Ça bouffe et ça baise chez Junon et Jupiter.


Rien de tel qu’un peu de trivialité pour attirer le chaland fatigué ou désabusé.

Allez, montons chez les dieux, ou plutôt descendons au pied de l’Olympe, dans un paysage arboré et prenons place à cette table copieusement garnie. Vous choisissez votre place, mais si préférez être omniscient voici ce que vous pourrez voir.

Penchez vous à droite, vous écouterez un concert mené par neuf Muses : six musiciennes et trois chanteuses. Si vous vous penchez sur la partition vous lirez cette invitation « Esprits, cœurs, âmes, c’est grâce aux Muses que vous rend heureux, que vous imprègne, que vous élève la musique, cette joie, cette nourriture, ce breuvage, cette manne véritable. »

Voilà de quoi nous ouvrir l’appétit …

Au premier plan, un faune tend sa coupe, il goutera le vin que lui sert une servante. Toujours à gauche, nos hôtes : Junon et Jupiter ou Héra et Zeus si vous préférez la version grecque ; ces deux sont très occupés à se réconcilier. En face d’eux, Mercure, que l’on reconnait à son pétase. Si je lève les yeux, j’observe ce putti qui répand des fleurs sur notre noble assemblée.

 

Le Banquet des dieux. Hendrick van Balen et Jan Brueghel de Velours Vers 1606-1610. Huile sur cuivre 47 x 66 cm Angers, collection Eveillard de Livois
Le Banquet des dieux. Hendrick van Balen et Jan Brueghel de Velours Vers 1606-1610. Huile sur cuivre 47 x 66 cm Angers, collection Eveillard de Livois

 

 

Cette table est divine : des huitres, du homard, des fruits, du pain, du vin jaillissant des amphores. Les putti sortant de la grotte me rassasieront comme je le veux : les muses ont raison, ce pays est une manne !

Les couples s’enlacent, se cherchent et bien souvent se trouvent : observez à gauche, cet homme à la main intrépide posée sur le sein d’une femme.

Mais comme toujours, les comportements sont cadrés : les peintres donnent à voir pour les condamner les débordements, des comportements « immoraux » qui parcourent les marges de cette assemblée sereine. A droite, un satyre en rut poursuit une nymphe ; à gauche, Diane qui se refuse à l’amour d’un dieu ou d’un mortel.

Chez les dieux les nourritures terrestres sont à la fois riches, rares et variées. Ce n’est pas forcément le cas des relations amoureuses, où domine un modèle unique : celui du couple (mal) marié Junon et Jupiter.

Ce banquet des dieux est le fruit d’une collaboration entre l’anversois H. van Balen 1575 – 1632) qui a souvent traité les scènes de festin divin et son ami J Brueghel  l’Ancien (Bruxelles, 1568 – Anvers, 1625) , spécialiste des paysages. Le thème du « repas des dieux » se développe dans les Pays Bas méridionaux au début du XVIIème siècle. Je pars débusquer d’autres mets divins avant de vous les servir sur un plateau.

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