La guerre pour la meilleure table ou comment l’appétit vient aux dieux.


Pendant des « myriades » (c’est-à-dire des dizaines d’années de mouche humaine),  les plus grands des dieux se sont livrés un combat à mort : l’usage de la force violente ne suffit, pour écraser l’ennemi, il faut apprendre la ruse. Qui sont ces dieux prêts à s’entretuer pour la domination de l’univers ? Face à Cronos et aux autres dieux Titans se tient Zeus entouré des Cronides, qu’on appelle aussi les Olympiens.

ABATE Nicolo Jupiter, 16e siècle, Paris; musée du Louvre département des Arts graphiques.

Pour que Zeus puisse l’emporter il doit faire appel la ruse et c’est bien ce qui manque à ce jeune dieu impétueux. Métis (la ruse et l’esprit fourbe) entre en scène : elle implique, elle emboite les évènements pour qu’il se réalise conformément à nos plans. Pour gagner, rien de tel que  pousser un ennemi à trahir son camp : le choix s’arrête sur le fils du Titan Japet, Prométhée.

Pour achever la victoire, Zeus suit les conseils de Gaïa : il faut rallier des êtres apparentés aux Titans, mais qui ne sont pas dans le camp des Titans. Ces divinités primordiales qui jouissent de la force brute sont les trois Cyclopes et les trois Hekatonchires : Zeus libère ces puissances du désordre, qui du coup roulent pour l’Olympien.

ABATE Nicolo Jupiter et Junon, 16e siècle, Paris; musée du Louvre département des Arts graphiques

Zeus a libéré les forces obscures et brutales (de la nature humaine ???), il ne possède qu’un moyen pour les fidéliser…

Non il ne s’agit pas ici d’une énième et inutile pompeuse digression, mais vous ne vous voyez pas venir en gros sabots. Mais que peut – on proposer à des ogres pour les asseoir, les garder à sa table et au final les amener à becqueter dans votre main ?

Les Titans se battent aux côtés de Zeus, celui – ci leur donne une nourriture d’immortalité : le nectar et l’ambroisie.

Tout l’univers peut se lire dans une panse, Cronos avait déjà un appétit féroce : il dévorait ses enfants, rien ne semblait le rassasier et pour le plaisir de se faire péter la sous ventrière il sait même laisser aller au plaisir d’engloutir une pierre.

MELLAN Claude (dessinateur, graveur) :Bandeau orné de la tête de Chronos 2e quart 17e siècle ; Nancy ; musée des beaux-arts

Le tour de force de Zeus est admirable, car n’oublions pas les Cyclopes et les Hekatonchires sont des Titans (comme Cronos) en leur permettant de goûter au nectar et à l’ambroisie ceux – ci deviennent des Olympiens qui jouissent du privilège d’une nourriture d’immortalité.

PUPINI Biagio ; SANTI Raffaello (inspiré par),Scène de banquet antique, 16e siècle,  Paris, musée du Louvre département des Arts graphiques.

Ces dieux là, ne sont pas des animaux omnivores qui mangent n’importe quoi, ces dieux là ne sont pas des hommes qui sont condamnés à se nourrir de pain, de vin et de viande rituellement sacrifiée. Nous pauvres humains, nous avons faim, notre nourriture ne nous rassasie jamais : nous sommes condamnés à engloutir. Les dieux balayent ce souci, ils ont une forme d’existence continue contenue dans la substance même de ce qu’ils ingèrent (une seule fois).

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s