marchand de volailles vers 1670.

Gerrit DOU. La boutique du marchand de volailles, vers 1670.

Avant de manger, il faudra voir et imaginer comment accommoder volailles, perdrix, lièvres et lapins.

Gerrit Dou, on la déjà rencontré ici en croisant  l’apprentissage culinaire d’une jeune hacheuse d’oignons, est le premier élève de Rembrandt : nous sommes en 1628, il a quinze ans et son maitre seulement 22. G. Dou reste attachée à Leyde et décline même l’invitation de Charles II qui lui proposait de s’installer en Angleterre. Il fonde dans sa ville natale l’école des fijnschilders (« peintre fins »).

G. Dou, la boutique du marchand de volailles, détail.
G. Dou, la boutique du marchand de volailles, détail.

 

Dou compose ces tableaux en atelier et choisit des motifs lui permettant de montrer son talent : comme ce bas relief antique mettant en scène des enfants jouant avec une chèvre, ce bas relief s’inspire d’une sculpture de François Duquesnoy exécutée à Rome avant 1643

François Duquesnoy.
François Duquesnoy.

Cette œuvre apparaît fréquemment dans les tableaux de Dou à partir de 1651. Ici l’imitation du bas relief sert à souligner la surface plane du panneau de chêne, sur lequel Dou a su peindre l’apparence des reliefs de la sculpture ainsi que les ombres profondes de la boutique du marchand de volailles.

G. Dou, la boutique du marchand de volailles, détail.
G. Dou, la boutique du marchand de volailles, détail.

Le tableau de Gerrit Dou est au premier degré facile à lire pour une poule. Que voit-on ? Une jeune femme assez effrontée qui, ne craignant nullement l’expérience de la vieille lui montre un lièvre, visiblement elle lui demande de dépecer le léporidé, on peut subodorer que celui-ci ressemblera de près à l’animal placé dans le seau de la jeune femme.

Pour ceux qui préfèrent la volaille, qu’ils fassent glisser leur regard sur la gauche du tableau : un coq à la huppe garnie passe son cou entre les barreaux tend son bac, ses barbillons dans l’eau, le gallinacé se rafraichit le gosier.

Le gibier mort sur l’étal invite à imaginer les recettes hivernales à la cuisson longue et aux fumets puissants.

Entrons dans la boutique, le seul choix qui nous est offert est de passer notre regard par-dessus le premier étal ; à l’intérieur un oiseleur discute avec une femme, il vient vendre sa production de basse cour qui, avant de finir sur l’étal, passera un petit moment dans les cages suspendues.

G. Dou, la boutique du marchand de volailles, détail.
G. Dou, la boutique du marchand de volailles, détail.

Dans ce tableau, l’artiste a su rendre et différencier les textures : les différents plumages, du métal brillant, de la pierre, des vêtements et de la peau qu’elle soit lisse ou ridée. Mais, l’expression et la pose de la jeune femme donnent l’impression que ce tableau porte un autre message, comme bien souvent dans la peinture hollandaise du XVIIè siècle…